AUTOMNE
Poésie de Armand Silvestre – Musique de Gabriel Fauré (1880)
Automne au ciel brumeux, aux horizons navrants,
Aux rapides couchants, aux aurores pâlies,
Je regarde couler, comme l'eau du torrent,
Tes jours faits de mélancolies.
Sur l'aile des regrets mes esprits emportés,
Comme s'il se pouvait que notre âge renaisse,
Parcourent, en rêvant, les coteaux enchantés,
Où, jadis, sourit ma jeunesse !
Je sens, au clair soleil du souvenir vainqueur,
Refleurir en bouquet les roses déliées,
Et monter à mes yeux des larmes, qu'en mon coeur
Mes vingt ans avaient oubliées !