Augusta-Mary-Anne HOLMÈS
compositrice et pianiste
française
(Paris, 1847‑Paris, 1903)
Elle était de parents irlandais. Pianiste
prodige, élève de César Franck, elle a laissé des scènes lyriques ou poèmes
symphoniques : Lutèce (3e
prix de la Ville de Paris en 1878) ; les
Argonautes ; Ludus pro patria ;
l’Ode triomphale à la gloire de la
République (1889) ; un Hymne à la
paix (1890) ; la Montagne Noire
(1895). Parmi ses oeuvres purement symphoniques, il faut signaler : Pologne ; Irlande ; Au pays bleu ;
la Nuit et l’Amour ; Andante pastoral ; etc. On lui doit
encore toute une série de mélodies, notamment : les Sérénades ; Hymne à
Eros ; Noël ; etc., et
de la musique religieuse (In exitu, psaume, 1873). Elle écrivit elle-même la plupart
des textes de ses compositions.
biographie
Elle se fit d'abord connaître, en 1873, par le psaume In exitu (Société philharmonique de
Paris), et par une symphonie mythologique que l'on entendit l'année suivante au
Châtelet, sur le thème bien connu de Héro
et Léandre. Elle réussit mieux encore dans un Andante pastoral exécuté au concert de Pasdeloup en 1877. Vivant en
France et aimant sa patrie d'adoption d'autant plus chèrement que celle-ci
avait été meurtrie, elle obtint des lettres de grande naturalisation. Elle put
dès lors prendre part au concours municipal de la ville de Paris en 1879 ;
mais le jury ne lui accorda qu'une mention honorable, et pourtant elle avait
écrit d'inspiration, paroles et musique, comme elle composait tous ses
ouvrages, une symphonie patriotique intitulée : Lutèce, nous transportant avec les accents fulgurants d'une
druidesse, non dépourvus de grandeur, au temps de la lutte des Gaulois et des
Romains. Toujours prête à combattre comme nos fiers ancêtres, elle se présenta
une seconde fois, avec les Argonautes,
devant les mêmes examinateurs. Le prix fut décerné à la Tempête, d’Alphonse Duvernoy. Le rapporteur, qui était Emile
Perrin, l'ancien directeur de l'Opéra, tout en mettant la nouvelle partition
d’Augusta Holmes au-dessus de Lutèce,
ajoute en termes assez vagues : « On la sent un peu de l'école
wagnérienne, mais elle doit aujourd'hui prendre place parmi nos compositeurs
français. » Le public manifesta un sentiment plus éclectique en acclamant
indistinctement l'œuvre couronnée au Châtelet, et les Argonautes, au Cirque d'hiver, fort bien chantés d'ailleurs par
Mmes Richard (Médée), Panchioni (la Sirène) et M.
Laurent (Jason). Depuis, Augusta Holmes a fait exécuter aux concerts Colonne,
Lamoureux ou Garcin, à l'Eden-Théâtre, au Châtelet et
au Conservatoire : les Sept Ivresses,
poème symphonique (1883) ; l'Irlande,
autre symphonie souvent reprise (1885) ; Ludus pro patria, ode symphonique pour
orchestre et chœurs, œuvre capitale de l'auteur, dont les récits en vers furent
dits par Mounet-Sully. « La partition de Mlle Holmes, dit Arthur Pougin, est extrêmement remarquable : elle se compose de
cinq morceaux, dont quatre avec choeur et un seul exclusivement symphonique.
Point de soli, ce qui pourrait, au premier abord, faire craindre la monotonie ;
mais l'ensemble vocal est toujours ou si énergique ou si harmonieux, et le
caractère de chaque épisode diffère tellement de celui qui le suit, que le compositeur-poète a échappé à cet écueil de la façon la
plus heureuse. » Augusta Holmès qui est également une
pianiste distinguée, a publié, sous le pseudonyme d'Hermann Jenta, quelques mélodies. Elle
est la plus active coopératrice de la Société d'auditions de M. Pichoz, qui, en organisant une série de concerts, a l'espoir de fonder une maison de retraite pour les
musiciens.