LA

NOUVELLE REVUE

 

PARIS

ADMINISTRATION ET RÉDACTION

26, rue Racine (VIe)

 

Septembre-Octobre 1901

 

 

 

LES ANCIENNES SOURCES

DE MONTMARTRE

 

par Roland Montclavel

 

 

Le vote récent du Sénat concernant la santé publique fait du bruit dans Landerneau ; et les huit communes de la banlieue de Paris, qui étaient contraintes jusqu'à présent, de boire de l'eau de Seine, viennent de se former en association pour rendre impos­sible cette alimentation « aquatique » et dangereuse.

Elles réclament à cor et à cris, une canalisation collective d'eau potable, ce qui n'a rien d'excessif.

C'est, parait-il, Levallois-Perret qui a levé la première bannière de cette nouvelle croisade, et les communes de Nanterre, Cour­bevoie ont immédiatement suivi, montrant la route aux autres.

 

***

 

Cette manifestation de communes suburbaines nous fait penser au temps où chacune avait ses sources propres, témoin Montmartre qui n'était peut-être pas la commune la plus mal partagée sous ce rapport.

Une rapide revue des sources de la Butte-des-Martyrs, ne sera pas sans intérêt pour le lecteur qui verra revivre en même temps, plusieurs pages de notre histoire nationale.

De plus, il connaîtra plusieurs légendes, non des moins curieuses, et qui trouvent encore crédit chez quelques-uns de nos contempo­rains, nonobstant le siècle de lumière et de scepticisme dans lequel nous sommes entrés.

Voyons ces sources.

Le nombre vies sources de Montmartre, dépassait bien la douzaine et l'on nous a conservé du moins le souvenir des quatre plus connues, ou qui ont coulé le plus longtemps et dont nos con­temporains ont pu conserver le souvenir.

Pour cela, point n'est besoin de remonter dans le dédale des siècles passés ; il nous suffira de prendre la chose à l'époque des Gallo-Romains, voire même à celle de l'indépendance gauloise, alors que les chênes feuillus abritaient encore de leurs frondaisons la Butte et le temple de Teutatès qui la surmontait. (Légende de la Chapelle : Firmin Leclerc).

L'abbé Lebeuf, le célèbre chanoine d'Auxerre, l'auteur fameux d'une Histoire de la Ville et des diocèses de Paris, nous parle d'une conduite d'eau qui partait de la Fontaine-du-But (1) et allait porter l'eau nécessaire aux habitants des villas romaines du versant de la Butte où commençait à s'élever Clignancourt.

 

(1) Nous verrons plus loin l'orthographe véritable de cette fontaine.

 

Ce consciencieux écrivain avance - et nous pouvons le croire sans crainte - avoir vu les restes de cette conduite dans les ruines d'une maison qu'avait déjà décrite Frodoard, cette maison même, effondrée en 944, lors du terrible ouragan « où l'on vit (c'est Frodoard qui parle) dans les airs plusieurs démons qui sous l'aspect de cavaliers démolissaient et abattaient à coups de poutre une église voisine de l'antique maison, et mettaient tout en ruines sur la montagne, dont en même temps, ils ravageaient les vignes et les moissons. » (2)

 

(2) Anno Domini 944, tempestas nimia Pacta est, etc.

 

La découverte de ces vestiges date de 1736, et se trouve relatée dans la gazette de l'époque, le Mercure de France de 1738 ; cette découverte provoqua une grande effervescence dans Paris ; on ne parlait rien moins que de trésors fabuleux trouvés à côté de statues d'Isis et d'Osiris, de médailles, de pièces d'or, et même d'un temple mis à jour, que soutenaient une vingtaine de piliers, avec un autel en argent. Un mauvais plaisant ayant écrit là-dessus un roman auquel il donna la forme scientifique, les badauds devinrent foule, et la découverte prit l'aspect d'un great event encore que des savants s'évertuassent à persuader le public qu'il avait été outrageusement mystifié.

