Phonographe

 

DICTIONNAIRE du PHONO

 

 

CYLINDRE n. m. (lat. cylindrus ; gr. kulindros). Acoust. Nom donné en France, à cause de leur forme extérieure, aux enregistrements destinés au phonographe d'Edison. (Ils étaient faits d'un composé à base de cire; leur gravure était verticale, au lieu d'être latérale, comme pour les disques actuels. Détrôné par le disque de Berliner, le cylindre continua longtemps sa carrière dans les dictaphones.)

[Grand Larousse Encyclopédique, 1961]

 

 

DISQUE n. m. (lat. discus ; du gr. diskos, palet). Electro-acoust. Plaque circulaire en matière thermoplastique pour l’enregistrement et la reproduction phonographiques.

Historique. L'évolution du disque phonographique est caractérisée par deux tendances constantes : accroissement de la durée ou capacité d'enregistrement, amélioration de la qualité de reproduction. On peut définir deux grandes périodes dans l'histoire du disque : période mécanique, où l'énergie acoustique sert directement à la gravure ; période électrique, où l'énergie acoustique est d'abord transformée en énergie électrique maniable et susceptible d'amplification afin d'actionner le burin graveur avec plus de précision et de sensibilité.

Enregistrement mécanique. L'idée d'un disque, support d'enregistrement sonore, est clairement exprimée, dès avril 1877, dans la lettre de Charles Cros à l'Académie des sciences. Emile Berliner, technicien américain, réussit à mettre en pratique l'idée de Ch. Cros. Il obtient, en 1887, un brevet couvrant un procédé d'enregistrement sur un disque de zinc, la gravure latérale étant effectuée par voie chimique. L'appareil conçu pour la reproduction de ces enregistrements est dénommé « gramophone ». Il est présenté, en 1888, au Franklin Institute de Philadelphie, mais cinq années de travail s'écouleront avant que soit mise au point une méthode de pressage convenable pour le tirage industriel des disques. Ces disques primitifs sont en ébonite, leur diamètre est de 17 cm ; ils durent deux minutes et tournent à 70 tours à la minute. Cette vitesse de rotation est fixée ensuite à 78,26 tours à la minute, par suite de l'adoption du moteur électrique synchrone pour l'entraînement des tourne-disques de gravure. A la fin de 1897, Berliner abandonne l'ébonite, difficile à presser, pour une composition à base de gomme laque. Ce matériau sera pratiquement seul utilisé par l'industrie phonographique jusqu'à l'avènement des disques microsillons en vinylite en 1948. En 1896, E. Johnson met au point le premier gramophone avec moteur à ressort. Il essaie aussi de perfectionner les grossières méthodes de gravure de Berliner. Il revient à la gravure originale sur cire de Bell et Tainter, mais ne parvient qu'en 1899 à fabriquer des matrices métalliques de pressage.

L'année 1904 est marquée par un mouvement dissident. En Angleterre, W. Michaelis propose une formule de disques à gravure verticale, ainsi qu'un nouvel appareil de reproduction mécanique : le « néophone ». Ce mouvement s'étend à la France, où les frères Pathé adoptent également le disque gravé verticalement à partir de 1906, et fabriquent, sous le nom de « Pathéphone », l'appareil de reproduction approprié. Pathé se convertit à la gravure latérale en 1920.

Enregistrement électrique. Deux amateurs anglais, Lionel Guest et H. O. Merriman, sont les premiers à avoir expérimenté une méthode d'enregistrement avec prise de son par microphone, amplification, puis gravure électrique. Les premiers disques officiellement réalisés par cette méthode datent de 1920. Des travaux analogues étaient entrepris à la même époque en Amérique par les techniciens des « Bell Telephone Laboratories », sous la direction de J. P. Maxfield et de H. C. Harrisson. La « Western Electric Co. », organe commercial des « Bell Telephone Laboratories », était en mesure d'offrir, en 1924, un disque où se trouvaient convenablement gravées les fréquences du registre 100-5 000 hertz, et un appareil reproducteur mécanique à pavillon exponentiel, conçu rationnellement sur le principe des analogies dynamiques mis en lumière par H. C. Harrisson. En peu de temps, tous les éditeurs de disques viennent à l'enregistrement électrique. Sur le plan technique, d'importants progrès se dessinent. La notion de caractéristique de gravure se précise et, vers 1942, la « National Association of Broadcasters » s'efforce de faire adopter une formule où la réduction du bruit de surface est obtenue par une pré­accentuation à la gravure des sons aigus. Les méthodes de lecture et de reproduction électriques se généralisent. Le terme « haute fidélité », apparu vers 1934 dans la publicité radio-électrique, commence à s'appliquer au disque.

A partir de 1947, les procédés d'enregistrement sur bandes magnétiques s'introduisent dans l'industrie phonographique comme support de l'enregistrement original, la gravure s'effectuant après coup au laboratoire. Cette méthode s'est imposée partout dès 1949.

Le disque 78 tours en gomme laque demeure cependant affecté de bruits de surface qui nuisent à la fidélité de reproduction, et sa durée maximale de quatre minutes parait insuffisante malgré l'existence d'appareils changeurs de disques automatiques. Pour remédier à ces inconvénients, Peter Goldmark, de la firme américaine Columbia, met au point un disque en résine vinylique tournant à 33 1/3 tours à la minute, à sillonnage serré ou microsillon. La lecture de ces disques, dont la durée atteint vingt-cinq à trente minutes, s'effectue par voie électrique, grâce à des phonocapteurs ou pick-up, piézo­électriques ou magnétiques, très légers, munis d'une pointe lectrice se terminant par une calotte sphérique de 25 microns de rayon.

[R. Lafaurie, Grand Larousse Encyclopédique, 1961]

 

 

GRAMOPHONE ou GRAMMOPHONE n. m. (du gr. gramma, caractère écrit, et phônè, voix). Espèce de phonographe, reproduisant les sons au moyen de disques.

[Larousse pour tous, 1907]

 

 

GRAMOPHONE n. m. Phonographe perfectionné, reproduisant les sons au moyen de disques.

[Petit Larousse illustré, 1910]

 

 

 

 

 

GRAMOPHONE n. m. Phonographe de marque particulière, reproduisant les sons au moyen de disques.

[Nouveau Petit Larousse illustré, 1924]

 

 

GRAPHOPHONE s. m. (du gr. graphein, écrire; phônê, voix). Phys. Appareil enregistrant et répétant la parole comme le phonographe d'Edison. Ce n'est en réalité que le phonographe perfectionné sous le rapport de l'enregistrement, de la reproduction et du renforcement de la parole, par Graham Bell, Chichester Bell et Sumner Tainter.

[Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1888]

 

 

GRAPHOPHONE n. m. (du gr. graphein, écrire, et phônè, voix). Appareil enregistrant et répétant la parole comme le phonographe. (Ce n'est, en réalité, que le phonographe perfectionné quant à l'enregistrement, la reproduction et le renforcement de la parole).

[Nouveau Larousse Illustré, 1897-1904]

 

 

 

 

 

GRAPHOPHONE n. m. (gr. graphê, écriture, et phônê, voix). Phonographe perfectionné reproduisant, au moyen de cylindres, des chants, des morceaux d'orchestre, etc.

