LES TRÉSORS DE MONTMARTRE

 

 

 

Il y a tantôt deux ans, on put lire dans les journaux, que Montmartre était tout d'un coup devenu l'un des points de mire de nos archéologues du moyen âge, et que la montagne des Ânes, ainsi qu'on l'appelait du temps de ses moulins, se trouvait momentanément un lieu chéri de la science.

 

On s'était enfin avisé de découvrir ce qu'on n'aurait jamais dû ignorer, ou du moins oublier, à savoir, que les trois chapelles romanes groupées derrière la vieille église Saint Pierre, sous la tour de l'ancien télégraphe, sont un monument des plus curieux, des plus rares, surtout à Paris ! et, grand miracle ! au lieu de les détruire ou de les laisser se démolir d'elles-mêmes, ce qui n'eût pas tardé, on voulait bien les conserver ; on les mettait par une acquisition intelligente, sous la sauvegarde de la ville et du comité des monuments historiques ; bien mieux, on parlait de les restaurer !

 

Les chapelles et église de Montmartre sont, avec Saint-Germain-des-Prés, la crypte primitive de Saint-Martin-des-Champs (Conservatoire des Arts-et-Métiers) et la tour de Saint-Germain l'Auxerrois, les seuls échantillons du style roman qui existent à Paris.

 

Puisque l'archéologie s'installe à Montmartre, elle fera bien de ne pas se hâter d'en descendre. La célèbre butte renferme dans son sein plus d'une ruine perdue sous ses flancs de plâtre ; il ne faut qu'y savoir chercher. Les derniers vestiges de la chapelle du Martyre, la trace dernière du sanctuaire vénérable que saint Denis, l'apôtre de Lutèce, sanctifia par son supplice, et dans lequel détail trop ignoré des Parisiens Ignace de Loyola vint avec ses six compagnons, le 15 août 1534, consacrer par un vœu solennel la compagnie de Jésus « fille de Montmartre, des martyrs, et de la France, ».

 

Avant la Révolution, la chapelle était encore debout, tous les Parisiens la connaissaient, et il n'en était pas un qui, la trouvant à mi-côte, sur le versant qui regarde Paris, ne se signât devant son humble croix. Alors en effet, si dans le peuple de Paris on n'était pas véritablement pieux, on avait toujours du moins l'extérieur de la piété, et chaque crucifix obtenait de tout passant un salut ou un signe de croix.

 

Tout le monde, les bonnes femmes surtout que certaine croyance superstitieuse attirait à Montmartre, tout le monde avait donc salué la petite chapelle ; beaucoup avaient fait leurs prières devant son autel. « A Montmartre, il y a une image de Notre Seigneur, qui apparaît à la Magdelaine et au bas est un écrit où on l'appelle Rabboni, qui est à dire maître. Les bonnes femmes ont cru que c'était l'image et le nom d'un saint qui rendait bons les maris, et pour cela lui portaient autrefois toucher les chemises de leurs maris, moyennant quoy, elles croyaient qu'il fallait qu'ils rabonnissent ou qu'ils crevassent dans l'année. » (Mélanges de Philibert Delamarre, mss. Bibi. imp., fonds Bouhier, n° 34, p. 173.)

 

Il n'y a pas de cela plus de soixante-dix ans : cependant, personne aujourd'hui, même parmi les plus âgés, qui étaient des enfants ou des jeunes gens alors, personne ne peut indiquer à quelle place au juste de la montée se trouvait l'humble sanctuaire, si connu, si populaire. Quelques vieillards, quelques vieux meuniers de la butte vous diront bien, en vous montrant un petit enclos en face de la chaussée des Martyrs, tout près du tournant que la route fait à droite : « Ce devait être là ! » Mais voilà tout ce qu'on pourra vous apprendre.

