Clément JANEQUIN
compositeur
français
(86.Châtellerault, vers
1485-Paris, 1558)
On ne sait rien de lui avant
1529 : à cette date, à Bordeaux, il fréquente le cercle mélomane de Bernard de Lahet avec Eustorg de Beaulieu et
il célèbre par une chanson la paix de Cambrai. Il passe en Anjou vers 1532, et
est successivement curé de Brossay et d’Avrillé,
avant de devenir maître de la psallette de la cathédrale d’Angers. Il est
protégé par François de Gondi, seigneur des Raffoux.
C’est l’époque la plus féconde de son existence. Il entreprend de tardives
études à l’université d’Angers, lorsqu’il obtient, en 1548, la cure d’Unverre (diocèse de Chartres). L’année suivante, il
s’établit à Paris, où il fréquente aussi l’Université et est aux prises avec
des difficultés d’argent. Grâce, peut‑être, à la protection du cardinal
Jean de Lorraine, il obtient enfin, avant 1555, une nomination de chantre à la
chapelle du roi, puis celle de compositeur ordinaire. Malheureusement, les
caisses du roi sont vidées par les guerres et Janequin ne peut profiter, dans
sa « povre vieillesse », des avantages de cette
situation. Installé rue de la Sorbonne, il tombe malade en 1558 et rédige son
testament. Il ne semble pas avoir survécu à la publication du 1er
livre de son Verger de musique (1559),
revu par lui‑même.
Janequin n’est que rarement,
semble‑t‑il, musicien d’église : dans ses messes-parodies,
il se borne à utiliser quelques fragments de ses chansons. Son vrai domaine
serait celui de la chanson : chanson à programme, qui
lui assura tout d’abord une célébrité européenne. Dans la Guerre, dite « bataille de Marignan
», le Chant des oiseaux, la Chasse, les
Cris de Paris, il émerveilla ses contemporains par de grandes fresques qui
dépassent toutes les tentatives précédentes dans le domaine de la musique
imitative. Mais il peut être considéré comme le chef de l’école
« parisienne » de la chanson sous toutes ses formes : lyrique, grivoise,
narrative, personnelle. Sa déclamation est particulièrement remarquable; ses
procédés expressifs varient de l’alternance des rythmes binaire et ternaire au
chromatisme, qu’il emprunte, vers la fin de sa vie, à l’Italie; sa palette
poétique va d’un virelai du XIVe s. à Ronsard et Baïf. Il symbolise les
tendances les plus originales de la chanson française du début de la
Renaissance.
Oeuvres
2 messes à 4 v. (la Bataille et l’Aveuglé Dieu), 1 motet, seul reste d’un recueil qui aurait paru
chez Attaingnant en 1533 et qui semble perdu; plus de
275 chansons à 3 et 4 v., parues entre 1520 et 1559, chez A. Antico, Attaingnant, Du Chemin,
J. Moderne et Le Roy et Ballard, et dont les principaux recueils uniquement
consacrés à lui sont les suivants : Chansons
(1528), Vingt et Quatre Chansons
(1533), les Chansons de la guerre...
(1537), 8e Livre de chansons
(1540), tous parus chez Attaingnant, le 1er
livre du Difficile des chansons (s.
d.) chez J. Moderne, le 5e
Livre du recueil (1551), les 1er
et 2e Livre des inventions
musicales (1555) chez Du Chemin, et le Verger
de musique (1559) chez Le Roy et Ballard; enfin, des psaumes et chansons
spirituelles, qui constituent la partie la moins connue de son œuvre : 1er Livre contenant 28 psaumes de
David (1549) et Second Livre de
chansons et cantiques spirituels (1555) chez Du Chemin, 1er Livre contenant plusieurs
chansons spirituelles avec les lamentations de Jérémie (1556), Proverbes de Salomon (1558) et les Octante‑Deux Psaumes de David (1559) chez Le Roy et
Ballard, le tout à 4 v.