En tous cas, ces ruines provenaient-elles d'un temple païen ? Sauval l'affirmait, et l'abbé Lebeuf le démentait, allant jusqu'à l'accuser de ne pas se connaître en bâtisse romaine, et opinait, de son côté, pour les ruines d'un établissement balnéaire.

Faut-il croire davantage le chanoine, puisqu'il assista aux fouilles de 1737 et 1738 ? Non plus, car M. de Caylus, le savant archéologue, déclare ces ruines pour être celles d'une fonderie (1759). Peu nous importe d'ailleurs, qu'il s'agisse d'un temple, d'un bain ou d'une fonderie. Le fait patent, incontestable, c'est qu'il existait sur le versant septentrional, à l'ouest de Clignancourt, un établissement important, dont les ruines offraient un carré plutôt long et partagé en plusieurs chambres parfaitement cimentées, avec de véritables fourneaux, et que pour un semblable établisse­ment, il fallait le voisinage immédiat de l'eau.

Effectivement, à quelques pas de là, coulait la rivière de Saint-Denys sur laquelle nous reviendrons tout à l'heure.

Pour le moment, continuons à suivre les fouilles qui ne donnè­rent pas des trésors monétaires comme le croyait le vulgum pecus, mais conduisirent néanmoins à la découverte de fragments de bas-reliefs en marbre blanc représentant deux génies conduisant un char, d'un vase enterre cuite d'un travail assez grossier, et paraissant avoir servi à un usage intime, d'une tête en bronze de grandeur naturelle et d'un bras également en bronze qui devait appar­tenir à une statue - vu ses proportions - de 8 à 9 pieds de haut.

Il n'y a pas encore bien longtemps (l'abbé Ottin en parle dans son Histoire de Montmartre, par Chéronnet), des Parisiens dési­raient devenir riches pour faire pratiquer des fouilles nouvelles, en cet endroit, persuadés qu'ils seraient dédommagés de leurs peines et de leurs frais par l'exhumation de trésors précieux.

Ces découvertes de canalisations, relatives aux sources de Montmartre eurent leur pendant en 1895, époque à laquelle on fit des fouilles rue de Bellefond et qui conduisirent à la trouvaille de tuyaux de poteries qu'un examen de gens compétents en la matière fit reconnaître comme ayant appartenu aux travaux de canalisation de l'ancien aqueduc du Château de Saint-Lazare (aujourd'hui la prison).

Ces tuyaux sont encore visibles au musée du Vieux-Montmartre à qui l'heureux et généreux discoverer en a fait don.

Je disais plus haut, qu'il y avait quatre sources dont le souve­nir s'était conservé jusqu'à nous, à telle enseigne que j'en ai vu couler une ; les voici, avec leurs noms et ceux qu'ils ont donné aux rues qui les ont remplacées ou qui ont été percées dans leur voisinage immédiat :

La Fontenelle (ou petite fontaine), la rivière de Saint-Denys, la Bonne (sous-entendu la fontaine de la Bonne-Eau) et la fontaine du But.

La Fontenelle coulait à peu près sur l'emplacement des rues des Roziers et de la Fontenelle (réunies aujourd'hui sous le nom de rue de la Barre) ; cette source se serait tarie au XVIIe siècle, absor­bée par les plâtrières sur lesquelles elle coulait.

La rivière de Saint-Denis tient une plus grande place pour les souvenirs qui s'attachent à son nom.

On pense qu'elle devait couler sur le terrain où se trouve établi le cimetière du Nord (cimetière Montmartre), et la légende veut que dans son eau, se soit venu laver le saint après sa décollation.

C'est dans cet endroit que jadis, caché sous la verdure si propice à la rêverie et à la méditation, venait s'asseoir le pieux baron de Renty, après avoir fait ses dévotions à la Chapelle du Martyre.