 

La chapelle du Martyre se trouvait, suivant M. Chéronnet : « à mi-côte de la butte Montmartre, en face de la rue et chaussée des Martyrs, à quelques pas du premier coude que forme la route à droite, et à peu près sur la même ligne que la mairie. » (Hist. de Montmartre, 1843, in-12, p. 163, note). Montmartre, qui, au dernier siècle comptait encore douze moulins, dont M. de Trétaigne donne les noms dans son curieux livre : Montmartre et Clignancourt, 1862, in-80, p. 222, n'en possède plus que deux à présent, à l'extrémité septentrionale de la butte : celui de Butte-à-fin, et celui de la petite Tour ou de la Galette.

 

Après la Ligue, qui fut un temps de ruine pour elle, la petite chapelle avait été réparée entièrement par les soins de Marie de Beauvilliers, l'abbesse, et enfermée avec la pièce de vigne qui l'entourait, dans l'enclos même de l'abbaye (Sauval, t. I, p. 352 ; Du Breul, Antiq. de Paris, 1639, in-4°, supplém. p. 84, Du lieu de Montmartre.) Ce dont on se souvient mieux à Montmartre, c'est qu'un jour de l'année 1790, quelque temps après que tout le domaine de l'abbaye dont faisait partie cette chapelle du Martyre eut été vendu comme bien national ; un plâtrier, à qui elle était échue, la jeta par terre au ras du sol, et n'en laissa pas un moellon.

 

Souvent, même dans les démolitions les plus impitoyables, les constructions souterraines survivent ; on détruit la maison, mais on respecte la cave. Ce fut le contraire ici. Que demandait le plâtrier propriétaire ? Du plâtre. Il ne détruisit donc la chapelle qu'afin de pouvoir éventrer mieux et fouiller plus profondément le sol qu'elle embarrassait. Lorsqu'il eut fait son trou, il respecta moins encore ce qui était dessus, et la ruine souterraine suivit de près la destruction extérieure. En 1795, il ne restait plus trace des deux chapelles, ni de celle qui était au-dessus du sol, ni de celle qui était au-dessous.


Le village Orsel qui depuis a été remplacé lui-même par la rue des Acacias, entre les chaussées des Martyrs et de Clignancourt, avait peu à peu étagé ses maisons sur les vingt-six arpents en montée dont le petit sanctuaire était le centre. M. Orsel, qui était fort riche, avait acquis sur le versant de la butte tous les terrains que l'abbesse, madame de Laval, avait défendus, en 1786, contre le fisc, qui voulait les englober dans la nouvelle enceinte de Paris. C'est M. Lambin, héritier d'Orsel, qui commença le village dont celui-ci fut le parrain.

 

Lorsque les plâtriers avaient eu bien fouillé et refouillé les profondeurs du sol, on avait bâti sur sa surface. Pour toute la butte il en fut de même. Ici, il en avait coûté de très précieux restes ; ailleurs, chose plus étrange, on y perdit... une fontaine. Les excavations pratiquées pour l'extraction du plâtre en furent cause. Au XVIIe siècle, la source appelée la Fontenelle avait disparu ainsi. Un matin elle s'était, trouvée à sec, et, depuis lors on n'y avait plus vu une goutte d'eau. Tout s'était perdu dans un trou à plâtre.

 

En 1810, ce fut le tour de la fontaine Saint-Denis, la plus belle de toutes, et la plus sainte. C'est dans son onde pure que l'apôtre des Gaules avait, disait-on, lavé ses mains et sa tête, toutes sanglantes du martyre ; c'est sur ses bords que Loyola et ses Compagnons avaient achevé en prières et en pieux entretiens la journée sanctifiée par leur vœu solennel.

 

Il n'y avait pas dans tous ces environs d'endroit plus célèbre, plus vénéré. Or, l'année que j'ai dite tout à l'heure, il vint des chercheurs de plâtre qui bouleversèrent tout le terrain voisin de la source. D'abord ils changèrent la direction de ses eaux, puis un beau jour un de leurs trous l'engloutit, elle aussi, tout entière, jusqu'à la dernière goutte. « Aujourd'hui, dit M. de Trétaigne, la fontaine Saint-Denis, autrefois si célèbre, n'est plus qu'un fait légendaire. » Le plâtre qui, s'il fut la richesse de Montmartre, lui a fait perdre aussi tant de choses précieuses, y était exploité dès le XIVe siècle. M. Hoefer, dans son Histoire de la Chimie, t. I, p. 425, cite de ce temps-là, un manuscrit de Bartolomé, l'Anglais, où il en est parlé ; Guillebert de Metz en fait aussi mention, p. 801.

