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BULLETIN

DE LA

SOCIÉTÉ D’HISTOIRE ET D’ARCHÉOLOGIE

DES IXe ET XVIIIe ARRONDISSEMENTS

 

LE

« VIEUX MONTMARTRE »

 

(Autorisé par arrêté préfectoral du 26 août 1886)

 

REVUE TRIMESTRIELLE DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ

 

***

 

67e et 68e FASCICULES – JANVIER / JUIN 1910

 

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PARIS

COMITÉ DE PUBLICATION

AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ

42, rue d’Orsel

1910

 

 

 

LE VIEUX MONTMARTRE

Société d'Histoire et d'Archéologie des IXe et XVIIIe Arrondissements

 

 

SOMMAIRE DES 67e ET 68e FASCICULES (1er et 2e TRIMESTRES 1910) :

 

E. DE CRAUZAT, La Folie Cendrin (Maison du docteur Blanche).

E. LE SENNE, Une « Revue des Théâtres » à Montmartre en 1728.

O’KELLY DE GALWAY, Montmartre au Salon d’automne de 1909.

MAURICE ARTUS, Montmartre au Théâtre.

JULES GUINOISEAU, Paul-Emile Debraux.

E. DE CRAUZAT, Procession septennaire.

GRAVURES HORS TEXTE : Maison du Dr Blanche (état actuel ; et en 1829). – Les Bohémiens de Paris (2 gravures).

ACTES DE LA SOCIÉTÉ : Rapport du Secrétaire général ; Situation financière ; Liste des Membres de la Société.

 

MEMBRES DU BUREAU

Président                                                   MM.  Ch. CORTAILLOD.

1er Vice-Président                                               LE SENNE.

2e Vice-Président                                                J.-G. PROD'HOMME, O.

Secrétaire général                                               Eug. GAIGNETTE, .

Secrétaire adjoint                                               HUTPIN.

Secrétaire de rédaction                                       L. RADIGUER.

Archiviste                                                            O' KELLY DE GALWAY, .

Trésorier                                                             BARBIER.

 

COMITÉ

Présidents honoraires : MM. J.-C. WIGGISHOFF, , Ch. SELLIER.

Membres : MM. M. ARTUS, BARBIER, BLONDEL, BURGEVIN, CAPON, COMPAN, Ch. CORTAILLOD, DE CRAUZAT, DELARUE, Pierre DELCOURT, Gaston DUVAL, Gabriel FABRE, Eugène GAIGNETTE, GERSHON, Georges HUTPIN, Lucien LAZARD, Henri LENSEIGNE, LE SENNE, MAREUSE, Jules MAUZIN, Georges MONTORGUEIL, MONIN, O'KELLY DE GALWAY, Dr OLLIVIER, PERROT, J.-G. PROD'HOMME, L. RADIGUER, L. RAULET, Henri SAFFREY, TERNOIS.

 

Les Séances du Comité ont lieu régulièrement le 1er vendredi de chaque mois, à 8 h. 1/2 du soir, dans le local de la Société, 42, rue d'Orsel.

Ces séances sont ouvertes à tous les membres de la Société.

 

Toutes les communications, demandes d'adhésion, d'achats de photographie ou de Bulletins, doivent être adressées au Président de la Société, 42, rue d'Orsel.

 

Les membres de la Société n'ont droit à l'envoi gratuit du Bulletin qu'à partir du jour de leur admission.

 

Prix du fascicule simple.............................................................................. 1 fr. 50

Prix des fascicules à partir du numéro 49................................................... 3 fr.

Les Fascicules 1, 3, 5, 6, 8, 9, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 19 et 45 sont épuisés.

 

AVIS TRÈS IMPORTANT. - Le local de la Société, est ouvert tous les Vendredis sans exception, à partir de 9 heures du soir.

 

 

 

Fig. 1

 

LA MAISON DU DOCTEUR BLANCHE (état actuel)

Dessin de M. de MATHAN

 

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LA FOLIE CENDRIN

(Maison du Docteur Blanche)

 

 

Montmartre, l'antique et vieux Montmartre, entendons-nous, disparaît chaque jour de plus en plus ; tantôt, par accident, en emportant dans ses dessous, comme sur le plateau d'un théâtre merveilleusement truqué, la chaussée de la rue Tourlaque ou sa première mairie de la Place du Tertre : tantôt, de vieillesse, écrasé sous le poids des années comme la branlante maison de Henri IV, mais le plus souvent sous le pic des démolisseurs, d'une dextérité sans pareille pour faire terrain ras des antiques demeures ou du tohu-bohu des maquis. Plus que les lamentations du prophète sur les ruines de la cité de Dieu, nos larmes sont fertilisantes avec la rapidité des générations spontanées, s'ouvrent de larges voies nouvelles et surgissent de banales constructions à sept étages, avec tout le confort moderne. Mais c'est toujours Montmartre, dira-t-on ? De nom, sans doute. Mais ce n'est plus notre anti­que et vieux Montmartre! Enfin...

Un coin, le dernier, a cependant conservé tout son caractère, tout son intérêt : pour combien de temps encore ! C'est l'étroit quadrilatère situé au sommet de la Butte, compris entre la rue Caulaincourt et la rue Ravignan, le Moulin de la Galette et le Sacré-Cœur. Les rues y sont pittoresques et accidentées, les maisons, avec leurs figures ridées et couperosées par l'âge, amusantes d'aspect et curieuses par leurs souvenirs. L'une d'elles, à l'aspect quelconque, dont la façade équarrie, nivelée et recrépie se cache modestement derrière une grille garnie de volets, à l'ombre de l'ancien Réservoir de la rue Lepic, est certainement parmi les plus intéressantes, tant par son ancienneté que par le souvenir de ceux qui l'ont successivement occupée. Elle porte le n° 22 de la rue de Norvins. Tous les habitants du quartier la connaissent par son nom : les cartes postales l'ont maintes fois reproduite: c'est la maison du Docteur Blanche.

 

 

 

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Le Docteur Blanche ! Il y a beau temps qu'il a quitté Montmartre, transportant à Passy, « pour cause d'agrandissement », comme on dit communément, la maison de santé que son expérience et sa sollicitude pour ses malades avaient rendue si florissante. Il est mort depuis plus d'un demi-siècle. Peu importe ! Sa bonté, sa générosité, son désintéressement sont devenus proverbiaux : la tradition s'en est transmise dans les familles, et tant que l'immeuble demeurera debout, le 22 de la rue de Norvins sera la Maison du Docteur Blanche.

Il le fut effectivement pendant vingt-cinq ans, de 1821 à 1846. On admet généralement que le Dr Esprit Blanche en fut le fondateur, et que, fervent adepte des principes de Pinel et d'Esquirol, il appliqua heureusement, l'un des premiers, leur méthode au traitement des maladies mentales. C'est là une erreur que les biographies et les dictionnaires de médecine, n'ont pas peu contribué à entretenir. Lorsque le Dr Esprit Blanche, tout jeune médecin, arriva de Rouen, pour s'installer à Montmartre, dans l'immeuble dont nous nous occupons et qui portait alors le n° 4 de la rue Traînée, un médecin déjà renommé, le Dr Prost, y avait organisé depuis tantôt une vingtaine d'années, une maison de santé, spécialement consacrée aux aliénés auxquels il appliquait, suivant les mêmes principes, les mêmes modes de traitement. Les recherches sur les origines de propriété antérieure de la maison de la rue de Norvins, que nous allons reprendre en détails, entraînent fatalement à la constatation de ce fait. Le Dr Blanche ne fut ni créateur ni fondateur. Il n'en fut pas moins grand médecin et remarquable spécialiste. Cela ne diminue en rien les mérites du savant et n'amoindrit en aucune façon la personnalité de cet homme de bien devant lequel il ne faut s'incliner qu'avec respect.

Le 4 de la rue Traînée, jusqu'à l'arrivée du Dr Esprit Blan­che, même pendant l'occupation du Dr Prost, conserva, durant un demi-siècle, le nom d'un de ses anciens propriétaires. On l'appelait la Folie Cendrin ou Sandrin, ou maison des Rochers.

Folie !... Peut-être était-ce une de ces petites maisons discrètes, fort à la mode au XVIIIe siècle et que M. Capon a si heureusement fait revivre, dans lesquelles les grands seigneurs de l'époque, avec une incomparable élégance et un luxe échevelé, avaient habilement su combiner bons soupers, bon gîte et le reste. Toutefois, ce qui se pratiquait aisément aux Porcherons, à Chaillot ou à Popincourt était d'une réalisation bien difficile dans un quartier aussi perdu et d'un accès si difficile. Peut-être aussi était-ce - sub

 

 

 

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foliis - un de ces paradoux délicieux, sous les épaisses frondaisons duquel il était loisible, dais la solitude et le recueillement, de rester en extase devant les beautés de la nature, de fixer l'incomparable féerie des ciels fugitifs, de lancer des ballades à la lune ou de rimer aux étoiles ? C'est peu probable, car rien ne permet de découvrir dans le sieur Cendrin ou Sandrin - ce ne sont que des conjectures, puisque nous ignorons à peu près tout de lui - l'étoffe d'un grand seigneur, le tempérament d'un artiste ou l'âme d'un poète. Sa seule noblesse était d'être quelque peu marquis de Carabas de l'endroit ; nous retrouvons, en effet, son nom fréquemment répété comme important propriétaire et possesseur de nombreux lopins de terre.

Folie !... C'en était une sans doute, de s'être rendu acquéreur en l'audience du 12 mars 1774, de cette propriété, d'une contenance d'un arpent et demi environ, comprenant maison, remise, jardins et bosquets, limitée à droite et par derrière sur le chemin qui conduit de Montmartre à Saint-Denis, à gauche sur une petite voye conduisant au même lieu et par devant sur la rue de Paris, de l'avoir enclose de murs solides et environnée de tous côtés de forts éperons, et surtout. d'avoir dépensé sans compter pour aménager d'une façon confortable et même somptueuse le corps de logis principal servant d'habitation. Il suffit d'examiner les plans, peintures ou dessins qui nous en restent, pour se rendre compte de l'importance inusitée de cette propriété perdue dans ce coin agreste et champêtre, détonant par son apparence riche et cossue avec la simplicité modeste des demeures environnantes.

On peut se faire une idée de ce qu'avait pu devenir cette demeure pendant les vingt années que le sieur Cendrin y mena une existence paisible ou dévergondée - la chronique est muette à cet égard - par la description qui en fut faite, lorsque vers 1795, le sieur Pruneau, marchand de vins, demeurant à Paris, rue d'Orléans Honoré, en devint propriétaire.

Elle consistait en un grand corps de logis, élevé sur caves, d'environ vingt-cinq mètres, trois portes d'entrée dont deux petites et une grande porte-cochère, une grande cour devant ladite maison, fermée par une grande grille de fer ; lad. maison était éclai­rée au midi par vingt-sept croisées de face et par le même nombre au nord et par quatre au couchant : toutes les croisées étaient garnies de persiennes en bois de chêne. Le rez-de-chaussée comprenait un grand salon de compagnie, boudoir, salle de billard, salle à manger, grande cuisine et office Le premier étage était com-

 

 

 

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posé de neuf pièces de plain pied, et d'une grande cuisine : huit glaces ornaient les cheminées desd. pièces : deux beaux escaliers dans chaque bout faisaient communiquer le rez-de-chaussée et le premier étage. Neuf pièces de plain pied constituaient le second étage. De grands greniers régnaient au-dessus des appartements ; au-dessus de l'entablement existait un filet de balustre crolière (?) en pierre de St-Leu : une gouttière en plomb conduisait les eaux dans un réservoir aussi en plomb: la totalité de la maison était couverte en thuiles. Le jardin, de la contenance d'un hectare envi­ron, clos de murs était planté d'arbres fruitiers, d'arbustes et garni d'espaliers.

Telle était la propriété, lorsque dix ans plus tard - le siècle, le dix-neuvième, avait environ cinq ans - le Docteur Prost s'en rendit acquéreur pour y installer une maison de santé.

Le Dr Pierre-Antoine Prost n'était pas le premier venu. Originaire du département du Rhône, après de solides études docteur en médecine, attaché à l'Hôtel-Dieu de Lyon, membre de la Société de médecine de Paris, de celles de médecine et d'agricul­ture de Lyon.... il s'était spécialement consacré à l'étude des maladies mentales. L'agencement intérieur de l'immeuble et sa situation merveilleuse lui convenaient en tous points pour y rece­voir des pensionnaires.

« Cette maison, disait-il, très spacieuse est peu éloignée de la barrière de Paris. Un jardin fort étendu et des plus agréables, une distribution intérieure des plus convenables, un aspect qui pré­sente les scènes douces et variées de la nature, tout m'a paru se réunir pour le but que je me propose et auquel l'expérience m'a prouvé qu'on n'arrive point si l'on néglige de s'entourer d'un appa­reil de choses disposées avec intelligence et préparées pour l'usage que les divers états de la maladie prescrivent.

« Prost, Docteur en médecine, insensés en traitement et autres maladies, à Montmartre », pouvait-on lire dans l'almanach du Commerce de l'époque. La maison, de fait, était fort et très hono­rablement connue, sans crainte de la concurrence qui pouvait naître d'un autre établissement sis Place des Abbesses « Le Petit Bicêtre ». Bâti sur d'anciennes excavations de l'abbaye, il occupait l'emplacement du 7 actuel de la rue de la Vieuville, à coté de l'école de garçons que des craintes d'éboulement fit récemment évacuer. Contrairement à ce que son nom pouvait faire supposer, on y soignait toutes les maladies. Sa notoriété était peu grande, sa clientèle plutôt rare : son existence fut éphémère.

 

 

 

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Le Dr Prost se recommandait, non seulement par la bonne tenue de sa maison et la méthode nouvelle appliquée au traitement des malades, mais encore par une série d'ouvrages fort appréciés basés sur de sérieuses études et fruits de nombreuses observa­tions. Il précéda Broussais dans ses travaux, préparant ainsi le triomphe de la médecine physiologique, sans que jamais toute la justice à laquelle il avait droit lui ait été rendue.

On peut citer de lui :

- La médecine éclairée par l'observation et l'ouverture des corps, 1804, 2 gros vol., in-8°.

- Essai Physiologique sur la sensibilité, un vol. in-8°.

Et surtout :

- Deux coups d'œil physiologiques sur la folie ou Exposé des Causes essentielles de cette maladie, suivi de l'indication des divers procédés de guérison - deux brochures in-8°, parues en 1806 et 1807.

Dans ce dernier travail, le Dr Prost analyse les circonstances qui prédisposent à l'aliénation et celles qui la déterminent et l'entretiennent ; il traite cette maladie sous un point de vue absolument nouveau et fait l'exposition succincte de la méthode qu'il emploie.

A la suite d'études prolongées et de l'exercice d'une pratique constante, il s'est livré à un examen approfondi des lois et des influences des corps : il a puisé les principes de relations secrètes des organes dans l'étude des phénomènes que présente l'ouver­ture des cadavres. Au lieu de rechercher uniquement les causes organiques de la folie dans le désordre cérébral, il a étudié l'éco­nomie animale et remarqué les sympathies réciproques des 0rga­nes spécialement entre le cerveau et les organes glanduleux et il en est arrivé à conclure que les organes du ventre jouent un rôle principal sur les facultés de l'entendement, de la volonté, et sur les passions. C'est ainsi qu'il a été conduit à s'occuper plus parti­culièrement des aliénés.

« Dans le grand nombre des maisons destinées à recevoir les aliénés, dit-il, il en est quelques-unes 0u les malades sont traités ; dans beaucoup d'autres, ils n'y sont qu'éloignés de la société, ils n'y reçoivent aucun secours, aucun traitement propre à les arra­cher à leur triste état. Nous avons vu naguère les malheureuses victimes de la maladie qui occasionne l'aliénation mentale, repous­sées par les plus absurdes préjugés et traitées avec l'insouciance et l'impéritie les plus révoltantes.

« Grâces en soient rendues à quelques sages amis de l'huma-

 

 

 

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nité, le sort de ces malades est changé en beaucoup d'endroits. De nos jours, une doctrine s'est établie, des méthodes ont été suivies : la science en a cherché les règles et une philanthropie éclairée en a dirigé l'application. C'est à MM. Pinel et de Coulmiers, que la reconnaissance publique doit des hommages pour ce bienfait…

« Tant de causes morales jettent dans cette déplorable situa­tion ! Tous les extrêmes se réunissent pour donner lieu à la folie, et la folie précipite à son tour sa victime dans tous les extrê­mes. L'investigation de ces causes doit souvent être dérobée au malade : la connaissance qu'il en aurait pourrait en accroître les effets.

« Cette maladie présente des phénomènes dont les causes cachées ne se développent qu'à celui qui les recherche avec le calme d'un esprit observateur, dégagé de tout système ; mais ces causes, il n'appartient pas à la médecine seule de les combattre le traitement moral est quelquefois plus efficace que les secours de l'art. Alors que les documents et les prescriptions de la science n'ont point d'application, la morale et la philanthropie offrent au médecin des moyens dont son cœur peut seul diriger l'emploi. Etre médecin n'est donc point assez auprès d'un fou ; il faut être par caractère disposé à cette douce bienveillance qui, ne se dé­mentant jamais, inspire et fixe la confiance du malade et l'amène à faire sans effort ce qui convient à son état.

« Je connais donc toutes les difficultés de la tâche que je m'impose, ajoute-t-il, et je l'entreprends avec la confiance que rien de ce qui pourra m'aider à la remplir ne sera négligé par moi. Celui qui se consacre à la direction d'un pareil établissement doit être à la fois le médecin, l'infirmier, l'ami, le consolateur, le confident de ses malades. Toujours au milieu d'eux, les observant, les diri­geant, épiant leurs dispositions secrètes, il doit mettre à profit tou­tes les circonstances, toutes les actions, tous les mouvements qui, quoiqu'en apparence indifférents, décèlent aux yeux de l'observa­teur éclairé des causes profondément cachées. »

Ne voilà-t-il pas en quelques lignes la théorie du système de traitement dont le Dr Esprit Blanche ne fit que continuer heureu­sement l'application ?

Les résultats obtenus, des plus satisfaisants, ne contribuèrent pas peu à établir la juste réputation de la maison du Dr Prost. Parmi les nombreux malades qui y furent traités, il convient de citer notamment Gabriel-Marie-Jean-Baptiste Legouvé. L'auteur

 

 

 

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du Mérite des femmes y fut conduit à la suite d'une chute dans un saut de loup faite alors qu'il se trouvait dans le parc du château d'Ivry, chez Mme Parny, autrefois Mlle Contat, l'actrice du Théâtre Français ; cet accident avait occasionné une rupture de la clavicule suivie d'un ébranlement cérébral jugé d'abord sans gravité. La clavicule guérit, mais la tête resta malade. A l'état d'inquiétude et de mélancolie qui l'affligeait vint encore s'ajouter la douleur causée par la mort de sa femme Elisabeth-Adélaïde Sauvan, décédée le 7 septembre 1809, à l'âge de 33 ans.