[Petit Larousse illustré, 1910]

 

 

 

 

 

GRAVURE n. f. Electro-acoust. Gravure sur disque, action d'enregistrer un disque en creusant à la surface de celui-ci un sillon en forme de spirale, dont certaines caractéristiques sont déterminées, en chaque point, par la valeur instantanée du signal à enregistrer; résultat de cette action. // Gravure latérale, procédé d'enregistrement mécanique dans lequel la modulation du sillon est perpendiculaire à la direction du déplacement du support et parallèle à sa surface. // Gravure verticale ou en profondeur, procédé d'enregistrement mécanique dans lequel la modulation du sillon est perpendiculaire à la surface du support. // Syn. de DISQUE : Une gravure précieuse, rare.

[Grand Larousse Encyclopédique, 1962]

 

 

HAUT-PARLEUR n. m. (pl. haut-parleurs) Radiotechn. Appareil transformant en énergie mécanique, puis en vibrations sonores, l'énergie électrique provenant d'un poste récepteur radio-électrique.

ENCYCL. - Le moteur est constitué par un écouteur téléphonique de grande puissance, dont la plaque (membrane) communique à l'air un mouvement vibratoire d'amplitude aussi grande que possible; dans le haut-parleur, les vibrations se propagent à un volume d'air de plus en plus grand, en attaquant toute la masse contenue dans un canal acoustique, cône ou pavillon, dont la section croît progressivement. On construit des haut-parleurs capables de porter les sons à des distances de plusieurs kilomètres.

[Larousse du XXe siècle, 1930]

 

 

MICROPHONE n. m. (du préf. micro, et du gr. phônè, voix) Instrument propre à rendre perceptibles des sons très faibles. // On dit aussi MICROPHONIUM.

ENCYCL. - Principe du microphone. Le premier microphone a été construit par le professeur Hughes, et il est basé sur les variations de résistance électrique qui se produisent au contact des corps médiocrement conducteurs. Ainsi, lorsqu'un morceau de charbon (corps médiocrement conducteur) est mis en contact avec un autre morceau de charbon ou avec un autre conducteur, le moindre déplacement produisant des variations de position imperceptibles suffit pour faire changer la résistance dans des proportions très notables. Le microphone de Hughes se compose d'un petit rayon de charbon de cornue, terminé en pointe à chacune de ses extrémités et légèrement soutenu dans une position verticale entre deux godets creusés dans des blocs de la même substance, fixés sur une mince table d'harmonie. Si on relie les deux blocs aux extrémités d'un circuit métallique dans lequel sont intercalés une pile Leclanché d’un ou deux couples et un téléphone, on perçoit dans ce dernier instrument les bruits considérablement amplifiés qui se produisent près du microphone. Ainsi, les pas d'une mouche marchant sur le support de l'appareil s’entendent parfaitement dans le téléphone et donnent la sensation du piétinement d'un cheval ; le frôlement d’une barbe de plume sur la planchette du microphone, bruit complètement imperceptible à l’audition directe, s’entend d’une manière marquée dans le téléphone ; il en est de même des battements d’une montre posée sur la table d’harmonie, etc. Enfin les trépidations causées par le passage d’une voiture dans la rue se traduisent par des bruits crépitants très intenses.

L'amplification des sons par le microphone n'existe réellement que quand ces sons résultent de vibrations transmises mécaniquement à l'appareil par des corps solides.

Le microphone de M. Hugues a permis d’améliorer les conditions de transmission de la parole à distance ; aussi de nombreuses réclamations de priorité se sont-elles produites dès que cette application a été réalisée. Il est prouvé aujourd’hui que si quelques effets du microphone ont été découverts à différentes époques avant M. Hugues, on y avait prêté qu’une médiocre attention, puisque la plupart de ces découvertes n’ont même pas été publiées.

Le microphone de M. Hugues a reçu plusieurs modifications : M. Gaiffe lui a donné une forme plus élégante en le construisant comme un appareil de physique. Les blocs de charbon sont soutenus par des porte-charbons métalliques, dont on peut faire varier la position. Il est donc facile d’incliner plus ou moins le crayon mobile et d’augmenter à volonté la pression qu’il exerce sur le charbon supérieur. On reconnaît ainsi que lorsque le crayon est vertical le microphone transmet difficilement les sons articulés, en raison de l’instabilité du point de contact, et que des bruissements de toute nature se font entendre (on dit qu’il se produit des crachements). Quand, au contraire, le crayon de charbon est trop incliné, les sons perçus dans le téléphone sont plus purs, plus nets ; mais, par contre, l’appareil est moins sensible.

Le microphone peut aussi être constitué par des fragments de charbon entassés dans une boîte entre deux électrodes métalliques, ou enfermés dans un tube avec deux électrodes représentées par deux fragments de charbon allongés. On peut même remplacer les fragments de charbon par des poussières de même matière et même par des poussières plus ou moins conductrices, par exemple, des limailles métalliques. Tels sont les microphones à poussière de charbon et à limaille qui sont employés dans certains appareils microtéléphoniques. On a varié de mille manières la forme du microphone, suivant les applications auxquelles on voulait l’approprier.

La théorie du microphone est fort complexe. « On doit reconnaître dans toutes les formes de cet instrument, dit M. J. Ochorowicz, un mouvement mécanique des parties constituantes, une variation dans les points de conductibilité, un changement de résistance. Mais de ces trois actions c'est le changement des points de contact qui joue le rôle principal. Du nombre plus ou moins grand de ces points dépend l'intensité des sons : le nombre des interruptions successives des mêmes contacts détermine leur hauteur, et les changements accessoires leur timbre ; enfin, des diverses combinaisons successives et simultanées, périodiques ou non périodiques, de tous ces changements résulte leur articulation. »

[Gaston Boucheny, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1888]

 

 

PAVILLON n. m. (lat. papilio, papillon, puis tente [en forme de papillon]). Electro-acoust. Organe dont la fonction est de concentrer ou de diriger des ondes sonores.

ENCYCL. - Les microphones des modèles jadis employés étaient pourvus d'un pavillon en forme de cornet, destiné à concentrer les ondes sonores attaquant leur membrane. Les premiers haut-parleurs comportaient également un pavillon en forme de col de cygne.

[Grand Larousse Encyclopédique, 1963]

 

 

PHONAUTOGRAPHE n. m. (du gr. phônè, voix ; autos, soi-même, et graphein, écrire). Physiq. Appareil enregistreur des vibrations sonores.

ENCYCL. - Le phonautographe, précurseur éloigné du phonographe, a été imaginé par Scott. Il se compose d'une membrane mince tendue sur une ouverture circulaire, au fond d'une sorte d'entonnoir. Un style, formé d'une barbule de plume au bout d'une soie de sanglier et fixé sur la membrane par une goutte de cire d'Espagne, trace sur un cylindre enduit de noir de fumée et tournant autour d'un axe fileté une courbe dont les sinuosités correspondent aux mouvements vibratoires de la membrane. Cette inscription des vibrations, utile pour l'analyse des sons, ne se prête pas, comme celle du phonographe, à la répétition des sons enregistrés.

[Nouveau Larousse Illustré, 1897-1904]

 

 

 

 

 

 

PHONO n. m. Abréviation familière de PHONOGRAPHE.

[Nouveau Petit Larousse, 1971]

 

 

PHONO n. m. Abréviation usuelle de PHONOGRAPHE.

[Petit Larousse en couleurs, 1972]

 

 

PHONO-CINÉMATOGRAPHE n. m. Techn. Instrument dans lequel on coordonne synchroniquement les mouvements des mécanismes moteurs d'un cinématographe et d'un gramophone combinés.

ENCYCL. - Le phono-cinématographe, que son inventeur G. Mendel nomme phono-cinéthéâtre, se compose d'un cinématographe et d'un gramophone réunis par un mécanisme synchrone. De plus, les disques de ce double instrument ont été exécutés en même temps pour un cinématographe et un gramophone quelconque reliés eux-mêmes par un appareil de synchronisme.