 

Nous regrettons cette fontaine, mais, nous ne regrettons pas moins le sanctuaire souterrain de la chapelle du Martyre. Il y avait là mieux qu'une crypte ordinaire ; c'étaient de vraies catacombes, semblables par la destination sinon par l'étendue, à celles qui avaient servi de refuge aux premiers chrétiens de Rome. Le souterrain n'était pas positivement sous l'église, il commençait sous le chevet du chœur, et de là se prolongeait assez loin. Après avoir été longtemps le but d'un pèlerinage fervent, (Dom Marier parle de cette affluence à la chapelle des Martyrs dans son Histoire de Saint-Martin-des-Champs, p. 319. Depuis 1096, une donation faite par des laïcs avait mis le sanctuaire de Montmartre sous la dépendance de cette riche abbaye), et avoir partagé l'adoration qu'on vouait au saint martyr, dont on pensait qu'il avait vu le supplice, il fut fermé, muré, oublié. Pourquoi ? à la suite de quels événements ? C'est ce que je ne saurais dire.

 

Depuis longtemps, on n'y songeait plus, et le souvenir de son existence s'était même effacé, lorsque, le 12 juillet 1611, des maçons employés à la construction d'une annexe que les dames de Montmartre faisaient bâtir à la suite de la chapelle des Martyrs, trouvèrent, dès les, premiers coups de pioche qu'ils donnèrent dans le sol « une voûte sous laquelle il y avait des degrés pour descendre sous terre en une cave. » Ils descendirent, « et au bas de la descente, dit le procès-verbal conservé dans le Médire des Antiquités de Du Breul (1639, in-4°, liv. IV, p. 365.), ils trouvèrent une cave ou caverne prise dans un roc de plâtre, tant parle haut que par les cotés et circuit d'icelle. Ils avancèrent, et quand ils furent au bout du côté de l'orient, ils aperçurent une pierre de plastie biscornue, et au-dessus, au milieu, une croix gravée avec un ciseau.... Icelle pierre élevée sur deux pierres de chacun coté, de maillon de pierre dure de trois pieds de haut, appuyée contre la roche de plâtre, en forme de table ou autel. »

 

C'était un autel, en effet, sur lequel dans les premiers temps, on était venu dire la messe en l'honneur des saints martyrs, devant la foule recueillie des fidèles. Plusieurs, avant de quitter le sanctuaire souterrain, y avaient écrit leur nom à la lueur des cierges, et tous ces noms, soit qu'ils fussent gravés avec la pointe d'un couteau, soit qu'ils fussent grossièrement écrits au charbon, étaient encore visibles.

 

Le bruit de cette découverte se répandit bientôt, et ce fut alors de tous les points de Paris, une affluence de gens de toutes sortes, qui, par le nombre plus que par la piété, rappelaient la longue foule des anciens pèlerins. La reine Marie de Médicis, avec plusieurs dames de la plus grande qualité (Sauval, Antiq. de Paris, t. 1, p. 352. – D. Marier, Sancti Martini de Campis historia, p. 321), vint les premières, toute la cour suivit, et pour que dans la province et à l'étranger ceux qui ne pouvaient pas voir la miraculeuse chapelle eussent au moins le moyen de s'en faire une idée, une grande image fut publiée avec ce titre : Représentation d'une chapelle souterraine qui est trouvée à Montmartre, près Paris, le mardi 12e jour de juillet 1611, comme on faisait les fondements pour agrandir la chapelle des Martyrs, Paris, 1611, in-fol. Biblioth. impériale, département des estampes, Hist. de France par estampes, t. IV, année 1611).