 

Ce monde n'était pas digne

de la posséder

Elle en est sortie pour en chercher

un meilleur,

 

fit inscrire Legouvé sur le monument qu'il éleva à la mémoire de sa femme, dans le cimetière du Nord ; ce monument de forme carrée se dressait au milieu d'un petit jardin planté d'arbres et entouré d'une grille en fer ; sur le côté était un banc de pierre. La tête chavirée et le cœur brisé, Legouvé, de la rue Traînée descendant mélancoliquement par le Vieux chemin venait quoti­diennement s'y asseoir. Quelques jours après qu'il eut manqué, pour la première fois, à son pieux pèlerinage, on pouvait lire sur le monument cette inscription fraîchement gravée :

 

Dans cette même tombe
près d'une épouse chérie
repose
Gabriel-Marie-Jean-Baptiste Legouvé,
Membre de l'Institut National
et de la Légion d'honneur,
décédé le 30 août 1812

 

Deux ans plus tard, les alliés venaient camper dans la plaine Saint-Denis, le 30 mars 1814. Le général russe comte de Laugeron, à la tête d'un corps d'armée, après s'être emparé d'Aubervilliers, par la route de Saint-Ouen, marchait sur Montmartre, défendu seulement par quelques pièces de canon et quatre cents dragons commandés par un colonel. Le feu de l'ennemi était très meurtrier ; les habitants pour se soustraire à la pluie d'obus qui les menaçait, s'étaient cachés dans leurs caves. Ce ne fut qu'après plusieurs assauts héroïquement repoussés, que les 8e et 10e corps de l'armée Russe occupèrent la Butte. Les pièces d'artille-

 

 

Fig. 2

 

LA MAISON DU DOCTEUR BLANCHE VERS 1830

d’après le tableau de Paul Villeneuve (Salon de 1835, n° 2134 – Musée Carnavalet, n° 246)

 

 

 

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rie tombées au pouvoir de l'ennemi, alors retournées sur Paris, allaient bombarder la capitale, lorsque l'annonce de la capitulation qui venait d'être signée à Belleville, fit cesser les hostilités.

L'armée de Silésie coucha sur ses positions et repartit le lendemain ; l'armée russe, elle, était campée au milieu de la plaine Saint-Denis ; le général de Langeron occupa Montmartre pendant quel­ques jours avec son état-major ; ses adjudants, lui choisirent, comme quartier, la maison la plus élevée et la plus convenable, la maison de santé du Dr Prost, qui leur parut inhabitée. Mais à peine y était-il entré, que le général était entouré par tous les fous de l'établissement ; ceux-ci dans les accoutrements les plus étranges, lui firent un accueil auquel il était loin de s'attendre ; et ce ne fut pas trop des efforts réunis du général et de la direc­trice pour faire rentrer les malades dans leurs chambres et ramener l'ordre dans la maison (1).

Si le Dr Prost se montrait plein de mansuétude, de douceur et de bonté avec ses malades et pensionnaires, il n'en était guère de même lorsqu'il s'agissait de ses voisins et de la municipalité de Montmartre. Il lui advint d'avoir, en maintes circonstances, mail­les à partir avec ces derniers ; les réclamations s'émoussaient dès qu'elles l'avaient touché ; sa mauvaise volonté et sa force d'inertie résistaient à toutes les enquêtes et à toutes les procédures : comme Fabius, Prost cunctator, décourageait les énergies les plus acharnées.

En 1818, le Dr Prost ajoute un corps de logis au bâtiment principal de sa maison ; il paraît qu'aux 2e et 3e étages deux corps de cheminée reposaient sur des poutres de bois et en traversaient même quelques-unes. C'était non seulement contraire aux règlements, mais encore dangereux pour le propriétaire de l'immeuble et ses voisins. Ceux-ci réclament ; le Dr Prost fait la sourde oreille. Ils s'adressent alors au maire, M. Faveret, qui sollicite du préfet du dé­-

 

(1) Revue rétrospective, 1895, p. 352. Mémoires du comte de Langeron : « Au milieu du tumulte de l'assaut, les habitants de Montmartre avaient déserté leurs maisons ou s'étaient cachés dans les caves. Mes adjudants marquèrent mon quartier dans la maison la plus élevée de la ville, où ils ne trouvèrent personne. C'était l'hospice de fous tenu par M. Probst (sic). A peine fus-je entré dans la maison que tous les fous, dans des costumes bizarres vinrent m'entourer. Je ne pouvais concevoir ce que signifiait toute cette mascarade. Mais la maîtresse de la maison reparut et me pria de l'aider à faire rentrer tous les masques dans leurs chambres, ce que je lui accordai. »

 

 

 

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partement de la Seine, l'autorisation de se rendre sur place pour constater le fait, d'autant plus grave, dit-il, que « tout incendie est à craindre dans une commune ou l'eau est rare et très éloignée des habitations. » Ces corps de cheminée sont isolés, riposte le Dr ; je ne m'en servirai qu'en faisant placer des desarneaux avec un tuyau isolé, ce qui garantira de tout danger..., cela suffit. Je m'oppose à toute enquête et à toute constatation ; qu'on me laisse en paix... M. Faveret avise de ce refus le sous-préfet de l'arrondissement de Saint-Denis par lettre du 17 juillet 1818... Et puis, c'est tout. On attendit, sans doute, pour poursuivre que l'accident se produisit : il n'eut pas lieu et rien ne vint rallumer cette affaire.

A la fin de la même année, autres difficultés. Le Dr Prost s'était rendu acquéreur par acte passé devant Me Fournier, notaire à Paris, le 2 mai 1810, d'un terrain voisin de sa propriété, apparte­nant originairement aux religieuses de Montmartre, au lieu dit le Champ du Palais, en bordure sur le chemin des Moulins. Le tracé de la nouvelle route de Paris par la Barrière Blanche en 1811 et 1812 modifiant le bornage de cet achat, avait englobé une parcelle de terre trop petite pour pouvoir jamais être utilisée, non comprise dans le contrat d'acquisition. La fabrique de Saint-Pierre la revendique. Le Dr Prost refuse, et profite de la circonstance pour sollici­ter en outre de l'administration le droit de conserver comme clôture et limite de sa propriété le mur que le génie militaire avait fait construire en 1815 pour la défense de Paris, en avant de ce terrain, sur le bord de la nouvelle route.

Cette demande avait été favorablement accueillie. Un arrêté de la préfecture du 30 décembre 1819 autorisa le sieur Prost a laisser subsister ce mur jusqu'à ce qu'il y ait lieu de le faire démolir pour cause de vétusté ou de demande d'alignement.

La fabrique n'entendant pas de cette oreille, réclama à nouveau. Un arrêté du 1er octobre 1821, la déboutait de sa demande et l'en­voyait se pourvoir devant les tribunaux. En 1824, on en était encore aux enquêtes, procès-verbaux et citations... Mais le Docteur Prost n'était plus là : il avait en 1820 quitté Montmartre et cédé sa maison de santé au Docteur Esprit-Sylvestre Blanche.

Celui-ci, originaire de Normandie (1) appartenait à une brillante famille de médecins.

 

(1) Né à Rouen, le 15 mai 1796.

 

 

 

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Son père, le Dr Antoine-Louis Blanche-Duparc (1), avait été médecin de la maison des aliénés du département de la Seine-Inférieure, membre et prévôt du collège de Rouen : il fut un ardent propagateur de la vaccine et par de remarquables tra­vaux (2), eut le grand mérite de coopérer à l'expansion de la méthode de Jenner, qui malgré de décisives expériences faites en 1796, n'avait pénétré en France qu'en 1800.

Le Docteur Antoine-Emmanuel-Pascal Blanche, son frère (3), fut l'un des praticiens les plus distingués et membre de l'académie de Rouen.

Comment vivre dans une telle atmosphère de famille, sans en ressentir brûlamment les effluves ! Esprit Blanche n'eut, du reste, aucune velléité de s'y soustraire. Aussitôt que ses études le lui permirent, il vint à Paris suivre les cours de la Faculté de méde­cine et manifesta de bonne heure, à l'exemple de son frère, un intérêt tout particulier pour l'étude des maladies mentales. A peine était-il reçu docteur qu'il prenait la direction de la maison de santé de Montmartre. Pourquoi le Dr Prost abandonnait-il l'établissement qu'il avait créé ? Sa situation était-elle si peu prospère que son neveu reçu docteur en 1819, la même année que le Dr Blanche, au lieu de s'en rendre acquéreur, avait préféré s'installer au 22 de la rue St-Lazare ? Les recherches faites à ce sujet, sont restées sans résultat. Il n'a pas été non plus possible de savoir, ce que le Dr Prost était lui-même devenu jusqu'à sa mort survenue à Paris, le 23 avril 1832.

Les malades en traitement ne s'aperçurent pas du changement de direction : l'intimité de la vie de famille plus grande encore que par le passé devint plus étroite. Le Dr Blanche net et brusque en apparence et au fond d'une patience inlassable et d'une bonté

 

(1) Né à Courgeron (Orne) le 25 décembre 1753. Mort à Rouen, 3 mars 1816.

(2) Recherches historiques sur l'ancienneté de la vaccine et son appli­cation à l'espèce humaine. Rouen, an X, (1801) in-8°.

(3) Né le 9 décembre 1785 à Rouen où il est décédé le 24 janvier 1849. Reçu docteur à vingt-deux ans, il créa à Bicêtre, dont il était médecin en chef, un amphithéâtre et des cours de clinique et de médecine. Le succès de ces cours amena, en 1822, la fondation de l'Ecole de médecine de Rouen, où il professa jusqu'à sa mort.

 

 

 

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à toutes épreuves, secondé par sa jeune femme (1), un ange de douceur et d'abnégation, aidé par les Dr Prot, Lamide et Lachaize précieux et dévoués collaborateurs, continua à mettre en pratique les principes préconisés par son prédécesseur. Il s'inquiétait peu d'écrire, mais n'hésita pas à prendre hardiment la plume pour combattre les doctrines irrationnelles et dangereuses du Docteur Lauret.

Deux mémoires furent par lui publiés à cette occasion : dans le premier : Du danger des rigueurs corporelles dans le traitement de la folie, daté de 1839, il discute pied à pied la théorie émise par son adversaire, lors d'une lecture faite à l'Académie en 1838 : « De deux choses l'une, dit-il, ou vous ne conseillez l'intimidation et les pénibles moyens qu'elle entraîne que comme une ressource acces­soire à laquelle la nécessité force quelquefois d'avoir recours : ou vous la proposez comme un moyen fondamental, comme base du traitement de la folie. Dans le premier cas, vous ne faites que répéter ce qu'on trouve dans tous les ouvrages écrits sur la folie dans le second, vous niez que le traitement de cette maladie doive avant tout être moral : vous arrachez alors un des plus beaux fleurons de la couronne scientifique de Pinel, vous avancez en un mot une opinion que repoussent la raison et l'esprit philanthro­pique de notre époque, et que ne sanctionne ni votre expérience, ni celle de vos confrères. » Le second : De l'Etat actuel du trai­tement de la folie en France, paru en 1840, est une réponse au livre du même Dr Leuret intitulé : Du Traitement moral de la folie. Le Dr Blanche arrive à prouver que le Dr Leuret a plutôt fait faire à l'étude des maladies mentales, un pas en arrière qu'un progrès. Tel fut également l'avis de l'Académie Royale de Médecine qui par l'organe de deux savants, MM. Esquirol et Pariset, se prononça en faveur des vues thérapeutiques du Dr Blanche, décla­rant en outre, que le système d'intimidation préconisé par le Dr Leuret n'était pas une idée nouvelle, et que prendre une telle idée pour base d'une doctrine générale serait un malheur pour les médecins et les malades (2).

 

(1) Mlle Marie-Madeleine Bertrand, née le 11 mai 1800 qu'il épousa en 1820.

(2) Les médecins de Paris jugés par leurs œuvres ou statistique scientifique et morale des médecins de Paris, par C. Lachaise de la Berre, docteur en médecine de la faculté de Paris. Paris. Chez l'auteur 1845, in-8°.

 

 

 

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M. J. Mauzin (1) et M. Jacques Arago (2), ont fourni d'amples et précis renseignements sur la Maison du Dr Blanche et quel­ques malades qui vers 1830 s'y trouvaient en traitement. Nul ne venait y frapper sans être sûr d'y trouver un accueil cordial et des soins dévoués. Ecrivains et artistes y étaient particulièrement bien reçus et choyés, alors même que sans être terrassés par le surme­nage intellectuel ou emportés dans le tourbillon de leurs rêves, ils venaient en amis s'asseoir à la table qui leur était toujours ouverte.

Le plaisir des commensaux de passage n'était pas sans être souvent troublé par l'impression pénible éprouvée à la vue des amis en traitement ou l'appréhension qu'un jour peut être, l'équi­libre des facultés perdu pouvait les amener à leur tour à occuper une place dans cet asile.

Frédéric Soulié, déjeunant une fois chez le Docteur Blanche, lui demanda :

- Comment faites-vous, docteur, pour enfermer les fous que l'on vous désigne.

- C'est bien simple, répondit le médecin, surtout quand je les connais. Je les rencontre comme par hasard dans la rue...

Le romancier fronça les sourcils.

- Oui, comme vous m'avez rencontré ce matin, docteur.

- Précisément. Nous causons : et sans avoir l'air de rien, je les invite à déjeuner. Ils refusent d'abord. J'insiste. Et je fais si bien qu'ils finissent par accepter.

- Toujours comme moi, reprit Soulié, qui pâlissait visiblement. Et vous les attirez ainsi chez vous ?

- Oui. Et une fois qu'ils y sont, je les retiens pensionnaires...

Soulié pour qui la crainte de devenir fou était une hantise, n'en entendit pas davantage, sauta sur son chapeau et prit la fuite (3).

« Dans le monde des lettres et des arts, peut-on lire dans le Livre de Bord, d'A. Karr, si quelqu'un devenait fou, était blessé en duel... on commençait par le porter chez Blanche, sans s'in­quiéter de savoir comment serait payée la pension - les soins nous n'en parlons pas : - quelquefois elle était payée par sa

 

(1) Bulletin de la Société Le Vieux Montmartre, 1887.

(2) Paris ou le Livre des Cent et un. Paris, Ladvocat 1832, IV, p. 197.

(3) La Libre Parole, 10 novembre 1909.

 

 

 

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famille, quelquefois aussi par un ministère, si le malade était un illustre, quelquefois, elle ne l'était pas du tout, et celui qui s'en inquiétait le moins, c'était encore Blanche. »

La réputation de la maison était telle que dans un vaudeville de Théaulon, Gabriel et F. de Courcy, Crouton, chef d'Ecole, représenté le 12 avril 1837 au Théâtre des Variétés, c'est un em­ployé de la maison de santé du Dr Blanche que l'on va immédia­tement chercher, pour emmener un des personnages subitement devenu fou... Ce n'était pas une banale réclame mais bien une légitime popularité.

Et les épaves de tous les mondes, brisées par les tempêtes de la vie, emportées par les remous de cette mer furieuse et implacable qu'est l'existence, venaient échouer lamentablement au seuil de cette hospitalière et bienveillante maison.

C'est madame de la Valette, qui après un court séjour eut le bonheur de sortir guérie. C'est le général Travot, entre les mains duquel dans le bois du château de la Chabotterie, près Clisson, tomba Charette, harassé, traqué, fourbu, épuisé par la fièvre et par la faim, perdant son sang, et ne pouvant plus fuir. M. Lenôtre dans son dernier volume de Vieilles maisons, vieux papiers, vient de nous en retracer les émouvantes péripéties. Condamné à mort au retour des Bourbons, le général Travot perdit la raison en apprenant la commutation de sa peine en vingt années de réclu­sion. Le 7 janvier 1836, on l'inhumait au cimetière Montmartre sur sa tombe a été gravée cette phrase extraite du testament de Napoléon à St-Hélène : « Je lègue aux enfants du brave et vertueux général Travot... ». Un buste en bronze rappelle ses traits. Son nom a été donné à une avenue du cimetière.

C'est Monrose, l'excellent artiste de la Comédie Française, le fin, léger, railleur et incomparable valet des répertoires de Marivaux, de Molière et de Beaumarchais : il avait fourni une brillante carrière, toute de succès, et s'était donné corps et âme à son métier qu'il adorait. Ses forces malheureusement le trahirent à la fin et sa mémoire qu'il avait soumise à d'invraisemblables tours de force, lui fit subitement défaut. Le mal qui le minait, joint à la tristesse de ne pouvoir faire entrer aucun de ses enfants à la Comédie Française dont il était devenu le doyen, compliqué en outre de fièvre et d'insomnie à la suite du chagrin que lui causa la mort de sa femme, le jeta dans une mélancolie abominable. Quelques mois de traitement eurent raison de cette première crise.

Mais un soir qu'à Rouen, il jouait avec Mlle Verneuil, sa cama-

 

 

 

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rade du Français, un de ses rôles préférés, sa pauvre cervelle se brouilla tout à coup : prose et vers enchevêtrés débités sans suite au grand étonnement du parterre firent croire à ce dernier que l'artiste était en état d'ébriété ; mais lorsqu'il se rendit compte de la cause véritable de cet accident, les murmures et les sifflets avaient fait leur œuvre. Monrose fou, complètement fou, était à grand peine reconduit à Montmartre chez le Dr Blanche.

Le 7 Janvier 1843, avait lieu à la Comédie Française sa représentation de retraite ; Monrose avait tenu absolument à paraître encore une fois dans le Barbier de Séville.

« Le public veut le voir, raconte J. Janin (1) qui, présent à cette sensationnelle soirée en a conservé le vibrant souvenir. Plus on dit, il est malade ! et plus le parterre répond : qu'il paraisse ! alors il reparaît ! à l'instant ou il reparaît, ou il va venir on trem­ble : le frisson se répand dans la salle. Pauvre homme dit-on à la fin. O miracle ! le voici ! c'est lui, c'est bien lui, c'est le Monrose d'autrefois ! Il chante, il fredonne sa petite chanson : il compose ses petits vers ; il les écrit sur son genoux : rien ne l'étonne ou plutôt il se revoit avec joie dans ce monde idéal qui est pour lui le véritable univers. Rien n'est changé. Voici la maison de Bartholo : voici la jalousie fermée à clef, derrière laquelle étincelle et brille un œil noir. Voici M. le Comte Almaviva lui-même : et Figaro de rire déjà du Comte ! - C'est bien le rire d'autrefois. Jamais l'épigramme n'a été lancée avec plus de sans gêne et de bonne humeur. Et maintenant que Monrose s'est reconnu lui-même, laissez-le faire, il n'a plus besoin de personne. Il va don­ner, ô instinct ! - la vie et le mouvement à toute cette Comédie.

