Léopold Georges Alexandre César BIZET

 

compositeur français

(Paris, 25 octobre 1838-78.Bougival, 03 juin 1875)

 

 

Son enfance s’écoula dans un milieu familial favorable à la musique, Il fut, au Conservatoire de Paris (1848-1857), l’élève de Zimmermann (harmonie), que suppléait parfois Gounod, de Marmontel (piano), de Benoist (orgue), d’Halévy (composition), et se vit attribuer en 1857 le premier grand prix de Rome. Quelques mois auparavant, il avait été, en compagnie de Lecocq, lauréat du concours d’opérette organisé par Offenbach ; et son oeuvre, le Docteur Miracle, avait été représentée aux Bouffes‑Parisiens. A son retour de Rome, il s’oriente vers le théâtre lyrique, mais ses principaux chefs-d’oeuvre, Carmen et l’Arlésienne, ne connaîtront de son vivant que froideur, indifférence, ou parfois un succès d’estime. Bizet avait épousé en juin 1869 Raphaëlle-Geneviève Lévy (1850-1926), fille de son maître Halévy, qui lui donna quatre enfants (qui eurent pour parrain Jules Pasdeloup) dont Jacques Bizet (1872-1922), littérateur. Il mourut subitement d’une maladie de coeur, alors que son génie était en plein essor.

 

Oeuvres

 

Musique instrumentale :

- Pour le piano : 6 Chants du Rhin, 1865 ; Trois Esquisses musicales, piano ou harmonium, 1865 ; Variations chromatiques de concert, 1868; Nocturne en ré majeur, 1868 ; Jeux d'enfants, 12 pièces pour piano à 4 mains, 1871.

- Pour orchestre : Symphonie en ut majeur (1855) ; Symphonie « Roma » (1860‑1871) ; Marche funèbre (ouverture de La Coupe du Roi de Thulé, 1868‑1869) ; Petite suite d'orchestre, 5 pièces de Jeux d'enfants (1871) [une 6e reste inédite] ; Suite L'Arlésienne (1872) [2e suite réunie par Guiraud] ; Ouverture Patrie (1873).

 

Musique vocale :

Environ 40 mélodies avec piano (1854-1873), dont 6 Feuilles d'album, 1866 ; Vingt Mélodies, 1873 ; 16 Mélodies, 1886 (la plupart empruntées à des opéras inachevés), quelques duos, chœurs, 5 cantates (1855-1857), 1 Te Deum (1858) ; Ode symphonique Vasco de Gama (1859‑1860) ; de nombreuses transcriptions.

 

Parmi les mélodies, citons : Chanson d’avril (Louis Bouilhet), Pastel (Philippe Gille), Chant d’amour (Alphonse de Lamartine), la Chanson du fou (Victor Hugo), Absence (Théophile Gautier), Adieux à Suzon (Alfred de Musset), Ma vie a son secret (Félix d’Arvers).

 

Musique théâtrale :

*      le Docteur Miracle (1856, Léon Battu et Ludovic Halévy), opérette en 1 acte créée aux Bouffes‑Parisiens le 03 avril 1857

*      Don Procopio (1858‑1859, C. Cambiaggio), opera buffa créé à Monte‑Carlo en 1906

*      Ivan IV (opéra en 4 actes, 1862‑1863, livret de François-Hippolyte Leroy et Henri Trianon) [créé en octobre 1951 au Grand Théâtre de Bordeaux dans une révision musicale d’Henri Büsser]

*      les Pêcheurs de perles (1863, Carré et Cormon), opéra créé au Théâtre-Lyrique en 1863

*      la Jolie Fille de Perth (1866, Vernoy de Saint‑Georges et Adenis), opéra créé au Théâtre-Lyrique en 1867

*      la Coupe du Roi de Thulé (1868, Gallet et Blau), opéra

*      Noé (Vernoy de Saint‑Georges), opéra inachevé d'Halévy, 1885

*      Clarissa Harlowe (Ph. Gille), opéra-comique inachevé

*      Grisélidis (1870‑1871, Victorien Sardou), opéra-comique inachevé

*      Djamileh (1871, L. Gallet), créé à l’Opéra‑Comique en 1872

*      l'Arlésienne (A. Daudet), musique de scène, créé au Théâtre du Vaudeville le 01 octobre 1872

*      Don Rodrigue (1873, Gallet et Blau), opéra inachevé

*      Carmen (1873‑1874, Meilhac et Halévy), créé à l’Opéra‑Comique le 03 mars 1875.

 

Bizet avait un sens génial du théâtre et de la couleur ; chez lui, la mélodie coule de source et témoigne souvent d’un charme et d’une sensibilité rares. Ce compositeur sait faire chatoyer les timbres de l’orchestre, et sa musique reste toujours lumineuse et brillante. La clarté, la transparence ne sont pas les moindres qualités de ce musicien dont le talent s’efface derrière maint trait de génie : un génie bien français, que Liszt et Berlioz apprécièrent et que Nietzsche, dans son enthousiasme pour Carmen, voulut opposer à Wagner comme le représentant authentique de cette musique « méditerranéisée » à laquelle il songeait.