L’INTERMÉDIAIRE

DES CHERCHEURS ET CURIEUX

 

 

20 Août 1902.

 

Les premiers occupants de la butte Montmartre. – « Un pharmacien audacieux, écrit M. G. d'Avenel, s'avisa, vers le milieu de ce siècle, d'acheter presque pour rien la majeure partie de la butte Montmartre, dont les entrailles ouvertes offraient alors l'aspect bouleversé d'une succession de puits géants et de fosses béantes.

« Il y établit une décharge publique, que sa proximité du centre mit aussitôt en faveur. Dès 4 heures du matin en été, il attendait les tombereaux, les faisait basculer au bon endroit et, jusqu'au soir, aidé de quelques manœuvres, vêtu lui-même d’une limousine, la demoiselle de bois en main, il pilonnait, arrosait, bouchait les fissures et nivelait son domaine avec les rebuts des domaines d'autrui. Il acquit ainsi une grosse fortune ».

Sait-on de qui il est question, et y au­rait-il indiscrétion à révéler le nom de cet industriel industrieux ? Cet émule du baron Haussmann mérite, ce nous semble, sa part de notoriété posthume.

P.C. Cette question s'adresse à la très instruite Société du Vieux Montmartre et à son érudit président le distingué mont­martrois J.-C. Viggishoff.

 

***

 

Les premiers occupants de la butte Montmartre (XLVI, 231). - M. Eugène Lesenne, vice-président de la « Société le vieux Montmartre » qui a bien voulu faire des recherches, nous adresse la lettre suivante :

Marly-le-Roi (S.-et-O.)

23 septembre 1902.

Mon cher collègue,

Je viens vous soumettre le résultat des recher­ches auxquelles je me suis livré pour essayer de résoudre le problème montmartrois que pose l'Intermédiaire, et sur lequel vous avez appelé mes faibles lumières.

Après avoir vainement compulsé les his­toires et écrits spéciaux, annuaires, journaux, je suis allé aux Archives de la Seine, où notre ami et collègue Lazard m'a obligeamment communiqué les papiers de la collection des frères Lazare, et voici ce que j'ai trouvé au tome VI, page ou numéro 1314 :

 

« En 1842, M. Adolphe Dufour, ancien pro­priétaire de la Compagnie des Eaux de la Seine (rive droite), de concert avec MM. Ser­gent et Houiller, mit en exploitation la carrière Houllier qui s'étendait de la rue d'Orsel au Calvaire de Montmartre, et joignait le terrain qui appartenait alors à M. Lambin et qui appartient aujourd'hui à la ville de Paris.

« Le marché, la place Saint-Pierre, le jardin public et le coteau devant l’église du Sacré-Cœur se trouvent situés sur cet emplace­ment. »

Ce 26 novembre 78.

 

Le pharmacien audacieux n'était ni M. Dufour, ni M. Houllier. Serait-ce M. Sergent ? Un des descendants de ce dernier est actuelle­ment chef du 2e bureau à l'hôtel de ville de Paris.

 

E. LESENNE.

 

 

 

Vieux Montmartre