Louis-James-Alfred LEFEBVRE dit LEFÉBURE‑WÉLY

 

organiste et compositeur français

(Paris, 1817‑Paris, 1869)

 

 

Fils d'un organiste attaché à l'église de Saint-Roch, Lefébure était, à l'âge de huit ans, en état de remplacer son père atteint de paralysie. Nommé, en 1831, organiste de Saint-Roch, il entra, l'année suivante, au Conservatoire, suivit les cours de Benoist et Laurent, puis étudia la composition sous la direction de Zimmermann. En 1835, il remporta les premiers prix d'orgue et de piano. Initié par Adolphe Adam aux secrets de la composition, et aux difficultés de l'improvisation par Séjan, organiste de Saint-Sulpice, Lefébure passa, en 1847, de Saint-Roch à la Madeleine, dont il tint le grand orgue jusqu'en 1858, époque à laquelle il donna sa démission. En 1861, Lefébure fit représenter, à l'Opéra-Comique, une partition pompadour en trois actes, les Recruteurs, qui n'obtint aucun succès, et deux ans après, une cantate : Après la victoire. En 1863, il fut nommé organiste de Saint-Sulpice. Six ans après, il était emporté par une maladie de poitrine. Voici en quels termes d'Ortigue appréciait le talent de cet habile organiste : « M. Lefébure sait mettre en relief, avec une rare habileté, les ressources variées et quelquefois un peu théâtrales de l'orgue moderne. Il en sait tirer des effets qui, parfois, surprennent le facteur lui-même. Il possède un jeu délicat, nuancé, poétique, brillant; il a de la verve et de la fantaisie; il a le secret d'une harmonie fine et distinguée... Mais s'il saisit, s'il subjugue, si, par instants, il désarme la critique, la plus sévère, on n'en doit pas moins hésiter à ranger M. Lefébure-Wély parmi les représentants de la véritable école d'orgue. Malgré son exécution admirable, sa belle et riche imagination, nous croyons être dans le vrai en disant qu'il est moins un organiste qu'un virtuose, que sa manière constitue peut-être un genre, mais s'éloigne complètement du style approprié à l'instrument et à l'église. Il importa, en effet, dans l'église la musique mondaine, de brillantes ritournelles, des rythmes frétillants et gracieux, et dénatura complètement le caractère solennel de l'orgue. »

 

On doit à Lefébure-Wély quantité de morceaux pour piano seul, dont deux, les Cloches du monastère et la Retraite, ont envahi tous les pianos, des duos pour piano et harmonium, des études, trois messes avec orchestre et trois symphonies.