LUDOVIC HANS ET J.-J. BLANC
GUIDE
A TRAVERS
LES RUINES
PARIS ET SES ENVIRONS
Avec un plan détaillé.

PARIS
ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR
47, PASSAGE CHOISEUL, 47
1871
Montmartre.
Malgré sa réputation et
son artillerie, Montmartre n'a fait qu'une
résistance presque insignifiante, et personne ne songe à s'en
plaindre. Si nous en parlons, c'est uniquement pour rappeler que c'est sur
ces hauteurs que se firent les premières manifestations qui
précédèrent le 18 mars et que furent traînés
les malencontreux canons qui servirent de prétexte à l'insurrection.
Une partie de l'artillerie,
mitrailleuses comprises, fut placée sur le côté nord des
buttes; mais le vrai parc d'artillerie se trouvait au-dessus, à
côté de l'ancienne tour du télégraphe. L'entrée
en était formellement interdite à tout citoyen qui n'était
pas de garde à ce poste d'honneur.
Lorsque, conjointement avec les buttes
Chaumont, on y établit un système de résistance, on
était loin de se douter qu'un jour partiraient de Montmartre les obus qui
jetteraient le désarroi et la mort parmi les défenseurs des
buttes Chaumont.
La partie de Montmartre qui fut la
plus utilisée par les fédérés se trouve entre
l'établissement Debray, où se voit encore un vieux moulin
à vent qui reste pour enseigne, et le grand cimetière Montmartre.
Les pièces établies en
cet endroit par les fédérés tiraient dans la direction
d'Asnières et un peu sur Gennevilliers. Mais elles ne produisirent
guère qu'un effet à peu près illusoire, et leur action fut
complètement nulle, lorsque les troupes se
présentèrent et prirent possession de Montmartre.
En un mot, cette partie si redoutable
de la défense n'a été terrible que de nom. - Dieu en soit
loué !
Un douloureux souvenir pourtant
restera : c'est l'exécution des généraux Lecomte et Clément Thomas.
Ce fut le premier crime d'une trop
longue série. Les visiteurs ne peuvent quitter Montmartre satisfaire une
visite à la rue des Rosiers. D'un même coup ils verront les lieux
où expirèrent les généraux et Varlin, le membre de
la Commune.
En redescendant de Montmartre, par la
rue Fontaine, on trouve, place Saint-Georges, les ruines de l'hôtel de M.
Thiers. Un seul étage est encore debout, le premier, fortement
échancré et pareil à la mâchoire d'un
squelette.