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BULLETIN

DE LA

SOCIÉTÉ D’HISTOIRE ET D’ARCHÉOLOGIE

DES IXe ET XVIIIe ARRONDISSEMENTS

 

LE

« VIEUX MONTMARTRE »

 

(Autorisé par arrêté préfectoral du 26 août 1886)

 

REVUE TRIMESTRIELLE DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ

 

***

 

61e et 62e FASCICULES – JUILLET / DÉCEMBRE 1908

 

***

 

PARIS

COMITÉ DE PUBLICATION

AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ

42, rue d’Orsel

1908

 

 

 

LE VIEUX MONTMARTRE

Société d'Histoire et d'Archéologie des IXe et XVIIIe Arrondissements

 

 

SOMMAIRE DES 61e ET 62e FASCICULES (3e et 4e TRIMESTRES 1908) :

 

Il y a cent ans, H. VIAL.

Du premier livre imprimé où il est question de Montmartre, Eug. LE SENNE.

Un drame à Montmartre en 1847, J.-C. WIGGISHOFF.

Fouilles faites à Montmartre en 1737-1738, Louis RADIGUER.

Le Vieux Montmartre à la Commission municipale du Vieux Paris.

Nécrologie.

Bibliographie.

Actes de la Société : Rapport de M. Gaignette. - Liste des Membres.

GRAVURES HORS TEXTE : Le champ du repos. – Fig. I : Pyramide, ordinairement appelée La Mire ; rue du Ruisseau. – Fig. II : Plan des ruines de Montmartre. – Fig. III : Vue des Ruines. – Fig. IV : Bronze trouvé à Montmartre. – Fac-similé du parchemin trouvé dans un pilier de l’Eglise Saint-Pierre.

 

 

MEMBRES DU BUREAU

Président                                                   MM.  Ch. CORTAILLOD.

1er Vice-Président                                               LE SENNE.

2e Vice-Président                                                J.-G. PROD'HOMME, O.

Secrétaire général                                               Eug. GAIGNETTE, .

Secrétaire adjoint                                               HUTPIN.

Secrétaire de rédaction                                       L. RADIGUER.

Archiviste                                                            O' KELLY DE GALWAY, .

Trésorier                                                             BARBIER.

 

COMITÉ

Présidents honoraires : MM. J.-C. WIGGISHOFF, , Ch. SELLIER.

Membres : MM. M. ARTUS, BARBIER, BLONDEL, BURGEVIN, CAPON, CAZALIÈRES, COMPAN, Ch. CORTAILLOD, DE CRAUZAT, DELARUE, Pierre DELCOURT, Gaston DUVAL, Gabriel FABRE, Eugène GAIGNETTE, Georges HUTPIN, Lucien LAZARD, Henri LENSEIGNE, LE SENNE, MAREUSE, Jules MAUZIN, Georges MONTORGUEIL, MONIN, O'KELLY DE GALWAY, Dr OLLIVIER, PERROT, J.-G. PROD'HOMME, L. RADIGUER, Henri SAFFREY, TERNOIS.

 

Les Séances du Comité ont lieu régulièrement le 1er vendredi de chaque mois, à 8 h. 1/2 du soir, dans le local de la Société, 42, rue d'Orsel.

Ces séances sont ouvertes à tous les membres de la Société.

 

Toutes les communications, demandes d'adhésion, d'achats de photographie ou de Bulletins, doivent être adressées au Président de la Société, 42, rue d'Orsel.

 

Les membres de la Société n'ont droit à l'envoi gratuit du Bulletin qu'à partir du jour de leur admission.

 

Prix du fascicule simple.............................................................................. 1 fr. 50

Prix des fascicules 53-54, 55-56 et 57-58, 59-60, 61-62.......................... 3 fr.

Les Fascicules 1, 3, 5, 6, 8, 9, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 19 et 45 sont épuisés.

 

AVIS TRÈS IMPORTANT. - Le local de la Société, est ouvert tous les Vendredis sans exception, à partir de 9 heures du soir.

 

 

 

Fig. 1

 

LE CHAMP DU REPOS

 

 

 

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Il y a cent Ans

 

Un Voyage pittoresque et Sentimental au Champ
du Repos
sous Montmartre en 1808

 

 

En 1808, un curieux qui nous a laissé sa relation, sous la forme d'un petit livre (1), écrivit un voyage au cimetière Mont­martre, connu sous le nom de cimetière du Nord. Son récit, d'une phraséologie ampoulée qui caractérise certaines produc­tions de l'époque, contient une description de cette nécropole et le dénombrement des premières sépultures qui y furent faites. L'auteur a orné son livre d'une mauvaise gravure reproduite ci-contre ; on y voit le « Champ du Repos » dominé par la butte avec ses moulins traditionnels. Un convoi funèbre, précédé d'un ordonnateur, ceint d'une écharpe, se dirige vers le fond. Le sentimental artiste n'a pas omis de représenter le chien fidèle qui ne veut pas quitter la tombe de son maître. A titre documentaire cette gravure méritait d'être reproduite, malgré son peu de mérite artistique.

Antoine Caillot, auteur de ce livre et de l'Encyclopédie des jeunes Demoiselles, ainsi que des Nouvelles leçons élémentaires de l'Histoire de France, après une invocation « aux vivants », retrace en ces termes son voyage chez les morts :

« Je suivis un mauvais chemin montueux et dégradé par les torrents qui se précipitent du plateau qui s'étend le long des murs du superbe Mousseau, quand sa vaste superficie est inon­dée par les orages. Parvenu à cette plaine dont l'uniformité intéresse peu le promeneur mélancolique, je me hâtai de la traverser pour arriver à la barrière.

 

(1) Voyage pittoresque et sentimental au Champ du Repos sous Montmartre et à la maison de campagne du Père-Lachaise à Montlouis, par Antoine Caillot, in-8°, Paris, Hénée, impr., 1808, orné d'une gravure sans nom d'auteur.

 

 

 

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« Ce fut là que l'aspect de Montmartre, cette montagne anti­que et vénérable, attira mes regards et captiva ma pensée. Ces moulins à vent, ces maisons, ces jardins suspendus sur des précipices, en un mot, cette masse pittoresque où la nature lutte sans cesse contre le bras destructeur de l'homme, firent sur moi une impression de tristesse qui devint plus vive quand je me rappelai qu'auprès de ces carrières, vains débris de la colline, on voyait aussi les ruines de cet abbaye célèbre où des filles de rois et de grands de la terre allaient se livrer, dans une retraite perpétuelle, à la pratique des plus hautes vertus, après avoir renoncé à toutes les grandeurs, privilèges de leur nais­sance.

« Que sont-elles devenues ces chastes colombes qui, naguères, chantaient des hymnes à l'Eternel, quand les enfants du siècle faisaient entendre dans la capitale de la France, ou les chansons du crime, ou les airs meurtriers de la vengeance ? »

Ici, un couplet dithyrambique sur les vertus de la dernière abbesse dont nous faisons grâce au lecteur, malgré son début pompeux : « O vertueuse et illustre Montmorency » ; le brave Caillot décrit ensuite très exactement la topographie du cimetière.

« Sur le penchant de Montmartre à l'ouest, et à une petite distance des nouveaux boulevards, est un vaste terrain, enclos depuis quelques années d'une muraille de pizé. On le nomme le Champ du Repos parce que c'est dans son enceinte que l'homme qui a payé à la nature son dernier impôt, jouit enfin de la paix et de la tranquillité. » Il faut encore lâcher Caillot, qui persévère sur ce ton pendant deux pages ; il déplore le voisi­nage des guinguettes de la barrière et de la Chaussée d'Antin « où les modernes Laïs spéculent sur l'inexpérience de la jeu­nesse et sur les goûts dépravés de l'âge mûr. »

Les guinguettes toutefois, se tiennent à distance respectueuse, sauf une seule qui semble braver le voisinage funèbre ; il est vrai que cette maison, « quoique dédiée au dieu du vin, n'attire pas les enfants de la joie », tout dans ce cabaret respire la tris­tesse, et la patronne elle-même, autrefois jolie, est considéra­blement décatie, ses enfants sont lugubres ; espérons qu'elle avait au moins la clientèle des croque-morts ?

 

 

 

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L'écrivain remarque aussi l'air navré des employés du fisc préposés aux barrières voisines ; et, ne s'arrêtant pas en si beau chemin, il ne nous fait grâce d'aucun portrait mélancolique : « Quel philosophe eut jamais une démarche et une physionomie plus empreinte de gravité que ce Magistrat du trépas, qui, comme un autre Mercure, précède les convois, et d'un coup de sa baguette d'ébène, avertit le fossoyeur et lui commande d'ou­vrir le champ funèbre. »

« Les tristes et silencieux porteurs, personnages toujours en deuil que l'on ne voit jamais sourire, si ce n'est lorsqu'une meur­trière épidémie leur offre la perspective du bonheur dans le désespoir des familles. » Les croque-morts d'autrefois sont peints à la manière noire, bien différents de ceux que notre Willette, le Watteau du Vieux-Montmartre, nous a montrés, dans une gracieuse composition, trinquant joyeusement avec la veuve Colombine au retour des obsèques du pauvre Pierrot. Il serait fastidieux de suivre le narrateur dans ses filandreuses périphrases : adjurant la jeunesse, flagellant le vice, conspuant la Chaussée d'Antin, il constate avec douleur et surprise que la mort fauche surtout les habitants de ce quartier à la fleur de l'âge et, dans une autre partie de son livre, il va montrer un exemple bien frappant, propre à faire méditer.

L'auteur, ayant visité une autre nécropole parisienne ouverte à l'est de la Capitale, le fameux Montlouis, remarque que, contrairement à ce qui se passe à Montmartre, toutes les sépultures sont celles de grands vieillards quasi-centenaires ; conclusion : le vertueux Marais et le non moins vertueux faubourg Saint-Antoine sont habités par des gens sérieux, calmes, aux mœurs pures. Bien différents d'habitudes, les fêtards de la Chaussée d'Antin qui se couchent, quand les gens du Marais se lèvent, vivent moins vieux ; les bons dîners, les bals, les théâtres, voilà ce qui décime l'ouest de Paris ! « Quel contraste ces tom­beaux m'offrirent avec ceux du Champ sous Montmartre, dont la grande majorité ne rappelle que des époux, des épouses, des jeunes filles moissonnés à l'entrée de leur carrière ! comment expliquer ce phénomène. » Perplexe, l'auteur se demande si l'air est plus pur d'un côté que de l'autre ; puis il passe en revue les différentes causes de mortalité, enfin, il éclate : « Ah !

 

 

 

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n'en doutez point, c'est à l'usage des aliments les plus échauf­fants et les plus délicats, de ces liqueurs aussi dangereuses pour tous les tempéraments, qu'elles sont flatteuses pour tous les goûts c'est à cette fureur pour tous les spectacles, pour les fêtes, pour les promenades nocturnes qui fait braver à un si grand nombre de gens les lois de la nature, les conseils de la sagesse et les menaces d'Hygie ; c'est à ces modes enfin, fruits de l'intérêt, du caprice, de l'imprudence et de la vanité que le Champ du Repos doit sa jeune population. »

De ces observations, de ces remarques, si judicieuses et si profondes, j'en passe et des meilleures, mais je crois que le lecteur m'en saura gré.

Nous ne suivrons donc pas le bon Caillot partout, car il va passer la nuit dans la nécropole pour avoir l'occasion d'y rencon­trer, comme par hasard, le spectre de l'athéisme qui, justement, prenait l'air à Montmartre ce soir là. Lorsque Caillot aura écrasé ce fantôme sous quelques bons arguments, nous pour­rons relever quelques inscriptions avec notre guide, vainqueur de monstre.

Voici le mausolée de la famille Larmoyer, heureusement notre homme ne profite pas de l'occasion pour perpétrer un horrible calembour, son genre d'esprit s'y oppose.

Il signale M. Mounier, Conseiller d'Etat, et tout à côté un sieur Adanson ; devant cette sépulture, Caillot se demande s'il s'agit du fameux naturaliste ? C'est ensuite Barthélemy-Pierre Lecoulteux, de Rouen, mort à Paris, le 16 septembre 1805, à l'âge de trente-sept ans ; les familles Julien et Chaulot ; sur une colonne tronquée sont inscrits les noms de Marie-Philippe-Claude Dunkel, épouse de M. A. L. Delessert, née le 30 juin 1780, mariée le 3 juin 1805, morte le 4 septembre 1805. La tombe de Marie-Adélaide-Yacinthe Berthaumt, née à Paris, le 25 mars 1790 et décédée le 5 juillet 1805, est auprès du marbre blanc sur lequel est sculptée une couronne de roses ; il recouvre les restes de Louise-Eléonore-Victoire Crublier de Saint-Ciran, née le 22 décembre 1787, décédée le 31 mars 1805. A. L. H. Adolphe de Bazin, âgé de dix-sept ans ; Georges-René Pléville Le Pelley, né à Granville, en 1726, le 26 du mois de juin, mort à Paris, le 10 vendémiaire an XIV, âgé de quatre-vingts ans. Sur la tombe

 

 

 

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de ce dernier, on lit une grande inscription latine qui rappelle les vertus du défunt et son amour de la patrie ; il y est dit que Pléville Le Pelley eut la jambe droite emportée par un boulet, qu'il parcourait les mers en lançant les foudres de la guerre, que les Anglais le redoutaient et qu'enfin le Sénat français l'écoutait comme un autre Nestor. Ce ministre de la marine, qui mourut à quatre-vingt ans, méritait d'être enterré à Montlouis.