« Chacun tremblait pour lui : c'est lui-même qui les rassure tous ; le comte Almaviva se préparait à soutenir Figaro, Figaro rit au nez du Comte. Rosine avait peur, Figaro rassure Rosine. Bartholo et lui-même Basile, étaient émus, et ils se promettaient bien de ménager leurs brutalités habituelles, Figaro ne leur en donne pas le temps, il les prend, il les pousse, il les obsède si fort que ceux-ci sont obligés de se défendre. C'est un sauve qui peut général, mais c'est l'alerte sauve qui peut de la grâce, de l'esprit et de la bonne humeur. Pourtant il y a dans ce rôle de Figaro des mots qui nous faisaient frémir, ces trois, par exemple, qui terminent le troisième acte : il est fou 1 il est fou ! il est fou !

 

(1) Histoire de la Littérature dramatique, par M. J. Janin, Paris, Michel-Lévy, 1853-1858, II, p. 282.

 

 

 

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Et comme Monrose les a dits : chaque fois sa voix s'élevait d'une façon lamentable. C'est le seul moment où ce malheureux artiste ait oublié son rôle de Figaro ; on eut dit à entendre ce sanglot caché, qu'il allait enfin échapper à ce tour de force inexplicable, affreux...

« Expliquez donc ce mystère ? Cet homme qui revient au monde pour trois heures. Cet esprit endormi qui se réveille pour réciter une certaine quantité de bons mots disparus de son crâne, il y a trois ans et qui vont de nouveau disparaître et pour toujours ! Comment cela se fait-il ?... »

Quelle soirée !... Elle s'acheva pourtant sans incident tragique.

Le Dr Blanche qui veillait dans la coulisse prêt à intervenir à la moindre défaillance, reprit possession de son malade aussitôt la dernière réplique et le ramena immédiatement à Montmartre. Le malheureux artiste n'en devait plus sortir : ses forces allèrent s'af­faiblissant : il y mourut le 20 avril 1843, à l'âge de 59 ans.

« Cette représentation suprême du Mariage de Figaro par un homme dont la raison était absente, ajoute J. Janin, devait être comptée comme le chef d'œuvre de la volonté du docteur Blanche ; nous appelions cela son miracle, et comme il était né à Rouen, nous lui chantions souvent cet hymne qui se chante encore à l'Eglise de St-Ouen :

 

Adsis supreme spiritus

In nocte sis lux mentium

Toi seul tu peux calmer cet esprit agité

De ce nuage épais, toi seul est la clarté.

 

une ode même de Santeuil, traduite en vers, par un poète de Rouen, M. Edouard Neveu, mort l'an de grâce 1852, à l'hôtel Dieu, sur le lit même de Gilbert. »

C'est aussi chez le Dr Blanche, si l'on en croit J. Janin que mourut une des plus grandes dames de l'ancien empire français, une grande dame qui était un bel esprit et un charmant écrivain.

« Plus tard et dans la même maison, le fils aîné, l'héritier de ce grand titre gagné sur tous les champs de bataille de l'Empereur, devait suivre sa mère infortunée ! Dans ces lieux, témoins de tant de chutes où tant de rêves ont abouti, est mort à son tour entouré des soins les plus tendres Etienne Becquet ; il avait à peine trente-six ans, il avait lui aussi gardé tout son esprit, il venait d'entrer dans la grande fortune de son père - il est mort

 

 

 

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sous ce toit bienveillant, en murmurant une ode d'Horace, en guise de prière suprême...

Le Dr Blanche a guéri une jeune femme amoureuse du soleil ! Elle s'éveillait au matin, souriant à son bien-aimé du sourire des anges : à midi, rien ne manquait à cette fête de son cœur. Peu à peu quand descendait le crépuscule, elle tombait dans l'anéantissement de la mort. Elle se remettait à parler et à sourire à l'heure où chantait la statue de Memnon ! Le Dr Blanche a guéri cette hélio­trope et l'a mariée... »

On sait de quelle tare sont frappés dans leur personne et leur famille ceux que la folie a effleurés de son doigt : aussi le bon Dr Blanche était-il le premier à cacher les noms des malheureux qui étaient morts ou à taire les noms de ceux qui étaient sortis guéris. Quand d'aventure il rencontrait de ces derniers dans les rues, il affectait de ne les point reconnaître, afin de ne pas attirer l'attention sur eux et d'éviter les soupçons.

« Que de poètes, que d'écrivains et combien de philosophes, gémit encore J. Janin, ont invoqué sa science et sa pitié ! Combien de jeunes gens l'ont appelé dans leurs désastres, que de jeunesses perverties par la folie et le zèle du travail, en proie à l'ambition qui tue, ont du à ce galant homme le rétablissement de leur intel­ligence ! Il était de sa nature un observateur attentif, prévoyant, très calme et très ferme tout ensemble. Dans cette diversité infinie d'accidents que le cerveau de l'homme… et de la femme peut contenir, il s'attachait surtout à rechercher les accidents qui frap­paient les intelligences d'élite, à guérir, à rasséréner les grandes âmes plus facilement et plus cruellement malades que toutes les autres.

« Celui-là donc était le bienvenu chez le Dr Blanche, qui était la victime de l'étude ou des passions, la victime du génie ou du travail ; celui-là était le bienvenu qui succombait sous le fardeau des espérances trompées, de la gloire incomplète et de l'orgueil blessé à mort ! A ces âmes en peine, il accordait tous ses soins, se croyant trop payé et trop récompensé s'il avait retrouvé une lueur sous cette cendre éteinte, une pensée en cette âme blessée à mort, un rêve logique dans cet esprit abandonné à tout le dévergondage de la fantaisie. Hé ! qu'il en a vu mourir et s'étein­dre en gémissant, de ces intelligences à part qui sont le tourment des corps qui les subissent.

« Jeune encore, le Dr Blanche a vu venir, à lui, à demi fous d'épouvantes les vieux poètes de l'Empire épouvantés des pre-

 

 

 

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miers bruits de la naissante poésie : il a vu l'Académie inquiète du Cénacle ; il a vu plus tard le Cénacle, à son tour, possédé de cette ambition perverse qui ne veut rien tolérer de tout ce qui s'élève ou se tient debout à côté d'elle ! Aussi des deux partis des deux armées littéraires, il a recueilli les blessés : il a ramassé les morts sur le double champ de bataille de la poésie, il a été le témoin affligé de tous les suicides, il a assisté à tous ces duels ; il a vu des hommes amoureux de leur gloire et de leur renommée à ce point qu'ils s'appelaient des dieux et qu'ils se dressaient à eux-mêmes des autels...

« Il apaisait, il calmait, il consolait, il relevait, il encourageait son malade. Il le ramenait dans les sentiers connus ; il le traitait comme un père traite son enfant ; et par tant de bons soins, par tant de bonnes paroles et tant d'exemples dont il avait le secret, il faisait que l'ordre et l'espérance rentraient à la fois dans cette âme et dans cet esprit au désespoir... »

C'est Lassailly, l'auteur des Roueries de Trialph, l'un des plus rares ouvrages de la période romantique, portant sur son titre cette curieuse épigraphe : Ah! Eh ! Eh ! Hi ! Hi ! Hi ! Oh ! Hu ! Hu ! Hu ! Hu ! Profession de foi par l'auteur. « Lassailly, dont le nez toujours à l'affût des aventures faisait dire : Lassailly est ainsi nommé à cause de celle de son nez », et dont la vie entière ne fut que la misère en habit à la mode, Lassailly l'éternel amoureux, passant ses matinées à l'Eglise et ses soirées à l'Opéra en quête d'intrigues avec les femmes du monde, les plus séduisantes et les plus brillantes. « C'était Faust et Werther, et son cœur a fleuri sans trouver de rosée au pays de Voltaire. Il vivait dans le bleu, toujours loin de la terre. » Apollon timbré, l'appelait Sainte-Beuve. « Soit, disait-il : quiconque n'a pas traversé la folie n'arrive à aucun sommet. » Sur la recommandation de Lamartine et de A. de Vigny, il fut interné par le ministre de l'intérieur, chez le Dr Blanche. Il mourut le 18 juillet 1843 ; ses funérailles eurent lieu aux frais du département.

C'est Antoni Deschamps, moins fou que neurasthénique, comme nous dirions aujourd'hui; une crise résultat du surmenage intellectuel causé par sa traduction en vers de La Divine Comédie, l'avait amené à Montmartre : il y resta à demeure, suivant le docteur Blanche à Passy, lorsqu'il y transporta sa maison de santé et ne le quitta qu'en même temps que ce monde en 1869. Son inspiration mélancolique et rêveuse se plaisait dans l'élégie. Ses deux derniers livres de poésie, écrits à Montmartre : Dernières

 

 

 

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Paroles (1835) et Résignation (1839), sont l'écho de sa détresse morale et physique.

C'est enfin et surtout, Gérard de Nerval, ce doux et charmant poète, franche et loyale physionomie reflétant à la fois la bonté, l'esprit, la finesse et la candeur, dont l'existence fut une continuelle errance et un rêve d'éternel amour. Ses crises qui ne duraient guère plus de six mois, allèrent se rapprochant vers la fin de sa vie. Quand il retombait dans sa folie - quoiqu'il fut plus halluciné que fou - « il n'était pas comme un autre, raconte A. Houssaye qui fut pour Gérard un ami fidèle de la première à la dernière heure : c'était tour à tour l'amour de l'infini, l'amour de l'amour. D'ailleurs on n'a jamais vu passer un fou si aisément de la folie à la sagesse, de la sagesse à la folie : en outre, dans ses heures nébuleuses, il était soudainement frappé d'une si vive lumière qu'il confondait les esprits les plus subtils.

« Ce qu'il faut surtout remarquer, c'est la durée de cette intelligence, tour à tour lumineuse et nocturne ; pendant vingt ans, ce fut le même homme, toujours jeune, toujours vaillant, toujours sur la brèche, passant de la science à la poésie, tantôt philosophe, tantôt amoureux, voyageant à fond de train en Europe et en Asie, en parcourant toutes les routes plus au moins connues de l'infini. »

« J'ai laissé ma folie chez Blanche », disait-il chaque fois qu'il quittait la maison de santé. Hélas ! le malheureux ! c'était bien sa raison qui s'en allait en lambeaux.

Sans cesse par voies et par chemins, il connaissait mieux que personne les environs de Paris dans leurs plus mystérieux recoins : ce n'était pas seulement Ermenonville ou Chantilly, Senlis ou Dammartin, c'était Montmartre au sommet duquel il aimait à cacher ses amours de passage, dont il fréquentait les ruelles et les carrières et qui fut l'heureux prétexte de quelques-unes des plus jolies pages de sa Bohême galante.

C'est en parlant de lui que Champfleury (1) nous donne de ce quartier pittoresque, un tableau vivant et certainement d'une grande exactitude de détails. Gérard, dit-il, « trouvait sur le revers opposé de la butte de quoi rafraîchir son esprit plus porté vers les petits détails domestiques, la nature riante, les mœurs populaires, les bals publics, le château des Brouillards, le moulin de la Galette. Montmartre est une petite ville de province, à la porte de

 

(1) Revue Internationale, 31 mars et 30 avril 1860, Gérard de Nerval, par Champfleury.

 

 

 

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Paris, quelque chose comme Pontoise. Pas de voitures, pas de police, pas de monde dans les rues tranquilles, de petites habita­tions entourées de jardins, de petites boutiques qui sentent la province. Chacun à l'air de s'y connaître. Un 0bservateur au regard myope y sent tout son monde sous la main : on y parle des pompiers, des conseillers municipaux et du maire. Quel est le citoyen de Paris qui s'occupe du maire de son arrondissement ? Les enfants de Montmartre ne ressemblent pas aux enfants de Paris. Ils ont des façons de jouer entre eux qui font penser aux rondes des enfants de province. Pour toutes ces raisons et bien d'autres, Gérard se plaisait dans ce Montmartre particulier, qui n'existera plus demain, et qui avait sa physionomie franche sous Louis Philippe. Il aimait à s'y promener entre les haies en fleurs, voyant passer à coté de lui de vraies grisettes qui, le dimanche et le lundi, vont se balancer à la balançoire du moulin de la Galette. Il écoutait les propos des lessiveuses au lavoir (il y a un lavoir en plein air à Montmartre). Dans ce petit Montmartre, il ne se sentait pas si isolé qu'à Paris, au milieu de la foule fiévreuse, courant à ses plaisirs ou à ses affaires. Comme il parcourait fréquemment le terroir de la commune, il connaissait presque toutes les figures c'était presque une famille pour le pauvre humoriste.

« Il y avait surtout sur le boulevard extérieur, entre la barrière des Martyrs et la barrière Rochechouart, un singulier endroit qu'il affectionnait. C'était une petite boutique noire, dans laquelle on descendait et qui contenait plus de tonneaux que de buveurs. Le maître de la maison joignait à son commerce de boissons, la fabri­que de cannes extravagantes et l'amour de la peinture.

« Celui qui est passé par là et qui n'a pas vu la boutique n'a pas d'yeux. Au dehors sont les cannes les plus tourmentées de la création, en racines bizarres, contournées, pleines de nœuds et de bosses, dont la poignée représente des figures bizarres et fantastiques, avec des yeux d'émail enchâssés dans le bois. La nature et l'art se sont prêtés à ces déviations. Il faut avoir le cerveau bien sain pour se servir de ces cannes grimaçantes qui, dans la main d'un cerveau troublé, doivent communiquer rien que par le contact, des pensées étranges. La ligne droite de la canne qu'un penseur agite ou promène sur le sable, contribue à activer la pensée ; mais les serpents se repliant sur eux-mêmes avec leur écorce sauvage, la langue frétillante dans la main, ne sont point des cannes d'homme raisonnable. L'étalage du marchand de cannes donnait déjà le vertige et détruisait toute espèce de notions histo-

 

 

 

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riques, quand un écriteau accroché au cou d'une de ces cannes monstrueuses et sauvages, annonçait qu'elle avait appartenu au Maréchal de Richelieu. Autant aurait valu affirmer que l'élégant maréchal se servait d'un tomahawk à la cour ! Mais les cannes n'étaient rien en regard des peintures placées au dehors. Sur plu­sieurs cartons s'étalaient des dessins de buveurs, en habit bleu de ciel, au nez rouge, qui recevaient invariablement en pleine figure des jets de boissons singulières s'échappant d'une bouteille. D'au­tres tableaux représentaient d'aimables compagnons se prenant aux cheveux, se cassant des bouteilles sur la tête, le tout dessiné comme par un enfant Joway, avec des couleurs primitives et barbares.

« L'intérieur du Cabaret répondait franchement à l'extérieur. Pas de carreaux mais de la terre battue. Des tables de bois et des bancs de bois. D'un côté, pour mur, de gros tonneaux, sur les ventres desquels étaient collées les peintures naïves, sorties du même pinceau que celles de l'extérieur. Le jour y venait à peine et n'éclairait qu'à regret les boissons alcooliques qu'y prenaient des ouvriers entassés autour de ces petites tables, ne contenant guère plus de sept buveurs. Gérard aimait les endroit bizarres, et celui-là certainement était un des plus singuliers du Paris des barrières. On y débitait je ne sais quel Gin ou quel Tafia ou quel Schidam... et Gérard, un petit verre devant lui, revenait souvent au cabaret, non pour la boisson, mais entraîné fatalement par une sorte de mandragore en racine tordue, qui poussait ses idées au bizarre… Cette mandragore, issue d'une vieille racine de vigne, intéressait démesurément Gérard qui, en descendant des Buttes Montmartre allait tous les matins lui rendre hommage comme à une idole. L'esprit préoccupé des religions comparées, la tête pleine des singulières divinités qui président à ces différents cul­tes, Gérard s'imaginait peut être que cette mandragore, digne de figurer en tête des œuvres d'Hoffmann, renfermait quelque Dieu mystérieux. On était alors sous la République et aux tiraillements qui se faisaient de part et d'autre, les gens du peuple devenaient défiants. Cet homme en habit noir et en chapeau qui fréquentait le cabaret sans rien dire et qui avait l'air d'écouter, froissa un jour les buveurs du lieu. - C'est un mouchard, dirent-ils, et ils lui auraient fait un mauvais parti, sans un sculpteur qui, passant devant le cabaret et entendant tout ce bruit, parvint à tirer Gérard d'affaire. »

Depuis longtemps, Gérard poursuivait son idéal d'amour, Jenny

 

 

 

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Colon qui, d'un petit théâtre des boulevards, était par son talent et sa beauté devenue une des plus brillantes artistes - une grande vedette dirions-nous aujourd'hui - de l'Opéra-Comique. Mais cette course vaine à la chimère avait exacerbé ses facultés et, le songe s'étant épanché pour lui dans la vie réelle, une cure s'ensui­vît nécessitant des soins immédiats. Se trouvant un jour à Mont­martre, au coucher du soleil, sur la terrasse d'une maison à l'Ita­lienne appartenant à un de ses amis, il vît une apparition et en­tendît une voix qui l'appelait. Il s'élança, tomba et resta évanoui de sa chute qui aurait pu le tuer. Il va sans dire qu'on le trans­porta immédiatement chez le Dr Blanche. C'était le 11 mars 1841.

La saison était superbe, le printemps versait sa gaîté à flots : le poète ne pouvait qu'en ressentir de bienheureux effets : « La mai­son où je me trouvais, écrivait-il plus tard, située. sur une hauteur, avait un vaste jardin planté d'arbres précieux. L'air pur de la colline où elle était située, les premières haleines du printemps, les douceurs d'une société toute sympathique, m'apportoient de longs jours de calme. Les premières feuilles des Sycomores me ravissaient par la vivacité de leurs couleurs, semblables aux pana­ches des coqs de Pharaon. La vue, qui s'étendait au-dessus de la plaine, présentait du matin au soir des horizons charmants, dont les teintes graduées plaisaient à mon imagination. Je peuplais les coteaux et les nuages de figures divines dont il me semblait voir distinctement les formes. »

Il y passa huit mois, huit mois de traitement bienfaisant et de lénifiant repos, correspondant avec ses amis et recevant même leurs visites.

