L’INTERMÉDIAIRE
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
15-30
Juillet 1933
La Défense de Montmartre (T. G. D.
785) Pierre Debray, meunier et défenseur
de Montmartre (T. G. D. 347 ; LXXXVIII, 962 ; LXXXVIII, 11, 103, 226). - On
connaît la mort héroïque, racontée ici même, de Pierre Debray, propriétaire du
Moulin de la Galette, massacré, le 30 mars 1814, par les cosaques du général
Andrault de Langeron qui attachèrent son cadavre aux
ailes de son moulin.
Une coupure
d'un vieux journal, conservée dans la famille Debray, peint bien l'illusion
d'une « résistance à outrance » dont se berçaient déjà les Parisiens
et les préparatifs faits sur la butte pour l'assurer :
La foule ne cesse de
visiter les buttes Montmartre et les batteries que le Comité de défense y a
fait élever. La vue des admirables pièces d'artillerie qui y sont posées donne
aux plus craintifs une assurance nouvelle. Le désir d'une résistance à outrance
est dans tous les cœurs. Signalons en passant la conduite vraiment honorable de
M. Debray aîné, propriétaire du moulin du Point de Vue qui, chaque jour, verse
à notre souscription patriotique la moitié des recettes brutes produites par
les visites des Parisiens, et qui, en outre, a autorisé chez lui, en faveur de
nos blessés, des quêtes toujours productives.
Pierre
Debray ne devait pas se contenter d'une « conduite vraiment
honorable ».
P. DY.
Debray (LXIX, 283). - M. Victor Perrot,
président du Vieux-Montmartre, a trouvé la réponse.
Dans le registre des baptêmes, mariages et enterrements de I'Eglise Saint-Pierre-de-Montmartre, qu'il a pu consulter grâce à l'obligeance de M. l'abbé Patureau, curé de cette église, il a relevé cette inscription :
Le 1er avril 1814 a été inhumé dans le
cimetière de l'Eglise, Pierre Debray.
Meunier, mort le 30 mars par accident, signé : Caire de
Blazer. Prêtre.
Accident est évidemment un euphémisme : il masque la vérité : Debray fusillé et attaché aux ailes de son moulin.
***
Nous publions le portrait de son fils qui fut blessé également le 30 mars 1814.
Ce portrait est
dans la famille Debray qui occupe toujours le moulin de la Galette, qui n'est
plus qu'un lieu de plaisir, très fréquenté des Parisiens.