MAIRIES DE MONTMARTRE
Le mur des Fermiers-Généraux
ayant coupé en deux la paroisse de Montmartre, il y eut, après 1786,
le Montmartre intra-muros, ou Bas-Montmartre, et le Montmartre extra-muros, ou
Haut-Montmartre. Lorsque peu après, dès le début de la Révolution, il y eut
lieu, en vertu de la loi du 14 décembre 1789, d'élire les municipalités qui
allaient gérer les nouvelles communes, les notables de Montmartre se réunirent
à l'hôtel Malesherbes, qui se
trouvait rue des Martyrs, dans la partie intra-muros,
pour choisir les personnes à présenter pour constituer leur municipalité.
Or, le Montmartre extra-muros était constitué par une population paisible
de meuniers, de laboureurs, de vignerons et de carriers ; elle n'avait
rien de commun avec la population turbulente du Montmartre intra-muros qui, composant les trois quarts et demi de
la population totale, était surtout riche en cabaretiers, restaurateurs, lieux
de plaisir, bals et jeux champêtres. Le Haut-Montmartre reprochait au
Bas-Montmartre d'être la cause des lourds impôts dont l'ancienne paroisse avait
été accablée. Il jugea donc que le moment était propice pour ne plus avoir quoi
que ce soit de commun avec le Bas-Montmartre. Aussi mit-il à profit ces
élections pour décider d'élire sa propre municipalité à l'heure où, dans l'hôtel Malesherbes, on discutait de
celle de l'ensemble de Montmartre. De ce fait, deux municipalités furent élues
à l'intérieur de l'église Saint-Pierre : le 26 mars 1790, celle du Montmartre intra-muros et, le 29 mars,
celle du Montmartre extra-muros. La
première, installée rue de la Tour-d'Auvergne, puis dans l'hôtel Malesherbes, se considéra comme étant la seule légale et
officielle et, voulut gérer tout le territoire de Montmartre, celui du haut
comme celui du bas.
L'Assemblée nationale
trancha le différend, le 22 juin 1790, en rattachant à Paris le Montmartre intra-muros qui constitua,
dès lors, deux des quarante-huit sections qui allaient composer la nouvelle
division administrative de Paris. Les Porcherons
et la Nouvelle-France devinrent
les sections du Faubourg-Montmartre et de la Grange-Batelière, ils
constitueront plus tard les quartiers Saint-Georges et Rochechouart du IXe
arrondissement.
Le Montmartre extra-muros forma donc à lui seul la commune de
Montmartre, réduite dès lors au sixième environ de l'ancien domaine des Dames
de Montmartre. Sa première mairie s'installa place du Tertre (1790), au premier étage du domicile de son
premier maire, Félix Desportes de Blinval dont l'existence fut fort
mouvementée, car il servit tous les régimes.
Par la suite, elle s'installa dans le passage de l'Elysée-des-Beaux-Arts (rue André-Antoine), puis dans
la Petite-Rue-Royale (rue Houdon) et,
enfin, dans le passage de l'Arcade où elle resta jusqu'à ce que, la population
allant croissant, le besoin se fît sentir d'un édifice spécialement affecté au
service municipal. D'où la construction, à partir du 19 décembre 1835, de
bâtiments situés place de l'Abbaye nos
8 et 10 (place des Abbesses) pour y installer un hôtel de ville et des écoles pour
garçons et filles.
Le square Jehan-Rictus
recouvre une partie de l'emplacement occupé par la mairie de la commune de
Montmartre de 1837 à 1860, et par celle du XVIIIe arrondissement de
1860 à 1892. Une école pour filles et garçons, construite derrière elle, au
fond du square actuel, lui avait été annexée. Cet ensemble, dont la
construction commença le 19 décembre 1835, comportait un grand bâtiment composé
d'un rez-de-chaussée avec porte centrale flanquée de trois fenêtres de chaque
côté, d'un premier étage et d'un attique à sept fenêtres surmonté d'un
lanternon portant une horloge. Le comte de Rambuteau, préfet de la Seine,
l'inaugura le 3 mai 1837.
La mairie actuelle du XVIIIe
arrondissement, place Jules-Joffrin, remplace celle qui était antérieurement
située place des Abbesses. Œuvre de Varoclier, de style Renaissance, sa
première pierre a été posée le même jour que celle du pont Caulaincourt, le 16
décembre 1888 ; elle a été inaugurée le 17 juillet 1892.
