LES CONTES D’HOFFMANN
Opéra en 4 actes, livret de Jules Barbier, musique de Jacques Offenbach, créé à l’Opéra-Comique le 10 février 1881.
Acte I – Couplets (le Conseiller Lindorf)
(Regardant la suscription de la lettre)
Voyons : « pour Hoffmann », ben… je m’en doutais ! ô femmes
Voilà les maîtres de vos cœurs !
Voilà de vos âmes
Les heureux vainqueurs !
Un poète !... un ivrogne !... enfin ! passons !...
(Il ouvre la lettre, en tire une petite clef et lit)
« Je t’aime !...
« Si je t’ai fait souffrir, si tu m’aimes toi-même,
« Ami, pardonne-moi.
« Cette clef t’ouvrira ma loge, souviens-toi !... »
(A lui-même)
Oui, l’on devient digne d’envie,
Quand, brisé par l’amour, on porte aux cabarets
Et ses espoirs et ses regrets !
Voilà ce qu’il vous faut !... Eh bien ! non, sur ma vie
Dans les rôles d’amoureux
Langoureux
Je sais que je suis pitoyable ;
Mais j’ai de l’esprit comme un diable,
Comme un diable !...
Mes yeux lancent des éclairs,
J’ai dans tout le physique
J’ai dans tout le physique
Un aspect satanique
Qui produit sur les nerfs
L’effet d’une pile électrique !...
Par les nerfs j’arrive au cœur
Je triomphe par la peur,
Je triomphe par la peur,
Je triomphe par la peur,
Par la peur !...
Oui, chère prima donna
Quand on a
La beauté parfaite
On doit dédaigner un poète,
Un poète !
De ce boudoir parfumé,
Que le diable m’emporte
Si je n’ouvre pas la porte !
Mon rival est aimé,
Je ne le suis pas, que m’importe ?
Que m’importe ?
Que m’importe ?
Sans parler du positif,
Je suis vieux, mais je suis vif !
Je suis vieux, mais je suis vif !
Je suis vieux, mais je suis vif !
Je suis vif !