Jean-Baptiste CLÉMENT
chansonnier et socialiste français
(92.Boulogne-sur-Seine, 31 mai 1836-75018.Paris, 23 février 1903)
Né de parents aisés, il rompt très tôt avec sa famille, et devient
trimardeur et ouvrier agricole. Il publie ses premières chansons en 1859. Édité
par Vieillot, il est mis en musique par Darcier, qui
l'interprète au café concert ainsi que Jules Pacra et
Thérésa (les
Cerises de Jeannette, 1863). Cette période, qui durera jusqu'en 1868, est
celle du Clément chantre de l'amour, humanitaire, panthéiste et passablement
conformiste. Inspiré par Théodore de Banville sur le plan de la facture et par
Henri Murger pour les thèmes, il parvient à renouveler le traitement des thèmes
traditionnels (Poésie et labour, musique de Darcier,
1864) et introduit l'univers villageois dans la chanson. Bergerettes,
pastorales et villageoises forment son ordinaire : dans le lot, le Temps des cerises (1867). A partir de
1868, il devient républicain et se lance dans le journalisme d'opposition.
Condamné à un an de prison l'année suivante, il est libéré le 4 septembre 1870.
Élu de la Commune, il sera obligé de se cacher après la victoire des
Versaillais. C'est de sa cachette, quai de la Gare, à Paris, qu'il écrira la Semaine sanglante (air : le Chant des paysans de Pierre Dupont), chant prophétique
et vengeur. Pendant son exil à Londres (1871-1880), il produira peu (les
Volontaires). Après
l'amnistie, le militant, le propagandiste socialiste des Ardennes prendra le
pas sur l'auteur. Les textes de cette période (souvent mis en musique par Marcel-Legay) sont marqués par son expérience de la
condition et des luttes ouvrières : la
Bande à Riquiqui (sans musique, 1884), Serrons
les rangs (sans musique, 1897), Tas
de coquins (musique de C. Lambert,
1894). Leur facture est généralement moins heureuse que celle des pastorales.
Bien que chanté par Vialla et Marius Richard, Clément
ne connaîtra guère le succès. A sa mort, 5 000 personnes suivent son cercueil.