« J'ai appris par Théophile, lui écrivait Francisque Wey (1) que ta santé est bien meilleure et j'en suis aussi joyeux, mon bon Gérard, que j'avais été affligé de ta maladie... Puisque tu as le bonheur de jouir, pour quelques jours encore, d'un repos élyséen, je me chargerai, si tu le veux, moi qui patauge dans la boue des affaires courantes, de tes commissions dont je te rendrai compte avec exactitude. Tu n'as qu'à parler... Je désire, mon cher ami, que tu me donnes de tes nouvelles directement. Tu dois avoir du temps à perdre et des revanches de bavardages à prendre : fais-moi le plaisir de me gribouiller un peu de papier et de me dire tout ce qui te passera par la tête. J'irai te voir quand tu voudras, car je sais que le convalescent est friand de visites, Après cela, je te plains

 

(1) Nouvelle Revue Internationale du 15 juin 1894.

 

 

 

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assez peu. D'abord tu n'as rien à faire, puis tu es chauffé, nourri et paisible comme un gentilhomme campagnard. Tu vis au milieu d'un tas d'arbres comme une fauvette. Tu dis que tu manges comme un corbeau - et voici que le printemps survenant à point nommé, tandis que tu es dans tes terres, va t'environner de ver­dure et de parfums. Reste-là jusqu'aux premières fleurs : tu nous y recevras et nous irons jaser sous l'orme et dans les lilas... »

Antony Deschamps, disait de lui :

 

Sage était son discours, ses actes étaient fous !

 

Fous, ô combien ! Une de ses plus douces et exquises occupa­tions, était de pétrir avec de la terre, la figure de celle qu'il aimait : « Tous les matins, gémissait-il, mon travail est à refaire, car les fous, jaloux de mon bonheur, se plaisent à en détruire l'ouvrage. » Avec des débris de charbon et des morceaux de briques, il traçait sur les portes et sur les murs des dessins extravagants ; avec des sucs de fleurs, il aquarellait des feuilles de papiers : partout c'était la reine de Saba, Aurélia, Jenny Colon, « sous ses pieds tournait une roue, et les dieux lui faisaient cortège. » Tout gravitait autour d'une femme géante, nimbée de sept étoiles, appuyant ses pieds sur le globe où rampe le dragon, et symbolisant à la fois Diane, sainte Rosalie et Jenny Colon. Elucubration d'halluciné.

Il ne sortit de chez le docteur Blanche que le 21 novembre 1841 : Voici ce qu'il écrivait à madame Alexandre Dumas, dans une lettre datée du lendemain.

« Ma chère Madame, j'ai rencontré hier Dumas, qui vous écrit aujourd'hui. Il vous dira que j'ai recouvré ce que l'on est convenu d'appeler raison, mais n'en croyez rien. Je suis toujours et j'ai toujours été le même, je m'étonne seulement que l'on m'ait trouvé changé pendant quelques jours du printemps dernier. »

« L'illusion, le paradoxe, la présomption sont toutes choses ennemies du bons sens dont je n'ai jamais manqué ! Au fond, j'ai fait un rêve très amusant et je le regrette ; j'en suis même à me demander s'il n'était pas plus vrai que ce qui me semble seul explicable et naturel aujourd'hui, mais comme il y a ici des méde­cins et des commissaires qui veillent à ce qu'on n'étende pas le champ de la poésie aux dépens de la voie publique, on ne m'a laissé sortir et vaquer définitivement parmi les gens raisonnables que lorsque je suis convenu bien formellement d'avoir été malade, ce qui coûtait beaucoup à mon amour propre, et même à ma véra­cité. - Avoue ! avoue ! me criait-on, comme on faisait jadis aux

 

 

 

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sorciers et aux hérétiques, et pour en finir, je suis convenu de me laisser classer dans une affection définie par les docteurs, et appe­lée indifféremment Théomanie ou Démonomanie dans le diction­naire médical. A l'aide des définitions incluses dans ces deux arti­cles, la science a le droit d'escamoter ou réduire au silence tous les prophètes et voyants prédits par l'apocalypse, dont je me flattais d'être l'un. Mais je me résigne à mon sort, et si je manque à ma prédestination, j'accuserai le docteur Blanche d'avoir subtilisé l'esprit divin. »

Le Dr Blanche a toujours traité Gérard chez lui, pour rien, ainsi, que l'a dit A. Houssaye, non pas comme un enfant de la maison, mais comme un ami de tous les instants ; par deux fois encore, avant de se lancer dans l'infini des dernières marches du fatal escalier de la rue Vieille Lanterne, Gérard fut obligé de faire appel aux bons soins de son ami en 1853 et 1854. Mais le Docteur Blanche n'était plus à Montmartre : il occupait depuis 1846, l'an­cienne propriété de Mme de Lamballe, superbe demeure entourée d'un parc magnifique en bordure sur le quai de Passy. Son fils, Emile-Antoine, tout jeune lors de l'installation à Montmartre, - puisqu'il était né le 1er octobre 1820, - avait été mis en nourrice chez une brave femme habitant place du Tertre : dès qu'il eut fini ses études, il suivit les cours de médecine et, aussitôt qu'il fut reçu docteur, seconda son père et devint rapidement pour lui un aide et un collaborateur précieux. Aujourd'hui, père et fils, confondus sous un même nom, jouissent d'une égale et bien méritée répu­tation.

La bonté de l'excellent docteur Esprit Blanche était sans bornes : dépassant les limites de sa maison, elle se répandait charita­blement dans les familles de la commune : on n'y faisait jamais appel en vain et la reconnaissance était le plus souvent le paiement des soins qu'il distribuait généreusement autour de lui.

L'Asile de la Providence, qui existe encore aujourd'hui au 77 de la rue des Martyrs, asile pour les vieillards des deux sexes, - dans lequel il y a peu de temps mourait le 19 février 1909, l'une des plus brillantes reines des bals du Prado, connue sous le nom de Céleste Mogador, devenue Mme Lionel de Moreton, comtesse de Chabrillan, - avait été ouvert le 2 septembre 1804, près et hors la Barrière des Martyrs n° 50, et créé établissement royal et public par ordonnance du Roi, du 14 décembre 1817.

A peine arrivé à Montmartre, le Dr Blanche fut sollicité et accepta d'en devenir le médecin : chaque année, il présentait un

 

 

 

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rapport sur l'état des malades, et le 29 mai 1824, lisait en séance générale le compte-rendu suivant, qui donne une idée de ce qu'était cet établissement à cette époque et des services rendus par celui qui avait la charge de veiller sur la santé de ses pen­sionnaires:

 

« Mesdames et Messieurs,

« J'avais l'espérance de n'avoir à vous annoncer que très peu de décès, puisque pendant les six premiers mois de l'année, j'avais été assez heureux pour ne perdre aucun de mes malades, résultat assez difficile à obtenir chez des vieillards qui, pour la plupart, offrent peu de ressources et quelquefois peu de bonne volonté. J'ai été bien moins heureux le reste de l'année : dans le mois de janvier une pensionnaire a succombé à l'âge de 74 ans : deux ont terminé leur carrière dans le mois de février, cinq dans le mois de mars et deux dans le mois qui va finir.

« De tous ces malades, le moins âgé avait 62 ans : tous les autres avaient depuis 74 jusqu'à 89 ans : et vous savez, Mesdames et Messieurs, qu'il est impossible à cet âge de prolonger encore une existence déjà usée par les maladies antérieures et les affections morales. Aussi peut-on dire de tous ces pensionnaires qu'ils avaient fini de vivre.

« Quoique le nombre des malades que j'ai perdus depuis un an que j'ai l'honneur d'être médecin de l'asile royal de la Providence, soit déjà assez considérable, je dois vous avouer qu'il eut été plus grand sans l'assistance et le zèle de Mesdames les religieuses : je ne crois pas qu'il soit possible de recevoir des soins plus affectueux que ceux qui sont donnés aux pensionnaires dans cette mai­son : tout ce qui est nécessaire et surtout agréable leur est accordé avec une générosité sans limites, et administré par ces dames avec les précautions les plus grandes. Aussi, Mesdames et Messieurs, ai-je eu la satisfaction de rendre à la santé un assez grand nombre de malades presque aussi vieux et aussi infirmes que ceux auxquels la Providence a cru devoir mettre un terme à leur existence.

« Si l'asile royal de la Providence n'était pas destiné à recevoir des hommes et des femmes déjà accablés sur le poids de l'âge, nous pourrions espérer plus de succès : mais les seules ressources que nous ayons sont toutes hygiéniques. C'est par un régime bien entendu et tel qu'on le suit dans la maison que l'on peut espérer de voir diminuer la mortalité,

« La position favorable de l'établissement le vaste jardin destiné

 

 

 

- 245 -

à la promenade des malades, l'air vif et pur qu'ils y respirent, leur font trouver sans sortir l'exercice nécessaire à leur âge, de mon coté, je leur donne tous les soins que leur position réclame, et mets toute mon ambition à justifier, par mes efforts, la confiance dont vous m'avez honoré.

« BLANCHE. »

 

***

 

Pendant vingt-cinq ans, on put lire dans les almanachs du Commerce de Séb. Bottin, aux « Maisons de Santé et Pensions bour­geoises », les renseignements suivants:

« Blanche : doct. médecin : établiss. pour les aliénés à Montmartre. Cet établiss. où l'on trouve des bains faits sur le dernier modèle de ceux de la Salpétrière est tout à fait séparé de la maison de santé et de plaisance, ou l'on reçoit malades, convalescents et pensionnaires : bains ord. sulfureux, gélatineux, de vapeur, de sable, etc... comme à Tivoli.

« Cette maison est située d'une manière unique sous le rapport de la pureté de l'air et de la beauté du site… »

Puis, c'est le silence. De 1870 à 1875, y végéta une institution de demoiselles sous la direction d'une dame Vve Mathieu : une fabri­que de broderie appartenant à M. Gilbert lui succéda, mais n'eut qu'une existence éphémère et disparut dès l'année suivante. Enfin, il y a une quinzaine d'années, les habitants de la Butte se rappellent avoir vu un docteur Wilkens habiter cet immeuble occupé aujourd'hui par un Institut normal de jeunes filles, préparant spé­cialement à l'éducation.

En l'espace de cent ans, la Folie a, pendant un long espace de temps, été maison de fous. L'on y va aujourd'hui comme en 1870, faire son éducation et apprendre à instruire les autres alors qu'au­trefois on vous y amenait quant vous étiez incapable de vous conduire vous-même.

Les maisons, comme les choses, ont leurs destins.

 

E. DE CRAUZAT.

 

 

Fig. 3

 

 

 

- 246 -

 

Une " Revue des Théâtres " à Montmartre

en 1728

 

 

Dans le dernier fascicule, j'ai entretenu les lecteurs de notre Bulletin de l'Impromptu de la Folie, ambigu-comique dont le grand comédien du Roi était l'auteur, et qu'il fit représenter en 1725 à la Comédie Française. La scène se passait à Montmartre, avec accompagnement de danses, couplets, galop final, vrai pré­lude aux revues qui devaient de nos jours s'ébattre si joyeusement dans les Cabarets montmartrois. Mais Montmartre allait bientôt servir de scène à une Revue proprement dite. En effet, trois années plus tard, en 1728, les acteurs italiens Dominique fils et Romagnesi donnaient à la Foire Saint-Laurent une pièce écrite par eux pour les Comédiens Italiens, intitulée la Revue des Théâtres, présentant cette particularité que c'est la première lois qu'une pièce est ainsi dénommée Revue. On y trouve un tableau anticipé de l'acte classique des théâtres de nos Revues de fin d'année : même défilé des actualités, mêmes épigrammes, mêmes couplets ; et c'est à Montmartre, déjà terre de prédilection, que les auteurs placent la scène !

Le compère est Momus, le petit dieu des rires et des chants, qui, sous les traits de l'acteur-auteur Dominique, récite le prolo­gue d'ouverture:

« Il faut avouer qu'Apollon me donné un emploi bien récréatif ! Importuné par les plaintes du public, il m'ordonne de faire un examen général de toutes les pièces qui ont été représentées pendant cette année, de punir 0u de récompenser selon leurs mérites les auteurs et les acteurs qui les ont données et acceptées... Mes­sieurs les acteurs s'imaginaient sans doute que je convoquerais cette assemblée au Mont-Parnasse, mais j'ai fait réflexion que la longueur du voyage les aurait fatigués, et j'ai jugé à propos de leur donner rendez-vous à Montmartre pour ne les point dépayser. »

Puis le défilé commence, deux sueurs entrent en se querellant sur leurs mérites réciproques : l'une, l'aînée, personnifie la Sur-

 

 

 

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prise de l'Amour, comédie de Marivaux représentée par les comédiens Italiens en 1722, l'autre, la cadette, personnifie la même pièce, mais retouchée par Marivaux et donnée par lui en 1727 à la Comédie-Française, où son succès avait été bien moindre. Laquelle des deux sueurs l'emporte ? Embarras de Momus qui signale bien quelques différences, mais conclut qu'il existe entre elles un grand air de famille. La cadette s'indigne d'être ainsi confondue avec une sœur surannée, et Momus va se prononcer en sa faveur, quand il est troublé par l'arrivée d'un certain Hortensius qui reproche à la cadette d'accepter une telle concurrence. L'aînée se retire alors, charmée du triomphe qu'elle prétend remporter sur sa sœur.

Momus voit ensuite défiler devant lui :

L'Amant Protée, les Amants déguisés, qu'il condamne à se faire imprimer à leurs frais, les Amants réunis, sur lesquels il ne peut formuler d'opinion, attendant un plus ample informé.

Au tour de l'Opéra qui entre sans se faire annoncer, et chante :

 

Je suis Atys, Renaud, Bellérophon,

Pirithoüs, Renaud, Jason,

Tancrède, Thésée, Orion,

Et le protecteur de la Foire.

 

Justement la Foire accourt dans le même moment, et se jette toute éplorée aux pieds de Momus pour lui demander justice contre l'Opéra avec lequel elle a passé un bail sans pouvoir jouir de son privilège :

 

J'ai payé d'avance

Monsieur l'Opéra ;

Il a ma finance !

Et la gardera,

 

répond l'Opéra avec cynisme. Mais la Foire proteste :

 

Notre bail est en bonne forme,

Par devant notaire passé.

 

« Il sera cassé », riposte la Foire.

 

La Belle attendez-moi sous l'Orme.

De l'argent touché

Fait toujours tenir le marché.

 

Momus reproche à l'Opéra d'avoir obscurci sa gloire en se fau­filant avec la Foire ;

 

 

 

- 248 -

Rien n'est plus aimable

Que l'argent comptant,

 

répond l'Opéra avec désinvolture, et il refuse énergiquement de restituer l'argent reçu :

 

Recevoir tout sans rien rendre

C'est le ton de l'Opéra a a a.

 

La Foire s'emporte contre l'Opéra, elle l'accable de reproches, et en sortant, comme dernière imprécation, elle souhaite que les auteurs de la Foire puissent devenir un jour ceux de l'Opéra. Celui-ci ne s'embarrasse pas beaucoup de ses menaces, et en quittant le scène il chante :

 

La seule Musique

Dans les Opéras

Nous flatte et nous pique ;

Que les vers soient plats

Il n'y a pas de mal à ça.

 

Le Mercure de France, dans le volume de Mars 1728, rendant compte de la Revue des Théâtres, nous apprend que la pièce a été bien reçue par le public, et qu'elle a été jouée jusqu'à la clôture du Théâtre de la Foire.

 

Eugène LE SENNE.

 

***

 

 

 

- 249 -

 

MONTMARTRE

AU SALON D'AUTOMNE DE 1909

 

 

La Société du Salon d'automne a ouvert son exposition an­nuelle au Grand-Palais des Champs-Elysées le 1er octobre et l'a close le 8 novembre 1909, après avoir admis les ouvrages d'artis­tes français et étrangers, n'ayant pas figuré dans les Salons de Paris.

L'Exposition comprenait six sections : 1° Peinture, 2° Sculptu­re, gravure en médailles et pierres fines ; 3° Architecture; 4° Gra­vure et lithographie ; 5° Art décoratif ; 6° Dessin d'illustration. Elle était considérable puisqu'elle y avait annexé une Exposition du Livre, organisée par M. Paul Gallimard ; une Exposition de Th.-A. Steinlen, illustrateur ; une Exposition de la Société Nationale L'Art et l'Ecole ; une Exposition rétrospective de Figures de Corot, organisée par M. Albert Brant ; une Exposition rétrospective des œuvres de Hans von Marées, peintre allemand ; une exposition des ouvrages de Ten Cate ; un groupe allemand et une splendide section italienne, organisée sous le patronage de l'ambassade d'Italie à Paris. Enfin, une Exposition des affiches et estampes exécutées pour le Salon d'automne.

Montmartre a été mis à contribution, d'une façon très satisfai­sante par un grand nombre d'artistes tant français qu'étrangers, habitant dans les 9e et 18e arrondissements.

En voici la nomenclature, avec leurs œuvres, d'après le catalogue officiel : MM.

 

BARRUETA-ASTEINZA (Benito), né à Bermeo, Espagnol. - 13, rue de Ravignan, a exposé trois tableaux dont les deux derniers sont : Effet de neige à Montmartre, vue de la partie supérieure de la rue de Ravignan ; et Café à Montmartre, tenu par A. Fauvet, à l'an­gle des rues des Abbesses et de Ravignan, et vue de la terrasse animée. (N° 74 et 75 du catalogue).

 

 

 

- 250 -

BÆRWOLF (Georges), né à Bruxelles, Belge. - 42, rue Fontaine, a peint une Étude de neige, boulevard de Clichy. (N° 76).

 

CHÉNART-HUCHÉ (Georges), né à Nantes (Loire-Inférieure), Français. - 61, rue Caulaincourt, affectionne Montmartre sous la neige. Sous ce titre, il expose un tableau différent de celui qui a figuré à la 25e Exposition de la Société des artistes indépendants de cette année. Cet artiste, dont nous avons déjà parlé, peint aussi les fleurs. (N° 319).

 

DOUCET (Henri), Français. - 139, boulevard Malesherbes, nous offre une Vue de La Villette en aquarelle. (N° 448).

 

FORNEROD (Rodolphe), né à Lausanne, Suisse. - 33, rue Lepic, a six tableaux de genre et de fleurs, dont l'un est un excellent Portrait à mi-corps du chansonnier Montmartrois Jacques Ferny. (N° 562).

 

GODEFROY (Louis), né à Paris, Français. - Graveur, 96, rue Ampère. Est l'auteur de La Barrière Blanche, eau-forte. (N° 654).

 

GRASS-MICK (Auguste-Georges), né à Paris, Français. - 8, place Jean-Baptiste Clément. Quatre tableaux, entre autres : Rue Norvins vue d'une fenêtre (N° 683).

 

LEMPEREUR (Edmond), né à Oullins, Français. - 25, rue Victor-Massé. Le premier de ses huit tableaux est intitulé : Au Moulin de la Galette. (N° 1012).

