Alhambra
Music-hall situé à Paris, rue de Malte, à la place de l'ancien théâtre du Château-d'Eau (en 1892, théâtre de la République). Dirigé
par l'Anglais Barrasford (1904), il était un des
éléments d'une chaîne de grands music-halls internationaux. Salle et spectacles
relevaient de la meilleure tradition anglo-saxonne, et les plus grands artistes
de variétés (Grock, les mimes Hanlon-Bros, le
trapéziste androgyne Barbette) y séjournèrent. Parmi les numéros à sensation
qui y furent donnés, citons « le train accidenté », les gladiateurs à
cheval... Côté tours de chant, la grande vedette maison fut Fragson
qui y fit courir tout Paris. Après la guerre, on y entendit Damia,
Polaire, Fortugé, Raquel Meller, Georgel... Incendié en
1925, l'Alhambra ne rouvrit ses portes qu'en 1932 et maintint sa tradition
internationale. Sous l'impulsion de Robitsch et Bizos, il ouvre ses portes aux vedettes du cirque, du
théâtre et de l'écran, tout en accueillant Georgius,
Fréhel, Mistinguett (revue Fleurs de
Paris), Fernandel, Gilles
et Julien... Mais le cinéma et l'opérette tendaient de plus en plus à prendre
la place du music-hall et de la chanson. Après la guerre, le tour de chant
s'assura la meilleure part malgré la concurrence des spectacles de ballets
français (Roland Petit) et étrangers, et des opérettes. Il prit le nom d'Alhambra-Maurice-Chevalier (1956) et sous la direction de
Jane Berteau, présenta Zizi Jeanmaire,
Petula Clark, Gilbert Bécaud,
Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, Charles Aznavour et... Maurice Chevalier (1959).
Une intéressante tentative de renouvellement de la formule du tour de chant y
fut tentée par Jean-Christophe Averty (spectacle Jean
Ferrat, 1965). Démoli en 1967, l'Alhambra a été remplacé par un immeuble de
standing.