Antoine-Claude-Victoire Dubœuf, âgé de 34 ans ;

Henriette-Félicité Bélorgey, âgée de 19 ans ;

Louise-Fanny de Pontalba, âgée de 23 ans ;

Françoise-Geneviève Varnier, âgée de 42 ans.

Voici ensuite recouverte de feuillage, la tombe du peintre Greuze et, non loin de là, son confrère Fragonard repose dans l'éternité.

On devine ce que tout cela fait raconter à l'auteur du livre. Un général de division ; d'artillerie, gisant tout auprès de là, attire ses regards.; il en profite pour fulminer un peu contre le bronze meurtrier et se venge en nous cachant le nom de ce vaillant militaire !

Même courroux devant la tombe de Delaterre, philosophe, qui attrape une sérieuse mercuriale.

Anne-Louise Le Cœur, âgée de vingt-trois ans, opère une heureuse diversion ; puis Madame Zéphirine De Méat, âgée de vingt et un ans.

 

Pleurez, enfans soumis ; pleurez femmes fidèles :

Amies, mères, sœurs, pleurez ; de vos vertus,

La mort a d'un seul coup détruit tous les modèles ;

Zéphirine n'existe plus.

 

Elisabeth-Eulalie Durand, âgée de quatorze ans ;

Marie-Thierri Lebel, veuve Delisle ; avec une épitaphe en vers composée par son fils :

 

Son fils, en le perdant, perd sa félicité ;

Il ne lui reste que son exemple à suivre

Ce modèle accompli de vertus, d'équité

Ne paya qu'en cessant de vivre,

Son tribut à l'humanité.

 

 

 

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Sans doute un homonyme de l'académicien?

Entre temps, Caillot invoque la lune pour pouvoir finir son voyage avant la fin de la nuit, car cet auteur, vraiment extraordinaire, est noctambule comme Restif de la Bretonne ; il a découvert la sépulture très sculptée, de Mlle Muraire, épouse de M. De Caze, morte à l'âge de seize ans, après six mois de mariage.

« Au-dessous du tombeau, contre une pyramide, est assis un génie de marbre blanc qui, de la main, droite tient un flambeau renversé et de la gauche un linge (sic) avec lequel il essuie ses larmes. »

Notre homme arrive dans une partie du cimetière qu'il appelle le vallon, il fait jour paraît-il, et c'est vraiment la lune qui nous éclairait jusqu'à présent ; ce bizarre écrivain, qui choisissait la nuit pour se promener dans le cimetière de l'Ouest, se ferait bien vite coffrer aujourd'hui avec ses façons d'agir; il faut croire qu'on était plus tolérant, il y a cent ans. Il sort du cimetière avec la ferme résolution de revenir le len­demain pour achever, dit-il, son voyage et ses observations.

Il revient en effet le lendemain, mais pendant le jour, « avec cette différence que je n'avais pas besoin de m'étendre sur les pierres sépulcrales et d'en approcher de trop près pour en déchiffrer les inscriptions. »

« Quelle est cette tombe élevée au-dessus de toutes celles qui l'environnent, et cette pierre sépulcrale qui s'élève au-dessus de cette tombe ? je m'approche et je lis : Ici repose Adrienne Chameroy, décédée le 23 vendémiaire an XI, à l'âge de vingt-trois ans. »

Caillot pleure encore une fois, cite l'épitaphe versifiée, et continue par la sépulture adossée à la muraille du Nord : Thomine Mars, épouse de J.-B. Bacoffe, décédée à Paris, à l'âge de dix-neuf ans.

A l'entrée du vallon, sous une pierre de petite dimension, reposent les restes de Mme veuve Croizet, l'inscription dit que ce monument fut érigé par les soins de Mlle Volnais, de la Comédie-Française :

 

 

 

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[Aux mânes de]       Celle qui dort ici, dès ma première aurore,

                                      Me combla de ses soins, de ses tendres secours ;

                                      Quand je serai, comme elle, au terme de mes jours,

                                      Mes yeux, en se fermant, la pleureront encore.

 

Antoinette-Prudent Pujolle, femme Swebach, arrache à l'auteur une larme furtive.

Le voici près d'une enceinte formée par une balustrade, là s'élève un tombeau ombragé de cyprès et d'un saule pleureur ; ces arbustes funèbres couvrent en partie la pierre tombale de Mme de Comps, épouse d'un secrétaire d'ambassade, sur cette pierre est gravée une fort touchante élégie qui charme Caillot et le fait vibrer à l'unisson. Marie-Anne Lepage, veuve Duboccage, née à Rouen, le 10 novembre 1710, morte à Paris, le 21 thermidor an X (9 août 1802), (quatre-vingt-douze ans) ajoute notre guide, sans s'apercevoir que cette dame n'est pas ici à sa vraie place :

 

                                      On l'admira pour ses talents,

                                      On l'aima pour ses vertus.

 

J'aurais ajouté, dit encore Caillot, sempiternel commenta­teur : « Le Paradis reconquis et la Colombiade, l'ont placée parmi les poètes distingués du XVIIIe siècle. »

La piété filiale de M. Guillois éleva en cet endroit une urne immense en souvenir de sa mère. « Ci-gît : L.-H.-J. Thomas, ex-vicomte (sic) de la Tour-Dupin, ancien officier général, âgé de soixante-dix ans, » dont l'épitaphe est due à l'académicien Delille, le vrai cette fois.

 

Mme Honorine Lejeans, épouse du général de division Maurice Mathieu, née à Marseille, le 12 décembre 1782 :

 

                                      Modèle des épouses et des mères,

                                      Une mort inattendue et prématurée

                                      L'a enlevée le 16 février 1806,

                                      A son mari, à son fils, à sa famille éplorée.

 

Dans un monument, surmonté d'une statue de la Douleur, sont les cendres de Françoise-Georgette Bunel, femme de M. Perdonnet, agent de change, morte à vingt-trois ans.

 

 

 

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« Ce n'est pas une seule larme, dit l'incorrigible auteur, mais des torrents que nous avons à verser sur ces tombeaux. »

La sensibilité de l'écrivain mise à une telle épreuve trouve moyen de se manifester abondamment dans les pages 107 et 108 de son opuscule ; Caillot termine par une apostrophe viru­lente contre la Faculté et ses suppôts. Les Charlatans de la médecine passent ici un très vilain moment.

Enfin, voici notre guide au bout de sa carrière, il réserve pour la péroraison la cénotaphe de Jean-François Saint-Lambert, né l'an 1716, le 16 décembre.

Le chantre des Saisons, mort le 9 février 1803, trouve un sincère admirateur qui rappelle à la postérité : « que celle qui fut cinquante ans l'amie du poète fit mettre une pierre sur son tombeau. » Comme il s'apprête à sortir du vallon, l'intrépide voyageur dirige ses pas vers l'enfoncement à gauche, en entrant dans le cimetière. Il dit : « Tout ce terrain, aujourd'hui recou­vert d'épaisse verdure, recèle les dépouilles de plusieurs mil­liers de victimes de la mort, ô ma chère Valentine Varency ! c'est là que je vis, il y a quatre ans, descendre ton cercueil qui devait rendre à la terre ta rare beauté que tout le monde admi­rait et que toi seule paraissait ignorer. »

Ici Caillot s'abîme dans ses méditations douloureuses, puis finit la première partie de son livre sans nous faire connaître davantage la mystérieuse Valentine Varency.

La seconde promenade est consacrée au cimetière du Père-Lachaise, l'auteur y verse autant de larmes qu'au Champ du Repos, mais cela n'offre aucun intérêt pour le Bulletin du Vieux-Montmartre.

 

H. VIAL.

 

 

 

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Du premier Livre imprimé

OU IL EST QUESTION DE MONTMARTRE

 

 

C'est surtout en matière de bibliographie que les erreurs et les omissions sont fréquentes. J'en suis un nouvel exemple, car dans mon Essai de Bibliographie de Montmartre avant 1800 j'avais avancé, après M. Gaston Duval, que le plus ancien livre imprimé où il fut question de Montmartre était le Quadragési­mal spirituel de 1521. Or, il existe à la Bibliothèque de l'Ar­senal, celle même à laquelle était attaché M. Gaston Duval qui ne l'a pas relevé, un petit in-4° gothique qui, d'après Brunet qui le cite (Manuel T. I, colonne 1865) aurait été imprimé à Paris à la fin du XVe siècle. Il a pour titre : La Cronique Saint Denis Pasteur de France, et contient 52 feuillets non chiffrés, le texte tout entier en Français. La reliure est en veau estampé aux armes de Louis XII, Roi de France, auquel il a appartenu. Une reproduction de cette reliure a été donnée par Guigard dans son Armorial du Bibliophile (éd. de 1870 p. 9). Il est coté à la Bi­bliothèque de l'Arsenal (Hist. 5056. Vitrine I de Livres exposés).

Voici maintenant le passage relatif à Montmartre, au feuillet e i : « Ces glorieux amis de Dieu souffrirent leur martire en une montaigne qui est près de Paris, laquelle alors avait nom montmercure, pour ce que les francoys y adoroient icelluy Dieu principalement. Mais par après eut nom Montmartre, pour l'amour et pour la grâce du martire que ces saints y souffrirent. Cetteluy martire fut fait le IXe jour d'octobre : après l'incarnacion notre seigneur jésucrist quatre vingts seize ans, après la passion soixante quatre ans. »

 

EUG. LE SENNE.

 

 

 

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Un Drame à Montmartre

EN 1847

 

 

Le 7 mars 1847, le maire de la commune de Montmartre rece­vait les deux lettres qui suivent :

 

Montmartre, le 6 mars 1847.

Monsieur le Maire,

De vifs chagrins et la perte totale de ma fortune dans un âge avancé, me fait prendre la détermination pénible, mais nécessaire, de quitter un monde où je suis de trop. Ma fille qui, jusqu'à ce jour, ne m'a jamais quittée, partage ce dessein, et je m'adresse à vous pour faire accomplir notre dernière volonté qui est d'être ensevelies dans l'état où nous serons, et sans rien y changer. On trouvera près de nous le linge nécessaire. Nous demandons, de plus, si la chose est possible d'être enterrées dans la même fosse. Je vous demande, en grâce, Monsieur, de faire veiller à ce que ce désir suprême soit exécuté, et vous prie d'agréer, Monsieur, l'assu­rance de ma considération.

Augustine-Louise-Renée-Françoise de Launay de Villemessant, âgée de soixante-cinq ans.

 

 

Montmartre, le 6 mars 1847,

Monsieur le Maire,

Je ne fais que vous réitérer la prière que vous a adressée ma mère, c'est-à-dire, vous demander d'être enterrée dans la même fosse et ensevelie dans l'état où je serai trouvée.

Excepté le terme échu et celui qui court, que je dois au propriétaire de la maison que nous habitons, et, 23 ou 24 francs à M. Codécheon, marchand boucher à Montmartre, je ne dois rien en cette commune. Les meubles qui garnissent l'appartement, appartiennent à M. de Villemessant, mon frère, rue Larochefoucault, 22 bis. C'est à lui qu'ils doivent retourner, quand ces deux créances seront acquittées. Soyez assez bon, Monsieur, pour avoir égard à notre requête, et ne pas séparer, après la mort, deux personnes qui ont été toujours réunies dans leur vie.

J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble servante.

Isoline DE LAUNAY DE VILLEMESSANT.

 

 

 

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De la lecture de ces lettres, il semble bien résulter que la mort volontaire des deux désespérées est due à deux causes : La première, au préjugé qui rendait leur nom incompatible avec une occupation mercenaire et qu'il les eut, peut-être même empê­ché de trouver ; la seconde, dans le peu d'aide que leur apportait leur fils et leur frère, dont la seule mention est faite par la fille, à propos des meubles garnissant leur logement et du règle­ment de leur faible dette.

A cette époque, le futur rénovateur du Figaro, H. de Villemessant était à Paris depuis huit ans. Né à Rouen, en 1812, marié à Blois, pays de sa mère, il avait exercé dans cette ville un com­merce de rubans, qui explique ses débuts à Paris, dans les journaux de modes et de réclames commerciales. Il avait fondé le journal La Sylphide et affermé, sous le nom de Louise de Saint-Loup, qui était celui de sa grand'mère, le feuilleton de modes du journal La Presse.

Il a bien cherché à se justifier de la fin tragique de sa mère et de sa sœur, en disant qu'au moment de leur suicide, il était, enfermé, pour dettes, à la prison de la rue de Clichy ; ce qui peut être vrai, car il avait pu obtenir les quelques heures de liberté nécessaires pour la déclaration et l'inhumation.

Cette inhumation, d'ailleurs, ne tarda pas ; les deux femmes, mortes dans la nuit du 6 mars, furent enterrées le 7 dans la fosse commune du petit cimetière de la commune, qui existe encore dans la rue Saint-Vincent.

Les recherches, que nous avons faites, n'ont pu nous rensei­gner sur le genre de mort auquel avaient succombé les dames de Villemessant. En 1847, le reportage des journaux n'était pas encore inventé, puis, il est probable que Villemessant obtint, de ses confrères, le silence sur cette affaire sur laquelle les grands journaux de l'époque sont muets.