Grâce à cet ingénieux dispositif, les deux instruments combinés reproduisent avec une précision mathématique, l'un la voix, les bruits quel qu'ils soient; l'autre les mouvements, les gestes. La précision est telle, que les personnes reflétées sur l'écran parlent, chantent, pleurent avec une très grande intensité de vie et de vérité. Opéras, opéras-comiques, drames, comédies, monologues, etc., défilent sans accroc.

Le gramophone à disque peut être actionné par un moteur à mouvement d'horlogerie ou électrique; il en est de même de la marche du cinématographe.

[Supplément du Nouveau Larousse illustré, 1906]

 

 

 

 

Le chronophone imaginé par L. Gaumont (1902) a résolu le problème d'une façon remarquable, et ses phonoscènes donnent au spectateur l'illusion parfaite de projections parlantes.

[Larousse Universel, 1923]

 

 

PHONOGRAMME n. m. (du gr. phônê, voix, et gramma, écriture). Texte (discours, conversations, etc.) reproduit par le moyen d'un phonographe.

[Larousse du XXe siècle, 1932]

 

 

PHONOGRAPHE s. m. (du gr. phônê, voix; graphê, j'écris). Physiq. Appareil servant à enregistrer et à reproduire les sons de la voix humaine.

ENCYCL. - Le phonographe a été inventé en Amérique par M. Edison, électricien de la compagnie de l'Union télégraphique des Etats-Unis occidentaux, physicien éminemment ingénieux, à qui l'on devait déjà de sérieux perfectionnements des appareils télégraphiques. Ce merveilleux appareil comprend : un récepteur, un enregistreur et un transmetteur. Le récepteur est une sorte de cornet acoustique renversé, dont le fond, c'est-à-dire la plus petite ouverture, qui a environ 5 centimètres de diamètre, est fermé par un diaphragme métallique qui se met en vibration lorsqu'on parle devant l'appareil. Tous les mouvements du diaphragme se communiquent, avec leur intensité, à une aiguille d'acier fixée au centre du diaphragme. Ceci constitue le récepteur tout entier.

L'enregistreur se compose essentiellement d'un cylindre de bronze long de 11 centimètres et d'un diamètre égal à sa longueur. Sur la surface du cylindre sont creusées quarante rainures hélicoïdales ayant un développement total d'environ 14 mètres. Le cylindre, entièrement enveloppé d'une mince feuille d'étain se moulant sur les rainures, est porté sur deux tourillons et reçoit d'un appareil spécial un double mouvement de rotation et de translation, calculés de façon que l'aiguille du diaphragme, engagée dans une rainure, la parcoure, sans se déplacer, pendant le fonctionnement; il suffit évidemment pour cela que, pendant que le cylindre accomplit un tour entier, il se déplace horizontalement de la largeur d'un pas d'hélice. Cela étant, la pointe de l'aiguille, qui entame légèrement l'étain, y décrira un sillon variable de forme et de profondeur, suivant les variations des sons qui mettent l'aiguille en mouvement. Mais ces diversités dans la trace laissée par l'aiguille sur l'étain sont si légères que l'œil ne peut nullement les apprécier, et que l'instrument resterait absolument inutile s'il fallait les lire pour les interpréter.

C'est donc ici que se trouve ce qu'il y a de véritablement merveilleux dans l'invention de M. Edison. Nous arrivons au transmetteur. Cette troisième partie de l'appareil se compose d'un tronc de cône métallique creux, dont la grande base est vide, et la petite base formée d'une feuille de papier bien tendue. Au centre de ce diaphragme en papier est fixée une aiguille semblable à la première et dont la pointe s'engage pareillement dans la rainure de l'enregistreur, mais avec une telle précision que la pointe de l'aiguille suit très exactement la trace laissée par l'aiguille du récepteur. Cette aiguille reçoit donc et transmet des vibrations exactement semblables à celles qu'avait reçues et transmises la première aiguille, il en résulte que le tambour transmetteur reproduit identiquement les sons enregistrés, et qu'on entend sortir de l'appareil la même voix, les mêmes sons qui, l'instant d'auparavant, ont été produits directement par une bouche humaine.
Cet appareil, dont les essais ont frappé d'admiration tous ceux qui en ont été témoins, deviendra-t-il un instrument pratique, usuel? L'extrême délicatesse qu'exige son fonctionnement pourrait en faire douter; mais, quoi qu'il arrive à cet égard, le phonographe restera comme une des inventions les plus étonnantes de l'esprit humain.

[Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1878]

 

Jusqu'à ces derniers temps, le phonographe était un simple objet de curiosité. En 1888 M. Edison l'a perfectionné en vue de lui faire rendre de réels services. La feuille d'étain est remplacée par un cylindre en cire durcie, et le nouvel appareil a les dimensions d'une machine à coudre ordinaire. L'axe principal, solidaire du cylindre inscripteur, tourne simplement dans deux paliers sans se déplacer longitudinalement; c est l'embouchure et le diaphragme qui se déplacent. Derrière le cylindre de cire durcie se trouve un chariot portant l'embouchure, la membrane et le stylet. Le déplacement de l'embouchure et du diaphragme s'obtient à l'aide d'un moteur électrique placé sous l'appareil et actionné par le courant d'un ou deux éléments de pile. Ce moteur est pourvu d'un régulateur qui maintient la vitesse très sensiblement uniforme. Le bon fonctionnement du nouvel appareil dépend de la perfection mécanique de toutes ses parties, de la régularité de la vitesse, de la sensibilité du cylindre en cire qui enregistre les mouvements de l'aiguille et de la délicatesse du diaphragme reproducteur. On n'a pas cherché à obtenir une reproduction très forte, mais surtout, à avoir une articulation et une intonation parfaites. La couche de cire est simplement fixée sur la surface d'un support métallique qui se place sur le cylindre de l'appareil. Ces cylindres ont des longueurs différentes. Les plus courts (0m,001) peuvent contenir 200 mots.

[Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1888]

 

 

PHONOGRAPHE n. m. (du gr. phônè, voix, et graphein, décrire). Physiq. Appareil qui enregistre et reproduit les sons de la voix humaine. Syn. GRAPHOPHONE.

ENCYCL. - Le phonographe a été inventé en 1877 par Edison ; il a été depuis perfectionné par Edison lui-même. Il comprend : un récepteur, un enregistreur et un reproducteur. Le récepteur est une sorte de cornet acoustique renversé, dont la plus petite ouverture est fermée par un diaphragme métallique qui se met en vibration lorsqu'on parle devant l'appareil. Tous les mouvements du diaphragme se communiquent, avec leur intensité, à une aiguille d'ivoire, fixée au centre du diaphragme.

L'enregistreur se compose essentiellement d'un cylindre recouvert d'un manchon de cire durcie, dont l'axe tourne dans deux paliers. Derrière ce cylindre se trouve un chariot portant l'embouchure, la membrane et le stylet et qui se déplace uniformément le long du cylindre, de façon que la pointe d'ivoire s'appuie constamment sur le manchon de cire. Ce déplacement est obtenu à l'aide d'un mouvement d'horlogerie ou d'un moteur électrique, pourvu d'un régulateur. Pendant que le cylindre accomplit un tour entier, le chariot se déplace horizontalement de la largeur d'un pas d'hélice. Cela étant, la pointe de l'aiguille, qui entame légèrement la cire, y décrira un sillon imperceptible à l'œil nu, variable cependant, de forme et de profondeur, suivant les variations des sons qui mettent l'aiguille en mouvement. Le reproducteur se compose d'un tronc de cône métallique creux, dont la grande base est vide et la petite base formée d'une feuille de papier bien tendue ou d'une fine lame vibrante. Au centre de ce diaphragme, est fixée une aiguille dont la pointe suit très exactement la rainure formée par l'enregistreur, et transmet à la feuille ou lame qui garnit le fond du cône des vibrations exactement semblables à celles qu'avait reçues et transmises la première aiguille. Il en résulte que le tambour transmetteur reproduit identiquement les sons enregistrés.