 

PÉTERS-DESTERACT (Albert), Français, - 32, rue Thiers, Pontoise. A gravé à l'eau-forte : Le Sacré-Cœur vu de la rue Laffitte. (N° 1393).

 

VILLARD (Antoine), né à Mâcon (Saône-et-Loire), Français. - 60, boulevard de Clichy. Il a déjà été très remarqué au Salon des artistes indépendants de cette année par deux toiles : Coin de Montmartre, en hiver, et Coin de Montmartre, avec la neige. Maintenant - il a exposé deux tableaux différents : Coin de Montmartre (hiver), et Coin de Montmartre (été). (Nos 1718 et 1719). Il cultive aussi la peinture des fleurs.

 

Voilà donc douze bonnes œuvres d’actualité, indépendamment de ce que nous relevons dans les annexes de cette Exposition.

 

 

 

- 251 -

Dans l'Exposition du Livre, nous devons signaler trois artis­tes : MM.

 

CHAMPION. Légende de Saint-Denis. Reproduction des minia­tures du manuscrit original présenté en 1317 au roi Philippe le Long. Notice par Henri Martin. (N° 24).

 

DAEL (Marie). Cette darne a exécuté en cuir pyrogravé la reliure de La Vie à Montmartre, de M. Georges Montorgueil. (N° 28).

 

RUBAN (Pétrus), relieur d'art de l'ouvrage : Montmartre s’en va, de Louis Morin. (N° 76).

 

REY, éditeur, expose : Paris vieux et neuf, de Louis Huart, dans lequel Montmartre est bien décrit. (N° 73).

 

Dans l'Exposition Th. A. Steinlen, on trouve les Chansons de Montmartre, par P. Delmet. Paris, Enoch et Cie, Carteret, sans date, in-8°. - Tirage à part sur hollande des 16 lithographies ori­ginales, contenant, en outre, tous les originaux des titres, en-tête et culs-de-lampe. (N° 108).

Parmi les reliures d'art, on doit citer les Contes du Chat-Noir, par Rodolphe Salis : L'Hiver. Paris, librairie illustrée, sans date. - Le Printemps. Paris, E. Dentu, 1891. - 2 vol. in-8°, cartonnés vélin avec peintures à l'huile sur le dos et sur les plats (Carayon). (N° 112).

Au nombre des JOURNAUX ILLUSTRÉS : Le Mirliton. - A. Bruant, directeur. (N. 198).

Enfin, dans les LIVRES ILLUSTRÉS, nous voyons Les types de Bruant (N° 223) et Die Maler von Montmartre (Les peintres de Montmartre). (N° 221).

On constate donc encore l'influence de Montmartre sur les artis­tes et les écrivains. Notre Butte conserve toujours son bon renom de sites pittoresques et de joyeuse humeur.

 

O'KELLY DE GALWAY.

 

 

 

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MONTMARTRE AU THÉÂTRE

 

 

1721. - ARLEQUIN-ENDYMION, pièce en vers de Lesage, Fuzelier et d'Orneval, jouée en 1721, à la foire St-Germain, par la troupe du sieur Francisque (imprimée en 1724.)

Le frontispice représente une vue fantaisiste de la butte Mont­martre.

 

1725. - L'IMPROMPTU DE LA FOLIE ambigu comique, dédié au seigneur Aymon général de la Calotte, par Le Grand (1).

 

1728. ARLEQUIN HULLA et la REVUE DES THÉATRES (2), comédies en un acte, par MM. Dominique et Romagnesi, comédiens italiens ordinaires du Roi représentées pour la première fois par les Comédiens Italiens ordinaires du Roi, le 1er mars 1728. (A Paris, chez Briasson, 1 vol. in-12.)

 

1756. - LEANDRE-NANETTE ou le DOUBLE QUI-PROQUO parade en 1 acte en vers et en vaudevilles achevé en 1755. A Charlotte de Montmartre, par M. G... (Grandval), comé­dien du Roy.

A Clignancourt, 1756.

Disons d'abord que ce vaudeville n’a de montmartrois que la dédicace et le soi-disant lieu d'impression.

Il est peu connu, et pourtant, il mérite quelque d'attention ; car bien qu'il ne soit pas classé parmi les ouvrages érotiques, sa place y est cependant bien indiquée.

Le sujet, excessivement scabreux, est traité avec tant de légèreté qu'il ne sombre pas dans l'abîme.

En des vers sans prétention, mais empreints de la grâce de cette époque, où Madame de Pompadour était reine, l'auteur met en

 

(1) Voir à ce sujet l'article de M. C. Le Senne, dans le fascicule 65-66 de la Société du Vieux Montmartre.

(2) Voir à ce sujet l'article de M. Le Senne, en tête de ce fascicule.

 

 

 

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scène d'une plume très leste, une situation qui peut rivaliser avec les contes les plus libres de cette époque dissolue :

La jeune Isabelle est mariée depuis peu à Cassandre vieillard, et son amant Léandre, sous des habits féminins, lui sert de femme de chambre sous le nom de Nanette.

Dans la première scène, Léandre se plaint à Isabelle du supplice que lui impose son service :

 

Vous me laissez bien voir vos appas à loisir

Et m'empêchez toujours, cruelle d'en jouir.

……………………………………………..

Je vous mets chemise et cornette,

Fichu, corset, tous vos agrais.

C'est tout, à peu de chose près,

Ce que vous souffrez que je mette

Belle dans votre...

Quoi jamais

Dans votre joli corbillon,

N'aurai-je la permission ?

Dites donc ?

 

Or Cassandre, trompé par les apparences, fait la cour à Léandre-Nanette et pour le soir même, moyennant deux cents écus, l'a obligé à lui accorder un rendez-vous dans sa chambre. Léandre, Nanette explique à sa maîtresse son embarras.

 

LÉANDRE

Il m'a fait accepter vingt-cinq beaux louis d'or,

Qu'il a pour mes attraits tirés de son trésor ;

Pour qu'il ne me crût pas une fausse soubrette,

Voyant l'argent, j'ai fait l'aveu de ma défaite ;

Mais il voudra quittance, et vous pouvez compter

Que ce n'est qu'avec vous que je veux m'acquitter.

D'avance il m'a très bien payé,

V'là le plaisir des Dames.

Et puis, pour être défrayé

Il s'est presque déshabillé,

En me chantant les yeux tout pleins de flames (sic)

V'là le plaisir des dames,

V'là le plaisir.

 

ISABELLE

Mon infidèle époux

Te prend pour une fille,

 

 

 

- 254 -

Il tombe à tes genoux,

Te voyant si gentille :

Il ne croit pas, le drille,

Parmi tous tes appas,

Rencontrer la béquille

Du père Barnabas.

 

Pour sortir d'embarras, ils conviennent que ce sera Isabelle qui prendra la place de Leandre dans son lit.

La 2e scène se passe entre Leandre et Cassandre et le rendez-vous est pris pour le soir même.

Or, le secret est surpris par deux compères amis de Cassandre ; Satirion et Reinfort qui, amoureux aussi tous deux de Leandre-Nanette, exigent leur part du divertissement ; Cassandre consent à ce qu'ils se cachent dans l'alcôve de Nanette et, à la faveur de la nuit, ils partagent tour à tour les amours de la soubrette.

Ce qui a lieu pendant que Leandre, la croyant en conversation seulement avec son mari, attend sur la scène, en tenant la chan­delle. Il se lamente et trouve le temps long, lorsqu'Isabelle, au commencement du septième discours, étonnée de la facilité de son mari à s'exprimer, entraîne celui-ci sur la scène et lui reproche son mutisme habituel :

 

ISABELLE

Pour voir jusqu'où ton délire
Pourrait aller, vieux satyre,
J'ai supporté, sans rien dire,
Jusqu'au cinq ou sixième choc.
Que n'ai-je dans ce mistère,
Déguisé mieux ma colère.
Si j'avais voulu me taire.
Un septième m'était hoc.

 

Pour se disculper, Cassandre fait venir ses collaborateurs. Et Isabelle se console en disant :

 

Ce sont des coups de hazard dont je ne suis pas cause

Et pour éviter à l'avenir semblable aventure :

Vous passerez, Nanette, pour leur faire dépit,

Le jour dans ma chambrette,

Et coucherez la nuit,

Avec moi dans mon lit.

 

1770. - LE TEMPERAMENT, tragi-parade, traduite de

 

 

 

- 255 -

l'Egyptien en vers français et réduite en un acte. A Charlotte de Montmartre, en octobre 1778. Au Grand Caire.

Nous citons cette pièce, bien qu'elle n'ait rien de montmartrois, mais nous retrouvons la même dédicace à Charlotte de Mont­martre et, étant donné le caractère fortement érotique de cette production, attribuée comme la précédente, à Grandval, il serait intéressant de savoir quelle était cette montmartroise à laquelle il dédiait ces comédies plus que licencieuses. Cette pièce fait partie d'un petit volume in-18, intitulé : Recueil de Comédies et de quelques chansons gaillardes, imprimées pour ce monde.

 

1776. - L'EUNUQUE OU LA FIDELLE INFIDÉLITÉ. Montmartre s. d. (1).

 

1776. - ESSAI DRAMATIQUE, par Léonard Gobemouche, Montmartre, 1776 (Catalogue Huillard, 1870).

 

1779. - LES AMOURS DE MONTMARTRE, comédie eu un acte et en vers de Fonpré de Fracansalle. Variétés amusantes le 30 avril 1779 et à Versailles devant Leurs Majestés le 19 juin de la même année.

Une autre édition du même ouvrage est de 1782, et porte la date de représentation à Versailles au 20 juin de la même année.

Autre édition avec des changements, Bordeaux 1798, in-8° (Sapin cat. 87).

Une autre édition de Barba 1817, porte : Comédie burlesque

en un acte et envers par Fonpré de Francassalle jouée au palais Royal le 4 juillet 1786 (Voir le Journal de Paris à cette date). Enfin une autre de 1840 chez Tresse.

La scène est à Montmartre dans la boutique de l'Echaudé. Cette pièce n'a absolument de Montmartrois que le titre.

Dans les Mémoires Secrets, à la date du 24 mai 1779, se trouve le passage suivant qui se rapporte aux Amours de Montmartre : « Les spectacles des boulevards, quoique multipliés d'année en année, ne peuvent suffire à l'empressement du public. Celui de l'Écluse à vogue aujourd'hui pour une pièce intitulée les Amours

 

(1) Autre édition portant ce titre :

L'Eunuque ou la Fidelle Infidélité, parade en vaudeville, mêlée de prose et de vers, par...

A Montmartre, 1755. - Le frontispice de cette édition a été reproduit, fascicule 53, en regard de la page 24.

 

 

 

- 256 -

de Montmartre : comme ils attirent surtout quantité de jeunes gens et de filles, il y a souvent des querelles ; ces lieux ne sont que sous la garde du guet peu respecté des militaires : dernièrement des officiers ayant occasionné beaucoup de tumulte et menacé d'ensanglanter la scène si l'on arrêtait quelques uns d'entre eux, auteurs du désordre, le prince de Montbarrey a cru devoir faire un exemple et deux ou trois connus doivent être cassés à la tête du régiment.

 

1805. - RODERIE ET CUNEGONDE, ou l'hermite de Montmartre, ou le revenant de la galerie de l'ouest, galimathias burlesco-melo-patho-dramatique en 4 actes, ornés de costumes analogues, soutenu par quatre changements de décors, lardé de combats et d'enlèvements, enjolivé de cavernes de voleurs, égayé par un fantôme et réchauffé par un incendie, Paris 1805.

(N° 288, du Cat. gén. Sapin, n° 86, 1904, 6 fr.)

 

1805. - L'INTRIGUE DANS LA RUE, ou le professeur de Montmartre, vaudeville bouffon en 1 acte par MM. Maxime de R. et Defrenoy. Rep. pour la première fois sur le Théâtre des jeunes élèves, rue de Thionville, le 21 sept. 1805.

 

1807. - M. GIRAFE OU LA MORT DE L'OURS BLANC, par M. Bernard de Montmartre. - Théâtre Montansier, 27 décembre 1807. (Almanach des Théâtres).

 

1808. - L'ASTRONOME DE MONTMARTRE, Pièce jouée aux Variétés par Potier.

 

1809. - ASINARD, ou le Volcan de Montmartre, folie en un acte mêlée de couplets de MM. Auguste et Ferdinand ; représentée pour le première fois sur le théâtre des Variétés, le 7 septembre 1809. Paris 1809, in-8°.

La scène se passe à Montmartre au Poirier sans pareil.

 

1811. - MONTMARTRE, L'AUBERGE DU PERROQUET, ou la Barrière des Martyrs (1).

 

(1) Nous ne pensons pas qu'il y ait un rapport avec la maison hospi­talière, dite du Perroquet gris, qui se trouvait à l'angle du boulevard et de  la rue de Steinkerque.

 

 

 

- 257 -

­Vaudeville en 1 acte par MM. Théodore et Edmond, Paris, 1811, in-8° br.

(Catalogue Mathias, n° 189, art. 6350.)

 

1838. - A CLIGNANCOURT ou le Dîner de vacances, vaudeville en un acte, représenté pour la première fois au théâtre Comte, le 28 septembre 1838.

Cette pièce, pour être jouée par des enfants, ne manquait pas d'éléments de succès.

 

LA BARRIÈRE DES MARTYRS (Voir aux pièces représentées à Montmartre pour la première fois, Bulletin du Vieux Montmartre, n° 39.)

 

1843. - Les BOHÉMIENS DE PARIS, drame représenté pour la 1re fois à l'Ambigu-Comique, le 27 septembre 1843.

Acte IV. - 1er tableau : Le jardin du Cabaret de la Chatte amoureuse, à Montmartre. 2e tableau : L'entrée des Carrières de Montmartre.

Acte V. - Sur les Buttes Montmartre.

Ces décors, dont nous donnons deux reproductions, avaient été peints d'après des croquis pris sur nature.

 

 

Fig. 4

 

 

Fig. 5

 

LES BOHÉMIENS DE PARIS (4e acte)

 

 

1843. - Les HURES-GRAVES, trifouillis en vers... et contre les Burgraves ; Parodie en trois actes, par MM. Dumanoir, Siraudin et Clairville. Représentée pour la première fois à Paris, sur le théâtre du Palais-Royal, le 21 mars 1843 (1).

 

1846. - La POUDRE-COTON, revue de l'année 1846 en 4 actes et un entr'acte, mêlée de couplets par MM. Dumanoir et Clairville, représentée pour la première fois à Paris sur le théâtre du Palais-Royal, le 12 novembre 1846.

Il est question dans cette revue, du fameux trésor enfoui à Montmartre et dont on s'occupa fort pendant cette année 1846, et dont depuis, il a été parlé à différentes époques.

 

Acte I, Scène III.

CASCAMÈCHE

... Vous savez fort bien que vous n'épouserez ma fille que lorsque vous

 

(1) Voir Bulletin du Vieux Montmartre, 3e série, p. 269 et suivantes.

 

 

 

- 258 -

aurez réalisé le chemin de fer centrifuge et trouvé le fameux trésor de Montmartre.

PALMYRE

Chercher un trésor dans un pays d'âne !

CENTRIFUGE

On en trouve partout... des trésors... Oui, belle maman, il paraît qu'aux approches de la tourmente révolutionnaire, un ancien seigneur, près de terminer sa carrière… à Montmartre… enfouit dans un trou des trésors incalculables.., de l'or, de l'argent, de la vaisselle plate, des ins­criptions de rentes, une foule de valeurs du plus grand prix… on ne dit pas qu'il y ait mis des actions de chemins de fer... Ce secret avait été confié à un vieux Caleb, qui avait juré une discrétion éternelle, et a tout révélé... dans un moment de pochardise... Une mine est préparée au fond de la carrière, et ce soir nous la faisons sauter avec de la poudre-coton.

 

Acte II. Premier tableau

A Montmartre. Au fond, l'entrée, d'abord assez étroite, d'une carrière.        - A gauche, le 1er étage d'une maison en construction.

Et c'est la recherche du trésor dans les carrière de Montmartre qui sert à amener en scène les actualités de l'année.

 

1851. - La BARRIÈRE CLICHY, drame militaire en 5 actes et 14 tableaux par M. Alexandre Dumas, représenté pour la première fois sur le Théâtre National (ancien Cirque) le 21 avril 1851.

Le 6e tableau représente la Barrière de Clichy et se termine par la reproduction du tableau bien connu d'Horace Vernet.

 

1851. - La MEUNIÈRE DE MONTMARTRE, par Varin. Représentée en mars 1851 au Théâtre Choiseul.

 

1851. - Le TÉLÉGRAPHE DE MONTMARTRE, vaudeville en 1 acte de Dumanoir et Clairville.

 

1854. - A CLICHY, opéra-comique en un acte, paroles de Dennery et Grangé ; musique de Ad. Adam. Représenté pour la première fois au Théâtre Lyrique, le 24 décembre 1854.

 

1854. - VOICI CE QUI VIENT DE PARAITRE, revue de l'année 1854, en trois actes et seize tableaux, de MM. Guencé et Ch. Potier. Terminé par : La Promise de Montmartre, parade sauce provençale assaisonnée par M. Glapissant. Représentée pour la première fois à Paris, sur le Théâtre des Délassements, le

 

 

 

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29 décembre 1854. (C'est une parodie de l'opéra-comique : La Promise de Clapisson).

 

1855. - Les CARRIÈRES DE MONTMARTRE, mélodrame populaire en 5 actes, 8 tableaux et 1 prologue par Dupeuty et Bourget. Représenté pour la première fois au théâtre de la Porte-Saint-Martin, le 10 mars 1855 (1).

 

1859. - SANS QUEUE NI TÊTE, revue à l'envers, on com­mencera par la fin. Trois actes, dix-huit tableaux par Th. Cogniard et Clairville. Représentée pour la première fois à Paris, sur le théâtre des Variétés, le 17 septembre 1859.

Cette revue met en scène les différents quartiers de la banlieue qui allaient être annexés à la capitale l'année suivante.

Parmi les personnages personnifiant les barrières, nous trouvons :

Madame de Montmartre.

Madame de Clichy.

Madame de Belleville, etc.

Le rôle de Madame de Montmartre est une panne et ne con­tient que quelques mots insignifiants.

 

1860. - A VOS SOUHAITS, revue de 1860 en 3 actes et 20 tableaux de MM. Ernest Blum et Alexandre Flan. Barbié éditeur, Bd St-Martin.

Voir le Bulletin du Vieux Montmartre, n° 65-66.

 

1860. - L'OMELETTE DU NIAGARA, revue en 3 actes et une infinité de tableaux par MM. Dormeuil père et L. Thiboust, représentée pour la première fois sur le théâtre du Palais Royal le 24 décembre 1859. Au 2e acte les 8 derniers arrondissements viennent se plaindre à la Ville de Paris du lot qui leur est adjugé, et Montmartre, en petit meunier coiffé d'un moulin à vent, fait sa partie dans le concert d'imprécations.