Il en aurait été de même sur le lieu de ce tragique événement. Les actes d'état civil ayant été anéantis dans les incendies de 1871, et, aucun des membres de la famille ne les ayant fait reconstituer, c'est dans la riche collection documentaire, léguée par un curieux érudit, M. Parent de Rozan, à la mairie du XVIe arrondissement de Paris, qu'il nous a été donné de copier les extraits qui suivent :

 

 

 

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« 1847. 7 mars, vers 2 h. du matin. Décès, rue des Acacias, 12, d'Isoline de Launay de Villemessant, 37 ans, née à Varsovie, de Jean-Hippolyte Cartier de Villemessant, et de Laure-Augustine de Launay de Villemessant. Déclarant : son frère, Jean-Hippolyte de Launay de Villemessant, 34 ans, homme de lettres, rue La Rochefoucault, 22 bis.

« Même jour, même heure, ibidem.

« Décès de Louise-Augustine de Launay de Villemessant, 59 ans, née à Blois, veuve de J.-H. Cartier de Villemessant, fille de Claude-Louis de Launay et de Louise-Renée, Hurault de Saint-Denis. Déclarant : Jean Hippolyte, son fils. »

 

Dans les extraits des actes que nous venons de citer, on remarque certaines anomalies, qui pourraient être des erreurs de transcription, mais qui semblent bien avoir une toute autre cause.

Tout d'abord, le déclarant dit que sa mère est née de Villemessant, ce qui est exact, mais il ajoute qu'elle est veuve de Cartier, aussi de Villemessant, alors que son père, le colonel Cartier, ne semble avoir aucun droit à ce nom de Villemessant ; d'autre part, sa mère, dans sa lettre au maire, ne se dit nulle­ment veuve, probablement pour cause ; puis, il la dit âgée de 59 ans, alors qu'elle s'en donne 65. Enfin, lui-même ne prend pas le nom de Cartier, qui ne devait pas, légalement, être le sien.

Il y a bien longtemps que Jal, dans son Dictionnaire critique, et tous ceux qui, comme lui, ont relevé un grand nombre d'ac­tes de l'état civil, ont constaté combien ces actes, et surtout les actes de décès, contenaient de choses difficiles à expliquer.

On trouverait, peut-être, l'explication de celles qui nous occu­pent, en se reportant aux comptes-rendus du procès intenté, vers 1862, à Villemessant, par des membres de sa famille, mais, cela nous entraînerait trop loin de l'intérêt montmartrois de notre sujet.

Nous nous bornerons à dire que, M. Firmin Maillard, dans un article relatif à l'absence de sens moral chez certains écrivains, (Revue icono-bibliographique mai 1902), nous apprend, que, si Villemessant reproduisit, dans le Figaro, tous les détails de ce procès, c'était dans le but d'en faire, ce qu'il appelait, « un crâne numéro » !

On ne verra probablement pas de sitôt, un journaliste de

 

 

 

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l'envergure de Villemessant diffamant tant de gens, et, le jour où il n'avait personne à se mettre sous la dent, se mordant lui-même pour « corser » le numéro du journal !

Du drame de 1847, il ne reste à Montmartre, ni le souvenir, ni celui des lieux qui en furent témoins ; et, la maison du n° 12 de la rue des Acacias, (aujourd'hui, rue d'Orsel), a été démolie et remplacée par une construction moderne. Quant au cimetière de la rue Saint-Vincent, il y a longtemps que la fosse commune y a fait son œuvre.

 

J.-C. WIGGISHOFF.

 

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BIBLIOGRAPHIE

 

Essai de Bibliographie critique des généralités de l'Histoire de Paris, par Marius BARROUX, Archiviste de la Seine. Paris, Champion, 1908, 1 vol. de 153 pages in-8°.

 

Comme l'indique le titre de son livre, l'Archiviste de la Seine n'a pas prétendu écrire une Bibliographie de l'Histoire de Paris, ouvrage qui dépasserait les forces d'un homme, il a voulu simplement indiquer en quelques divisions générales : Bibliographie, Catalogues, Revues, Mélan­ges ; Histoire géographique, naturelle et générale, topographique ; Histoire administrative dans ses subdivisions ; Statistique ; Travaux publics ; Commerce, Industrie et Finances ; Assistance et Hygiène ; Lettres, Sciences et Beaux-Arts, Spectacles et divertissements ; Cultes, etc, il a voulu, dis-je, en ces diverses divisions, indiquer les ouvrages d'ensemble, d'où ont pris leur point de départ les innombrables mono­graphies aujourd'hui écrites sur Paris. Il a joint à l'énumération de ces ouvrages des appréciations sérieuses et utiles : c'est, sous un petit format, un travail appelé à rendre de grands services.

 

 

 

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FOUILLES FAITES A MONTMARTRE

en 1737 – 1738

 

M. de Crauzat a bien voulu nous communiquer, pour le publier dans le Bulletin du Vieux Montmartre, un document des plus intéressants pour l'histoire archéologique de la Butte Montmartre.

Ce document, unique à notre connaissance, est un imprimé in-4 de quatre pages intitulé : Relation d'une nouvelle décou­verte du 20 juin 1738.

Cette relation, fantaisiste au suprême degré, reposait sur quelques exactitudes. En effet, le 4 janvier 1737, des fouilles commencées à Montmartre mirent au jour des restes de constructions, divers débris et quelques objets. Ces fouilles furent con­tinuées l'année suivante. Le bruit se répandit à Paris qu'on avait découvert à Montmartre d'anciens édifices, des souterrains, des caveaux, des cabinets pavés en mosaïque, des coffres de fer, des étoffes, des grillages. Lebeuf, commentant ces rumeurs, ajoute : « Voilà les bruits que l'on sème dans cette ville, et auxquels les gens crédules qui sont ici en plus grand nombre qu'ailleurs, ajoutent foi. » L'autorité publique, elle-même, fut crédule au point de décider de faire constater officiellement la nature et la valeur de ces découvertes. En conséquence, une descente sur les lieux où se faisaient les fouilles fut pratiquée par la Cour des Monnaies assistée de la justice de Montmartre.

Le document que nous publions est le prétendu procès-verbal de cette visite des fouilles de Montmartre faite par les magis­trats.

 

 

 

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RELATION

d'une nouvelle découverte du 20 Juin 1738.

 

Le Roy tint le 13 du mois de Juin un Conseil extraordinaire à l'occasion des opositions de l'abbesse de Montmartre touchant le Trésor qui avoit été découvert le 8 Janvier sous la même Abbaye, dont, par un commandement exprès de Sa Majesté, il avoit été défendu de parler. Sa Majesté y fit appeler M. Dubois, pour rendre conte de ce qu'il avoit vû, il y fit aussi apeler 4 membres de l'Académie des sciences, et 2 de celle des Sculptures ; après les avoir entendus Sa Majesté rendit une Déclara­tion par laquelle il est statué que les choses telles qu'elles puissent être, qui sont renfermées dans le souterrain en question, comme venant des Rois ses prédécesseurs, lui apartiennent : à l'effet de quoi elle défend à ses sujets de quelque qualité et con­dition qu'ils soient d'en rien détourner. Ordonne qu'il sera incessament procédé à l'exacte recherche des Statues, Médailles et autres antiquitez qui peuvent être dans ce souterrain, et que de tout sera dressé procez-verbal par M, Hérault Conseiller d'Etat, en présence de 2 Présidens de la Chambre des Comptes, assistez desd. membres de l'Académie et du S. Dubois suivant les instructions particulières qui ont été données à M. Hérault, ausquelles il supléra suivant l'exigence des cas.

C'est en conséquence de cette Déclaration que M. Hérault accompagné des personnes y nommées s'est le 20 juin à 6 heures du matin transporté au pied de Montmartre ; et, après avoir montré un ordre du Roy à l'Officier de la Garde qui avait été mis à l'ouverture du souterrain, il a fait travailler par un déta­chement de Suisses commandé à cet effet à une excavation indi­quée dans l'endroit par M. Dubois, de 30 pieds de long sur 20 de large : à 2 heures la voute fut découverte dans toute son étendue, et l'Officier fut chargé de la garder. Le lendemain à dix heures du matin M. Hérault et les personnes que j'ai ci-devant nom­mées se rendirent sur l'excavation, l'ouverture de la voute fut faite de dix pieds dessous eux ; des Charpentiers avoient par l'ordre de M. Hérault préparé un escalier qu'ils assemblèrent

 

 

 

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pour faire la descente ; pendant ce temps M. de la Hire et ses confrères fixèrent le méridien qui passe sous cette ouverture : et après avoir examiné en dedans la direction de la Galerie sur cent toises de longueur, ils remontèrent et observèrent que cette galerie qui décline de 18 degréz seize minutes à l'orient répond aux environs de l'Eglise de S. Leu, rue S. Denis. En effet, la ligne que Mrs. de l'Académie dressèrent pour cette moitié, la direction ne se trouve éloignée vers l'occident que d'un degré 55 minutes du clocher de cette Eglise ; l'on trouve la hauteur de la galerie de 4 toises depuis le sol jusqu'au milieu du cintre, et de 6 toises de largeur fabriquée de pierre de tailles fort dures, et jointes de. façon qu'on ne distingue presque pas les pierres d'avec ce qui les lie.

Voilà dans quel ordre on entra dans ce souterrain : il y avoit à la tête 6 Suisses, aiant chacun un falot asiatique que rien ne peut éteindre.

Après les portes-falots marchoient 20 suisses aiant des pioches, des pelles et des leviers, 6 autres avoient une brouette pour le transport des terres : derrière ceux-ci marchoient M. Dubois et les Académiciens avec sept élèves, l'un portoit une boussole de 6 pouces de diamètre, un autre portoit un demi cercle pour ob­server les détours et les angles, un autre portoit une toise, et à chaque centaine ils faisoient une pause, un ouvrier vis-à-vis chaque centaine donnoit 5 ou 6 coups de pique contre le mur, un autre écrivoit chaque station, et le septième niveloit le terrain qui se trouve assez exactement de 5 toises d'abaissement par chaque cent toises de longueur ; chaque Académicien avoit son domestique qui portoit un flambeau ; ensuite venoit M. Hérault et son secrétaire, Mrs les Présidens des Comptes et plusieurs de leurs gens portant aussi des flambeaux ; derrière eux marchoient 6 Serruriers et 6 Maçons aiant chacun leurs outils, puis 20 Suisses qui, comme les premiers avoient différens instrumens pour remuer la terre : enfin 6 autres Suisses qui portoient aussi des falots, fermoient la marche.

Après avoir ainsi parcouru 1452 toises d'une ligne droite du nord mesurée sur 18 degrez seize minutes de déclinaison, l'on trouva un coude formant un angle de 78 degrés déclinant à l'est nord, dans cet endroit la voute s'exhause de 5 pieds, et la gale-

 

 

 

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rie s'élargit d'autant de chaque côté : dans l'angle rentrant l'on a trouvé une figure de bronze de 5 pieds 4 pouces de haut, que par raports aux attributs qui l'accompagnent Mrs de l'Acadé­mie l'ont reconnu pour être Isis : dans l'angle saillant vis-à-vis est une autre figure de semblable metail et de même hauteur, qui fut jugée par les mêmes indices être Osiris : l'une et l'autre sont sur des pieds d'esteaux, ornés chacun de 3 bas reliefs sur lesquels sont représentés des sacrifices où les attributs de ces Divinités sont exprimés par un ciseau peu correct, et qui sent le barbarisme de son siècle. A côté des pieds d'esteaux on a trouvé diverses petites figures d'animaux monstrueux, quelques mé­dailles de bronze répandues çà et là, qui font présumer que ce sont des offrandes faites à la Déesse. Il y en a quelques-unes où elle est représentée seule ; d'autres où elle est avec Osiris : d'autres encore ou Osiris est représentée sous la figure d'un Taureau.

Après avoir parcouru 2.000 toises à compter de l'Angle dont on vient de parler, on a trouvé un salon de figure elliptique aiant dix toises sur sept de diamètre, on a estimé que le centre ou la clef de voute répond au Village du Mesnil-Montant ; dans les foyer de l'eliptique il y a des cylindres de fer en forme de bariques reliés aussi de fer, lesquels sont posés sur des espèces de chantier de même métail ; du côté de l'orient il y en a 8 et du côté du nord 9 ; chacune de ces basiques a 3 pieds de long sur 22 pouces de diamètre. M. Hérault a fait approcher un ser­rurier pour en ouvrir une ; mais il n'a pu y réussir qu'en faisant une ouverture avec le ciseau, frapant dessus à grands coups de marteau redoublés : l'ouverture faite l'on a trouvé que ce cylindre ou cette basique contenoit des pièces d'or de la largeur de nos liards, de figure ronde imparfaite, représentant d'un côté Cibelle avec une couronne, de l'autre une branche de guy avec des caractères autour qu'on n'a pu déchifrer. M. Hérault a remis 10 de ces pièces à Mrs de l'Académie, et en a réservé 6 pour présenter au Roy, ensuite de quoi le cylindre a été refermé.