Ce baron de Renty fut célèbre au XVIIe siècle par ses bonnes œuvres, et les habitants de Montmartre le voyaient venir, solitaire, déjeuner frugalement chaque fois qu'il avait accompli son pèleri­nage.

Selon toutes probabilités, cette rivière allait se déverser dans la plaine Monceau.

Une autre légende courait encore sur la rivière. Saint-Denys.

Entr'autres, Ignace de Loyola l'affectionnait au point d'y venir faire ses dévotions.

Ses eaux étaient fort renommées, et passaient pour guérir prin­cipalement les fièvres : il suffisait pour cela d'y tremper son doigt, et l'on cite - mais que ne cite-t-on pas ? - une religieuse de l'abbaye qui fut guérie d'un chancre à la lèvre, par le contact de cette eau divine.

La rivière de Saint-Denys s'appelait encore fontaine de Mercure et fontaine aux Martis, et elle était honorée du dicton suivant :

 

Jeune fille qui a bu l'eau de Saint-Denys

Reste fidèle à son mari.

 

Dans un poème du XIVe siècle : Florent et Octavien de Cipéris de Vignevaux, on trouve les vers suivants, dédiés à la rivière de Saint-Denys :

 

Seigneurs, décolé fu le corps de saint Denys

Droit à un fontaine, si nous dit li inscris

Qui est entre Montmartre et le sit de Paris.

Encore l'appelle-t-on la fontaine aux Martis,

Là, avait ung grand bois qui fut souvent feuillis.

 

C'est en 1810 qu'on changea le cours de cette rivelette pour exploi­ter les plâtres qu'on devinait sous son lit, lesquels lui préparèrent un sort analogue à celui de sa sœur la Fontenelle.

La fontaine de Mercure (ou rivière de Saint-Denys) prenait très probablement sa source dans le haut de l'impasse Girardon.

La troisième source, la Bonne (et aussi de la Belle-Estoile, et encore de la Bonne Fée, de par une réminiscence druidique à l'égard de nos ancêtres qui venaient sacrifier sur la Butte Sacrée) est une des plus anciennes de Montmartre.

Ce nom de Bonne Fée - qu'il remonte au souvenir de l'Enchan­teur Merlin et de la Fée Morgane son élève, ou aux époques mystérieuses où les chênes de la Butte abritaient les offices des druides sacrifiant aux divinités gauloises - prouve bien son antiquité, et c'est à son miroir très vraisemblablement, que venaient puiser les fidèles élevant leurs cœurs vers les génies tuté­laires de la Gaule.

Mais admettons pourtant que cette jolie source ne servit point aux sectateurs de Teutatès (et de Mercure sous les Romains) ; du moins a-t-on les preuves qu'elle servit aux usages de l'abbaye de Montmartre, à telle enseigne que les religieuses réclamèrent des robes d'étoffe noire, celles d'étoffe blanche se salissant trop rapide­ment et nécessitant de fréquents et fatigants lavages.

Or, où ces religieuses lavaient-elles leurs robes ? dans l'eau de la Bonne.

Un autre renseignement, c'est que la Bonne n'avait pas un bien grand débit, puisque les religieuses trouvaient que le blanchis­sage leur usait trop d'eau.

Enfin nous voici arrivés à la Fontaine du But qui s'appelait aussi Fontaine de Mercure, tout comme la Fontaine de St-Denys, et est citée dans le Recueil d'Antiquités de M. de Caylus déjà nommé, sous cette dernière dénomination. C'est le baron Michel de Trétaigne, l'ancien maire et historien de Montmartre qui a pris la responsabilité de l'identifier.

Quoiqu'il en soit : Fontaine de Mercure ou Fontaine du But, elle disparut vers 1880, et c'est celle-là dont j'ai vu couler les eaux dans ma prime jeunesse, tout près de l'Abreuvoir qu'elle alimen­tait, non loin de la rue Caulaincourt, juste à l'intersection de cette rue avec les rues Girardon et Fontaine-du-But.

