Esprit BLANCHE

 

médecin français

(76.Rouen, 15 mai 1796-Paris, 08 novembre 1852)

 

 

Fils d'un médecin, il suivit la carrière paternelle, se fit recevoir docteur à Paris en 1819, et s'adonna surtout à l'étude des maladies mentales. En 1821, il se mit à la tête d'une maison de santé qui, grâce à lui, ne tarda pas à acquérir une grande réputation, et où il ne reçut que des aliénés. Partisan des idées de Pinel, le docteur Blanche a pris rang parmi nos plus célèbres aliénistes. « Il a puissamment contribué par ses efforts, a dit Béclard, à opérer dans le traitement des maladies mentales une révolution aujourd'hui à peu près accomplie. Au régime de l'intimidation, régime commode pour le médecin, mais désastreux pour le malade, il a fait succéder celui de la persuasion, de la patience et de la bonté. Doué d'une remarquable énergie, que tempérait, d'ailleurs un coeur sensible et tendre, M. Blanche savait se faire aimer et se faire obéir. Dévoué à l'œuvre qu'il avait entreprise ; vivant, lui et les siens, au milieu de ses malades, partageant leurs repas, leurs promenades, leurs distractions, M. Blanche a donné à l'établissement qu'il dirigeait un caractère qui lui est propre et qui restera comme un de ses bienfaits. Lorsque, rendus à la santé, les malades se séparaient de cette nouvelle famille devenue la leur, ils revenaient la visiter souvent. Jamais, peut-être, médecin n'inspira une reconnaissance plus vive et plus sincère. » La clientèle toujours croissante du docteur Blanche le força, en à transporter son établissement de Montmartre à Passy. C'est là qu'il mourut, après avoir prodigué pendant trente-trois ans ses soins aux malades des classes les plus diverses de la société, s'attachant surtout, selon les expressions de Jules Janin, à rechercher les intelligences d'élite, à guérir les esprits distingués, à rasséréner les grandes âmes qui sont plus facilement et plus cruellement malades que toutes les autres. On doit au docteur Blanche, entre autres écrits : Du danger des rigueurs corporelles dans le traitement de la folie et De l'état actuel de nos connaissances sur le traitement de la folie (1840). Son fils, Antoine Emile BLANCHE (Paris, 1820-Paris, 1893), se fit recevoir docteur en médecine en 1848, et partagea avec son père, depuis cette époque, la direction médicale de la maison de santé de Passy, à la tête de laquelle il se trouva seul à partir de 1852.

 

 

 

Vieux Montmartre