Jean-Vital JAMMES dit ISMAËL

 

baryton français

(47.Le Passage, 28 avril 1825-13.Marseille, 15 juin 1893)

 

épouse 1. vers 1848 (div. Marseille, 30 mars 1885). Alceste Anastasie Hortense Coeuriot (vers 1830-) artiste lyrique

épouse 2. 15 avril 1885. Rose Françoise Marie Garcin (Marseille, 04 avril 1858-) artiste lyrique

 

 

A seize ans, il quitta Agen, et, comme il ne possédait, rien, il se mit à chanter dans les rues pour ne pas mourir de faim. Arrivé à Nantes, il fut engagé comme choriste au Grand-Théâtre. Un jour, le baryton de la troupe s'étant trouvé subitement indisposé, il chanta, au pied levé, le rôle de Max, dans le Chalet d’Adolphe Adam. Ismaël avait une voix fort belle ; mais, par malheur, il ignorait les éléments mêmes de la musique. S'étant rendu à Paris, il essaya, sans succès, de se faire admettre au Conservatoire. Loin de désespérer de l'avenir, il se mit avec une ardeur passionnée au travail. Il apprit à lire et à écrire, se fit initier par un artiste aux éléments de l'art musical, et fut bientôt en état de déchiffrer une partition. Après avoir chanté en Belgique, il fut attaché successivement aux théâtres d'Orléans, d'Amiens, de Saint-Etienne, de Bordeaux, de Rouen, de Lyon, de Marseille. Sa belle voix de baryton avait pris tout son développement, et il avait acquis les qualités d'un bon comédien, lorsqu'en 1863 M. Carvalho l'appela à faire partie de la troupe du Théâtre-Lyrique. Il débuta lors de la création des Pêcheurs de perles de Georges Bizet (rôle de Zurga), puis il interpréta avec un grand succès les rôles de baryton, notamment dans Rigoletto, Macbeth, Faust, Cardaillac, la Fiancée d'Abydos, les Joyeuses commères de Windsor, Mireille (création du rôle d’Ourrias), etc. En 1868, M. Carvalho ayant fait de mauvaises affaires, M. Ismaël quitta le Théâtre-Lyrique. En 1871, il fut engagé à l'Opéra-Comique, où il joua dans le Roi l'a dit, Gille et Gillotin, Fantasio, etc. Par malheur, il fut atteint bientôt d'une affection du larynx ; sa voix s'altéra, et il dut renoncer au théâtre. Nommé professeur de déclamation lyrique au Conservatoire, il forma de bons élèves. A la suite d'un incident peu connu, il fut révoqué de ses fonctions de professeur, le 29 décembre 1876, et ce fut sans succès qu'à, diverses reprises il demanda au ministre de l'instruction publique de faire une enquête sur les faits qui avaient provoqué sa destitution.