Cet abreuvoir que j'ai vu, dans lequel j'ai joué, est ainsi décrit dans le Montmartre La Chapelle, par mon ami Léon Sargues, aujourd'hui Chef de Cabinet à Saïgon, et qui ne prévoyait pas alors sa future destinée.

« Il était formé d'une vaste cavité circulaire, entourée d'un parapet possédant une large ouverture devant laquelle - afin de prévenir de fort possibles accidents - on avait placé quelques bornes reliées entre elles par une grosse chaîne pouvant s'enlever à volonté.

C'est par cette ouverture que passaient les animaux qui venaient se baigner et se désaltérer dans ce pittoresque bassin ».

Nous y reviendrons tout à l'heure.

Disons en passant que les rues de Montmartre en cet endroit ont une toponomastique appropriée aux circonstances :

Rue de la Bonne. - Rue de la Fontenelle. - Rue du Mont-Cenis (ancienne rue St-Denys). - Rue de la Fontaine-du-But. - Rue du Ruisseau. - Rue de l'Abreuvoir...

Quant à l'origine de la Fontaine du But, voici ce que j'ai pu savoir :

Les uns penchent pour le latin bucca (bouche), buée (buanderie) et bouc (bouc païen). De toutes ces origines qui voudraient en tous cas l'orthographe Buc et qui est acceptée par tous les mont­martrologues, le Conseil Municipal a choisi la moins rationnelle en écrivant Fontaine du But !... Quel But ?

Lisez plutôt à ce sujet les Curiosités du Vieux-Montmartre, de notre confrère et compatriote montmartrois, Ch. Sellier, attaché au Musée Carnavalet.

En 1860, la Fontaine du Buc (restituons lui son orthographe véritable) était encore protégée en un certain endroit par les rameaux d'un noyer touffu ; en 1884, on voyait la margelle dudit abreuvoir et jusqu'à une pierre tumulaire d'abbesse dont on reconnaissait très bien l'effigie ; l'abbesse était sculptée en pied, parée de tous ses ornements sacerdotaux et la crosse à la main, comme pour une cérémonie, avec une inscription gothique que l'on n'avait pas encore déchiffrée du temps de Chéronnet.

Comme on le pense bien, les eaux de la Fontaine du Buc, n'étaient pas beaucoup plus abondantes que celles de ses sœurs ; aussi en 1835, les eaux de la Seine furent amenées à Montmartre à 130 m. au-dessus de leur niveau initial, jusqu'au réservoir octogone qui fut construit au confluent des rues Lepic et de Norvins.

Mais revenons à l'abreuvoir, où je ne puis résister au plaisir de céder pour un instant la plume à feu Gérard de Nerval.

« Ce qui séduisit dans ce petit espace abrité par les grands arbres du Château des Brouillards, c'était d'abord ce reste de vignoble lié au souvenir de St-Denys qui, au point de vue des philosophes, était peut-être le second Bacchus et qui a eu 3 corps dont l'un a été enterré à Montmartre, le second à Ratisbonne et le troisième à Corinthe. C'était ensuite le voisinage de l'abreuvoir qui, le soir, s'anime du spectacle de chevaux et de chiens, que l'on y baigne, et d'une fontaine construite dans le goût antique ; où les laveuses causent et chantent comme dans un des premiers chapitres de Werther. Avec un bas-relief consacré à Diane, et peut-être deux figures de naïades sculptées en demi-bosse, on obtiendrait, à l'ombre des vieux tilleuls qui se penchent sur le monument, un admirable lieu de retraite, silencieux à ses heures, et qui rappellerait certains points d'étude de la Campagne romaine.

