ITINÉRAIRE HISTORIQUE

DU

CHEMIN DE FER DU NORD

 

 

LILLE

L. LEFORT, IMPRIMEUR - LIBRAIRE.

1852

 

 

Montmartre, Saint-Ouen, Saint-Denis.

 

En un clin d'œil nous avons franchi les murs de Paris, et bientôt après l'enceinte continue de ses fortifications, auxquelles le parisien ne songe plus depuis longtemps. Saluons Montmartre, ce nouveau Calvaire où s'est réfugiée la Croix, chassée du Mont-Valérien, et d'où elle plane encore sur la grande ville, foyer de tant de vertus et de tant de vices.

Montmartre, Mons Martyrum, a été le théâtre du martyre de saint Denis et de ses compagnons. Quelques historiens veulent que cette colline tire son nom d'un temple de Mars qui y existait auparavant. Ces deux versions peuvent être éga­lement vraies.

Comme point militaire, la butte Montmartre a toujours été d'une grande importance dans l'his­toire de tous les sièges de Paris, depuis celui des Normands, en 886, jusqu'à celui des armées alliées, en 1814. Henri IV y planta aussi son drapeau, et y habita le Château-rouge, avant de se rendre maître de la capitale. Maintenant ce n'est pas la meilleure compagnie du monde, tant s'en faut, qui se presse et prend ses ébats dans le parc de cet ancien château et le pavillon qui en reste. Sur le sommet de la butte, on voit encore les vestiges d'une abbaye fondée en 1133 par Louis le Gros et la reine Adélaïde, sa femme. Aujourd'hui ce qui reste de ce monument sert de base à un télégraphe : c'est de là que Paris transmet ses ordres et ses nouvelles aux dépar­tements du nord de la France.

 

 

 

Vieux Montmartre