 

Après tout ce bruit, et tout ce concours, il ne fut plus guère question de la crypte de Montmartre. On l'oublia comme tout s'oublie. Quand le plâtrier en eût fait un puits à plâtre, il n'y eut personne pour se rappeler qu'elle méritait bien un regret. C'était cependant, il n'en faut pas douter, un très précieux monument. Paris n'en possédait pas de plus ancien ; les Thermes seuls étaient d'une époque plus reculée. « Si, disait M. Edmond Leblant, le savant épigraphiste, dans un travail qu'il fit en 1856 sur cette chapelle souterraine (Athenaeum français du 16 février 1856, p. 135-138), si mon opinion est partagée, on verra dans la crypte de Montmartre un sanctuaire creusé aux premiers siècles sur la place, alors sans, doute bien connue, où saint Denis et ses compagnons avaient souffert peur la foi, et dans les inscriptions murales les actes de visite de pèlerins qui y sont venus prier. »

 

Dans la première moitié du XVIe siècle, pour peu qu'on eût encore songé à la crypte des Martyrs, on l'aurait bien vite oubliée et dédaignée pour une découverte bien autrement importante dont la nouvelle se mit à courir Paris dès la fin de décembre de l'année 1737 (V. dans les Amusements littéraires ou Corresp. politique, histor., etc., de La Barre de Beaumarchais, t. I, p. 58 et 76, deux lettres du mois de janvier 1738 ; et le Dict. histor. de la ville de Paris, par Hurtault et Magny ; t. III, p. 577). Il ne s'agissait plus de chapelle et de reliques, mais d'un incalculable trésor.

 

On parlait de deux figures de bronze de cinq pieds quatre pouces de haut, dont l'une représentait Osiris et l'autre Isis, ce qui venait donner un triomphant argument à ceux qui tenaient pour l'existence du culte isiaque dans l'ancienne Lutèce. Mais cela n'est rien. On avait trouvé, disait-on, dix-sept cylindres ou barriques de fer ayant chacun trois pieds de long sur onze pouces de diamètre, et dont un, s'étant ouvert, avait laissé échapper une grande quantité de médailles d'or, représentant d'un côté une figure de Cybèle, de l'autre une branche de gui, avec des caractères indéchiffrables. Ce n'était pas moins que le trésor d'un temple et, qui plus, est, le temple lui-même avait été découvert.

 

II était de forme ronde, dix-huit arcades de marbre le soutenaient, au milieu s'élevait un vaste autel d'argent orné de douze statues d'or tenant des boucliers et des épées, d'argent. Une autre chapelle était auprès, où se voyaient huit statues aussi d'argent, représentant des femmes de la plus belle taille, etc., etc. Qui donc avait fait cette merveilleuse trouvaille ? Un pauvre oculiste nommé Dubois, qui, s'étant un jour égaré sur le versant qui regarde Clignancourt, dans les touffes de verdure dont était alors entourée la fontaine Saint-Denis, avait aperçu l'entrée d'un souterrain, y avait pénétré, et, trouvant toutes ces merveilles sur son chemin, ne s'était arrêté qu'après une marche de sept heures, « pendant laquelle il avait, disait-on, beaucoup souffert de la fraîcheur. » Le souterrain, lui faisait-on dire, était parfaitement bien voûté ; il se dirigeait du côté de Paris, et venait aboutir en ligne droite à l'église Saint-Leu, dans la rue Saint-Denis.

 

Tout cela n'était, bien entendu, que mensonge ; l'effet d'une berlue subite tombée sur les yeux de notre oculiste. La crédulité avait commencé, l'exagération avait continué, et la mystification avait fait le reste. Vint un honnête homme de savant qui rétablit les faits dans leur naïve vérité, et que resta-t-il de tout cet échafaudage de merveilles ? La découverte d'assez insignifiants débris d'une villa romaine, de laquelle auraient peut-être dépendu des thermes, beaucoup moins importants bien entendu que ceux de Julien à Lutèce ; et quelques brimborions d'antiquités. « Il n'y a, écrivit-il dans le mémoire en forme de lettre qu'il voulut bien consacrer sérieusement à cette chose si peu sérieuse (Mercure de France, janvier 1738, p. 47-53), il n'y a de vraisemblable en tout cela que la rencontre qu'on a pu faire de quelques médailles de bronze, de morceaux de marbre ou d'albâtre, en remuant les terres ». Le plus curieux de ces débris était un grand tronçon d'albâtre, avec un fragment d'inscription, sur lequel on pouvait lire quelques mots signifiant peut-être Leutetia civitas.