 

1862. - FOLIES MONTMARTRE. Voir aux pièces représen­tées pour le première fois sur le théâtre Montmartre.

 

1866. - LE BAILLY DES BATIGNOLLES, pochade en un acte par MM. Alexandre Flan et Adolphe Joly. Représentée pour

 

(1) Voir sur ce mélodrame, l'article de Théophile Gautier, dans le Moniteur du 15 mai 1855.

 

 

 

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la première fois sur e théâtre des Délassements Comiques, le 11 avril 1866.

 

1870. - PIGALLE-REVUE, revue de l'année 1869, en trois actes et cinq tableaux, par MM. Dral, Chauvin, et Kader. Répétés pour la première fois à Paris au cercle Pigalle le 24 décembre 1869.

Cette revue n'a rien de montmartrois, seul le nom du compère : M. de Clignancourt, se rapporte à la butte.

 

1878. - LA MARIÉE DE MONTMARTRE, vaudeville en deux actes, par MM. Seignon et Aupto, à la Gaîté Rochechouart, le 10 mars 1878.

 

1879. L'ASSOMMOIR, drame en 5 actes et 9 tableaux. Re­présenté pour la première fois sur le théâtre de l'Ambigu le 18 janvier 1879.

Ce drame se passe entièrement à Montmartre et à La Chapelle. Mais il n'y a que les deux tableaux suivants dont les décors reproduisent des rues montmartroises, vers 1860.

3e Tableau. - La Barrière Poissonnière. La rue des Poisson­niers au coin du Boulevard Rochechouart. A gauche, l'Assommoir du Père Colombe. A droite, la barrière. Douaniers à la grille.

9e Tableau. Le boulevard Rochechouart. Au fond, l'Elysée Montmartre. Un marchand de vin à droite. Un banc à gauche. Il fait nuit ; le gaz est allumé.

 

TOUT MONTMARTRE EST INVITÉ. Voir la nomenclature des pièces représentées, pour la première fois sur le théâtre Montmartre.

 

1888. - GERMINIE LACERTEUX, pièce en 10 tableaux de Edmond de Goncourt.

Le 3e tableau se passe au bal de la Boule Noire.

Voici l'indication du décor :

« Un coin du bal de la Boule Noire ; aux murs blancs, des gros­sières copies des Saisons de Prudhon, éclairées par des becs à trois jets de gaz reflétés dans des glaces, et aux portes et aux fenêtres, des lambrequins de velours grenat, bordés d'un galon d'or. La vue est prise en dehors de l'orchestre et du rond de la

 

 

 

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danse ; au milieu, des tables peintes en vert et des bancs de bois faisant le café du bal. »

Epilogue : « La fosse commune, au cimetière Montmartre, d'après l'aquarelle de mon frère 1863. Au-dessus d'un mur, contre lequel plaque un buisson de cyprès roussis par la gelée, un ciel d'hiver tout jaune, d'où se détachent les ailes lentes d'un moulin. »

 

1892. - MONTMARTRE-EXPRESS, revue d'Albert Pajol, musique de Bretonneau. Représentée au Divan Japonais, en novembre 1892.

Le journal La Butte, n° 16, du 6 novembre 1892, donne un compte-rendu de cette revue qui se passe au Cabaret de la Butte (aujourd'hui 4-z'Arts). Les décors étaient dessinés par Abel Truchet et Joseph Faverot.

Les costumes dessinés par Abel Truchet.

 

1894. - LE BOUCHER DE MONTMARTRE, ambigu.

 

1897. - LES MARTYRS DE MONTMARTRE, fantaisie-actualité en 1 acte et deux tableaux, représentée pour la première fois le 24 septembre 1897, à la Gaîté Rochechouart.

 

1900. - LOUISE, roman musical, en quatre actes et cinq tableaux. Paroles et musique de Gustave Charpentier. Représenté pour la première fois sur le théâtre national de l'Opéra-Comique, le 2 février 1900.

Le livret de cet opéra-comique est essentiellement Montmar­trois, et marque une étape importante dans l'évolution du théâtre lyrique vers le réalisme lyrique.

 

PSST !... MONTEZ-VOUS ? revue de l'année 1901, par M. Charles Quinel. Musique nouvelle et arrangée par M. Desmarquoy. Représentée au Casino de Montmartre, 47, boulevard de Clichy.

Dans cette revue très montmartroise, légère et pimpante, la commère personnifie la Butte Montmartre. Et nous voyons défiler les célébrités du cru.

Citons seulement cette chanson de la commune :

 

LA COMMÈRE,

Je suis Montmartre, la joyeuse fée,

Que l'on évoque dans tous les pays,

 

 

 

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La plume d'or dont ma tête est coiffée,

C'est la gaîté du blason de Paris.

Les p'tits joyeux sur moi font la culbute

Au son des cloch's comme au son des violons,

Tout l'univers est monté sur ma butte ;

Très peu de gens n'ont pas pris mes mam'lons.

Gai rendez-vous des amants, des maîtresses

Je r'çois chez moi dam's et faiseurs de vers,

Et l'tournoiement des baisers, des caresses

Leur fait bien vit' mettr' la tête à l'envers.

Sur mes coteaux jadis, des crûs très dignes

Donnaient du vin au litre à quatre sous.

Pour les statues, on prit mes feuilles de vignes ;

Mais j' gard' pour moi ce qui se trouv' dessous.

Je puis l'avouer, j'ai le cœur très sensible,

Mais, quand un typ' me déclar' sa passion,

Je veux qu' chez moi, il s' monte autant qu' possible,

Il s' monte autr' chose que l'imagination.

J' suis p't'être un peu décoll'tée et grivoise,

V'nez toujours rir' sur mon point l' plus él'vé,

Comm' tout collin', mêm' collin' montmartroise,

Avant d' descendr', v'nez toujours y grimper.

 

1904 - LA MONTANSIER, pièce en 4 actes dont un prologue de Gaston de Caillavet, Robert de Flers et Jeoffrin. Théâtre de la Gaîté.

Un des personnages de cette pièce est Seveste, joué par Magnard.

 

Maurice ARTUS.

 

***

 

 

 

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Paul-Émile DEBRAUX (1)

 

 

Parmi les personnes de notoriété ayant habité Montmartre sous la Restauration, il faut citer Paul-Emile DEBRAUX dont la popularité menaça d'éclipser celle de Béranger. Le chantre de la Colonne et de Fanfan la Tulipe habita en effet le village Orsel n° 14, c'est-à-dire, la rue des Acacias, aujourd'hui rue d'Orsel, 14. C'est là qu'il composa, en 1830, en collaboration avec Dauphin, un autre chansonnier bien oublié aussi, et mort en 1835, à l'hôpital, un de ses ouvrages ayant pour titre Le Bréviaire du chansonnier et l'art de faire des chansons, dédié à Béranger. Au bas de la deuxième page, on lit : « En vente chez M. Emile Debraux, village Orsel, 14. » Il y écrivit également un opuscule d'une extrême clarté - il ne se trouve même pas à la Bibliothè­que nationale - portant pour titre : Une séance de goguette, folie populaire en 1 acte ; en vente chez Roy-Terry, libraire, Palais-Royal, Galerie de Valois, n° 185 ; chez Hacquart jeune, quai des Augustins, n° 25, et au bureau du journal l'Extra-Muros, passage du Grand-Cerf, maison n° 6, au premier. Cet ouvrage, qui parut le 25 avril 1830, fut épuisé environ huit jours après. Emile Debraux en promit une seconde édition pour le 15 mai suivant.

La maison que le chansonnier habitait, avec plusieurs autres locataires, était assez vaste. Elle était imposée pour 250 francs par an, et le jardin pour 2 fr. 14. Le propriétaire était M. Lambin, héritier de M. Joseph Orsel.

L'auteur de Te souviens-tu ? était un des collaborateurs du journal de banlieue l'Extra-Muros, dont le chansonnier Charles Le Page - un autre habitant de Montmartre - était le directeur. Debraux a publié dans ce journal plusieurs articles de critique sur le théâtre Seveste ou sur la troupe du théâtre de la

 

(1) Documents inédits sur le chansonnier populaire Paul-Emile Debraux, qui habita le village Orsel, n° 14, en 1830.

 

 

 

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place Dancourt. Ces articles sont signés E. D. Il parle également du bal de l'Ermitage (boulevard de Clichy) où il allait danser souvent. Emile Debraux était le roi des goguettes ou sociétés chantantes. On le voit souvent, tantôt en compagnie d'Eugène de Pradel, le célèbre improvisateur, tantôt en compagnie de Ch. Le Page, dans les goguettes suivantes : chez les Flambards, chez les Amis de l'Entonnoir, et au Sauvage, barrière des Mar­tyrs ; chez les Lurons, au Grand Turc, barrière Poissonnière (aujourd'hui le concert La Fourmi) ; chez les Vrais amis, barrière Rochechouart, etc. Il quitta le « Village Orsel » vers octobre 1830, pour aller demeurer rue des Lombards n° 39, où il mourut, d'une phtisie laryngée, le 12 février 1831. Les biographes d'Emile Debraux se sont tous copiés réciproquement. Aucun n'a donné de renseignements précis sur la famille du chan­sonnier. Personne, que je sache, autre que moi, ne s'est occupé sérieusement de « l'auteur de la Colonne ». Je suis arrivé à des résultats qui ont dépassé mes espérances.

Paul-Emile Debraux naquit à Ancerville (Meuse), le 13 fructidor an IV (30 août 1796), de Claude-Paul Debraux, alors âgé de trente-un ans et exerçant les fonctions d'huissier du juge de paix du canton d'Ancerville, et de Catherine-Françoise Dorivalle, alors âgée de trente ans. Claude-Paul n'était nullement protestant, contrairement à ce qui a paru dans presque toutes les biographies, et notamment le « Grand Larousse ». La preuve qu'il était catholique, c'est qu'il fut parrain deux fois : le 5 mai 1818 et le 7 juin 1821 ; la première fois, de sa petite-fille Estelle-Alphonsine-Cornélie Debraux, fille d'Emile Debraux ; et la seconde fois, de Joséphine-Rose Richard, fille de Rose-Olympe Debraux et de Jean-François-Joseph Richard, et par conséquent petite-fille du parrain. Le père d'Emile Debraux vint à Paris avec sa famille vers 1797. Il exerçait à la Faculté de médecine un emploi qui con­sistait à copier les tables des thèses soutenues par la Faculté. Il occupa cette place de 1798 à 1827. Il habitait n° 7, rue de l'Ecole de Médecine. Devenu. veuf, il se remaria le 6 juin 1827, à Marie-Rose-Josèphe Cambier, de laquelle il eut une fille nommée Rosine. Il mourut le 30 avril 1833, étant né à Sommelonne (Meuse), le 15 janvier 1764.

Intimement lié avec Pierre-Jean-Baptiste Chaussard, ancien secrétaire du Comité de Salut Public et écrivain distingué, Claude-Paul Debraux écrivait souvent en vers, parlait de ses espérances sur diverses pièces de théâtre qu'il composait alors souvent, déses­-

 

 

 

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pérant, faute d'argent, de pouvoir les mettre à jour. Ses descendants en ligne collatérale, possèdent encore de lui : un dictionnaire gréco-latin, un traité de versification, plusieurs petits poèmes, et, quelque chose qui revient d'actualité, une réforme de la langue française en abréviation (le tout inédit et pour cause). De son mariage avec Catherine-Françoise Dorvialle, Claude-Paul Debraux eut cinq enfants, dont l'aîné Paul-Émile Debraux épousa le 17 janvier 1818, dans le sixième arrondissement, à Paris, Aglaé Cornélie Tattegrain, née en 1794 et morte à Paris, le 14 octobre 1836. Elle fut inhumée au cimetière Montparnasse, en fosse commune, le 26 octobre suivant. Emile, son mari, fut inhumé au cimetière du Père Lachaise, en fosse commune, le 14 février 1831. Ses obsèques, comme celles de sa femme, furent civiles.

A sa mort, Emile Debraux laissait deux enfants : 1° Gustave Debraux, mort du choléra en 1832. Il était né probablement en 1815 ; 2° Estelle-Alphonsine-Cornélie Debraux, née le 5 mai 1818 à Paris, (Xe arrondissement). Elle épousa le 5 octobre 1837 (IXe arrondissement) Jean-Baptiste Delion, fabricant de jouets d'enfants et physicien ou prestidigitateur, né à Paris en 1811 et mort à Asnières (Seine) en septembre 1866.

 

Jules GUINOISEAU.

 

 

Fig. 6

 

 

 

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PROCESSION SEPTENNAIRE (1)

 

 

Dans le numéro d'Avril 1895 de notre Bulletin, M. L. Lazard, s'appuyant sur les documents fournis par le R. Père Léon et puisés dans un manuscrit du XVIIe siècle conservé à la Biblio­thèque Nationale, nous avait, avec une vue d'optique à l'appui, révélé les origines très anciennes du Culte voué à St Denis sur la Butte Montmartre ; il nous faisait connaître en outre, comment le clergé de la paroisse recevait les religieux et habitants de Saint-Denis, le jour de la procession septennale du chef du martyr.

Grâce au mémoire de M. de Guilhermy publié récemment par les soins de notre société, il a été facile de reconstituer l'ordre et la marche de cette procession depuis son départ de l'Eglise abba­tiale jusqu'au moment où, entre une double haie de troupes ren­dant à la relique les honneurs militaires, elle effectuait son entrée dans l'église de l'Abbaye.

Nous fussions restés à la porte du monastère, ignorants des Cérémonies qui s'y déroulaient, si tout un chapitre d'un important volume, très précieux pour l'histoire ecclésiastique de l'abbaye, n'était venu combler cette lacune.

Le « CÉRÉMONIAL MONASTIQUE DES RELIGIEUSES DE L'ABBAYE ROYALE DE MONTMARTRE LEZ PARIS, ORDRE DE SAINT BENOIST PAR LE R. P. DOM PIERRE DE SAINTE CATHERINE, VISITEUR DE LA CONGRÉGATION DES RELIGIEUX FEUILLANS. Paris 1669, in-4° (2), qui contient la description de toutes les cérémonies ainsi que les pratiques observées tant par la mère Abbesse que par les religieuses dans les diverses circonstances et solennités de la vie monastique, consacre treize pages à cette procession, dont le but était de joindre et unir « le clergé et le peuple de la ville de Saint Denys en France avec celuy

 

(1) Cet article devait paraître en tête du travail intitulé : Procession septennaire, publié dans le n° 65-66 du Bulletin du Vieux Montmartre.

(2) Sur le titre, sont gravées les armoiries imposées à l'abbaye, par Françoise-Renée de Lorraine ainsi, du reste qu'elles se retrouvent sur celui de divers autres ouvrages consacrés aux religieuses de Montmartre.

 

 

 

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de Paris sur cette sainte montagne afin de rendre ses vénérations à son grand apostre et premier Evesque.

Les religieuses devaient considérer la septième année où tombait la procession, comme une année de grâce et de rémission, de mesme façon que les israélites, après les six années de travail, attendaient la septième, parce qu'elle était celle du repos du Seigneur », et, grâce à cette pieuse dévotion, elles « devaient obtenir de l'intercession de leur saint patron et protecteur, par leurs prières, les bénédictions du ciel, tant pour elles que pour toute la France ».

Enfin, pour que rien ne manquât à cette grande solennité, la mère abbesse donnait les ordres exacts, précis et détaillés aux offi­cières, tant pour le dehors que le dedans de la Maison, ordres qu'elles devaient exécuter avec soin et diligence.

Ils ont été publiés in-extenso, tels qu'ils sont contenus dans le « Cérémonial Monastique » dans le dernier numéro de notre Bulletin.

 

E. DE CRAUZAT.

 

 

Fig. 7

 

 

 

Fig. 8

 

 

 

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ACTES DE LA SOCIÉTÉ

 

 

Rapport du Secrétaire général

(Exercice 1909)

 

 

MESSIEURS ET CHERS COLLÈGUES,

 

Vous recevez, chaque mois, un bulletin relatant, d'une façon sommaire, les menus faits de votre dernière réunion, mais les personnes qui jugeraient de vos travaux par ce précis s'en feraient une idée bien incomplète. Devant l'amoncelle­ment de notes prises, en cours d'année, votre secrétaire général est bien embar­rassé pour vous donner, sans trop de longueurs, le tableau intégral de votre vie intellectuelle. Il ne peut faire une sélection. Telle pièce, jugée insignifiante aujourd'hui, acquerrera, avec le temps, une valeur insoupçonnée. Deux ou trois lignes fixant un lieu dit, piquant une date dans la chronologie locale serviront aux chercheurs futurs. Nous devons à nos successeurs tous ces documents, chaîne ténue d'une tradition reliant l'avenir au passé, donnant sa physionomie à ce coin de terre qui nous est cher, ayant porté nos premiers pas.

M. Wiggishoff avait raison de nous inviter dernièrement à identifier, à l'aide de nos souvenirs encore vivaces, les dessins et gravures versés dans nos archives. Des sites familiers existent encore ou sont gravés dans notre mémoire, mais les métamorphoses sont instantanées à notre époque, et nos cartons garderont seuls, d'ici peu, l'image de ce qui fut le vieux Montmartre. Une circulaire, adressée par vos soins à plusieurs propriétaires et demandant le droit de visiter et photogra­phier, les a généralement laissés indifférents. Lorsque des gratte-ciel remplace­ront les maisons rustiques et les parcs ombreux dont ils disposent encore, ils regretteront de n'avoir pas - au moins - une vue rétrospective d'un pittoresque effacé.

M. Delcourt demande même que l'on prenne cliché des immeubles appelés à disparaître. L'enlèvement des bornes, l'établissement d'un trottoir changent l'aspect d'une voie publique. Aussi sommes-nous reconnaissants à MM. Cortaillod, George, Victor Perrot, Bargallo, Jouglas et Lazard lorsqu'ils nous apportent des photographies récoltées ou, ce qui est mieux, tirées par eux. Si nous avions un plus grand nombre de ces documents exacts nos regrets seraient moindres. Il serait bon, en même temps, de signaler au passage les fantaisies répandues dans le commerce pour que l'on ne prenne pas, plus tard, la légende pour l'histoire.

Nous devons à M. Adolphi l'une de nos plus jolies gravures, celle de J.-B. Thénot, datée de 1831 ; à M. Romain Forget, une délicieuse aquarelle de Montmartroise ultra moderne ; à M. Cortaillod, la Descente de Montmartre de Troyon ; à Mme veuve Voriot, la photographie si vivante de Maxime Lisbonne et le menu encadré de notre 9e banquet, dessin de Bertrand aîné.