[Gaston Boucheny, Nouveau Larousse Illustré, 1897-1904]

 

 

 

 

 

 

PHONOGRAPHE n. m. (gr. phônê, voix, et graphein, inscrire). Appareil qui enregistre et reproduit les sons.

ENCYCL. - Le phonographe imaginé en 1877 par Edison, permet aujourd'hui, grâce à de nombreux perfectionnements (graphophone, gramophone, etc.), de reproduire parfaitement la parole, le chant, le timbre même des instruments. Tout phonographe se compose de trois parties : un récepteur, un enregistreur et un reproducteur. Le récepteur E est un cornet acoustique renversé, dont le fond est fermé par un diaphragme métallique T, muni en son centre d'une fine aiguille d'ivoire P, retenue par un ressort R. L'enregistreur est constitué par un cylindre C, de cire durcie (ou d'un disque en ébonite) dont la surface, F, se déplace par un mouvement mécanique de rotation, sous la pointe d'ivoire. Celle-ci, quand une série de sons se produisent à l'entrée du récepteur, trace dans la cire ou l'ébonite un sillon de profondeur variable. Pour reproduire les sons enregistrés, il suffira désormais de placer dans ce sillon, en faisant tourner le cylindre ou le disque à la même allure que pendant la première opération, l'aiguille du reproducteur, petite lame vibrante ou feuille de papier rigide, dont les vibrations renouvelleront exactement celles du diaphragme du récepteur.

[Larousse pour tous, 1907]

 

 

 

 

 

 

PHONOGRAPHE n. m. (gr. phônè, voix, et graphein, inscrire). Appareil qui enregistre et reproduit les sons.

ENCYCL. - Le premier phonographe fut construit par Edison (1878), mais le principe même de l'invention appartient à un Français, Ch. Cros, qui n'eut pas l'occasion de réaliser pratiquement cette idée ; elle avait cependant fait l'objet d'un mémoire très détaillé à l'Académie des sciences (1877). Grâce à de nombreux perfectionnements, le phonographe permet aujourd'hui de reproduire la parole, le chant, le timbre même des instruments. Les premiers phonographes pratiques comprenaient un récepteur, un enregistreur et un reproducteur. Le récepteur E était un cornet acoustique renversé, avec un fond fermé par un diaphragme métallique T, muni en son centre d'une fine aiguille d'ivoire P, retenue par un ressort R. L'enregistreur était constitué par un cylindre C, de cire durcie, dont la surface se déplaçait, par un mouvement mécanique de rotation, sous la pointe d'ivoire. Celle-ci, quand des sons se produisaient à l'entrée du récepteur, traçait dans la cire un sillon de profondeur variable. Le reproducteur comprenait un diaphragme vibrant relié à une aiguille ; les vibrations de ce reproducteur étant les mêmes que celles du récepteur, les sons étaient exactement reconstitués. L'appareil a été perfectionné, le cylindre de cire, fragile et encombrant, a fait place à un disque résistant en pâte plastique, susceptible de recevoir des inscriptions sur les deux faces ; la pointe est, le plus souvent un saphir ou une aiguille cylindrique d'acier ou de tungstène, montée sur un diaphragme de mica ; dans divers appareils de luxe, le pavillon a été supprime et remplacé par une caisse de résonance en bois ; l'amplification des sons se réalise par un diaphragme spécial vibrant sous l'influence d’air comprimé; enfin, la reproduction des disques, assurée par des procédés galvanoplastiques, permet, d'une épreuve bien enregistrée, de tirer de nombreux exemplaires sans altération de la pureté des sons. Le phonographe, outre la reproduction de la voix, du chant, de la musique, est utilisé encore dans l'enseignement des langues étrangères.

[Larousse Universel, 1923]

 

 

PHONOGRAPHE n. m. (du gr. phônê, voix, et graphein, décrire). Appareil qui enregistre ou reproduit les paroles et les sons au moyen d'énergie modulée par les organes de la parole ou par les instruments de musique. (Selon la nature de l'énergie utilisée [énergie mécanique de l'air ou énergie électrique], l'appareil est appelé phonographe mécanique ou phonographe électrique.)

ENCYCL. - Phys. Des rêveurs ont depuis longtemps imaginé que la reproduction de la parole et des sons était possible. Déjà Cyrano de Bergerac parle de pages sur lesquelles passe une aiguille qui reproduit les paroles et la musique (1656). Mais les précurseurs scientifiques sont : Young, qui imagine de fixer un style à un corps solide vibrant et produisant par conséquent un son ; il peut ainsi enregistrer les vibrations du corps solide sur un cylindre rotatif. Ensuite Duhamel fixe le style à des cordes et enregistre ainsi leurs vibrations ; puis Wertheim fixe le style à des diapasons et enregistre leurs vibrations. Scott, ouvrier typographe, en 1857, fixe un style à une membrane : il peut ainsi enregistrer sur un cylindre rotatif la parole, le chant, la musique ; par cet appareil, auquel il donna le nom de phonautographe, c'est-à-dire « la voix s'inscrivant d'elle-même », il établit expérimentalement le principe du phonographe mécanique enregistreur.

Scott meurt de misère, et de chagrin aussi, voyant qu'on refuse de lui rendre justice, lorsque Edison applique ce principe dans le phonographe qu'il réalise en 1878.

Cros, poète et savant, en 1877 a l'idée suivante : « Si on fait repasser le style dans les sillons qu'il a creusés sur le cylindre rotatif, la membrane à laquelle il est fixé reproduira les paroles, les chants et la musique ; autrement dit l'appareil inventé par Scott est réversible. »

Cros, en imaginant un tel appareil, avait établi le principe du phonographe mécanique reproducteur.

Cet appareil fut nommé paléophone (voix du passé).

- C'est Edison qui construisit le premier phonographe, en 1878. Le phonographe d'Edison comprenait : un récepteur, un enregistreur, et un reproducteur. Le récepteur est une sorte de cornet acoustique renversé dont la plus petite ouverture est fermée par un diaphragme métallique qui se met en vibration lorsqu'on parle devant l'appareil. Tous les mouvements du diaphragme se communiquent, avec leur intensité, à une aiguille d'ivoire fixée au centre du diaphragme.

L'enregistreur se composait d'un cylindre recouvert d'un manchon de cire durcie. Derrière ce cylindre se trouvait un chariot portant l'embouchure, la membrane et le stylet, et qui se déplaçait uniformément le long du cylindre, de façon que la pointe d'ivoire s'appuyât constamment sur le manchon de cire. Ce déplacement était obtenu à l'aide d'un mouvement d'horlogerie ou d'un moteur électrique pourvu d'un régulateur.

Le reproducteur était composé d'un tronc de cône métallique creux, dont la grande base était vide et la petite base formée d'une feuille de papier bien tendue ou d'une fine lame vibrante. Au centre de ce diaphragme, était fixée une aiguille dont la pointe suivait très exactement la rainure formée par l'enregistreur, et transmettait à la feuille ou lame garnissant le fond du cône, des vibrations exactement semblables à celles qu'avait reçues et transmises la première aiguille. Il en résultait que le tambour transmetteur reproduisait identiquement les sons enregistrés.