Au-dessus, se dessine et serpente la rue des Brouillards, qui descend vers le Chemin-des-Bœufs, puis le jardin du restaurant Gaucher, avec ses kiosques, ses lanternes et ses statues peintes… »

Et plus loin, Nerval disait encore :

« Il y a des moulins, des cabarets et des tonnelles, des Elysées champêtres, et des ruelles silencieuses, bordées de chaumières, de granges et de jardins touffus, des plaines vertes coupées de précipices, où les sources filtrent dans la glaise, détachant peu à peu certains îlots de verdure où s’ébattent des chèvres qui broutent l'acante suspendue au rocher. »

Ce tableau de poète n'avait rien d'exagéré, et comme point de vue alpestre, Montmartre n'était pas sans charme ; tout, jusqu'aux insectes, y était. La pierre tombale dont j'ai parlé tout à l'heure, à demi submergée sous les eaux des sources (taries pour les travaux du Sacré-Cœur, et qui se faisaient jour ailleurs), servait de Champ-de-Mars à de grosses araignées et à de plantureuses hydrophyles qui y menaient leur vie amphibie.

Cette pierre, appelée pierre de St-Louis (pourquoi ?) servirait d'autel aujourd'hui (dit-on) au petit Calvaire de St-Pierre-de-Montmartre, cette même église autour de laquelle on mène grand bruit parce qu'on y vient de retrouver la pierre tumulaire de la femme de Louis le Gros, fondatrice de l'abbaye du Mont-des-Martyrs.

Cette pierre de St-Louis avait son pendant, si ce n'est plusieurs - mes souvenirs ne sont plus bien exacts - de l'autre côté de la rue, ayant vu jadis défiler les ânes de l'abreuvoir et les bœufs qu'on conduisait au marché (marcatus qui a fait Marcadet, et qui n'est que du mauvais latin)

Avant la guerre - mais je ne l'ai pas vu - existait un petit étang qu'on appelait Mare aux Canards et aussi le Lac des Plâtriers, dans lequel venaient se déverser quelques ruisselets murmurants. Ce lac était sis sur le côté N. O. de la rue Marcadet.

Et maintenant, revenons pour tout de bon à la Fontaine du Buc dont je me suis éloigné pour saluer l'abreuvoir et ses affluents.

La rue Girardon (l'ancienne rue des Brouillards (3), dont j'ai parlé plus haut) porta un moment un nom plus significatif car elle s'appelait rue Croix-du-Buc, et aussi rue des Fontaines, ce qui était assez juste puisque c'est dans son voisinage que gazouil­laient toutes les sources montmartroises.

Cependant toute cette eau était plus nécessaire à la poésie de Montmartre qu'à son utilité, car leur débit diminuait et la popu­lation s'augmentait.

C'est alors (1834) qu'une compagnie se forma dans le but de fournir de l'eau de Seine au village de la rive droite, et l'abbé Ottin dit que dès l'année 1836, s'élevait un réservoir (qui existe encore) rue de Norviers, celui-là même dont j'ai déjà parlé.

Un peu avant la guerre, une autre machine à eau fut installée - à vapeur - place de l'Abreuvoir et l'abreuvoir lui-même, n'avait pas encore été comblé et recouvert pour servir d'assise au Square actuel.

Il me resterait à parler du réservoir, voisin du Sacré-Cœur et du puits artésien de la place Hébert. Ce sera pour une autre fois.

 

(3) Le nom des Brouillards fut donné au château qu'on attribue à Henri IV et à la Belle Gabrielle, ainsi qu'à un moulin, rue Girardon. D'où vient ce mot ? Etait-ce à cause des brouillards qui planaient maintes fois sur la Butte alors qu'elle était boisée ? On n'est pas bien fixé à ce sujet. Il y avait aussi dans cet ancien sentier de la Fontaine du Buc, un endroit appelé les Bourdonne­ments, à cause des eaux qu'on entendait sourdre.

 

 

Roland MONTCLAVEL.

 

 

 

Vieux Montmartre