Jules François Alexandre JOFFRIN

 

homme politique français

(10.Vendeuvre-sur-Barse, 16 mars 1846-Paris, 15 septembre 1890)

 

 

Il vint à Paris en 1864, entra comme ouvrier dans un atelier de mécanicien, et, quoique très jeune, prit une part active au mouvement socialiste qui se produisit durant les dernières années de l'Empire. En 1868, il fut l'un des fondateurs de la chambre syndicale des ouvriers mécaniciens de Paris ; il contribua, en 1869, à former le comité Rochefort et fut délégué par ce comité, en 1870, au comité central antiplébiscitaire. Pendant la guerre, il servit au 15e bataillon de mobiles de la Seine. Le siège fini, il devint membre des comités d'armement et de vigilance du XVIIIe arrondissement, et, le 18 mars, il fut un des premiers à faire appel aux armes. Compromis dans les affaires delà Commune, il passa en Angleterre et y séjourna jusqu'en 1880. Candidat du parti ouvrier aux élections législatives de 1881, dans l'arrondissement de Saint-Denis, contre MM. Delattre et Camille Sée, il ne réunit que 2.034 voix. Il ne fut pas plus heureux le 18 décembre 1881 à Montmartre, où sa candidature, opposée a celle de M. Lafont, n'obtint que 2.759 suffrages. Ne pouvant arriver à la Chambre, il dirigea ses vues vers le conseil municipal de Paris. Le 7 mai 1882, les électeurs des Grandes-Carrières (XVIIIe arrondissement), par 2.304 voix, l'envoyèrent siéger à l'Hôtel de ville, où il défendit le programme du parti ouvrier. En 1884, il échoua aux élections municipales et ne rentra au conseil municipal de Paris qu'au mois de janvier 1886, élu par le quartier de Clignancourt, dont le représentant, M. Songeon, venait d'être nommé sénateur de la Seine. Le 8 mai 1887, il fut réélu conseiller municipal de ce même quartier par suffrages. M. Joffrin, qui fait partie des socialistes possibilistes, est, à l'Hôtel de ville, le principal représentant de la classe ouvrière, et il ne laisse passer aucune occasion de défendre les intérêts qui lui sont confiés. Il a été nommé un des vice-présidents du conseil municipal en 1888 et 1889. Il s'est prononcé avec une grande énergie contre la campagne plébiscitaire du général Boulanger.

 

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 2e supplément, 1888)

 

 

 

Vieux Montmartre