Malgré les nombreux perfectionnements apportés à tous ses organes, le phonographe mécanique ne put satisfaire les amateurs de musique, parce qu'il avait des défauts et un manque d'intensité rédhibitoires inhérents aux principes mêmes de son enregistrement et de sa reproduction, utilisant seulement l'énergie mécanique.

Dussaud présente en 1896 à l'académie de médecine le premier phonographe électrique, qui se composait de deux appareils :

1° Un phonographe électrique enregistreur.

Les paroles ou les sons à enregistrer actionnent le charbon mobile d'un microphone qui module en concordance avec eux un courant électrique (premier microphone d'enregistrement).

Le courant ainsi modulé est conduit dans un électro-aimant d'où il commande électriquement en concordance avec lui-même un style mobile qui grave des empreintes en concordance avec les paroles ou les sons à enregistrer (premier type de graveur électrique).

2° Un phonographe électrique reproducteur.

Un style supporté par une membrane passe dans les empreintes des paroles ou des sons enregistrés et actionne en concordance avec elles le charbon mobile d'un microphone fixé et réglé sur la membrane par des ressorts, leviers et vis de pression. La membrane ainsi fixée au microphone ne produit aucun son ; elle ne sert que de support au style actionnant directement - et non par l'intermédiaire de l'air mis en mouvement par une membrane - le charbon mobile du microphone. Ce charbon mobile module silencieusement un courant électrique en concordance avec les empreintes des paroles ou des sons enregistrés (premier type de pick-up).

Le courant ainsi modulé est conduit dans l'électro-aimant d'un haut-parleur d'où il commande électriquement, en concordance avec lui-même, une membrane mobile qui fait reproduire par l'air les paroles ou les sons enregistrés (premier type de haut-parleur).

Les microphones étaient construits pour supporter des courants d'une certaine intensité.

On amplifiait donc directement le courant modulé lui-même en augmentant le nombre des éléments de la pile qui le fournissait. Le courant modulé de microphonique devenait mégaphonique et commandait donc les organes mobiles du graveur électrique ou du haut-parleur avec les amplifications désirées qui se trouvaient ainsi réalisées dans les enregistrements et les reproductions électriques.

Principe du phonographe électrique. - Ce premier phonographe électrique a établi expérimentalement le principe de l'enregistrement, de la reproduction et de l'amplification électriques de la façon suivante :

Un courant relie deux dispositifs électriques dans lesquels l'organe mobile du second répète les mouvements de l'organe mobile du premier en les amplifiant.

Pour l'enregistrement, l'organe mobile du premier dispositif est actionné par les paroles ou les sons à enregistrer, et l'organe mobile du deuxième dispositif actionne le style graveur d'empreintes.

Pour la reproduction, l'organe mobile du premier dispositif est actionné par le style passant dans les empreintes et l'organe mobile du second dispositif ébranle l'air qui reproduit les paroles ou les sons enregistrés.

Le phonographe électrique a permis de lier synchroniquement le premier phonographe électrique au cinématographe, et de réaliser déjà, en 1897, le premier cinéma parlant.

La T. S. F. a permis de nombreux perfectionnements du phonographe électrique.

Le phonographe électrique, de micro-magnéto-électrique, est devenu micro-radio-magnéto-électrique lorsqu'on lui a ajouté l'amplificateur de T. S. F.

Le phonographe électrique d'aujourd'hui comprend des centaines de modèles différents ayant leurs types de microphone, graveur électrique, pick-up, haut-parleur, mais tous sont basés sur le même principe que celui du premier phonographe électrique.

Actuellement les phonographes utilisent des disques. Le disque enregistreur est un plateau de cire que sillonne une pointe de diamant fixée à un électro-enregistreur auquel aboutit le courant. A mesure que se déroule le plateau, un aspirateur absorbe les parcelles de cire formées par le labourage de la pointe enregistreuse. Le disque achevé, on l'essaye à l'aide de l'appareil reproducteur, puis on livre la cire enregistrée à l'usine de fabrication des disques. On tire de la cire (positive) un disque de cuivre (négatif) nommé original, que l'on plonge dans un bain électrolytique. Il donne une réplique (positive) de la cire et prend le nom de mère. La mère sert à tirer de nouvelles épreuves métalliques qui garniront le fond des presses où seront modelés les disques (positifs) destinés au commerce.

Les premiers disques étaient en cire vierge. Trop malléable, elle est remplacée aujourd'hui par des mélanges qui comprennent de la gomme laque, des matières inertes (craie, sable fin, terre brûlée) et un produit colorant (noir animal ou de fumée).

On a construit aussi des cello-disques souples et incassables.

[Jean Hesse, Larousse du XXe siècle, 1932]

 

 

 

 

 

 

PHONOGRAPHE n. m. (gr. phônê, voix, et graphein, écrire). Appareil qui reproduit les paroles et les sons par un procédé purement mécanique.

ENCYCL. - Acoust. On a depuis longtemps imaginé que la reproduction de la parole et des sons était possible. Déjà Cyrano de Bergerac parle de pages sur lesquelles passe une aiguille qui reproduit les paroles et la musique. Parmi les précurseurs scientifiques, Young imagine de fixer un style à un corps solide vibrant et produisant par conséquent un son ; il peut ainsi enregistrer les vibrations du corps solide sur un cylindre rotatif. Ensuite, Duhamel fixe le style à des cordes et enregistre ainsi leurs vibrations ; puis Wertheim fixe le style à des diapasons. Scott de Martinville, ouvrier typographe, fixe un style, en 1857, à une membrane : il peut ainsi enregistrer sur un cylindre rotatif la parole, le chant, la musique ; grâce à cet appareil, auquel il donna le nom de phonautographe, c'est-à-dire « la voix s'inscrivant d'elle-même », il établit expérimentalement le principe de l'enregistreur mécanique. Cros, poète et savant, a, en 1877, l'idée suivante : « Si l'on fait repasser le style dans les sillons qu'il a creusés sur le cylindre rotatif, la membrane à laquelle il est fixé reproduira les paroles, les chants et la musique », autrement dit, l'appareil de Scott est réversible. Cros avait ainsi trouvé le principe du phonographe. Cet appareil fut nommé paléophone. Il semble toutefois que le terme de « phonographe » soit dû à l'abbé Lenoir.

C'est Edison qui construisit le premier phonographe, en 1878, lequel comprenait un récepteur, un enregistreur et un reproducteur. Le récepteur est une sorte de cornet acoustique renversé, dont la plus petite ouverture est fermée par un diaphragme métallique qui vibre lorsqu'on parle devant l'appareil. Tous les mouvements du diaphragme se communiquent à une aiguille d'ivoire fixée au centre du diaphragme.

L'enregistreur se compose d'un cylindre recouvert d'un manchon de cire. Devant ce cylindre se trouve un chariot portant l'embouchure, la membrane et le stylet, et qui se déplace uniformément le long du cylindre, de façon que la pointe d'ivoire s'appuie constamment sur le manchon de cire. Ce déplacement est obtenu à l'aide d'un mouvement d'horlogerie.

Le reproducteur est composé d'un tronc de cône métallique creux, dont la grande base est ouverte et la petite base fermée par une feuille de papier bien tendue ou une fine lame vibrante. Au centre de ce diaphragme est fixée une aiguille dont la pointe suit très exactement la rainure formée par l'enregistreur, et transmet à la feuille ou à la lame garnissant le fond du cône des vibrations exactement semblables à celles qu'avait reçues et transmises la première aiguille. Il en résulte que l'appareil reproduit identiquement les sons enregistrés.