D'une source anonyme, nous tenons une gravure de Pirolle, sur la rue du Mont-Cenis.

 

 

 

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De M. Lazard : gravure du lieu où nous sommes, vers 1825 ; photographie d'un tableau de Georges Michel, au Louvre ; dessin tiré de l'œuvre de Chaufournier et, surtout, le 2e fascicule de la Société d'Iconographie parisienne dont les planches superbes furent commentées par notre collègue.

MM. Desclers et O'Kelly de Galway ont doté notre Musée de la pierre tombale de la famille Sifflet de Berville, remarquable pour les fossiles dont elle est incrustée. A ce sujet, formulons le voeu de voir repéré un jour les principales tombes d'hommes célèbres inhumés au cimetière du Nord. Malgré l'ampleur de ce tra­vail, la ténacité et le zèle d'un groupe de collaborateurs le mèneraient certaine­ment à bonne fin.

M. Debray nous a collectionné des affiches de son Moulin.

Pour les concerts et théâtres, ce sont surtout MM. Cortaillod, O'Kelly de Galway, Delarue et Grangez qui nous approvisionnent.

MM. Jouglas et Bargallo apportent des professions de foi électorales, ce qui est aussi, souvent, du ressort de la comédie.

Les journaux ou extraits de feuilles publiques sont fournis par MM. Cortaillod, Saffrey, P. Jarry, Delarue et Gaignette.

Nous adressons nos remerciements aux sociétés et rédactions nous faisant le service gracieux de leurs publications auxquelles se joignent, cette année, l'Archi­tecte et l'Intermédiaire des Chercheurs et Curieux.

Dans les pièces diverses, je signalerai particulièrement une ordonnance du 22 juillet 1728 sur l'établissement d'une garde au faubourg des Porcherons, don de M. Le Senne.

 

Pour notre Bibliothèque, nous avons reçu :

De M. Cortaillod, notice de J.-B. Clément sur Jules Joffrin ;

De MM. Marcel Vernet et Mareuse, la plaquette rare et précieuse à plus d'un titre, consacrée à la mémoire de M. Fernand Bournon ;

De M. Gouault, un lot de fascicules anciens ;

De M. Jean Morin, l' « Archéologie de la Gaule » ;

De M. Henri Detouches, son voyage De Montmartre à Montserrat ;

De M. Wiggishoff, Etude de Félix Jahyer sur Rosine Laborde ;

De M. Rey, éditeur, Paris vieux et neuf, texte d'André Billy, dessins de Ch. Huard, dont les clichés montmartrois sont à notre disposition ;

De MM. Romain Forget, chansons chimériques de Xavier Privas ;

D'Edmond Beaurepaire, Vieux Papiers, vieux Plans, si spirituellement préfacé par M. Victor Perrot.

MM. Aubry et Le Senne veulent bien nous assurer contre le vol et l'incendie. Nous les remercions, avec tous les donateurs, ainsi que le Conseil municipal pour la subvention allouée par lui, mais dont le chiffre est bien modeste, eu égard à la tâche entreprise pour entretenir au sommet de la capitale un foyer artistique et intellectuel digne de rayonner sur elle.

 

***

 

Se consacrer à l'art, employer ses capitaux et ses veilles à rechercher des choses rares, pour la satisfaction de l'esprit et le plaisir des yeux, est une noble occupa­tion. Des objets de même nature groupés en un seul faisceau augmentent de valeur. Les amis et connaisseurs jouissent de ce spectacle et l'on sauve ainsi de l'oubli ou de la destruction des merveilles. Vous ne vous êtes pas contentés,

 

 

 

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Messieurs et chers Collègues, d'être conservateurs et archivistes. Vous avez jeté un coup d'œil curieux sur les plans et manuscrits catalogués par vous. Il en est résulté des communications variées et nombreuses dont je vais faire un exposé rapide pour ne pas abuser de votre indulgence.

Peu avant de nous quitter, M. Lambard de Colnet nous avait envoyé une notice sur Le Grandais.

M. Désiré Lacroix a signalé le séjour à Montmartre, en 1854, de Gérard de Nerval, comme M. Bouvier donnait des notes biographiques sur un général du Ier Empire, Jean Parfait Friederichs et M. Jules Guérineau, sur le chansonnier Emile Debraux.

M. Jouglas a extrait du Tam-Tam quelques lignes sur le théâtre Montmartre, parlé des facéties de Gaultier-Garguille, disserté sur les deux évêques Denis d'Athènes et de Paris.

M. Le Senne a fait connaître un pamphlet de 1790 sur Félix Desportes. Ecoutant les échos de la scène au XVIIIe siècle, il analysa l'Impromptu de la Folie et une Revue des Théâtres, respectivement datés 1725 et 1728.

M. Wiggishoff a la spécialité des notules concises mais explicites dont il sera fait état pour les recherches bibliographiques à poursuivre. Entre temps, et à propos d'une vignette exhumée par lui, il nous conta les malices de Virgile l'Enchanteur.

M. Delarue a souligné le projet bien tardif d'établissement d'un square dans ce qui reste du parc de Trétaigne, et celui d'organisation d'une fête foraine aux alentours de la place du Tertre.

M. Kleinmann s'est laissé interviewer touchant ses souvenirs d'enfance sur les sources et carrières de l'endroit.

M. Saffrey étudia le chapitre consacré à Montmartre dans Paris vieux et neuf.

M. Georges Montorgueil relate les méfaits d'un agent du fisc, Joscelin de Montmartre, en 1247. On ne dit pas s'il y eut, en cette occurrence, interpellation des pouvoirs publics.

M. de Crauzat donna une relation détaillée du rituel de la procession septennale de Saint-Denis à l'abbaye, telle qu'elle était ordonnancée en 1669.

M. Cortaillod parle des toiles Montmartroises exposées cette année. M. O'Kelly de Galway s'est livré à une étude complète sur les quatre salons où figurèrent nos artistes.

MM. Delcourt, Gaignette et George s'inquiètent de la conservation de plaques vicinales concernant Montmartre, apposées aux angles des rues des Poissonniers et Marcadet.

Dans l'ouvrage Dix Promenades dans Paris, dont M. Albert Mousset est l'un des auteurs, M. Paul Jarry remarque le dernier chapitre consacré au 18e arron­dissement.

M. Pierre Delcourt parla des sculptures de l'ancien restaurant le « Faisan doré », et M. Prod'homme, du trésor vainement cherché dans la propriété Chartraire de Montigny. Il a signalé le musicien Schneitzhœffer (1785-1852), et chanté, dans Paris-Capitale, un hymne au « Vieux Montmartre. »

M. Gaignette, avec des éphémérides locales du 1er Mai 1429 et la fondation par un Montmartrois, M. Rabin, de la « Société des Parisiens du Siège », mentionna une circulaire de M. l'abbé Patureau exposant les résultats de sa gestion depuis le 23 Février 1908, date de son installation dans la cure de Saint-Pierre. Le nouveau

 

 

 

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pasteur entré dans la vieille église complétée par l'adjonction du Chœur des Dames et restaurée avec art, mais splendidement vide, s'employa, avec un soin pieux à meubler le temple confié à ses soins. Faute de crédits alloués, les fonts baptismaux (peut-être les plus anciens de Paris), restaient exilés hors de l'édifice malgré le vœu formulé par vous, Messieurs, transmis par MM. Mareuse et Wiggishoff à la Commission du vieux Paris et soumis, par ce groupe, à l'administration. M. l'abbé Patureau fit lui-même les frais nécessaires. Il sauva ainsi de l'abandon une œuvre remarquable et rendit à ses paroissiens la cuve sur laquelle, depuis le XVIe siècle, s'inclinent tant de jeunes fronts, au jour de leur première fête.

Votre secrétaire a relevé, dans les quotidiens, des notes sur les barrières de Paris. Un décret du 16 Juin 1859 annexa Montmartre et tout ou partie des 24 communes limitrophes à la cité. Comme le rappelait M. Mareuse, les anciennes barrières furent fermées le 31 Décembre suivant et les nouvelles, ouvertes le 1er Janvier 1860. Dans quelques jours, dans quelques heures, car le temps est rapide, la ville géante célèbrera le cinquantenaire de cet événement. Le Léviathan moderne a élargi sa ceinture, absorbé monts et vallées, rues et vergers ; après un demi-siècle d'efforts, comme une citadelle qui repousse tous les assauts, la vieille butte ne s'est pas encore rendue. L'ennemi lui fait des avances, la pare, malgré elle, des atours modernes : elle résiste et garde, à son sommet, ainsi qu'un diadème, ses jardins embaumés, ses arbres toujours verts. Néanmoins l'heure de la reddition est proche ; nos descendants n'auront plus, comme nous, la vision du pays natal dans son aspect champêtre et dans sa grâce naïve. Gardons-leur, Messieurs, le souvenir des visions disparues. Plus tard, le voyageur arrêtant ici ses pas dira : « Je foule le sol où se réfugièrent, dans le Paris mercantile des poè­tes et des artistes les derniers amants du travail dans le calme et la solitude. »

M. Raulet est un chercheur heureux ; il nous fait part de ses découvertes : Projet de création d'une sorte de voie triomphale de la Madeleine à Montmartre ; projet d'établissement d'ouvrages fortifiés sur la butte et lettre du général Vaillant à ce propos. M. Raulet nous entretient aussi de l' « Ermite de Montmartre », des Criées de Paris de 1686 à 1786, du cabaret de Magny au XVIIIe siècle, des baptêmes civils de l'impasse Pers. Il identifia le lieu dit « la Bourdoise » et cita l'acte de naissance de la femme de Pigalle.

Vous avez tous présents à la mémoire, Messieurs, l'intérêt soulevé par la lec­ture de nos fascicules avec la signature de M. Vial pour l'analyse de : Il y a cent ans, d'Antoine Caillot ; vous y retrouvez les noms de MM. Le Senne, Wiggishoff, de Crauzat, Radiguer et Victor Perrot, vous y rencontrez aussi la plume alerte de M. L. Lazard dont l'érudition et la verve éclatent à toutes nos séances. La liste est longue des communications dues à notre collègue : Enumération de 16 bals reconnus par le Conseil Municipal exister à Montmartre, au 14 mai 1810 ; note sur la lithographie de Thénot, dont il est parlé ci-dessus ; analyse des dessins et aquarelles de la collection Destailleurs ; le caractère des Montmartrois, d'après des notes de Barginet ; la critique de Biron, ancien maire, dans les Guêpes, d'Alphonse Karr ; mélodrame de Dupeuty et Ernest Bourget (1855) ; les pavillons d'angle de la rue Caumartin et du boulevard ; notes de David d'Angers sur le Cimetière du Nord et du géographe Denis en 1776, où il est question de la propriété du Château-Rouge et de la manufacture de porcelaine de Clignancourt. Enfin, dans le ton joyeux : un extrait de l'oeuvre de Verpel (1801) ; de nombreux passages sur l'art dramatique tel qu'il était cultivé au théâtre des Jeunes

 

 

 

- xxix -

Artistes de la rue de la Tour d'Auvergne. Et… pour ne pas être trop long, je ne dis pas tout.

 

***

 

Si nous passons maintenant à ce que je pourrais appeler le département des re­lations extérieures, nous verrons qu'avec le Comité Berlioz et sur l'initiative de M. Prod'homme, le « Vieux Montmartre » procédait l'hiver dernier à l'apposition d'une plaque sur la maison occupée rue du Mont-Cenis par le compositeur; qu'une conférence fut donnée le 21 mai sur Montmartre par M. Gershon, suivie d'une promenade aux coins les plus intéressants de la Butte, comme en faisait une, le 4 avril, la section de tourisme de l'Association des Instituteurs et, le 5 septembre, la Société amicale de l'Association polytechnique, préparée à cette visite par une causerie du professeur Pilhon.

Invités à l'inauguration de la Rétrospective de 1848 à 1852, à l'hôtel Saint-Fargeau, nous y admirâmes les pièces nombreuses prêtées par MM. Hartmann et Blondel, figurant aussi en bonne place à l'Exposition aéronautique, à laquelle fut prêtée une toile du peintre Noro.

Vous avez été convoqués à l'assemblée générale de la Société de l'Histoire de Paris et de l'Ile-de-France. La Société des Etudes historiques vous communiqua le thème choisi pour l'obtention du prix Raymond en 1911. C'est l'étude destinée à éclairer, par des documents inédits, la biographie d'un personnage historique, du moyen âge aux temps modernes. Souhaitons de voir revivre ainsi une de nos gloires locales.

Cet été, comme précédemment, la Compagnie d'arc Saint-Pierre de Montmartre s'est distinguée au concours annuel d'Orrouy. Je signale le fait comme émanant du groupement le plus ancien existant ici dans tous les genres. (Il remonte à 1748) et, parce qu'à nous qui recherchons les vestiges du passé, il ne nous déplaît pas de voir se perpétuer, sur ce territoire, un geste du moyen âge.

 

***

 

M. Fernand Bournon, que nous étions heureux et fiers de compter parmi nous, est décédé tragiquement le 2 janvier. La perte est cruelle pour le monde archéo­logique, d'un érudit averti et consciencieux, dont les écrits faisaient loi. Sont disparus encore cette année :

M. Rostaing-Valaisa, fils de l'un de nos premiers collaborateurs, MM, le Dr Gachet, Vial, Gaston Méry, Lambart de Colnet et Thibault. Mme Beauchamp eut aussi la douleur de perdre son père, M. Paris, virtuose remarquable qui eut son heure de célébrité. Nous disons au revoir et non adieu à ceux qui franchis­sent avant nous le seuil de l'infini. La vie ne s'arrête pas aux portes du tombeau elle se perpétue sous une forme nouvelle et c'est parce que nous sentons, dans le vent qui passe, le souffle des anciens que nous aimons l'air respiré sur notre colline.

Seul M. Planque est démissionnaire cette année. Par contre, la Société des ar­chitectes diplômés par le Gouvernement nous fait le grand honneur de s'affilier à notre groupe. M. Hyde James a bien voulu se faire recevoir membre perpétuel. Avec lui viennent grossir nos rangs : Mme veuve Louis Périchon et MM Jules Appert, Auguste Ausseraud, Ch. Besson, Maxime Blad, Blaise, Dr Lucien Bonhomme, Félix Bouvier, Alix Bouzonnie, Emile Bretonneau, Félix Cailleaux, Léon

 

 

 

- xxx -

Chabriez, G. Charvet, Léon Deglesne, Léon Dubrujeaud, Léon Gershon, René Gimpel, Lacour, Paul Laurie, Albert May, Jacques Mayer, Edmond Périer, Dr Soalhat, Baron Raoul de Vaux et Eugène Viette. Nous souhaitons à ces chers collègues une cordiale bienvenue, remerciant leurs parrains de les avoir amenés parmi nous et particulièrement notre dévoué président, M. Cortaillod. Il eut fait, sous l'ancien régime, un recruteur émérite.

Comme bibliophile, M. Saffrey reçut les palmes académiques. La médaille d'or décernée à M. Kleinmann, notre premier magistrat, et une mention honorable à M. Antony Meusy, témoignent de leur zèle pour la mutualité. Nos bien sincères félicitations à tous les élus.

Une pensée délicate et charmante émotionnera tous nos concitoyens. M. Georges Lemaire, l'un de nos grands artistes, chargé par le Gouvernement de graver la médaille du Maroc crut, à juste titre, trouver sur notre sol, le modèle noble et gracieux traditionnellement emprunté à la Grèce antique. Le profil choisi est celui de Mlle Fernande Dubois, transfuge de l'Opéra-Comique, créatrice de Xavière et de Ninon de Lenclos. A l'aurore de la nouvelle année des milliers de braves, en récompense de leurs prouesses, recevront et propageront à travers le monde le portrait casqué et lauré d'une jolie Montmartroise.

 

Le Secrétaire général,

EUG. GAIGNETTE.

 

 

Fig. 9

 

 

 

- xxxi -

 

SITUATION FINANCIÈRE

Au 1er DÉCEMBRE 1909

 

 

RECETTES

Solde en caisse au 1er janvier 1909

Subvention (1908)

Cotisations depuis le 1er janvier 1909

Vente de fascicules

 

 

 

 

586.15

«   « 

1.049.45

54.30

 

1.659.90

 

DÉPENSES

Loyer et entretien, étrennes

Eclairage, chauffage, menus frais

Assurances diverses

Aménagement, mobilier

Fournitures de bureau

Publications bulletin mensuel

Publications fascicule trimestriel

Frais de correspondance

Cotisations à la charge de la Société, souscriptions diverses

 

 

 

 

 

 

 

 

80.50

330.45

 

 

 

 

662.75

14.20

mémoire

11.90

10.00

 

410.95

61.10

20.10

 

1.191.00

 

 

Recettes

Dépenses

Solde en caisse

 

 

1.659.90

1.191.00

468.90

 

Le Trésorier,

A. BARBIER.

 

 

 

- xxxii -

 

Liste des Membres de la Société

 

Décembre (1909)

 

 

PRÉSIDENTS HONORAIRES

 

M.          J. C. WIGGISHOFF, , Membre de la Commission du Vieux Paris,

          Ch. SELLIER, O. , conservateur-adjoint du Musée Carnavalet.

 

 

MEMBRES DU COMITÉ 1909

 

MM.   ARTUS.

          BARBIER (A.).

BLONDEL (Paul).

BURGEVIN.

CAPON.

COMPAN, O. .

CORTAILLOD (Ch.).

DE CRAUZAT.

DELARUE, O. .

DELCOURT (Pierre), O. .

DUVAL (Gaston).

FABRE (Gabriel), O. .

GAIGNETTE (Eugène), .

GERSHON (Léon).

HUTPIN (Georges).

LAZARD (Lucien), .

LENSEIGNE (Henri).

LE SENNE (Eugène).

MAREUSE (Edgard), O. .

MAUZIN (Jules), O. .

MONTORGUEIL (Georges), .

MONIN, O. .

Cte O'KELLY DE GALWAY, .

Docteur OLLIVIER, O. .

PERROT (Victor).

PROD’HOMME (J.-G.), O. .

RADIGUER (Louis).

RAULET (Lucien).

SAFFREY (Henri), .

TERNOIS (Auguste).

 

 

MEMBRES DU BUREAU

 

Président :                                                      MM. Ch. CORTAILLOD.

1er Vice-Président :                                                  Eug. LE SENNE.

2e Vice-Président :                                                   J.-G. PROD’HOMME.

Secrétaire-Général :                                                Eug. GAIGNETTE.

Secrétaire-adjoint :                                                  HUTPIN.

Secrétaire de Rédaction :                                         L. RADIGUER.

Archiviste :                                                              O’KELLY DE GALWAY.