MAIRES
DE MONTMARTRE
01. Félix DESPORTES DE BLINVAL (1790-1801)
Fils d'un épicier de Rouen, quelque peu avocat, il
habitait la place du Tertre depuis 1788. Président de l'assemblée des
représentant du Montmartre extra-muros,
il fut élu maire le 29 mars 1790, à 27 ans ; il reçut, tant chez lui qu'à la
mairie, Bailly, La Fayette, Danton et les principaux personnages du début de la
Révolution. Il fit baptiser sa fille du prénom de Montmartre et lui donna la commune comme marraine. Fin octobre
1791, il se fit charger d'une mission diplomatique près des cantons
helvétiques ; si sa première fille avait eu Montmartre comme marraine, il
donna, en 1792, comme marraine à sa seconde fille la « haute et puissante
dame Dorothée-Caroline-Frédérique, née baronne de Furtten-Waerther, épouse du
haut et puissant seigneur Louis, baron de Closen, chambellan de S.A.S. le duc
régnant de Deux-Ponts ». Desportes devint, en 1794, ministre
plénipotentiaire près de la République de Genève. Considéré comme
réactionnaire, il fut exclu du club des Jacobins, puis arrêté ; il aurait
fini sur l'échafaud si le 9 Thermidor ne l'avait sauvé. En 1798, il fut nommé
commissaire général du Directoire dans le département du Léman. Le Premier
consul le nomma secrétaire général du ministère de l'intérieur et l'empereur,
préfet du Haut-Rhin, (1802), puis baron (1809). Révoqué, en 1813, comme
partisan du général Moreau, il rallia les Bourbons en 1814, puis Napoléon après
le retour de l'île d'Elbe, ce qui le fit proscrire pour cinq ans par Louis
XVIII en 1815. Ce « caméléon politique », ainsi qu'on l'appela,
mourut, en 1849, rue Laffitte, complètement oublié.
02. GANDIN
(1801-1809)
03. Pierre FINOT
(1810-1816)
Pierre Finot (1843-1816) est enterré au Cimetière du
Calvaire.
04. FAVERET
(1817-1828)
05. BAZIN
(1829-1831)
06. VÉRON
(1831-1842 : il existe quelques lacunes pour cette période)
Véron (mort en 1861) fut adjoint au maire de Montmartre de 1809 à 1830.
07. BIRON
(1843-1847)
Ancien employé des Postes.
08. VASSE
(1848/1850 ?)
09. PIÉMONTÉSI
(1851-1854)
10. Baron Michel de TRÉTAIGNE (1855-1860)
Jean-Baptiste Michel de Trétaigne (1780-1869) était
maire de Montmartre lors de l’annexion de cette commune à la capitale (1860).
L'hôtel de la Boule d'Or (112 rue Marcadet) appartint, en 1839, au baron Michel
de Trétaigne, ancien médecin principal des armées de l'Empire, qui le légua à
sa mort, à son fils Léon-Michel de Trétaigne, un des historiens de Montmartre
et de Clignancourt.
MAIRES DU XVIIIE
ARRONDISSEMENT DE PARIS (jusqu’en 1950)
01. Baron Michel de TRÉTAIGNE (1860-1862)
02. Léon LE
BLANC (1862-1869)
03. Achille LABAT
(1869-1870)
Il était déjà adjoint au maire en 1859. L'hôtel
Labat (71 rue Marcadet), construit en 1663, appartint en 1794, au
maître-carrier Gorisse, dont la fille en devint propriétaire en 1797. Elle
avait épousé Jean Labat, inspecteur des carrières. L'hôtel Labat, appartint
ensuite à son fils, Achille Labat. Externat de jeunes filles en 1910, cet hôtel
disparut progressivement ; il n'en reste plus rien, sinon deux vases de
pierre situés au haut de l'encadrement de son ancienne porte cochère.
04. Georges CLEMENCEAU
(1870-1871)
05. Gabriel CHALIGNY
(1871-1879)
06. Emile Martin LANDELLE (1879-1883)
07. Jean Baptiste BIN (1883-1889)
08.
Jacques WIGGISHOFF (1889-1899)
Jacques-Charles
Wiggishoff (Paris, 25 avril 1842-Paris, 02 avril 1912), fils de Charles-Joseph Wiggishoff
et de Marie-Madeleine-Caroline Hoch. Industriel dans les parfums, maire de
Montmartre, président de la Société des Collectionneurs d'ex-libris, auteur du
Dictionnaire des dessinateurs et graveurs d'ex-libris français (Paris, 1915).
Il épousa Louisa Leclerc (60.Clermont, 01 avril 1846-21 décembre 1903), fille
de François Leclerc, brasseur, et d'Adélaïde-Armance Dusuel.
09. Charles PUGEAULT
(1899-1906)
10. Edouard KLEINMANN
(1906-1927)
11. Jean MAYOUX
(1927-1939)
12. Maurice MOOK
(1939-1940)
13. François Georges PICOT (1940-1941)
14. Hyacinthe SERVONNET (1941-1944)
15. Odilon ARRIGHI
(1946-1950)