On a continué la marche jusqu'à 50 toises, et on s'est trouvé arrêté par une grille de fer de même hauteur et largeur que la galerie ; elle est formée de bareaux quarrés de 3 pouces de face, distants l'un de l'autre de deux pieds : au milieu est une porte de 6

 

 

 

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pieds de large sur 9 pieds de haut, s'ouvrant en 2 c'est là où les 6 serruriers à force de limes et de marteaux ont épuisé leurs forces ; la porte enfoncée on a continué de marcher en ligne droite : au nord est l'espace de 200 toises et l'on est parvenu à un grand et vaste temple de figure ronde aiant 36 toises de diamètre sur 30 de haut : au milieu est un Autel d'argent de figure cubique aiant 6 pieds de face : on y monte par 3 degrez de marbre ; c'est là où s'immoloient des victimes humaines, ce qu'indiquent les bas reliefs d'or qui sont autour, où l'on voit repré­sentés d'un dessein peu correct, sur l'un un groupe de sacrifica­teurs autour des Autels, qui égorgent un jeune homme sur l'autre un espèce de convoi Royal ; sur un autre des Druides dans une forêt qui cueillent du gui; et sur le quatrième 2 armées rangées en bataille, et entre l'une et l'autre deux hommes à cheval qui se combattent, dont l'un paroît renversé par l'autre. Ce temple paroît pratiqué dans le roc et soutenu pour l'ornement par 18 arcades de marbre, qui se réunissent au sommet, et dont les bases sont en forme de pilastres d'une architecture barbare qui n'a ni grâce ni proportion.

 

Vis-à-vis de douze de ces pilastres il y a douze Statues d'or représentant des guerriers d'une taille gigantesque, nuës têtes et aiant les cheveux crêpus, ils ont chacun un bouclier d'argent, tenant une épée à la main du même métail, dont la lame est courte : ils ont sur la tête une couronne d'or façonnée en feuilles de chêne ; leur pied d'estail est de marbre et les bas reliefs de bronze fondu, représentant différons sujets : on voit dans les uns des champs; au lieu de tentes ce ne sont que des huttes formées de perches qui paroissent couvertes de gazons ; dans les autres on y voit des batailles, en celle-ci ce sont des chasses de bêtes fauves, et en celle là des troupeaux de chèvres et de bœufs avec des troupes de bergers et bergères dansants : entre chaque pilastre il s'élève une espèce de chandelier dont la tige d'or de trois pieds de haut est en forme de colonne torse, le pied sur lequel cette tige d'or est posée est d'argent, et au bout opposé il y a un plat aussi d'argent de 50 pouces de diamètre : il y a encore quelques terrines d'argille qui servoient sans doute à mettre de l'huile et de la mêche pour éclairer ce lieu.

 

 

 

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A droite du Temple du côté de l'Orient, il y a une arcade sur laquelle ayant marché sur l'étendue de deux toises, on entre dans une espèce de Chapelle, dont la base est carrée ayant 3 toises de chaque face, et plat-fond en forme de voute surbaissée ; cette Chapelle est ornée de huit pillastres de marbre, devant lesquels il y a huit Statues d'Argent, représentant des femmes d'une haute structure.

Comme il était tard, M. Hérault jugea à propos d'en remettre l'examen à un autre jour, il voulut néanmoins, avant de sortir du souterrain, reconnaître une autre Chapelle à laquelle une arcade au côté gauche du Temple, semblable à celle que je viens de décrire, fait cimetrie et lui sert d'entrée : cette Chapelle est ornée de pilastres comme la première ; il y a plusieurs Statues sur pied, d'autres posées par terre ; il y a plusieurs cylindres de fer de même forme et grandeur de ceux dont l'on a cy devant parlé.

Dans un des angles de cette Chapelle, il y a une porte de six pieds de haut sur trois de large, qui conduit dans un vaste Cloître entouré d'un grand nombre de cellules, où suivant toute apparence, les Druides se retiraient après les sacrifices, où ils faisaient leur demeure ordinaire ; dans le quarré intérieur du Cloître, il y aune pièce d'eau très spacieuse, ce fut là que se termina l'examen de ce jour : le cortège sortit du souterrain, M. Hérault fit refermer l'entrée par des matériaux que des Maçons commandez avoient préparés ; il en remit la garde à cet Officier Commandant le détachement : il monta ensuite dans sa Chaise de Poste pour se rendre à la Cour, et faire au Roy le récit de ce qu'il avait vû.

 

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On donnera la suite de celle Relation au Public, sitôt après les prochai­nes Visites de ce Trésor.

Sur l'imprimé, à Paris, le 25 juin 1738. Signé, HERAULT.

Permis d'imprimer le présent, à Caën, ce premier Aoust 1738. Signé, REGNAUD. Pour l'absence de Messieurs les Lieutenant-Général, et Procureur du Roy de Police.

 

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L'auteur de ce très curieux document fournit de telles pré­cisions, des chiffres si exacts, des descriptions à l'allure si savante qu'il dut donner, lors de l'apparition de sa relation, un regain d'actualité à Montmartre et à ses fouilles. Pourtant, à l'époque de sa publication (août 1738), il y avait longtemps déjà que la fable des découvertes merveilleuses faites à Montmartre avait été lancée dans le public et, ensuite, démentie.

La Barre de Beaumarchais, dans la lettre huitième de ses Amusements littéraires, datée du 11 janvier 1738, s'exprime ainsi :

« Le sieur du Bois, Chirurgien Oculiste, prétend avoir découvert un trésor considérable dans les souterrains de Montmar­tre, où il descendit il y a quelque temps. Il assure qu'ils sont parfaitement bien voutés et conduisent par différentes routes à l'église de St-Leu, rue St-Denis ; qu'il y a dans des niches plu­sieurs figures de bronze, un Autel qu'il croit être celui du Dieu Mars, et plusieurs coffres de fer qui lui ont paru être remplis. Il a trouvé quantité d'os de Morts, et de grands monceaux de hardes, qui se réduisent en poussière en les touchant. En reve­nant il a aperçu une grande porte grillée, qu'il croit être du côté du village de Clignancourt. Il a été sept heures à parcourir ces souterrains, et il y a beaucoup souffert par la fraîcheur. Le trente décembre, il a commencé à faire fouiller sur la butte Montmartre du côté de Clignancourt, où il estimait rencontrer la porte susdite qu'il croit avoir servi d'entrée. Il a fait diverses ouvertures et a trouvé nombre de caveaux voutés, qui n'ont point de portes, mais seulement une ouverture par le haut, d'un pied en quarré. Il fait continuer ce travail, dans l'espérance qu'il ne sera pas infructueux. Jusqu'ici, outre ce qu'on vient de dire, il a trouvé deux médailles antiques, un médaillon d'Auguste, dont le revers est la Déesse Isis, une médaille d'or du temps de Jules César, pesant plus de deux onces, les vestiges d'un temple avec plusieurs morceaux de colonnes d'Albâtre et quelques monnoies anciennes. »

Des nouvelles à la main du 17 janvier racontent l'événement en termes identiques, ajoutant toutefois ce détail, que : du Bois « rapporta avoir vu plusieurs animaux effroyables qui ne lui ont cependant point fait de mal... »

 

 

 

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Le 20 janvier, on écrit : « Les travaux que le sieur Dubois fait faire sur la butte Montmartre paraissent promettre tout le succès qu'il en attend ; ayant fait enlever le 16 des souterrains un grand fourneau de bronze qui servait à ce qu'on présume aux sacrifices payens, et, le 17, en ayant retiré la statue de la déesse Isis, aussi de bronze de grandeur naturelle, il y a aussi trouvé un morceau de porphire taillé en cuve. On luy offre actuellement cent louis de la médaille dont on a parlé représentant César Auguste d'un costé et de l'autre la déesse lsis. »

La Barre de Beaumarchais, lui aussi, annonce à son correspondant la découverte d'une statue de la déesse Isis, « grande comme nature », et, il trouve cette dernière découverte très remarquable, parce qu'elle semble confirmer « l'ancienne opinion, renouvellée par Tristan et Spon, que Paris a été ainsi nommé de deux mots grecs, qui marquent que cette ville était bâtie près d'un temple d'Isis ()... »

Ainsi, par une heureuse coïncidence, les fouilles faites à Mont­martre venaient corroborer l'étymologie attribuée au mot Paris. Hélas ! la découverte archéologique était tout aussi fantaisiste que l'étymologie.

Il fallut, enfin, en convenir, et, c'est en termes bien humbles que La Barre de Beaumarchais écrit au mois de février :

« Je suis fâché, Monsieur, de vous avoir écrit avec tant de crédulité sur les merveilleuses découvertes, qu'un particulier d'ici croiait avoir faites à Montmartre. Mais pouvais-je me sau­ver du piège ? Je n'entendais parler que d'anciens édifices, de souterrains, de caveaux, de conduits fort longs, de mosaïques, de grillages, de coffres de fer, d'autels, qu'on avait déjà déter­rés. Un Gentilhomme titré se trouvait intéressé comme Princi­pal dans cette entreprise. La cour des Monnoies et l'abbesse de Montmartre revendiquaient chacune leurs droits sur les trésors, que les Entrepreneurs se promettaient. Auriez-vous cru que tant de belles choses se réduiraient à des restes d'un ancien édi­fice romain. Voilà pourtant le fait.... »

Rétablissons maintenant autant que possible, la vérité sur ces fameuses fouilles.

Les fouilles furent faites non « du côté qui regarde Paris, mais à l'oposite et presque tout au bas de la Montagne, et au-dessous

 

 

 

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de l'endroit où a été élevé en 1736, par ordre du roy, un obélisque pour servir d'alignement à la Méridienne de Paris du côté nord ; c'est l'endroit de la Montagne qui regarde le plus direc­tement le village de Saint-Ouen » (Fig. I).

 

 

Fig. 2

 

FIG. I

1. Pyramide, ordinairement nommée « LA MIRE ».

2. Rue du Ruisseau.

 

Caylus précise encore l'emplacement, en spécifiant que la différence de niveau entre la Pyramide et les ruines était de 16 toises (32 mètres environ).

Voici, quel était l'aspect des ruines découvertes, lorsque Lebeuf les visita :

« Je n'ai rien trouvé de véritable de tout ce qu'on répandait dans le public, sinon des restes d'un ancien édifice romain, que les creusées que l'on venait de faire rendent très reconnaissa­ble... Cet édifice était partagé en plusieurs chambres ; dans une de ces chambres paraît une ouverture de brique comme une espèce de fourneau. Il y a, à une autre ouverture de ces murs,

 

 

 

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deux grosses pierres de taille assez polies, mais sans aucune inscription. »

Dans son Recueil d'Antiquités, Caylus donne un plan des ruines de Montmartre accompagné des explications suivantes : (Fig. II).

 

 

Fig. 3

 

FIG. II

Plan des Ruines de Montmartre

 

« L. M. - Masses de pierres, ou plutôt corps de murs, dont la liaison est si solide, que, malgré l'inclinaison, ou le surplomb où elles se trouvent à présent, comme on le voit par le plan et par l'élévation, la durée doit être encore bien longue. C'est une preuve de la bonne bâtisse des anciens. On peut d'ailleurs remarquer, en examinant ces ruines, l'usage que les romains avaient de placer trois lits de briques dans les intervalles des pierres, ainsi qu'on l'a vu pratiqué dans le palais des Thermes. (Fig. III).

« N. - Portions de murs à fleur de terre. Quelques-unes sem­blent indiquer des naissances de voûtes, mais on pourrait

 

 

 

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présumer que ces naissances ne paraissent telles, que par la pente de ces murs.

« O. - Corps d'un mur qui forme une petite enceinte. Ce sont vraisemblablement les restes d'une salle ; ce qu'il y a de cer­tain, c'est qu'on y a trouvé les débris de différents fourneaux : comme je les ai vus, je puis en répondre.

« P. P. - Ces deux endroits ont été fouillés et regardés comme des souterrains ; ils étaient en partie pavés de tranches d'albâtre, lors de la fouille que l'on commença le 4 janvier 1737.

 

 

Fig. 4

 

FIG. III

VUE DES RUINES.

 

« On y a trouvé différens morceaux qui ne peuvent avoir servi qu'à une fonderie ; j'en ai quelques-uns de terre cuite, ainsi qu'un bout de corniche d'albâtre d'environ six pouces d'épaisseur. On y voyait une Doucine couronnée du Listel ou Quarré. On trouve dans toute l'étendue de ce terrain des éclats de cette pierre, sur lesquels on distingue l'ancien travail » (1).

Lebeuf aperçut « dans les terres remuées pour chercher des fondations, quelques pierres fort plates, ciselées et ouvragées, bien des restes de canaux de terre rouge, comme sont nos tuilles et assez tendres, et plusieurs restes de douilles de bouteilles de terre, comme s'il y avait eu en cet endroit une poterie. D'au­tres m'ont assuré qu'on y avait trouvé des espèces de creusets, ce qui indiquerait autre chose. »

 

(1) Cf. Caylus, Recueil d'Antiquités, t. III, p. 372 et suiv.

 

 

 

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Parmi ces vestiges, peu importants, on trouva deux objets beaucoup plus intéressants : une tête et un bras en bronze, dont voici, d'après Caylus, l'histoire et la description :

« C'est dans cette même fonderie que la tête de bronze a été trouvée, voici l'histoire de ce fait.

« En visitant le catalogue manuscrit du cabinet que M. Génévrier, médecin de la Faculté de Paris, avait rassemblé, j'ai lu (car il se rendait compte de ses emplettes) : Une tête de bronze, grande comme nature, qui représente Cœlius Caldus, consul, achetée 12 liv. d'un ouvrier qui travaille à la fouille de Mont­martre.

