ÇA FAIT PEUR AUX
OISEAUX
Poésie de Cléon Galoppe d’Onquaire – Musique de Paul Bernard (1827-1879) [extrait de Bredouille, 1864]
Ne parlez pas tant, Lisandre,
Quand nous tendons nos filets ;
Les oiseaux vont vous entendre
Et s’enfuiront des bosquets.
Aimez-moi sans me le dire,
Aimez-moi sans me le dire,
A quoi bon tous ces grands mots ?
Calmez ce bruyant délire,
Car ça fait peur aux oiseaux ;
Calmez ce bruyant délire,
Car ça fait peur aux oiseaux.
Bon ! vous m’appelez cruelle ;
Vraiment vous perdez l’esprit ;
Vous me croyez infidèle…
Ne faites pas tant de bruit.
Quoi ! vous parlez de vous pendre,
Quoi ! vous parlez de vous pendre
Aux branches de ces ormeaux !...
Mais vous savez bien, Lisandre,
Que ça f’rait peur aux oiseaux ;
Mais vous savez bien, Lisandre,
Que ça f’rait peur aux oiseaux.
Vous tenez ma main, Lisandre,
Comment puis-je vous aider ?
Il faudrait, à vous entendre,
Vous accorder un baiser.
Ah ! prenez-en deux bien vite,
Ah ! prenez-en deux bien vite,
Et retournez aux pipeaux.
Mieux vaut en finir de suite,
Car ça fait peur aux oiseaux ;
Mieux vaut en finir de suite,
Car ça fait peur aux oiseaux.