Par la suite, on enregistra les vibrations du graveur sur un disque, l'inscription s'effectuant latéralement, alors qu'elle s'effectuait en profondeur dans l'appareil d'Edison. Malgré les nombreux perfectionnements apportés à tous ses organes, le phonographe ne put satisfaire les amateurs de musique, parce qu'il avait les défauts inhérents aux principes mêmes de la reproduction mécanique. Le phonographe est à l'heure actuelle supplanté par l'électrophone, où la reproduction des sons s'effectue par un procédé électromécanique.

[P. Meriel, Grand Larousse Encyclopédique, 1963]

 

 

 

 

 

PHONOGRAPHIE n. f. Physiq. Manière graphique de représenter les vibrations des corps sonores.

[Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1878]

 

 

PHONOGRAPHIER v. tr. Enregistrer un texte ou une audition musicale par le moyen d'un phonographe.

[Larousse du XXe siècle, 1932]

 

 

PHONOGRAPHIQUE adj. Qui a rapport à la phonographie.

[Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1878]

 

 

PHONOTHÈQUE n. f. Etablissement où sont conservés des documents sonores de tous genres, et non pas seulement ceux qui sont enregistrés sur disques, comme dans une discothèque.

ENCYCL. - La première phonothèque d'Etat fut créée en 1902, à Vienne. En 1904 furent fondées à Berlin les Phonogramm-Archiv. Les Etats-Unis possèdent les importantes archives du Congrès de Washington; la Grande-Bretagne, l'imposante collection du British Museum.

En France, c'est en 1911, à Paris, que furent créées les Archives de la parole, auxquelles succéda, en 1928, le Musée de la parole, dont, en 1932, fut détaché l'Institut de phonétique. En 1938, un décret instituait la Phonothèque nationale, établissement public chargé de réunir et de conserver les documents phonographiques de toutes catégories qui en sont reconnus dignes, et en particulier ceux que fournit l'application du dépôt légal.

[Grand Larousse Encyclopédique, 1963]

 

 

PHOTOPHONE n. m. (du gr. phôs, phôtos, lumière, et phônê, voix). Physiq. Appareil transmettant les sons à distance à l'aide des radiations lumineuses ou calorifiques. - Syn. de RADIOPHONE.

[Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1888]

 

Ce nom fut donné par Alexandre Graham Bell, en mars 1881, à son téléphone d'ondes lumineuses [projection du son avec un faisceau lumineux à l'aide d'un miroir parabolique], lorsqu'il renouvela en Angleterre, à l'occasion de sa réception à Brantford, ses célèbres expériences sur la projection du son par la lumière.

[Larousse du XXe siècle, 1932]

 

 

PHOTOPHONIE n. f. (rad. photophone). Physiq. Transmission des sons au moyen des radiations lumineuses ou caloriques. Syn. de RADIOPHONIE.

[Nouveau Larousse Illustré, 1897-1904]

 

 

PICK-UP n. m. invar. (mot anglais signif. recueillir). Techn. Instrument qui se monte a la place du diaphragme du phonographe et qui consiste en un petit générateur restituant en tensions électriques les vibrations acoustiques enregistrées par le disque.

ENCYCL. - Cet appareil est constitué par une aiguille en acier qui épouse les sillons du disque en faisant vibrer une petite armature de fer placée devant un électro-aimant. L'aiguille, placée à l'extrémité de la palette mobile dans le champ magnétique d'un système d'aimants à quatre pôles, parcourt les sillons du disque, produisant ainsi une variation de champ magnétique dans la palette ; cette palette traverse une bobine fixe dont les extrémités sont reliées aux bornes de sortie du pick-up ; la bobine fixe est induite, et fournit à ses extrémités des tensions électriques variables représentant les vibrations acoustiques enregistrées. Ces tensions sont appliquées à un amplificateur spécial de basse fréquence, et alimentent le haut-parleur. - On améliore encore le rendement, en plaçant des filtres, qui suppriment le bruit de l'aiguille. Les pick-up électriques donnent, en général, des résultats bien supérieurs à ceux que l'on obtient avec les diaphragmes ordinaires ; l'audition du pick-up peut être simple, c'est-à-dire sans amplification (peu utilisée), et amplifiée, en vue du remplacement des orchestres. L'infériorité du système de vibration acoustique sur le pick-up est due, en majeure partie, à l'amortissement causé par le frottement de l'aiguille sur le disque ; l'avantage de la reproduction électrique est de respecter parfaitement toutes les fréquences musicales.

[J.-J. Verdier, Larousse du XXe siècle, 1932]

 

 

 

 

 

PICK-UP n. m. invar. (angl. to pick-up, recueillir). Electro-acoust. Lecteur électrique de disques de phonographe, servant à traduire les vibrations acoustiques enregistrées par des tensions électriques correspondantes. // Par extens. Phonographe électrique.

[E. Aisberg, Grand Larousse Encyclopédique, 1963]

 

 

SILLON n. m. (origine gauloise). Electro-acoust. Dans l'enregistrement mécanique, trace produite dans un disque par l'outil de coupe ou de repoussage. // Sillon de garde ou de centrage, sillon circulaire non modulé, de diamètre inférieur à tous les autres, et pouvant être utilisé soit pour empêcher la pointe de lecture de glisser jusqu'à la partie centrale du disque, soit pour déterminer le point correspondant au centre de rotation correct du disque, ou encore à ces deux fins.

[Grand Larousse Encyclopédique, 1964]

 

 

STYLOPHONE n. m. (du gr. stulos, colonne, et phônè, voix). Appareil phonographique à main, ayant l'aspect extérieur et les dimensions d'un appareil photographique 9 x 12 à magasin.

ENCYCL. - Il comprend une boîte recouverte d'une gainerie noire et sur l'une des faces de laquelle s'ouvre le pavillon (P); un mouvement d'horlogerie, commandé par une clef M, actionne le cylindre C, sur lequel le disque D inscrit les sons. Dans cet instrument, le pavillon est assez bien dissimulé ; il peut même être supprimé totalement par l'adaptation d'un diaphragme spécial. Le but de l'appareil est de phonographier des sons comme on prend des photographies.

[Supplément du Nouveau Larousse illustré, 1906]

 

 

 

 

 

TÉLÉGRAPHONE n. m. Sorte de phonographe pouvant être actionné à distance.

[Larousse universel, 1923]

 

 

THÉÂTROPHONE n. m. (du gr. theatron, théâtre, et phônè, voix). Appareil destiné à donner automatiquement une audition (de chant, de musique, etc.). [Ce résultat s'obtient en plaçant sur la scène des divers théâtres des microphones reliés à un bureau central d'où rayonnent les lignes auxquelles se raccordent les appareils mis à la disposition du public dans les cafés, restaurants, hôtels, etc. Les concessionnaires de ce réseau à Paris ont, en outre de cette installation, des lignes d'abonnement au réseau téléphonique français leur permettant d'offrir des auditions aux abonnés du réseau téléphonique de Paris ou des réseaux de la province qui y sont reliés.]

