RENCONTRE

 

Poésie de Charles Grandmougin – Musique de Gabriel Fauré (Poème d’un jour - 1880)

 

 

J'étais triste et pensif quand je t'ai rencontrée ;
Je sens moins aujourd'hui mon obstiné tourment.
O dis mois, serais-tu la femme inespérée,
Et le rêve idéal poursuivi vainement ?
O, passante aux doux yeux, serais-tu donc l'amie
Qui rendrait le bonheur au poète isolé ?
Et vas-tu rayonner sur mon âme affermie,
Comme le ciel natal sur un coeur d'exilé ?

Ta tristesse sauvage, à la mienne pareille,
Aime à voir le soleil décliner sur la mer.
Devant l'immensité ton extase s'éveille,
Et le charme des soirs à ta belle âme est cher.
Une mystérieuse et douce sympathie
Déjà m'enchaîne à toi comme un vivant lien,
Et mon âme frémit, par l'amour envahie,
Et mon coeur te chérit sans te connaître bien !