« Ce prix modique ajoute une preuve à la vérité de l'emplette et à celle de sa découverte, d'autant même que cette tête était accompagnée d'un autre bronze compris dans le même prix. Je puis certifier, par toutes les perquisitions que j'ai eu soin de faire, que cette tête a passé du cabinet de M. Génévrier dans celui de M. Lainé. Sans savoir son origine, qui m'était alors assez indifférente, j'en avais autrefois conseillé l'emplette à un de nies amis, et je l'ai retrouvée chez lui, lorsque réveillé par le catalogue que je viens de citer, j'ai désiré de pouvoir joindre cette antiquité à celles que j'ai rassemblées comme venant de Paris.

« Je commence par convenir que le volume et le poids de cette Tête ont pu permettre de la transporter de Rome : mais comme elle a été trouvée dans une fonderie, cette circonstance fait naî­tre un préjugé, qui mérite quelque considération, d'autant que l'opération de la fonte est peu compliquée en elle-même, et que le moule a toujours conduit les hommes les moins intelligens. D'ailleurs le travail du visage est sec, et la ressemblance en est peinée, la tête cependant est très bien dans ses propor­tions, et les cheveux sont d'une très belle exécution. Le temps a causé quelques fentes à la matière ; mais elles sont légères, et n'ont exigé aucune restauration ; cette même matière est employée fort légèrement. Au reste, on ne peut dire, par la disposition de la tête, si elle a toujours fait un buste, ou si elle a été jointe à la totalité de la figure.

« C. Cœlius Caldus, fut consul de l'an 660 de Rome, 94 avant l'ère chrétienne, je suis bien éloigné de penser que ce portrait ait été

 

 

 

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fondu à Paris sous le Consulat de ce romain, mais il peut l’avoir été longtemps après sa mort. Quelque romain établi dans cette ville, et occupant un emploi considérable, attaché à la famille de ce consul, peut avoir fait venir un creux d'Italie, et l'avoir fait jeter en bronze à Paris... Quoiqu'il en soit, il n'y a point de cabinet où l'on ne reçut avec joie une tête de consul bien con­servée et bien avouée, soit pour la ressemblance, soit pour l'antiquité.

« La tête avec la partie du cou, telle enfin qu'elle est présentée, a treize pouces de hauteur (340 mill.) » (Fig. IV).

 

 

Fig. 5

 

FIG. IV

BRONZE TROUVE A MONTMARTRE
(Conservé au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque Nationale)

 

On ne sait, où se trouve, actuellement, ce bras de bronze ; tant qu'à la tête, elle fut donnée par Caylus au cabinet des antiques du Roi. Elle est exposée, maintenant, dans le cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale, sous le numéro 828 du Cata-

 

 

 

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logue, où, elle est mentionnée, comme représentant les traits de Lépide ou de Cœlius Caldus (1).

Ainsi, aujourd'hui, on ne sait à qui attribuer cette tête. L'attribution faite par Génévrier, et ensuite, par Caylus, a été contestée fortement par M. A. Duchalais, dans une note lue le 28 février 1851 à la Société des antiquaires de France (2). Cet auteur fait remarquer que Caylus trouvait que la ressemblance était peinée, il ajoute qu'elle est même fort peinée, car, en comparant le profil de la tête du bronze avec celui frappé sur les deniers de la famille Clœlia, on remarque, que le bronze a un nez parfaitement droit, tandis que le nez du personnage frappé sur les piè­ces de monnaie est un nez aquilin.

« A ce propos, nous ajouterons que le dessinateur de Caylus s'est montré trop docile aux préoccupations de cet érudit, et qu'il a aidé à la ressemblance de la médaille et du buste, en donnant, au nez de ce dernier, une légère courbature qui n'existe pas dans l'original. » (Voy. Rec. d'Antiq. t. III, pl. CVIII.)

Enfin, il est plus logique de penser qu'on ait songé à couler la tête de Lépide, personnage important, qui occupa un poste éminent en Gaule, dont une partie lui avait été concédée par Octave, plutôt qu'une statue de Coelius dont l'histoire ne dit que peu de choses.

Pour appuyer sa thèse, et permettre la comparaison, M. A. Duchalais accompagnait sa note d'une reproduction de la tête de bronze, vue de profil, et de deux deniers : le premier, repré­sentant le triumvir Lépide, et l'autre Cœlius Caldus.

Enfin, un autre savant, J. Bernouilli, dans son Iconographie romaine, augmente encore l'incertitude, en prétendant, qu'aucune raison solide ne permet de reconnaître, dans cette tête, celle de Lépide ou de Cœlius.

En résumé, de l'ensemble de ces documents fantaisistes et sérieux, s'il résulte une certitude sur la réalité des fouilles et des objets trouvés, il subsiste néanmoins beaucoup de doutes, comme nous venons de le voir, sur l'identification du principal

 

(1) L. Babelon et J.-A. Blanchet, Catalogue des Bronzes de la Bibl. Nat., 1895, in-8, p. 360.

(2) Mémoires de la Soc. des Antiquaires de France tome 21, année 1852, in-8°, p. 309.

 

 

 

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objet. En ce qui concerné les ruines proprement dites, tous les auteurs s'accordent à reconnaître qu'il y eut à cet endroit un fourneau, destiné à une poterie, pense Lebeuf, sans toutefois l'affirmer ; à une fonderie affirme, au contraire, Caylus. Mais, un troisième archéologue, Guilhermy, est d'un avis différent et il croit qu'il s'agit d'un hypocauste.

Souhaitons qu'un document nouveau, mais authentique, comme, par exemple, le véritable procès-verbal de visite des fouilles par la Cour des Monnaies assistée de la justice de Montmartre, vienne nous donner des détails nouveaux, assez précis pour nous permettre de fixer notre opinion, au moins sur la destination des constructions, dont les derniers vestiges furent découverts en 1737 et 1738.

Louis RADIGUER.

 

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NÉCROLOGIE

 

Ce numéro était déjà sous presse quand nous avons appris la mort de deux hommes qui ont rendu au Vieux Montmartre d'éminents services : Fernand Bournon, et Henri Vial dont le présent numéro contient le dernier article.

Notre prochain numéro consacrera une notice détaillée à ces deux col­lègues, dont la perte nous cause de profonds regrets.

 

 

 

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LE VIEUX MONTMARTRE

A la Commission Municipale du Vieux Paris

 

 

Extraits des Procès-verbaux des dix premières années

1898-1907

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                 Pages

1898

Rapports des architectes Sauvageot et Vaudremer sur les travaux de l'Eglise Saint-Pierre de Montmartre.

Procès-verbal de la séance du 7 Avril................................... ............................................................................................................ 25 à 27

Procès-verbal de la séance du 2 Juin.................................... ............................................................................................................ 29 à 31

Tableau des opérations de Voirie. Mire de Montmartre

Procès-verbal de la séance du 5 Mai.................................... ............................................................................................................ 12 à 14

Ancienne conduite d'eau de Montmartre.

Procès-verbal de la séance du 10 Novembre........................ ............................................................................................................ 4

 

PLANCHES. - Coupes sur la travée de la nef de l'Eglise Saint-Pierre ; Plan de l'église. Procès-verbal de la séance du 2 Juin.

 

1899

Approbation du projet de restauration de l'Église St-Pierre…….                                                                                                                  31

Objets d'art dans les églises de :

Saint-Bernard de la Chapelle................................................ ............................................................................................................ 280

Saint-Denis de la Chapelle................................................... ............................................................................................................ 281

N.-D. de Clignancourt......................................................... ............................................................................................................ 299

N.-D. de Lorette…………………………………………..                                                                            297

Saint-Pierre de Montmartre ................................................. ............................................................................................................ 299

La Trinité ............................................................................ ............................................................................................................ 302

Adoption d'une proposition tendant à l'exécution de fouilles dans l'église Saint-Pierre                                                                                                                                                                                           363

 

 

1900

Démolition prochaine de l'ancienne Mairie de La Chapelle……                                                                                                                    10

Renseignements relatifs au fonctionnement du service des Archives du Dépt de la Seine, quai Henri IV                                                                                                             152 à 153

 

 

1901

Rapport de M. André Hallays sur l'ouvrage de M. Gaston

 

 

 

- 158 -

Capon, Les Tivolis ............................................................................. ............................................................................................................ 96

Proposition tendant à l'identification des vestiges des Tivolis…............................................................................................. 97-98

Communication des plans du nouveau square à édifier sur la Butte Montmartre............................................................................................ 67

Découverte d'une pierre tumulaire du XIIe siècle à l'église Saint-Pierre de Montmartre ............................................................................................................ 108

Communication de M. Ch. Sellier relative au tombeau de la reine Adélaïde de Savoie et

          aux sépultures conventuelles et paroissiales de Montmartre .. ............................................................................................................ 109 à 119

Bas-reliefs de l'ancien Tivoli dits de l'avenue des Tilleuls ................ ............................................................................................................ 138

Vote d'un crédit de 500 fr. pour les fouilles à faire dans l'église Saint-Pierre............................................................................................ 154

Rapport de M. Ch. Sellier sur les fouilles de l'église St-Pierre…                                                                                                                   194

 

PLANCHE. - Fragment de la pierre tombale de la reine Adélaïde de Savoie trouvée dans

          l'église Saint-Pierre lors de la res­tauration de cet édifice en 1901…………….                                                    ............................................................................................ 123

 

 

1902

 

Observations au sujet de l'acquisition des bas-reliefs de l'avenue des Tilleuls attribués à Bouchardon…............................................................................................................ 13

Envoi d'un ouvrage de M. Gaston Capon Les petites Maisons galantes de Paris............................................................................................ 44

Affiche électorale sur les monuments artistiques (IXe, XVIIIe arrts)............................................................................................ 56-58

Insertion au procès-verbal de l'arrêté préfectoral relatif à l'affichage électoral (IXe et XVIIIe arrt)............................................................................................................ 79

Rapport relatif à la demande faite par la fabrique de l'église Saint-Denis de La Chapelle tendant à

          aliéner à son profit des ob­jets d'art garnissant le monument                                                                                  ............................................................................................ 83

Reproduction de deux portes en bois sculpté situées dans l'Eglise Saint-Denis de La Chapelle                                        ............................................................................................................ 96

Communication de M. Ch. Sellier relative à la maison de la rue de La Chapelle, 122, et au cabaret « Le Faucheur »............................................................................................................ 97

Transmission aux services compétents et aux personnes inté­ressées des décisions prises

          au cours de la séance du 10 avril 1902……………………….                                                                                                             108

Découverte de pierres tombales d'abbesses à l'église de Saint-Pierre de Montmartre ............................................................................................ 154

 

PLANCHE. - L'une des deux portes en bois sculpté et doré de style Louis XIV décorant jadis l'ancien chœur

          de l'église Saint-Denis de La Chapelle (2e photo)                                                                                                 ........................................................................ 100

 

 

 

- 159 -

 

1903

 

Proposition relative au parc de Trétaigne ....................................... ............................................................................................................ 84

Salle des fêtes dé la mairie du XVIIIe arrondissement…………............................................................................................. 169

Eglise Saint-Pierre de Montmartre. Liquidation des fouilles ordonnées par la commission                                                                                                                                                                                           171

Don de manuscrits du philosophe Azaïs ......................................... ............................................................................................................ 197

Tableau de concordance entre le numérotage actuel d'un certain nombre de maisons de l'ancien Paris et

          les différents numérotages que ces mêmes maisons ont portés à diverses époques............................................................................................................ 292

Annexe au procès-verbal de la séance du 12 novembre 1903......... ............................................................................................................ 162

Le parc de Trétaigne .................................................................... ............................................................................................................ 301

 

 

1904

 

Eau-forte de l'église du Sacré-Cœur……………………………... ........................................................................................................ 40

Saint-Pierre de Montmartre……………...……………………..... ...................................................................................... 43, 122 et 152

Interdiction d'affichage électoral sur les édifices et monuments ayant un caractère artistique

          (IXe et XVIIIe arrondissements)………………..…………. ...................................................................................................... 168

Signalement d'une inscription rue de Ravignan................................ ............................................................................................................ 207

Estampage de la pierre tombale d'une abbesse dé Montmartre…                                                                                                       224

 

 

1905

 

Inscription de la rue d'Orchampt, n° 2............................................ ............................................................................................................ 122

Découverte d'un parchemin dans l'église Saint-Pierre de Montmartre.......................................................................................... 162

Rapport sur ce parchemin par M. Auguste Longnon....................... ............................................................................................................ 210

 

PLANCHE, - Fac-similé du parchemin trouvé dans un pilier de l'église Saint-Pierre............................................................................................ 236

 

 

1906

 

Observation de M. Wiggishoff au sujet du manuscrit trouvé dans un pilier de Saint-Pierre ............................................................................................................ 57

Apposition d'une plaque rappelant le nom de l'ancienne place Bréda............................................................................................ 87-227

Le vieux Montmartre au sujet de la nouvelle nomenclature des rues de Paris                                                                                                                                                                                           104

Communications relatives à la liquidation des congrégations religieuses (IXe et XVIIIe arrondissements) ............................................................................................................ 192-193

Concession au Vieux Montmartre des procès-verbaux de la Commission du Vieux Paris ............................................................................................................ 295

Communication faite par M. Wiggishoff au sujet de l'iden­-

 

 

 

- 160 -

tification faite par M. Victor Perrot des bas-reliefs de l'avenue des Tilleuls et de leur attribution à Adam le Cadet            ............................................................................................................ 294

 

 

1907

 

Démolition de l'ancienne mairie de la Chapelle, ancienne justice de paix du XVIIIe arrondissement                                                                                                             5

Bas-reliefs de l'avenue des Tilleuls. Leur acquisition........................ ........................................................................................................ 31

Pose d'une inscription rappelant l'ancienne rue Saint-Denis à Montmartre aujourd'hui rue du Mont-Cenis...................................................................................................... 203

Classement comme monument historique de l'église St-Pierre......... ...................................................................................................... 228

Avis au sujet des projets de classement des églises de Paris (IXe et XVIIIe arrondissements)........................................................................................... 291 et 293

Réimpression de la nomenclature officielle des voies de Paris (XVIIIe arrondissement)                                                                                                             420

 

V. P.

 

 

Fig. 6

 

Fac-similé du parchemin trouvé dans un pilier de l'église Saint-Pierre
le 24 juin 1905

 

(Voir le Bulletin, n° 55-56, pages 69-70.)