[Nouveau Larousse Illustré, 1897-1904]

 

 

affiche de Jules Chéret (1896)

 

 

 

DICTIONNAIRE des INVENTEURS

 

 

BELL (Alexander Graham) inventeur et physicien américain d'origine anglaise (Edimbourg, 03 mars 1847 - près de Baddeck, Canada, 01 août 1922). Il abandonne à l'âge de seize ans les études musicales, pour lesquelles il est très doué, et, à l'exemple de son père, professeur de diction, il se consacre à la phonétique. Etabli d'abord à Londres, il doit, pour raisons de santé, émigrer au Canada avec sa famille, et y enseigne aux sourds le langage par signes. En 1873, il est nommé professeur de physiologie vocale à l'université de Boston. En 1874, il construit une oreille artificielle, qui enregistre les sons sur une plaque de verre enduite de noir de fumée. En tentant de faire entendre les sourds, il aboutit, en 1876, à l'invention du premier microphone (avec Manuel), et du téléphone. Cette invention a aussitôt un énorme succès, mais sa priorité est contestée, et Graham Bell doit soutenir de nombreux procès pour la défense de ses droits. Il perfectionna, vers 1881, en collaboration avec Charles Sumner Tainter, le phonographe d’Edison et commercialisa son idée sous le nom de Graphophone. Le 04 mai 1886, il dépose le brevet du graphophone et du cylindre de cire. Il imagine encore un procédé électrique de localisation des objets métalliques dans le corps humain, dont l'usage ne disparaît qu'avec la découverte des rayons X. Son nom, sous la forme bel, sert à désigner l’unité relative d'intensité sonore.

 

Graham Bell

 

BERLINER (Emil) technicien allemand (Hanovre, 20 mai 1851 - Washington, 03 août 1929). Il est l’inventeur du disque de phonographe à gravure latérale (brevet déposé en 1887) et le créateur de l’appareil de reproduction sonore connu sous le nom de gramophone. Les premiers gramophones furent fabriqués en Allemagne au cours de l’année 1889. En 1893, Il créée les premiers disques duplicités par pressage (17,70 cm, 70 tours). En 1894, Berliner commence à exploiter commercialement ses brevets en Amérique. Il fonde la Berliner Gramophone Company en 1895. L’année 1896 marque le début de sa collaboration avec Elridge Johnson sur le plan technique et avec Franck Seaman sur le plan commercial. Ce dernier, unique agent de Berliner en Amérique, fonde à New York, en 1896, la National Gramophone Company et engage une lutte sans merci contre les compagnies rivales du groupe Edison. A partir de 1898, l’Europe possède ses propres compagnies du Gramophone à Londres, Hanovre, Paris, etc. En 1899, Franck Seaman tente de déposséder Berliner et Johnson de leur entreprise. Il suscite d’interminables procès, s’allie au groupe Edison et crée une firme rivale, l’International Zonophone Company, dont l’existence fut assez tumultueuse et qui fut rachetée en 1903 par le Consortium Berliner‑Victor, fondé en 1901.

 

Emil Berliner

 

CROS (Charles) savant et poète français (11.Fabrezan, 01 octobre 1842 - Paris, 09 août 1888). Frère du sculpteur, céramiste et peintre César-Isidore-Henri Cros (11.Narbonne, 16 novembre 1840 - 92.Sèvres, 20 janvier 1907). Il communiqua en 1869 à la Société française de photographie sa découverte du principe de la photographie des couleurs, en même temps que Louis Ducos du Hauron. Ils s’ignoraient mutuellement. Le 16 avril 1877, il envoya à l’Académie des sciences la description d’un appareil, qu’il appelait paléophone, principe du phonographe, décrivant un procédé d’enregistrement et de reproduction sonores, dont il venait de trouver l’idée, quatre mois avant le premier brevet d’Edison. Le 19 février 1878, il dépose le brevet du phonogramme. Cros fut la première personne à concevoir le phonographe, mais ne put jamais en réaliser la construction. Son imagination se manifestait également dans le domaine littéraire. Il acquit la réputation d’un humoriste plein de verve et écrivit pour les cercles littéraires des monologues comiques (le Hareng saur, le Bilboquet, l’Obsession, etc.), et réunit en un recueil, le Coffret de santal (1873), de petits poèmes délicats, raffinés et bizarres. Après 1920, les surréalistes ont cité Charles Cros parmi leurs inspirateurs. Son fils, Guy-Charles Cros (Paris, 02 février 1879 - 77.Valence-en-Brie, 28 novembre 1956) est l'auteur de recueils de vers et de traductions.

 

Charles Cros

 

DUCRETET (Eugène) industriel et savant français (Paris, 1844 - Paris, 1915). Il fonda une maison d'appareils de précision qui devait acquérir une notoriété internationale. Ses relations avec Branly et sa collaboration directe avec le Russe Popov lui permirent de concevoir et de réaliser le premier dispositif français de télégraphie sans fil d'emploi pratique (1897), quelques semaines après les expériences de Marconi. Après avoir réussi la première liaison radiotélégraphique au-dessus d'une grande ville, entre la Tour Eiffel et le Panthéon (5 novembre 1898), il s'attacha au problème des communications aux moyennes distances sur terre et aux grandes distances sur mer (1898-1904).

 

DUSSAUD (Frantz) physicien suisse (Genève, 1870 - Paris, 1953). Docteur ès sciences, il professa, à partir de 1891, la physique à la faculté des sciences de sa ville natale. Ses travaux ont trait aux organes sensoriels, à la substitution possible de l'un par l'autre. Les recherches qu'il a poursuivies l'ont conduit à des inventions dont il a fait profiter l'éducation des sourds et des aveugles. Il a imaginé un phonographe pour sourds (substituant le toucher à l'ouïe), un cinématographe pour aveugles (substituant le toucher à la vue), des appareils à écrire et à dessiner pour aveugles, des appareils de vision à distance, un haut-parleur, un téléphone inscripteur, etc. En 1896, il a présenté à la Sorbonne le premier phonographe électrique à pick-up.

 

EDISON (Thomas Alva) inventeur américain (Milan, Ohio, 11 février 1847 - West Orange, New Jersey, 18 octobre 1931). A l’âge de douze ans, engagé comme vendeur de journaux dans les trains, il apprend seul la mécanique, la physique et la chimie. En 1864, il invente un télégraphe duplex. Il devient ingénieur de plusieurs sociétés de réseaux télégraphiques et fonde, en 1876, une usine à Orange, où il va réaliser un grand nombre d’inventions, dont les plus célèbres sont celles du phonographe et de la lampe électrique à incandescence (1878). En 1884, il découvre l’émission d’électrons par les métaux incandescents. En 1877, il invente le microtéléphone. La même année, il  conçoit et fait exécuter par son mécanicien, John Kruesi, le premier appareil permettant l’enregistrement et la reproduction du son (gravure verticale d’un sillon hélicoïdal tracé sur un cylindre recouvert de papier d’étain). Au cours de l’année 1878, le phonographe d’Edison est présenté dans le monde entier, mais le succès initial se dissipe vite. Edison, sollicité de créer une forme pratique d’éclairage électrique, abandonne le phonographe jusqu’en 1888, mais invente, en 1881, un appareil commercial pour cylindres de cire. Une version perfectionnée du phonographe est alors exploitée commercialement par la North American Phonograph Company, fondée en 1888, ainsi que par des firmes associées, dont la Columbia Phonograph Company de Washington. Edison fonde la National Phonograph Company en 1896, pour fabriquer et vendre des appareils conçus pour l’usage domestique, ainsi que des cylindres enregistrés. Malgré le succès du disque, Edison demeure fidèle au cylindre, dont il s’efforce de perfectionner les techniques. Cependant, la Columbia Phonograph Co. abandonne le cylindre en 1912, et Edison est contraint d’en venir au disque, mais à gravure verticale. Avec des succès divers, l’activité phonographique d’Edison dure jusqu’en 1929, date à laquelle la National Phonograph Company, sous la nouvelle raison sociale : Edison Thomas A. Inc., décide de se consacrer à la fabrication de récepteurs radiophoniques et de dictaphones.