 

Le savant dont, je parle ici était ce bon abbé Lebeuf, dont on s'apprête à réimprimer le chef-d'œuvre, l'Histoire du diocèse de Paris, prodige d'érudition, où, malgré les progrès de la science moderne, ou ne trouvera guère à ajouter et moins encore à corriger. C'était un homme comme on n'en voit plus. Il ne vivait que pour la science et dans la science. L'arracher au passé, c'était le faire sortir de son plus beau rêve, et il ne marchait dans le présent que comme un homme qui n'est pas bien éveillé. Il ne connaissait rien du monde, et ce qu'il en comprenait ne semble pas le lui avoir fait beaucoup estimer, comme vous allez voir.

 

« Nous avions, écrit l'abbé Barthélemy à madame du Deffand (Correspond. inéd. de Madame du Deffand, de la duchesse de Choiseul, de l'abbé Barthélemy, etc., 1858, in 8°, t. II, p. 176), nous avions été, lui et moi, députés par l'Académie à Clichy, pour voir quelques antiquités qu'on venait de découvrir. Je ne sais par quel hasard nous y allâmes avec M. de Malesherbes, M. foutu, et, je, crois, le président de Cotte. Il avait plu, on trouvait plaisant de s'éclabousser, de se poursuivre à coups de mottes de terre, et de faire toutes les polissonneries possibles. L'abbé Lebeuf marchait lentement, et je lui dis : « Que pensez-vous de ces jeux-là ? » Il me dit tout naturellement « C'est apparemment là ce qu'on appelle le ton de la bonne compagnie. » Quelle profondeur de méprisante ignorance à l'égard du monde dans ces simples paroles, du savant !

 

Il y a dix-sept ans, en 1846 (V. les journaux du commencement de juillet 1846) un nouveau bruit de trésors découverts courut dans Montmartre et descendit jusque dans Paris, où l'on s'en émut quelque temps. Ce bruit disait qu'on était sur la trace des richesses de l'abbaye, sauvées par la dernière abbesse, madame de Montmorency-Layal (la rue de Laval lui doit son nom ; les rues de Bellefonds, de Rochechouart, de La Rochefoucauld, de la Tour-d'Auvergne ont eu pour marraines les abbesses qui avaient précédé madame de Laval), et cachées par elle avec l'aide d'un vieux domestique dans un souterrain placé sous la serre du château bien connu des Montmartrois, les Folies-Montigny.

 

Le seigneur, M. le comte Chartraire de Montigny, arrêté et exécuté pendant la Révolution, n'avait rien dit de ce secret, que peut-être même il n'avait pas connu ; madame de Montmorency, l'abbesse, n'en avait pas davantage parlé, avant de porter, elle aussi, sa tête sur l'échafaud ; mais le vieux domestique, nommé Beuchot, avait enfin tout révélé. Près de mourir, il avait indiqué à une dame qui le soignait l'endroit où le trésor était caché. Cette dame ne tenta rien pour la découverte jusqu'au jour où le terrain, receleur fut devenu une propriété communale. Les démarches à faire près des propriétaires l'effrayaient.

 

Enfin, l'acquisition faite par la commune lui permettant de ne plus s'adresser qu'à celle-ci, elle se décida. Une somme de 600 fr. fut déposée par elle à la mairie de Montmartre, comme premier dédommagement des dégâts indispensables. Les fouilles commencèrent. Qu'en résulta-t-il ? Je crois qu'on cherche encore.

 

 

(D'après Chroniques et légendes des rues de Paris, Édouard Fournier, 1864)

 

Vieux Montmartre