Trésorier :                                                                BARBIER.

 

 

 

- xxxiii -

 

SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES

 

SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE PARIS ET DE L'ILE-DE-FRANCE, 8, rue des Petits-Champs.

LA CITÉ, SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE DU IVe ARRONDISSEMENT DE PARIS, place Baudoyer.

COMITÉ D'ÉTUDES HISTORIQUES ET ARCHÉOLOGIQUES DE LA MONTAGNE SAINTE-GENEVIÈVE (Ve ET XIIIe ARRONDISSEMENTS), Mairie du Ve arrondissement.

SOCIÉTÉ HISTORIQUE DU VIe ARRONDISSEMENT DE PARIS, 78, rue Bonaparte.

SOCIÉTÉ D'HISTOIRE ET D'ARCHÉOLOGIE DU VIIe ARRONDISSEMENT DE PARIS, 109, rue Saint-Dominique.

SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE DU VIIIe ARRONDISSEMENT DE PARIS, 11, rue d'Anjou.

SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE D'AUTEUIL-PASSY, Mairie du XVIe arr.

SOCIÉTÉ JULES COUSIN, 29, rue de Sévigné.

LE VEXIN FRANÇAIS, Pontoise.

BIBLIOTHÈQUE DU CONSEIL MUNICIPAL DE PARIS, Hôtel de Ville.

LE TOURING-CLUB DE FRANCE, 65, avenue de la Grande-Armée.

SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT, 59, rue de Grenelle.

INTERMÉDIAIRE DES CHERCHEURS ET CURIEUX, 31 bis, rue Victor-Massé. MONTMARTRE-LA CHAPELLE, 17, boulevard de Rochechouart.

 

 

MEMBRES CORRESPONDANTS

 

MM.  Le Conservateur de la Bibliothèque de l'Arsenal, rue de Sully.

Le Conservateur de la Bibliothèque Mazarine, 23, quai Conti.

Le Conservateur de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, 29, rue de Sévigné.

Le Président de la Commission du Vieux Paris, Hôtel de Ville.

Le Secrétaire de la Commission du Vieux Paris, Hôtel de Ville.

Les Archives de la Seine, 30, quai Henri IV.

L'abbé SOBAUX, curé de Saint-Jean de Montmartre, passage de l'Elysée des Beaux-Arts, 14.

FLOBERT (Paul), secrétaire général de la société le Vieux Papier, 4, rue de Berne.

KLEINMANN (Ed.), , O. , maire du XVIIIe arrondissement, 64, rue de Clignancourt.

CARNAVALET MUSÉE, 23, rue de Sévigné.

 

 

 

- xxxiv -

 

MEMBRES ACTIFS

 

MM.  ADOLPHI, , 47, rue Saint-Ferdinand.

APPERT (Jules), 30, rue Condorcet.

ARNAL (Georges), 1 bis, rue Tardieu.

ARTUS (Maurice), libraire, 2, avenue Trudaine.

AUBRY (H.), 14, rue de Hambourg.

AUSSENARD (Auguste), 48, rue d'Orsel.

BARBIER (Alphonse), 13, rue des Abbesses.

BARGALLO (Ferdinand), 94, rue d'Allemagne.

BARRIER, juge suppléant au tribunal civil, 49, rue de Prony.

BARTHÉLEMY (Victor), 1, rue Polonceau.

Mme BEAUCHAMP (Pauline), 137, rue Lafayette.

BERGE (Jules) avocat, 60, rue de la Victoire.

BERTHIER-TACHE, fabt de briques, 104, boulevard de Clichy.

BERTRAND (Ch.), journ. 45, av. de Neuilly, Neuilly-s/-Seine (Seine).

BERTRAND (Gast.) , publiciste, 14 bis, r. Blanche, Enghien-les-Bains.

BESANÇON, 8, rue Lentonnet.

BESSÉ (Sylvain), 17, boulevard de Rochechouart.

BESSON (Ch.), 47 bis, rue d'Orsel.

Bibliothèque Historique de la Ville de Paris, 29, rue de Sévigné.

BILD (Martin), 4, rue Pétrelle.

BILLET, négociant, 10, boulevard Bonne-Nouvelle.

BIZARD, , 18, rue Houdon.

BLAD (Maxime), entrepr de peinture, 49, rue de Rochechouart.

BLAISE, architecte, 72, rue Damrémont.

BLANCHELOT (Louis), 42, rue du Chevalier de La Barre.

BLONDEL (Paul), 30, rue Fontaine.

Dr BONHOMME (Lucien), 12, rue Fromentin.

BORDEREL, 135, rue de Clignancourt.

BOSSUAT (F.), propriétaire, 2, place du Calvaire.

BOULOC, 29, rue Baudin.

BOUVIER (Félix), percepteur de Clignancourt, 123, rue Mozart.

BOUZONNIE (Alexandre), 9, avenue de la République.

BRÉBANT (Maurice), , 54, rue Rennequin.

BRETONNEAU (Emile), O. , chef de la musique au Théâtre national de l'Odéon, 31, rue Lepic.

BRUAT, 27, rue de Rocroy.

BURGEVIN, ingénieur chimiste, 106, rue de Miromesnil.

CAILLEAUX (Félix), fabricant de tissus, 28, rue Nain, Roubaix.

CAPETTE (Alexandre), propriétaire, Villemomble (Seine).

CAPON (Gaston), 91, rue des Martyrs.

CARILLON, 22, rue Preschez, Saint-Cloud (Seine).

 

 

 

- xxxv -

MM.   CASADESUS (Francis), compositeur de musique, 6, rue Crétet.

          CAZALIÈRES, architecte, 41, boulevard des Capucines.

          CHABRIEZ (Léon), assureur-conseil, 22, rue des Abbesses.

          CHAMPION, libraire, 5, quai Malaquais.

          Dr CHANDEBOIS, O. , 39, rue Vital.

          CHAPON (Léon), artiste graveur, 55, rue du Ruisseau.

          Dr CHARPENTIER, O. , Hospice de la Salpétrière.

CHAVET (Gabriel), président de la Section de Montmartre de la Société Espérantiste de Paris, 59, rue Damrémont.

Docteur COCQUELET, 96, rue de Maubeuge.

COMPAN, O. , artiste-peintre, 7, rue Lallier.

CORNET (Jules), 11, rue de Nanteuil, Reims (Marne).

CORTAILLOD (Charles), 27, rue de Clignancourt.

De CRAUZAT, 4, rue Margueritte.

Docteur DALLY, 340, rue des Pyrénées.

DATTEZ, pharmacien, 17, rue de la Villette.

DEBACQ (Louis), pharmacien, 103, Bd National, Clichy (Seine).

DEBRAY (Auguste), 1, rue Girardon.

Docteur DECOSTER, 34, rue de la Goutte-d'Or.

DECRON (Léopold), architecte, 38, rue de la Chaussée-d'Antin.

DEGLESNE (Léon), 53, boulevard de Strasbourg.

DELARUE (Léon), O. , 4, rue André Gill.

DELCOURT (Pierre), O. , homme de lettres, 4, rue de Moscou.

DENOYELLE (A.), 14, rue Jacques Kablé.

DESCLERCS (C.), 16-18, avenue Rachel.

DOUCET (Jacques), 19, rue Spontini.

Docteur DUBRUEIL, , 139, boulevard Voltaire.

DUBRUJEAUD (Léon), O. , ancien président de la Chambre de commerce de Paris, 4, rue Freycinet.

DUJARDIN (Victor), 115, faubourg Poissonnière.

DUVAL (Gaston), 21, rue de Lisbonne.

ESNAULT (R.), régisseur de journaux, 54, rue des Abbesses.

EUDES (Henri), 3, avenue de la République.

FABRE (Gabriel), , compositeur de musique, 37, rue Fontaine.

FÉLIX, pharmacien, 16, rue Ramey.

Abbé FESCH, 15, Avenue des Peupliers, Villa Montmorency.

FORT (Eloi), 10, place Daumesnil.

FRÉMONT, , Ingénieur civil, 124, rue de Clignancourt.

FRION, 19, rue de Médicis.

GAIGNETTE (Eugène), , 12, rue Sainte-Marie.

GARNOT (G. Saint-Fare), artiste peintre, 79, avenue de Villiers.

GAUCHER (Emile), négociant, place du Trichon, Roubaix (Nord).

GENDRON (Pierre), 29, rue Vaneau.

 

 

 

- xxxvi -

MM.   GEORGE, photographe-éditeur, 71, rue de Clignancourt.

          GERSHON (Léon), journaliste, 38, rue des Martyrs.

          GIMPEL (René), antiquaire, 146, avenue des Champs-Elysées.

          Docteur GIRAUD, 24, boulevard Barbès.

GOUAULT (Georges), O. , négociant (membre perpétuel), 60, rue Saint-Lazare.

GROLLET, vétérinaire, 37, rue Lauriston.

GROS, , entrepreneur de serrurerie, 6, avenue Rachel.

HARTMANN (Georges), O. , , distillateur, 18, rue de l'Arcade, Conflans Charenton (Seine).

HÉRAUD (Henri), entrepreneur de maçonnerie, 142, rue Ordener.

HERBINET (A.), dessinateur, 21, rue Montcalm.

HÉROS (Jean), homme de lettres, 3, rue d'Orchampt.

HEUSCH (Henri), , architecte-vérificateur, 171 bis, rue Championnet.

HUGNY (Ernest), homme de lettres, 16, rue Chappe.

HUTPIN (Georges), instituteur, 27, rue Hermel.

HYDE (James), O. , O. , (membre perpétuel), 18, rue Adolphe Yvon.

ICHAC (Eugène), 39, avenue du Chemin de fer, Rueil (Seine-et-Oise).

JARLET (Louis), artiste dramatique, 30, rue d'Orsel.

JARRY (Paul), membre de la Société de l’Histoire de Paris et de l'Ile-de-France, 62, rue Blanche.

JOUGLAS (Henri), 3, Cité Trévise.

LABAT, avoué, 63, rue Taitbout.

LACOMBE (Paul), membre de la Société de l'Histoire de Paris et de l'Ile-de-France, 5, rue de Moscou.

LACROIX (Désiré), ex-Bibliothécaire de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, 34, avenue Laumière.

LACOSTE, entrepreneur, 7, rue Briquet.

LACOUR, 22, boulevard Barbès.

LAURENTIE (Joseph), avocat, 14, rue du Regard.

LAURIE (Paul), 8 bis, Cité Trévise.

LAZARD (Lucien), , archiviste-paléographe, 49, r. de Rochechouart.

LECHEVALIER, libraire, 16, rue de Savoie.

LEFEBVRE (Gaston), 47, rue de Paradis.

LEFEBVRE (Saint-Maur), publiciste, 3, rue de Steinkerque.

LEFORT, 16, rue des Roses.

LE GARREC, 111 bis, rue Championnet.

LEGRAND, chef des bureaux, Mairie du 2e Arr., 2, rue de la Banque.

LEMAIRE (Georges), , O. , artiste graveur, 22, rue Tourlaque.

Mlle LE MESLE (Renée), 58, rue Lepic.

LEMOINE (Achille), 10, rue Frochot.

LEMOINE, , archiviste-paléographe, 98, rue Demours.

LENSEIGNE (Henri), 22, rue de Tocqueville.

 

 

 

- xxxvii -

MM.  LEROY, négociant, 35, boulevard Barbès.

LE SENNE (Eugène), 73, boulevard Haussmann.

LESTRADE, , , 5, rue Geoffroy-Marie.

LIURETTE (André), 155, faubourg Saint-Denis.

LUCET, directeur d'usine, 16, rue Bachaumont

MAES (L.), photographe, chimiste, 53, boulevard de Rochechouart.

MAGNIER (Achille), 19, rue de Trétaigne.

MAILLOT (Henri), négociant, 10, rue Crevaux.

Dr MANGIN (Georges), 3, rue Andrieux.

MANGIN (Léon), juge au tribunal civil, 3, rue Andrieux.

Abbé MARCADÉ (Albert), vicaire de Saint-Jean de Montmartre, 89, rue des Martyrs.

MARCHAL, (membre perpétuel), 49, rue Labat.

MARÉCHAL (Paul), , artiste peintre, 24, rue La Bruyère.

MAREUSE (Edgard), O. , membre de la commission du Vieux-Paris, 81, boulevard Haussmann.

MARTEL (Toussaint), journaliste, 60, rue Lepic.

MARTIN (Maurice), négociant, 34, rue Werlé, Reims.

DE MATHAN (Raoul), artiste peintre, 16, rue d'Orchampt.

MAUGAT (Charles), 32, rue des Jeûneurs.

MAUZIN (Jules), O. , secrétaire du Bureau de bienfaisance, Mairie du XVIIIe arrondissement, place Jules Joffrin.

MAY (Albert), 14, rue de Rome.

MAYER (Fernand), 64, rue Claude-Vellefaux.

MAYER (Jacques), publiciste, 9, rue Théodule Ribot.

MEDRANO, 72 ter, rue des Martyrs.

MEUSY (Antony), , chef d'institution, 15, rue du Monument, Champigny (Seine).

MIGUET (E.), 1, boulevard Henri IV.

MONIN, O. , professeur, 2, rue Alfred Stevens.

MONTORGUEIL (Georges), , journaliste, 31 bis, rue Victor Massé.

MORIN (Alexis), 33 bis, boulevard de Clichy.

MORIN (Jean), , 33 bis, boulevard de Clichy.

MOUSSET (Albert), 3, rue Eugénie, Saint-Mandé (Seine).

MUNIER (P-J), , 16, rue de La Tour-d'Auvergne.

NAILLON (Fernand), ancien avoué, Maroilles (Nord).

NOGUÈRE, 38, avenue de Wagram.

NOZET-SOULANGES, 45, rue de Saint-Pétersbourg.

OBJOIS, 27, rue des Dames,

OLLIVIER (Docteur G.), O. , 30, rue Hermel.

Comte O'KELLY DE GALWAY, , archiviste, 8, rue Ménessier.

PAGÈS (Victor), 87, avenue de Villiers.

Abbé PATUREAU, curé de Saint-Pierre de Montmartre, 123, rue Caulaincourt.

 

 

 

- xxxviii -

PÉRICHON (Mme Veuve Louis), 1, rue Ramey.

MM.  PERRET (Louis), 16, rue Félix Ziem.

PERRIER (Edmond), pharmacien, 17 bis, Bd de Rochechouart.

PERROT (Victor), avocat, 21, rue Drouot.

PETEL, 46, rue Custine.

PINEAU (Edouard), clerc de notaire, 58, avenue de Clichy.

PLUCHE, notaire, 33, rue de La Chapelle.

POËTE (Marcel), O. , Conservateur de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, 29, rue de Sévigné.

PORNIN (Louis), , ingénieur civil, 20, rue Gérando.

POTIN (Emile), O. , , Secrétaire général de la Société historique et archéologique d'Auteuil-Passy, 25, rue Michel-Ange.

PROD'HOMME (J. G.), O. , homme de lettres, 9, rue Lauriston.

PROU (Henri), 8, rue Say.

De QUELLERN (Lucien), , homme de lettres, 89, Bd Beaumarchais.

RADIGUER (Louis), docteur en droit, 40, rue de Bruxelles.

RANGLARET, 16, rue des Roses.

RAULET (Lucien), Bibliothécaire honoraire de la Société de Géographie commerciale de Paris, 9, rue des Dames.

RAYNAL (E.), négociant, 66, rue d'Hauteville.

RENAUD, pharmacien, 38, rue Ramey.

RENAUD (Léon), entrepreneur de maçonnerie, 174, rue Championnet.

ROBERT, 241, faubourg Saint-Martin.

SAFFREY (Henri), , 4, place des Batignolles.

SAGNY, (A.), 26, rue Hermel.

SELLIER (Charles), O. , architecte, Conservateur adjoint au Musée Carnavalet, 5, rue Saint-Louis-en-l'Isle.

DE SERÉ (Pierre), 33, rue Lafayette.

SOALHAT (Docteur), 49, boulevard de Clichy.

TAILLEFER, instituteur, 61, faubourg Saint-Martin.

TEISSÈDRE, , 20, place de La Chapelle.

TENÉO, 10, rue Vital.

TERNOIS (Auguste), 110, rue Ordener.

DE TRÉTAIGNE (Baron Michel), , Conseiller général de l'Aisne, 12, rue de Condé, Château de Festieux (Aisne).

TULEU (Charles), , négociant, 61, Faubourg Saint-Martin.

TUMBEUF (A.), trésorier de la Société le Vieux Papier, 10, avenue Malvezin, Bécon-les-Bruyères (Seine).

DE VAUX (Baron Raoul), 39, rue Gabrielle.

VERNET (Marcel), , 10, rue d'Offémont.

VIAL (Mme veuve), 5, rue Suger.

VICHY, 41, rue des Jeûneurs.

VIETTE (Eugène), propriétaire, 145, boulevard de Magenta,

 

 

 

- xxxix -­

MM.   VORIOT (Mme Vve), encadreur, 23, rue de Clignancourt.

VUAFLART (Albert), 16, rue Spontini.

WAGNER (Eugène), pianiste-répétiteur aux Concerts Colonne, 72, rue de Rochechouart.

WATEBLED (Marcel), villa Yvette, 31, rue du Ranelagh.

WIGGISHOFF (J.-C.),  membre de la Commission du Vieux-Paris, 153, rue Marcadet.

WILLETTE, , artiste peintre, 28 rue Lacroix.

 

 

Fig. 10

 

 

 

Bergerac. - Imp. Générale du Sud-Ouest (J. CASTANET)

PLACE DES DEUX-CONILS

 

 

 

AVIS TRÈS IMPORTANT. - Le local de la Société est ouvert tous les vendredis sans exception à partir de 9 heures du soir.

Le MUSÉE est ouvert le 1er dimanche de chaque mois, de 2 à 4 h.

 

Publication de la Société « Le Vieux Montmartre »

 

MONTMARTRE,

 

MÉMOIRE DE F. DE GUILHERMY,

 

publié intégralement pour la première fois par les
soins de la Société Le Vieux Montmartre.

Avec un Portrait de l'Auteur

 

Ce Mémoire, dont une partie seulement a été insérée dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, n'avait pu être imprimé par son auteur. Il offre un très grand intérêt pour l'histoire de Paris en général et, en particulier, pour celle des IXe et XVIIIe arrondissements.

 

 

PRIX DU VOLUME :

Sur papier ordinaire .......................................... 5 Francs

Sur papier de Hollande Van Gelder (épuisé).… 10 Francs

 

En vente au VIEUX MONTMARTRE

42, Rue d'Orsel, PARIS-XVIIIe.

 

 

 

Bergerac. - Imprimerie Générale du Sud-Ouest (J. CASTANET) place des Deux-Conils