L’INTERMÉDIAIRE
10 Mars
1923.
La commune de Montmartre parrain. - Il ne
s'agit pas de la commune libre de Montmartre, chef-lieu de la libre chanson, de
la « foire aux croûtes » et de la Vache
enragée, mais de la véritable commune de Montmartre, de l'officielle
commune de Montmartre, sinon la première, puisque - et son existence fut
éphémère - une commune de Montmartre intra
muros, une fausse commune de Montmartre, avait précédé la vraie, celle dont
Nicolas-Félix Desportes fut le premier maire, et
qui, procédé dont il la faut louer, fut parrain de Flore-Pierrette-Montmartre,
fille dudit Desportes, ainsi que l'atteste cet acte de baptême jadis recueilli
par Parent de Rosan :
Du 15 mai 1791 :
Baptême de Flore-Pierrette-Montmartre, née le 3 mai, fille de Nicolas-Félix Desportes, maire de cette commune, et de Victoire
Berryer, son épouse ; parrain : la commune de Montmartre représentée par Pierre
Deruelle, procureur de la commune, assisté de Antoine
Bellancourt, officier municipal, Marcel Cornille, notable, Pierre-Charles
Laforge, capitaine de la compagnie du centre de la
garde nationale, et Pierre Devaux, bourgeois, tous quatre commissaires nommés
à cet effet en vertu de la délibération de la commune générale du 8 de ce mois
inscrite sur le grand registre de la municipalité ; marraine Mme
Marie-Madeleine Barbe Ladmirault, épouse de Jacques-Félix Desportes négociant à Rouen, ayeule de l'enfant, et ont signé avec le maire ici présent,
Ladmirault, Deruelle,
procureur de la commune, Bellancourt, représentant
le corps municipal, Cornille représentant le Conseil
général de la commune, Laforge représentant la garde
nationale.
La jeune
Pierrette pouvait troquet plus tard, lors de son mariage, le prénom de Flore
contre celui de Rose, mais baptisée Montmartre, elle restait Montmartre. Peut
être a-t-elle été seule au monde à porter ce glorieux prénom qui lui eût réservé
une place à part parmi les « amées »
filleules que pouvait revendiquer Rodolphe Salis, roi de Montmartre.