 

 

 

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ACTES DE LA SOCIÉTÉ

Rapport du Secrétaire Général

(Exercice 1908)

 

 

MESSIEURS ET CHERS COLLÈGUES,

 

Boileau s'écrie, au début d'une de ses épîtres : « Grand Roi, cesse de vaincre ou je cesse d'écrire. » - Votre Secrétaire général serait bien tenté de vous adresser cette objurgation. Quand il puise les éléments de ce rapport au registre des procès-verbaux, les notes s'accumulent plus nombreuses chaque année et le recueil en question semble un peu converti en tonneau des Danaïdes.

Vous avez tenu cette année 14 séances, je pourrais dire officielles, mais l'afflux toujours croissant des pièces de toutes sortes amoncelées ici a déterminé certains d'entre vous à se réunir hebdomadairement pour classer, coordonner au fur et à mesure et permettre de glaner rapidement dans ce jardin des racines… montmartroises. MM. Blondel, Raulet, Lazard, O'Kelly de Galway et Prod'homme sont des plus assidus à ces agapes intellectuelles ; votre Président y a élaboré l'organi­sation nouvelle de ce Musée et, par l'exposé rapide que je vais vous faire des dons récemment acquis, vous verrez, Messieurs, qu'il a été fait ample besogne.

Remercions tout d'abord les rédactions et sociétés nous faisant le service gra­cieux de leurs périodiques. Je signalerai le Boulevardier, le Journal des Soirées Mondaines, la Correspondance historique et archéologique de MM. Bournon et Mareuse, les bulletins : du Touring-Club, du Vieux-Papier, de l'Histoire de Paris et de l'Ile de France, du Vieux Paris, et des Sociétés fondées dans les 4e, 5e, 6e, 7e, 8e, 13e et 16e arrondissements, dont le Vieux Montmartre fut l'aîné.

Comme le botaniste composant son herbier on découvre, dans les feuilles publi­ques, au hasard de la lecture, des anecdotes intéressantes. MM. Meusy et Cortaillod collectionnent les menus-faits locaux. MM. Wiggishoff, Prod'homme, Capon, O'Kelly de Galway, Bargallo et Raulet collaborent à ce volumineux dossier dans lequel M. Delarue a versé des articles cultuels et M. Gaignette, des journaux édités entre nos petites frontières.

M. Lambard de Colnet envoie un autographe de feu Etienne Charavay et la signature de Rattier, représentant du peuple en 48.

Si des petits coins de Montmartre, - celui-ci en est un, - sont réservés à la silencieuse étude, de vastes carrefours, on peut le dire, sont consacrés à la joie de vivre, aussi, les affiches, programmes, menus des bals, concerts ou cabarets rutilants débordent de nos cartons, apportés par MM. Delarue, O'Kelly de Galway, Lazard, Grangez ou Wiggishoff.

 

 

 

- xxvj -

S'agit-il de cartes postales et de photographies ? MM. Debray, O'Kelly de Galway, Prod'homme, Fleurentin et Cortaillod nous en fourniront d'autant plus intéres­santes qu'elles seront souvent produites par les donateurs. Les photographies en couleurs tirées par M. Godefroy, rue Lacépède, de poteries extraites des fouilles du réservoir vous ont été communiquées par M. Mareuse ; elles manquent dans nos archives.

Pour les gravures, nos Collègues savent que nous les apprécions vivement. MM. Artus, Fleurentin, Lazard nous en ont apporté de bien jolies. M. Fleurentin y a joint une aquarelle de M. Blot, M. Kleinmann, le menu dessiné par Willette du banquet donné à l'occasion de sa nomination dans la Légion d'honneur. M. Rostaing-Valaisa nous permet d'appendre à nos murs 3 toiles dues au pinceau de son père, notre regretté collègue.

Le 15 janvier dernier, s'éteignait à Alger Mme Vve Vigliano, née Viguier qui, par testament du 25 octobre 1907, léguait au « Vieux Montmartre » son portrait, celui de sa mère et 9 peintures de Waldemar Todé. Les formalités s'accomplissent, nous ne connaissons pas les œuvres offertes à notre Musée, mais nous avons été touchés de la pensée suprême inspirant la donatrice, native du lieu, sans doute, et qui ne pensa mieux faire, pour assurer la conservation de chers souvenirs, que de les confier à notre vigilance.

Des cartes de Paris s'ajoutent à notre atlas : la reproduction du plan de Gomboust par M. Gabriel Fabre, celle du plan de 1530, par M. Le Senne, enfin le plan de Paris et de ses environs immédiats de Jouvin de Rochefort qui vient d'être réédité d'après l'exemplaire extrait des collections de M. Victor Perrot.

Nombreux sont les volumes dont vous avez bien voulu, Messieurs et chers Collègues, grossir les rayons de notre bibliothèque. Je citerai comme les ayant offerts :

M. Cortaillod, pour les « cabarets artistiques » de Valbel, pour le « Triomphe du Christ » de Guy de Pierrefeux, pour un cahier de dessins, plans et coupes ayant servi en 1907 et 1908 aux travaux de l'église Saint Pierre ;

M. D. Lacroix : une notice sur M. Clemenceau ;

M. Bargallo : le « Dossier de la Commune devant les Conseils de Guerre » ; une plaquette de Louis Enault sur « Victor Orsel » ;

M. Miguet : « N.-D. de Lorette » ; « Etude sur Saint-Pierre de Montmartre » ;

M. Victor Perrot : son mémoire sur « le Vieil Hôtel solitaire des Champs Elysées » ;

M. de Crauzat : son étude sur la « Maison du Dr Blanche », rue de Norvins ;

M. Marcel Poëte : le Catalogue de la Bibliothèque de la Ville de Paris ;

M. Circaud : celui de l'Exposition rétrospective de Neuilly ;

M. Champion : l'album « Légende de Saint-Denis », par H. Martin ;

Mme Vve Greder, que nous remercions particulièrement : le Calendrier perpétuel de D. Perier, « Loisirs d'Art », études sur deux peintres : Jacques Rousseau et Louis de Nameur et « Retour de la Foire de Bezons aux XVIIe et XVIIIe siècles » ; ces quatre brochures écrites par son défunt mari et jointes à des notes nombreuses sur des thèmes variés.

Cette année aussi, comme par le passé, M. Gendron assura la reliure artistique de quatre volumes tirés de notre ancien fonds.

Notre vitrine reçoit de M. Barbier une assiette-réclame rappelant la gloire naissante de Crespin aîné, de Vidouville.

M. Wersing, architecte (nous espérons le voir bientôt au milieu de nous), a

 

 

 

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envoyé un morceau de gypse en formation extrait d'un terrain rue Ramey et une coquille pétrifiée recueillie dans une carrière de Saint-Denis.

La subvention de la Ville est toujours la bienvenue. L'anémie de notre budget nous fait désirer d'en voir augmenter le chiffre. Cela vous permettrait des publi­cations plus fréquentes donnant aux pouvoirs publics une preuve matérielle de votre activité.

 

***

 

Si, Messieurs, vous accumulez avec joie les documents propres à vos travaux ce n'est pas pour les cacher avec un soin jaloux comme le collectionneur dont un regard indiscret peut déflorer le mystérieux trésor. Ce Musée est public ; tous les dimanches, de janvier à mai, le service de garde en fut assuré par l'un de nous et le 1er dimanche du mois, en toutes saisons, notre archiviste se tint à la disposition des visiteurs. Le 22 décembre dernier, M. Cortaillod y recevait la Fédération des Universités Populaires, comme le 5 janvier suivant, la Jeunesse Républicaine du IXe arrondissement, et plusieurs élèves de l'école « Eos », dans le courant d'octobre. Le 12 mars, M. Prod'homme accueillait le groupe de l' « Art pour Tous » et le 26 avril, M. Lazard organisait une excursion archéologique montmartroise pour la Jeunesse républicaine du IIe arrondissement. Fils dévoués du lieu natal et de ce coin de France qui garde nos plus chers souvenirs, nous nous prêterons toujours à ces promenades : aidant à connaître Montmartre, elles le font aimer.

Dernièrement, la Fédération Espérantiste de Paris s'informait de l'objet de nos travaux. Il ne serait pas banal de voir s'opérer la diffusion universelle d'études anciennes en un dialecte ultra moderne.

M. Mareuse assista pour vous, Messieurs, au Congrès des Sociétés savantes ouvert, le 21 avril, à la Sorbonne. Une circulaire du Ministre de l'Instruction Publique nous donne le 13 avril prochain comme date d'ouverture, à Rennes, du 47e Congrès. Nous espérons y être aussi avantageusement représentés.

Sur invitation de M. Marcel Poëte plusieurs d'entre vous assistèrent à l'inauguration de l'Exposition faite sous ce titre, à la Bibliothèque de la Ville ; « Une promenade à travers Paris au temps des Romantiques. » Comme pour l'Histoire du Théâtre aux Arts décoratifs, M. Hartmann, l'un des nôtres, fournit un certain nombre d'estampes.

Conviés aussi à l'inauguration du buste de Le Grandais nous nous sommes abstenus parce que le « Vieux Montmartre » a pour règle absolue de ne prendre part à aucune manifestation politique, que la nuance en soit tendre ou foncée. Par contre, comme la musique adoucit les mœurs, - on le dit du moins, - le groupe artistique formé par vous, Messieurs, n'a pas hésité à verser son obole en vue de l'érection d'une plaque commémorative sur la maison habitée par Berlioz, rue du Mont-Cenis, et ainsi consacrée aux Muses par sa présence.

Egalement, vous avez signé la pétition lancée par la revue « la Pomme » pour la préservation du Mont Saint-Michel, merveille d'art minée par les vagues contrariées par une digue intempestive lui enlevant l'isolement farouche qui soulignait son imposante grandeur.

Vous-mêmes assistez, chers Collègues, à l'agonie de notre vieille butte. Tous les jours disparaît un coin agreste, une vétuste propriété, et l'on porte la cognée dans les dernières frondaisons. En février prochain la « Feuillée Montmartre » ne sera plus. C'est, avec le jardin de Berthelier, le dernier vestige de cet oasis de ver-

 

 

 

- xxviij -

dure ombrageant, il y a 40 ans, l'abreuvoir et la Fontaine du But, paysage unique dans Paris et qui eut dû être conservé pour son charme pittoresque. La rue Saint-Vincent se transforme, le mur tombe en ruines près de la célèbre chaumière et les deux ou trois parcs dévalant encore sur les flancs du coteau seront bientôt morcelés. Peu à peu se ferment les yeux contemplateurs ravis de leur village dans sa grâce champêtre. Nous pouvons donc le dire, mes chers Collègues, nous sommes les derniers Montmartrois. Tel en une féerie s'écroule un décor rustique pour faire place à un home modern-style, tel va se métamorphoser d'ici peu le paysage actuel.

Pour posséder les vues intérieures d'immeubles dont nous désirons garder l'image MM. Lazard et Wiggishoff demandent le droit de visite à leurs propriétaires. MM. Cortaillod, Barbier, George et Maës les photographieront, procédant comme l'administration lors des expropriations parisiennes.

 

***

 

J'ai indiqué le plus sommairement possible vos acquisitions nouvelles, excusez-moi, mes chers collègues, si, voulant examiner en détail l'emploi de vos séances, je retiens quelques instants encore votre attention. Je dois enregistrer les efforts tentés par vous pour léguer aux générations futures l'historique de cette commu­ne. Nous plantons, en ce moment, un grand arbre, nous n'en recueillerons pas les fruits mois, comme dit le fabuliste : « Nos arrière-neveux nous devront cet ombrage. »

M. Cortaillod poursuit sa série d'Ephémérides montmartroises et nous indique, d'après les statistiques officielles, diverses altitudes, entre autres celle du sol de l'église Saint-Pierre (129m990), battant le record des autres collines parisiennes. M. O'Kelly de Galway fournit des notes sur la porcelaine de Clignancourt, sur une vue panoramique de Paris à l'Exposition de l'hôtel Saint-Fargeau et sur l'acte de décès, en 1831, d'un soldat appelé Montmartre.

M. Bargallo vous a parlé, comme MM. Wiggishoff et D. Lacroix des dames Spinelli et Bertrand, descendantes du peintre Restout et des deux Corneille. Ses notes concernent aussi le Dr Ostaly et les Clubs électoraux du lieu, en 1848.

M. Vor Perrot vous a offert le texte de sa causerie, au " Vieux Papier ", sur les principaux recueils de vues de Paris.

Un officier anonyme a procuré des renseignements architecturaux sur la nouvelle caserne du boulevard Ney.

M. Lombard de Colnet, poursuivant sa généalogie et celle de la Maison de Trétoigne, toigne, fait la biographie de son grand oncle, Ch. Joseph Colnet du Ravet, homme de lettres (1708-1832).