 

cliquez sur le phono pour entendre sa voix (Edison parle de la Grande Guerre)

 

Thomas Edison en 1882

 

Thomas Edison

 

phonographes d'Edison

 

GAUMONT (Léon) inventeur et industriel français (Paris, 10 mai 1864 - 83.Sainte-Maxime, 09 août 1946). Ayant débuté en 1881 comme secrétaire dans un atelier de mécanique, il consacra son activité à la photographie et établit, en 1895, un "chronophotographe", réalisant la photographie animée. Peu après les frères Lumière, il sortit des appareils de cinéma et créa les premières machines industrielles pour la préparation des films. Il installa aux Buttes-Chaumont des studios de prise de vues et confia la direction artistique de sa production à Victorin Jasset, puis à Louis Feuillade. En 1911, il créa aux Etats-Unis, à Flushing, des studios et des laboratoires pour films sonores et parlants. Il fut, avec Charles Pathé, l'un des propagateurs de l'industrie française du film dans le monde. Gaumont est l'inventeur des premiers procédés de cinéma parlant (combinaison synchronisée du cinématographe et du phonographe, 1902) et de cinéma en couleurs (procédé trichrome, mis au point en 1912). Il réalisa des films populaires, tels Fantomas et Judex.

 

Léon Gaumont

 

le Chronophone Gaumont. Spécimen de l'appareil pour projections parlantes utilisé lors de la présentation faite en séance de l'Académie des Sciences, le 27 décembre 1910, devant le professeur d'Arsonval, d'un film parlant. Appareil conçu et mis au point par Léon Gaumont, R. Decaux et F. Frely.

 

HUGHES (David Edward) ingénieur américain d'origine anglaise (Londres, 16 mai 1831 - Londres, 22 janvier 1900). Il enseigna au collège de Bardstown, dans le Kentucky, d'abord la musique, puis la physique et la mécanique. En 1854, il construisit un appareil télégraphique imprimeur, qu'il fit breveter en 1855 et dont le succès fut considérable, non seulement aux Etats-Unis, mais dans toute l'Europe. Hughes joua également un rôle fort important dans le développement de la téléphonie. Il imagina, en 1877, le microphone, dont le fonctionnement est fondé sur les phénomènes de variation de résistance qui se produisent au contact de corps peu conducteurs. Enfin, il est connu pour son invention de la balance d'induction et pour sa contribution à la théorie du magnétisme.

 

David Edward Hughes

 

JOHNSON (Eldridge Reeves), mécanicien et technicien américain (Delaware, 06 février 1867 - Moorestown, New Jersey, 15 novembre 1945). Il travailla, avec Berliner, à perfectionner le premier gramophone par la mise au point d’un moteur à ressort et d’une caisse de résonance. Le lancement commercial de cette version perfectionnée du gramophone date de 1897. En 1900, Johnson fonde sa propre compagnie, adopte la cire comme support de la gravure originale de disques, portant la marque Victor, nettement supérieurs à ceux de ses concurrents. En 1901, Berliner et Johnson unissent leurs intérêts au sein de la firme Victor, que Johnson devait diriger jusqu’en 1926. La firme devient alors la propriété de deux banquiers, Speyer et Seligman, avant d’être rachetée, en 1929, par la Radio Corporation of America (R.C.A.), où elle constitue la subdivision phonographique « R.C.A.‑Victor ».

 

Eldridge Johnson

 

LIORET (Henri) ingénieur français (77.Moret‑sur‑Loing, 26 juin 1848 - Paris, 1938). Pionnier de l’industrie phonographique française, il est le premier à avoir commercialisé le phonographe en France (1893). A cette époque, les frères Pathé sont ses collaborateurs. L’année 1895 voit la mise au point d’une version perfectionnée du phonographe, le « lioretgraph », laquelle obtient un grand prix à l’Exposition de Bordeaux. Lioret perfectionne les procédés de gravure des cylindres et invente une méthode galvanoplastique permettant leur tirage industriel à un grand nombre d’exemplaires. En 1896, il propose également une formule de cylindres incassables en celluloïd, et créée la première usine d’appareils en France. En 1905, avec Gaumont et les frères Laudet, Lioret donne les principes de l’enregistrement optique des sons, en vue de créer un cinéma parlant. En 1910, il collabore avec Marais et le docteur Marage pour l’enregistrement de phénomènes physiologiques. Il travaille également avec l’abbé Rousselot, fondateur de la phonétique expérimentale, puis avec le Pr Marichel pour la rééducation des sourds‑muets. Pendant la guerre de 1914, il met au point le repérage acoustique des pièces d’artillerie, puis l’« hélicophone », pour la détection des sous‑marins.

 

Henri Lioret

 

POULSEN (Valdemar) ingénieur danois (Copenhague, 23 novembre 1869 - New York, 23 juillet 1942). Il fut le premier à enregistrer la parole sur fil magnétique (télégraphone, 1898), inventa la méthode de génération des ondes électromagnétiques entretenues par l'arc, qui porte son nom (1903), et contribua pour beaucoup au développement du cinéma parlant.

 

 

 

Valdemar Poulsen

télégraphone de Poulsen

 

SCOTT DE MARTINVILLE (Edouard-Léon) savant français (Paris, 25 avril 1817 - Paris, 26 avril 1879). Modeste ouvrier typographe, il fut remarqué par Etienne Geoffroy-Saint-Hilaire qui l'associa à certains de ses travaux. Il imagina d'appliquer les moyens acoustiques employés par la nature dans la structure du sens de l'ouïe à la fixation graphique du chant, des instruments de musique, etc. Le 25 mars 1857, il dépose le brevet d'un appareil (phonautographe) qui enregistre le son, sans toutefois pouvoir le restituer. Son dispositif se compose d'un pavillon relié à un diaphragme qui recueille les vibrations acoustiques. Celles-ci sont transmises à un stylet, qui les grave sur une feuille de papier enduite de noir de fumée, laquelle est enroulée autour d'un cylindre rotatif. En association avec un fabricant d'instruments de musique, qui l'aide à construire ses appareils, il parvient à vendre plusieurs phonautographes à des laboratoires scientifiques qui s'en servent pour étudier le son. Il est également l'auteur de plusieurs mémoires et d'une Histoire de la sténographie.

 

Edouard-Léon Scott de Martinville

 

 

 

le phonautographe

 

 

SIEMENS (Werner VON) ingénieur et industriel allemand (Lenthe, près de Hanovre, 13 décembre 1816 - Berlin, 06 décembre 1892). On lui doit la première grande ligne télégraphique européenne entre Berlin et Francfort (1848-1849) et la première locomotive électrique (1879). Le 10 décembre 1877, il déposa le brevet du haut-parleur électronique. En 1888, il fut anobli par l'empereur Frédéric III, et prit part à la rédaction de la loi allemande sur les brevets.

 

Werner von Siemens

 

TAINTER (Charles Sumner) ingénieur et inventeur américain (Watertown, Massachusetts, 25 avril 1854 - San Diego, 20 avril 1940). En 1881, il travailla avec Graham Bell et son cousin Chichester Bell (1848-1924) à la réalisation du graphophone. En 1886, ils ont créé la Volta Graphophone Company.

 

Charles Sumner Tainter

 

 

Phonographe