Jacqueline
GUILLEMAUTOT dite FRANÇOIS
chanteuse française
(92.Neuilly-sur-Seine, 30 janvier 1922-Paris, 07 mars 2009)
épouse Henri Decker, chanteur
Née dans une famille de la haute
bourgeoisie (son père occupe un poste de direction aux brillantines Roja), elle fait des études de piano. Elle débute en 1945
au Petit Chambord avec des chansons de Roche et Aznavour. Malgré un certain
succès sur les antennes, elle reste longtemps sans enregistrer. Son répertoire
est alors réaliste, et ce n'est pas « son » genre ; le compositeur Paul Durand,
qui la fait passer dans son émission « La kermesse aux chansons »,
devient son accompagnateur et la transforme en chanteuse de charme avec C'est le printemps (Jean Sablon-R.
Rodgers) qui gagne le prix de l'académie Charles-Cros 1948. Il lui
constitue un orchestre de 40 musiciens dont 17 violons, ce qui est une
innovation (Mademoiselle de Paris, Henri Contet-Paul
Durand). Après une tournée aux États-Unis, Jacqueline François devient
la première femme française « millionnaire du disque ». En 1954, elle
passe à l'Olympia. Accompagnée par Michel Legrand, elle inaugure la tenue de
scène courte. Elle fait des tournées de récitals de 35 chansons et gagne en
1955 le prix de l'Académie du disque (les
Lavandières du Portugal, Roger Lucchesi-André
Popp), premier microsillon sorti en France. A partir
de 1957, elle se produit exclusivement à l'étranger.
« Une chanteuse à la mode de chez
nous », dit André Halimi ; « Sa voix s'exporte comme le champagne et les
parfums. » Charles Trenet ne mâche pas ses mots : « La
rencontre de Jacqueline François et du microphone est une date dans l'histoire
du disque, ils étaient fait l'un pour l'autre comme deux amants qui se
cherchaient et de cette rencontre, de ces amants, naissent les plus jolies
phrases qui aient jamais caressé une chanson. » Une voix, oui, mais un peu au service
de n'importe quoi, depuis la chanson « poétique » (Un jour tu verras, Mouloudji-Georges Van Parys, ou l'Ame des
poètes, Charles Trenet)
jusqu'à la chanson « exotique » (Boléro, Henri
Contet-Paul Durand, la Samba fantastique, etc.). La qualité esclave de la quantité, et,
en même temps, la seule « chanteuse de charme » digne de ce nom depuis Lucienne
Boyer.