André Charles Prosper MESSAGER
compositeur, chef d’orchestre et directeur de théâtre français
(03.Montluçon, 30 décembre 1853-75017.Paris, 24 février 1929) [enterré au cimetière de Passy]
Elève de Saint‑Saëns et de
Gigout à l’école Niedermeyer, organiste du choeur de Saint-Sulpice (1874),
organiste à Saint‑Paul (1881), maître de chapelle à Sainte‑Marie-des‑Batignolles
(1882‑1884), il débuta dans la carrière de chef d’orchestre à l’Eden‑Théâtre
de Bruxelles (1880). Directeur de la musique à l’Opéra-Comique (1898‑1903),
il associa son nom à la création de Pelléas
et Mélisande (1902), comme plus tard aux représentations de la Tétralogie à l’Opéra (1909). Il assure
la direction de la musique à Covent Garden de 1901 à 1907, est codirecteur,
avec Broussan, de l’Opéra de Paris (1908‑septembre 1914), en dirige pour
la première fois l’orchestre le 23 octobre 1908, succède à Marty au pupitre de
la Société des concerts (1908-1919), et prend encore la baguette à l’Opéra‑Comique
(1919‑1920), devient directeur de la musique de ce théâtre de 1898 à 1904
et de 1919 à 1921, et dirige l’orchestre des Ballets russes en 1924. En tant
que compositeur, il se voit décerner, dès 1876, le prix de la Société des
compositeurs pour une symphonie; il obtient un autre prix, en 1877, à Saint‑Quentin
pour sa cantate Don Juan et Haydée.
Il écrit pour les Folies‑Bergère quelques ballets : Fleur d’oranger (1878), les Vins de France, Mignons et vilains (1879), et remporte en 1881 le second prix de la ville de Paris pour sa cantate : Prométhée enchaîné. Les opérettes, les opéras-comiques et les ballets se succèdent avec un succès qui ouvre bientôt à Messager les portes des grands théâtres parisiens et les scènes officielles. Il est élu membre de l’Institut en 1926.
PRINCIPALES OEUVRES. ‑ La Fauvette du temple (1885), la Béarnaise (1885), les Deux Pigeons (1886), le Bourgeois de
Calais (1887), Isoline (1888), les Bluets (1889), le Mari de la reine
(1889), la Basoche (1890), Hélène (1891), Miss Dollar (1893), Madame
Chrysanthème (1893), Mirette (1894), le Chevalier
d’Hermental (1896), les P’tites Michu (1897), Véronique (1898), les Dragons de l’Impératrice
(1905), Fortunio (1907), Béatrice (1914), Monsieur Beaucaire (1919), Passionnément (1926), Coups de roulis (1928), ainsi que de la musique instrumentale (piano, piano et violon)
et des mélodies. André Messager a publié aussi des critiques musicales dans la Grande Revue (1903‑1904) et Musica (1902‑1907 et 1908).
Artiste d’un goût et d’une culture raffinés, il a témoigné, dans le genre de l’opéra‑comique et de l’opérette, d’une inspiration mélodique faite de grâce, de charme, d’élégance et de distinction. Il a remis ainsi en valeur des genres réputés, à tort, comme secondaires et inférieurs, en démontrant, par la qualité de son langage et la délicatesse de son style, la vanité des hiérarchies arbitraires entre les différents genres musicaux.