André BAUGÉ

 

baryton français

(31.Toulouse, 06 janvier 1892-92.Clichy-la-Garenne, 25 mai 1966)

 

fils d’un sculpteur et de la divette Anna Tariol-Baugé (créatrice du rôle d’Agathe dans Véronique d’André Messager) ; ép. 1. Lucienne Gros, 2. Suzanne Laydeker, soprano

 

 

Ses dispositions pour les beaux-arts l'incitèrent tout d'abord à s'adonner à la peinture - il exposa ses toiles au salon des artistes de 1911 - mais son penchant pour l'art lyrique le détermina à travailler le chant. Il débuta en 1912 sous le nom d’André Grillaud. La guerre de 1914 éclata. Mobilisé, brillant soldat, puis gazé, il perdit l'usage d'un poumon et fut réformé. C'est ainsi qu'il débuta à l'Opéra-Comique, le 1er avril 1917, dans le rôle de Frédéric de Lakmé, et que tout atrophié qu'il fût des voies respiratoires, il commença une carrière de baryton destinée à devenir des plus populaires.

 

Excellent acteur, doué d'un timbre de voix charmant, il brilla à la Salle Favart dans les principaux rôles du répertoire: le Barbier de Séville : Figaro - ne fut-il pas considéré comme le Figaro national - Carmen : Escamillo. Cavalleria rusticana : Alfio. Don Juan. Fortunio : Clavaroche. Manon : Lescaut. Mireille : Ourrias. Les Noces de Figaro : Almaviva. Paillasse : Sylvio. Pelléas et Mélisande : Pelléas. La Traviata : d'Orbel. La Bohème : Marcel. Werther : Albert... Il participa aussi à nombre de créations ou de premières (parmi lesquelles Véronique : Florestan).

 

Cependant sa prestance, sa séduction, sa virtuosité, le conduisirent vers les scènes d'Opérette classique où, jeune premier éblouissant, il conquit le Tout-Paris, et régna sur ce genre, au Théâtre de la Porte Saint-Martin, à Mogador, à Marigny, à la Gaîté-Lyrique, au Châtelet, dans Monsieur Beaucaire, Nina Rosa, Roses de France, Beaumarchais, etc.

 

Le cinéma parlant ne manqua pas de s'approprier une vedette aussi séduisante : alors la France entière l'admira. Il tourna une série considérable de films - la Route est belle, la Ronde des heures, la Fille de Madame Angot, le Barbier de Séville, le Roman d'un jeune homme pauvre, etc. L’Opéra de Paris le vit moins souvent ; il y avait débuté le 24 octobre 1925. Mais il n'en demeura pas moins que cet artiste lyrique, devenu star, fut une image de marque fantastique pour le chant français entre 1920 et 1940. Le Conservatoire de Paris lui offrit une chaire de phonologie jusqu'en 1965.