M. D. Lacroix vous a entretenu d'un mendiant célèbre surnommé le « Père Éternel », d'une fille de Lucien Barrois, de l'impasse du « Pré Maudit », dont le nom fantastique garde de nos jours, une saveur moyenâgeuse.

M. Vial analyse d'une façon piquante Un Voyage pittoresque et sentimental au Champ du Repos en 1808 et nous procure la reproduction agrandie d'une vignette servant de frontispice à ce volume.

M. Capon signale l'ouvrage ancien intitulé : Les Progrès du Libertinage.

M. de Crauzat analyse l'opuscule du Dr Prost, successeur du Dr Blanche en sa

 

 

 

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Maison de Santé et résume les recettes et dépenses de l'Asile de la Providence en 1824.

M. Georges Montorgueil a copié une scène de Revue de 1860 qui se passe à Montmartre et publié dans l' « Eclair », sur plusieurs faits locaux, des articles rédigés en ce style agréable dissimulant l'aridité des dates sous le manteau de l'anecdote. Nous vous avons signalé surtout la chronique sur l'affaire Praslin à laquelle fut mêlée une petite-fille de Félix Desportes.

Une autre fois nous vous parlions de la fête projetée de la Musette, organisée par M. Félix. Elle se déroulera sur nos places, l'an prochain. Nous avons noté des plaques de rues désuètes encore apposées sur nos murs, et la séance du Comité de vigilance des Citoyennes républicaines du XVIIIIe arrondissement tenue par ces féministes (déjà), le 6 mai 1871. Avec MM. Cortaillod et Delcourt, nous appelions votre attention sur l'exil de la Cuve baptismale de Saint-Pierre, toujours reléguée dans une chapelle voisine et dont l'ancienneté et l'intérêt historique sont connus. Dans votre dernière réunion, vous avez, Messieurs, renouvelé le vœu de voir cet objet du culte reprendre, dans la vieille église, sa place naturelle occupée près de trois siècles. La Commission du « Vieux Paris » appuiera certainement cette motion auprès des pouvoirs publics.

Grâce à M. Raulet à qui vous devez le classement méthodique de vos journaux et la constitution d'un dossier spécial sur notre Société, nous pûmes vous communiquer l'article paru dans Paris-Montmartre le 3 octobre 1886, signé : « Un témoin », (dans l'espèce Mr Lamquet), où sont relatées les origines du « Vieux Montmartre ». De cette création, l'idée surgit le 24 Mai de la même année au cours d'une promenade accomplie dans les sentiers de la butte par MM. Charles Sellier, Noro, Lamquet et Morel. Le 4 juin suivant, chez Dorlencourt, au Rocher Suisse, le « Vieux Montmartre » était fondé par les précités auxquels s'étaient adjoints MM. Bin, Mauzin, Rab, Wiggishoff et Toussaint Martel. L'article signalé ici vaut d'être reproduit ; n'est-ce pas, à vrai dire, notre acte de naissance ?

M. Wiggishoff vous parla d'un différend survenu le 29 avril 1493, entre l'abbaye de Montmartre et celle de Saint-Germain-l'Auxerrois. Il rédigea une notice sur Oscar de Poli, conférencier distingué dont le verbe éloquent contribua, certes, à la conservation des arènes de Paris. Sous ce titre : « Un drame à Montmartre en 1847, M. Wiggishoff rappela le double suicide de la mère et de la sœur de Villemessant. Il vous conta sa visite chez Eymonaud qui réédite les meubles anciens avec une virtuosité sans égale, et dont le castel pseudo-gothique remplace, rue de Maistre, un logis plus important construit dans le même style, en 1835, par le comte Charles de l'Escalopier. Votre Président en rappelait l'élégance dans votre dernier fascicule.

De son côté, M. Lazard prit une part si active à vos séances que je ne puis qu'indiquer la substance de ses travaux. Citant 2 feuilles anciennes : Les lettres du Diable (1766) et le Monde Nouveau (1849), le testament de Loys, vicomte de Polignac, fait à l'abbaye en 1584, il exhume des Comptes des Bâtiments du Roi la note de recette, en date du 25 novembre 1666, pour vente d'une pièce de terre sise au-dessous de Montmartre. Il soupçonne que la Gazelle des environs de Paris de 1786 doit renfermer des renseignements utiles. Au cours de ses recherches, notre collègue laisse des notules sur la Vve Faucheur dont le mari fut compagnon de Chapelle au village de ce nom ; sur Marcoul, traiteur à la Nouvelle France vers 1775 ; sur un duel tragique à Montmartre en 1820 ; sur l'installation par Monroë, en 1795, de l'ambassade américaine dans les jardins de la Bouëxière. Il nous montre

 

 

 

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les épreuves photographiques de tableaux sur la localité qui seront éditées par la Société d'Iconographie parisienne ; nous donne des conférences sur : les « diver­tissements de la rue à Montmartre sous l'ancien régime », sur nos Cabarets pen­dant les règnes de Louis XIV et Louis XV, sur l' « agriculture montmartroise » et enfin alimente nos publications du compte-rendu des séances du Comité révolutionnaire local (4 janvier 1794 au 10 septembre suivant) et du relevé des documents concernant les IXe et XVIIIe arrondissements puisés dans la collection Parent de Rosan. Vu l'importance de ces notes prises dans les archives détruites en 1871 leur publication fera l'objet d'un volume publié par les soins de votre Société.

 

***

 

Tous les ans, hélas ! la mort vient frapper à notre porte et trois d'entre nous : MM. Voriot, Gustave de Guilhermy et Sauvageot ont dû répondre à son impérieux appel. M. le colonel de Guilhermy était le frère de François-Ferdinand, auteur du Mémoire publié par notre Société et cet hommage rendu à une personne aimée fit entrer dans nos rangs un noble soldat attristé d'être tenu éloigné de nous par son grand âge. M. Sauvageot a droit à la vive reconnaissance de tous les archéologues, pour l'habileté scrupuleuse avec laquelle il assura la restauration de Saint-Pierre de Montmartre, respectant le plan primitif, encastrant les vieilles pierres dans les nouvelles rigoureusement indispensables, sauvant enfin de la ruine un monument remarquable pour sa belle unité et son âge vénérable. Nous saluons une dernière fois nos chers disparus, et nous associons de cœur à nos amis frappés dans leur affection : M. Hutpin, séparé de son fils, MM. Willette et Rostaing-Valaisa de leur mère. Si les défunts ne répondent pas à nos clameurs désespérées ne nous semble-t-il pas, Messieurs, qu'ils doivent avoir moins froid quand passe sur leur tombe la chaleur de notre affectueux souvenir ?

Nous regrettons le départ, pour diverses causes, de MM. Pillot, Dr Rabant, Grangez, Drapier, Charrot, Reygasse-Villeneuve, Castellar, Charnacé, Ch. Bonheur, Faverot, Jouanneau, Lefebvre-Saint-Maur et Parrès. Les circonstances leur permettront peut-être de rentrer parmi nous comme M. Gabriel Favre. Ils seront les bienvenus au même titre que les nouvelles personnes accueillies récemment et dont les noms suivent : Mme Vve Voriot, Mme Beauchamp, Mlle Ledreu et MM. Vernet, Martin Bled, Burgevin, P. Jarry, Ernest Hugny, Gaston Lefebvre, Tumbeuf, Jacques Doucet, Alexis Helmuth, Auguste Ternois, Ch. Bertrand, Bruat, Raphaël Planque, Louis Noguère, René Thiébaut, Eug. Wagner, Dr Dally, Achille Maynier, Al. Besançon, Louis Perret, Fernand Naillon, P. Maréchal, Francis Casadesus, abbé Patureau, Victor Pagès, Albert Vuaflart, E. Raynal, L. Maës et Henri Prou.

Sous le coup de douleurs très vives et profondément frappé par l'affaiblissement de sa vue, M. Wiggishoff a crû devoir résilier la présidence effective de notre Société, malgré les amicales et pressantes insistances de tous. Vous avez pu cons­tater, Messieurs, l'énergie avec laquelle notre érudit Collègue réagissait contre les difficultés de sa position et la somme toujours considérable d'études fournie par lui. Votre Comité, vous devançant dans l'expression de votre reconnaissance pour des services rendus 22 ans durant a nommé, en janvier, M. Wiggishoff, Président honoraire. Vous ratifierez cet acte d'enthousiasme, nous n'en doutons

 

 

 

- xxxj -

pas, en associant à cette sorte d'ovation, M. Ch. Sellier, fondateur du « Vieux Montmartre », son Président pendant plusieurs années et l'auteur de l'ouvrage le plus savant et le plus complet que nous possédions sur notre historique village.

Au cours de cette année. M. Lestrade obtint la médaille de bronze et M. Paul Munier, la médaille d'or de la Mutualité, MM. le Dr Chandebois, Gouault, Marcel Poëte, Prod'homme, Delarue, Compan et Casadesus ont eu la rosette d'instruction publique. L'académie des Inscriptions et Belles-Lettres récompensa d'une part du prix Berger, M. Paul Lacombe en raison de son travail sur les livres d'heures conservés dans les Bibliothèques de Paris. Enfin, M. Georges Lemaire enlevait, au Salon, la médaille d'honneur pour la gravure en médailles et pierres fines. Nous sommes fiers de compter parmi nous des Membres distingués par les mérites les plus divers et leur sommes reconnaissants de l'éclat qui en rejaillit sur le « Vieux Montmartre ».

 

Le Secrétaire général,

EUG. GAIGNETTE.

 

 

Fig. 7

 

 

 

- xxxij -

 

SITUATION FINANCIÈRE

POUR L'ANNÉE 1908

RECETTES 1908

Avoir : report au 1er janvier 1908

Subvention pour 1907

Cotisations

Vente de fascicules

Vente de l'ouvrage de Guilhermy

 

 

 

 

434.00

250.00

1.033.45

82.00

14.00

 

1.813.45

 

DÉPENSES 1908

Loyer, entretien, étrennes

Eclairage, chauffage, divers

Assurance incendie

Aménagement, mobilier

Fournitures de bureau

 

 

604.90

44.10

mémoire

88.30

8.50

 

PUBLICATIONS

Fascicule trimestriel

 

 

Compte-rendu mensuel

 

 

Correspondance

Cotisations à la charge de la Société, souscription Berlioz, etc.

 

 

impression

illustration

distribution

impression

distribution

 

 

 

 

 

 

 

 

 

282.15

 

115.90

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

398.05

 

 

71.60

20.10

 

 

 

1.235.15

 

Recettes

Dépenses

Différence : Avoir au 1er Janvier 1909

 

 

1.813.45

1.227.30

586.15

 

LE TRÉSORIER.

 

 

 

- xxxiij -

 

Liste des Membres de la Société

(Décembre 1908)

 

 

PRÉSIDENTS HONORAIRES

 

M.     J. C. WIGGISHOFF, , Membre de la Commission du Vieux Paris,

Ch. SELLIER, O. , conservateur-adjoint du Musée Carnavalet.

 

 

MEMBRES DU COMITÉ 1908

 

MM.  ARTUS.

BARBIER.

BLONDEL.

BURGEVIN.

CAPON.

CAZALIÈRES.

COMPAN, O..

CORTAILLOD (Ch.).

DE CRAUZAT.

DELARUE.

DELCOURT (Pierre), O. .

DUVAL (Gaston).

FABRE Gabriel, O. .

GAIGNETTE (Eugène), .

HUTPIN (Georges).

LAZARD (Lucien), .

LENSEIGNE (Henri).

LE SENNE (Eugène).

MAREUSE (Edgard), O. .

MAUZIN (Jules), .

MONTORGUEUIL (Georges), .

MONIN, O. .

Cte O'KELLY DE GALWAY, .

Docteur OLLIVIER, O. .

PERROT (Victor).

PROD'HOMME (J.-G.), O. .

RADIGUER (Louis).

SAFFREY (Henri).

TERNOIS.

 

 

MEMBRES DU BUREAU

 

Président :                                                      MM. CH. CORTAILLOD.

1er Vice-Président :                                                  EUG. LE SENNE.

2e Vice-Président :                                                   J.-G. PROD’HOMME.

Secrétaire-Général :                                                EUG. GAIGNETTE.

Secrétaire-Général adjoint :                                    HUTPIN.

Secrétaire-Général de Rédaction :                          L. RADIGUER.

Archiviste :                                                              O’KELLY DE GALWAY.

Trésorier :                                                                BARBIER.

 

 

 

- xxxiv -

 

SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES

 

SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE PARIS ET DE L'ILE-DE-FRANCE, 8, RUE DES PETITS-CHAMPS.

LA CITÉ, SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE DU IVe ARRONDISSEMENT DE PARIS, PLACE BAUDOYER.

COMITÉ D'ÉTUDES HISTORIQUES ET ARCHÉOLOGIQUES DE LA MONTAGNE SAINTE-GENEVIÈVE (Ve ET XIIIe ARRONDISSEMENTS), MAIRIE DU Ve ARRONDISSEMENT.

SOCIÉTÉ HISTORIQUE DU VIe ARRONDISSEMENT DE PARIS, 78, RUE BONAPARTE.

SOCIÉTÉ D'HISTOIRE ET D'ARCHÉOLOGIE DU VIIe ARRONDISSEMENT DE PARIS, 116, RUE DE GRENELLE.

SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE DU VIIIe ARRONDISSEMENT DE PARIS, 11, RUE D'ANJOU.

SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE D'AUTEUIL-PASSY, MAIRIE DU XVIe ARR.

LE VEXIN FRANÇAIS, PONTOISE.

BIBLIOTHÈQUE DU CONSEIL MUNICIPAL DE PARIS, HÔTEL DE VILLE.

LE TOURING-CLUB DE FRANCE, 65, AVENUE DE LA GRANDE-ARMÉE.

 

 

MEMBRES CORRESPONDANTS

 

MM.   Le Conservateur de la Bibliothèque de l'Arsenal, boulevard Morland.

          Le Conservateur de la Bibliothèque Mazarine, 23, quai Conti.

Le Conservateur de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, 29, rue de Sévigné.

Le Président de la Commission du Vieux Paris, Hôtel de Ville.

Le Secrétaire de la Commission du Vieux Paris, Hôtel de Ville.

Les Archives de la Seine, 30, quai Henri IV.

L'abbé SOBAUX, curé de Saint-Jean de Montmartre, passage de l'Elysée des Beaux-Arts, 14.

FLOBERT (Paul), secrétaire général de la société le Vieux Papier, 4, rue de Berne.

KLEINMANN, , O. , maire du XVIIIe arrondissement, 64, rue de Clignancourt.

CARNAVALET (Musée), 23, rue de Sévigné.

 

 

 

- xxxv -

 

MEMBRES ACTIFS

 

MM.  ADOLPHI, , 47, rue Saint-Ferdinand.

ARNAL (Georges), , 1 bis, rue Tardieu.

ARTUS (Maurice), 2, avenue Trudaine (1).

AUBRY, 6, rue Cambacérès.

BARBIER (A.), 13, rue des Abbesses.

BARGALLO (Ferdinand), 94, rue d'Allemagne.

BARBIER, juge suppléant au tribunal civil, 49, rue de Prony.

BARTHÉLEMY (Victor), 1, rue Polonceau.

BERGE (Jules), avocat, 60, rue de la Victoire.

BERTHIER-TACHE, fabriquant de briques, 104, boulevard de Clichy.

BERTRAND (Charles), publiciste, 45, av. de Neuilly (Neuilly-sur-Seine).

BERTRAND (Gaston), publiciste, 115, rue Marcadet.

BESANÇON (Al.), 8, rue Lentonnet.

BESSE (Silvain), 17, boulevard Rochechouart.

Bibliothèque de la Ville de Paris, 29, rue de Sévigné.

BILD (Martin), 4, rue Pétrelle.

BILLET (T.), négociant, 10, boulevard Bonne-Nouvelle.

BIZARD, , 22, rue Houdon.

BLANCHELOT (Louis), 42, rue du Chevalier de La Barre.

BLONDEL, 30, rue Fontaine.

BORDEREL, 135, rue de Clignancourt.

BOSSUAT (F.), propriétaire, 2, place du Calvaire.

BOULOC, 35, rue Simart.

BRÉBANT (Maurice), O. , 54, rue Rennequin.

BRUAT, 2, place Dancourt.

BURGEVIN, ingénieur chimiste, 106, rue de Miromesnil.

CAPETTE (Alexandre), propriétaire, à Villemomble (Seine).

CAPON (Gaston), 15, rue Antoinette.

CARILLON, 36, rue Saint-Marc.

Docteur CARPENTIER, , Hospice de la Salpétrière.

CASADESUS (Francis), O. , compositeur de musique, 6, rue Crétet.

CORNET (Jules), 16, rue de la Tour-d'Auvergne.

CAZALIÈRES, 41, boulevard des Capucines.

CHAMPION, libraire, 5, quai Malaquais.

Docteur CHANDEBOIS, O. , 39, rue Vital.

CHAPON (Léon), artiste-graveur, 55, rue du Ruisseau.

Docteur COCQUELET, 94, rue de Maubeuge.

COMPAN, O. , artiste-peintre, 7, rue Lallier.

COLLINET, 34, rue Ramey.

 

(1) Dépositaire des publications du Vieux Montmartre.

 

 

 

- xxxvj -­

CORTAILLOD (Charles), 27, rue de Clignancourt.

Docteur DALLY, 340, rue des Pyrénées.

DE CRAUZAT, 11, rue de Douai.

DATTEZ, pharmacien, 17, rue de la Villette.

DEBACQ (Louis), pharmacien, 103, boulev. National, à Clichy (Seine).

DEBRAY (Auguste), 1, rue Girardon.

Docteur DECOSTER, 34, rue de la Goutte d'Or.

DECRON (Léopold), architecte, 38, rue de la Chaussée-d'Antin.

DELARUE (Léon), 4, rue André-Gill.

DELCOURT (Pierre), O. , homme de lettres, 4, rue de Moscou.

DENOYELLE (A.), 14, rue Jacques-Kablé.

DEPOUILLY-DAUDIN, avocat, 37, rue de Berne.

DESCLERS, , 16-18, avenue Rachel.

DOUCET (Jacques), 19, rue Spontini.

Docteur DUBRUEIL, , 139, boulevard Voltaire.

DUVAL (Gaston), 21, rue de Lisbonne.

ESNAULT (R.), régisseur de journaux, 3, rue Félix Ziem.

EUDES (Henri), 3, rue Turbigo.

FABRE (Gabriel), O. , compositeur de musique, 37, rue Fontaine.

FÉLIX, pharmacien, 16, rue Ramey.

FESCH (abbé), 15, avenue des Peupliers, villa Montmorency, XVIe.

FLEURENTIN (Joseph), peintre-architecte, 39, rue d'Orsel.

FORT (Eloi), 27, rue du Chevalier de la Barre.

FRÉMONT, , ingénieur civil, 124, rue de Clignancourt.

FRION, 19, rue de Médicis.

Docteur GACHET, 78, rue du faubourg Saint-Denis.

GAIGNETTE (Eugène), , 12, rue Sainte-Marie.

GARNOT (G. Sainte-Fare), artiste-peintre, 79, avenue de Villiers.

GAUCHER (Emile), négociant, place du Trichon, Roubaix (Nord).

GENDRON (Pierre), 29, rue Vaneau.

GEORGE, photographe-éditeur, 71, rue de Clignancourt.

Docteur GIRAUD, 24, boulevard Barbès.

GOUAULT (Georges), O. , négociant (membre fondateur), 60, rue Saint-Lazare.

GROLLET, vétérinaire, 156, boulevard Magenta.

GROS, , 6, avenue Rachel.

HARTMANN (Georges), O. , , 18, rue de l'Arcade, à Conflans-Charenton (Seine).

HÉRAUL, entrepreneur de maçonnerie, 142, rue Ordener.

HELMUTH (Alexis), 64, rue de Clignancourt.

HERBINET (A.), dessinateur, 21, rue Montcalm.

HEUSCH (Henri), , architecte-vérificateur, 171 bis, rue Championnet.

HUGNY (Ernest), homme de lettres, 16, rue Chappe.

HUTPIN (Georges), instituteur, 27, rue Hermel.

 

 

 

- xxxvij -

ICHAC (Eugène), 39, avenue du chemin de fer, à Rueil (Seine-et-Oise).

JARLET (Louis), artiste dramatique, 30, rue d'Orsel.

JARRY (Paul), de la Société de l'Histoire de Paris et de l’Ile de France, 62, rue Blanche.

JOUGLAS (Henri), 8 bis, Cité Trévise,

LABAT, avoué, 63, rue Taitbout.

LACOMBE (P.), de la Société de l'Histoire de Paris et de l'Ile de France, 5, rue de Moscou.

LACOSTE, entrepreneur, 27, rue d’Orsel.

LACROIX (Désiré), ex-bibliothécaire de Sainte-Geneviève, 34, avenue Laumière.

LAMBARD DE COLNET (Eug.), , 94, rue du Centre, La Garenne-Colombes (Seine).

LAURENTIE (Joseph), avocat, 14, rue du Regard.

LAZARD (Lucien), , archiviste-paléographe, 49, r. de Rochechouart.

LECHEVALIER, 16, rue de Savoie.

LEFEBVRE (Gaston), négociant, 47, rue de Paradis.

LEFORT, 16, rue des Roses.

LE GARREC, 26, boulevard Ornano.

LEGRAND, Chef des Bureaux, Mairie du IIe Arrondissement, rue de la Banque.

LEMAIRE (Georges), , O, artiste-graveur, 22, rue Tourlaque.

Mlle    LE MESLE (Renée), 58, rue Lepic.

MM.  LEMOINE (Achille), 10, rue Frochot.

LEMOINE, archiviste-paléographe, , 98, rue Demours.

LENSEIGNE (Henri), 22, rue de Tocqueville.

LEROY, négociant, 35, boulevard Barbès.

LE SENNE (Eugène), 73, boulevard Haussmann.

LESTRADE (Martial), , , 17, rue Christiani.

LUCET, directeur d'usine, 98, route de Dieppe, Le Houlme (Seine-Inf.).

MAGNIER (Achille), 59, boulevard Barbès.

MAILLOT (Henri) , négociant, 10, rue Creveaux.

Docteur MANGIN (Georges), 22, rue Lavoisier.

MANGIN (Léon), juge d'instruction, 22, rue Lavoisier.

MARCADÉ (Albert), vicaire à Saint-Jean-l'Evangéliste, 89, rue des Martyrs.

MARCHAL (membre fondateur), 49, rue Labat.

MARÉCHAL (Paul), artiste-peintre, 13, rue Victor-Massé.

MAREUSE (Edgard), O. , membre de la commission du Vieux Paris, 81, boulevard Haussmann.

MARTEL (Toussaint), journaliste, 60, rue Lepic.

MARTIN (Maurice), négociant, 34, rue Werlé, à Reims (Marne).

MAUGAT (Charles), 32, rue des Jeûneurs.

 

 

 

- xxxviij -

MAUZIN (Jules), , secrétaire du Bureau de Bienfaisance, Mairie du XVIIIe arrondissement, place Jules-Joffrin.

MAYER (Fernand), 64, rue Claude Villefaux.

MEDRANO, 72 ter, rue des Martyrs.

MÉRY (Gaston), conseiller municipal, 28, rue Bergère.

MEUSY (Antonin), chef d'institution, 15, rue du Monument, Champigny (Seine).

MIGUET (E.), 1, boulevard Henri IV.

MONIN, O. , professeur, 2, rue Alfred Stevens.

MONTORGUEIL (Georges), , journaliste, 31 bis, rue Victor Massé.

MORIN (Alexis), 87, rue Lepic.

MORIN (Jean), 87, rue Lepic.

MOUSSET (Albert), 3, rue Eugénie, à Saint-Mandé (Seine).

MUNIER (Paul), , 16, rue de La Tour d'Auvergne.

NAILLON (Fernand), huissier, 176, rue Montmartre.

NOGUÈRE (Louis), avocat à la Cour, 83, rue des Martyrs.

NOZET-SOULANGES, 45, rue de Saint-Pétersbourg.

OBJOIS, 27, rue des Dames.

Comte O'KELLY DE GALLWAY, , 8, rue Ménessier.

Docteur OLLIVIER, O. , 30, rue Hermel.

L'abbé PATUREAU, curé de Saint-Pierre-de-Montmartre, 123, rue Caulaincourt.

PERRET (Louis), 16, rue Félix Ziem.

PERROT (Victor), avocat, 21, rue Drouot.

PETEL, 46, rue Custine.

PLANQUE (Raphaël), 39, avenue de Laumière.

PLUCHE, notaire, 32, rue de La Chapelle.

POËTE (Marcel), O. , conservateur de la Bibliothèque de la ville de Paris, 29, rue de Sévigné.

PORNIN (Louis), , ingénieur civil, 1, rue Tardieu.

POTIN (Emile), , O. , secrétaire général de la Société historique et archéologique d'Auteuil-Passy, 25, rue Michel-Ange.

PROD'HOMME (J.-G.), O. , homme de lettres, 11, av. des Tilleuls (boulevard de Clichy).

PROU, rue Say, 8.

DE QUELLERN (Lucien), , homme de lettres, 89, boul. Beaumarchais.

RADIGUER (Louis), docteur en droit, 40, rue de Bruxelles.

RANGLARET, 16, rue des Roses.

RAULET (Lucien), bibliothécaire honoraire de la Société de Géographie commerciale de Paris, 9, rue des Dames.

RENAUD (Léon), entrepreneur de maçonnerie, 174, rue Championnet.

RENAUD, pharmacien, 88, rue Ramey.

ROBERT, 241, rue du faubourg Saint-Martin.

ROSTAING-VALAISA (Léon), 76, rue Marcadet.

 

 

 

- xxxix -

SAFFREY (Henri), 4, place des Batignolles.

SAGNY (A.), 26, rue Hermel.

SELLIER (Charles), O. , architecte, conservateur-adjoint du Musée Carnavalet, 5, rue Saint-Louis-en-l'Isle.

DE SERÉ (Pierre), 33, rue Lafayette.

TEISSÈDRE, , 25, rue la Chapelle.

TENEO, O. , 10, rue Vital.

TERNOIS (AUGUSTE), 130, rue Ordener.

THIBAULT, 12, boulevard Poissonnière.

TRÉTAIGNE (Baron Michel de), , conseiller général de l'Aisne, 12, rue de Condé.

TULEU (Charles), , négociant, 58, rue d'Hauteville.

TUMBEUF, trésorier de la Société le Vieux Papier, 4 rue Robert Lecoin.

TAILLEFER (J.), instituteur, 5 rue des Deux-Gares.

VERNET, 10, rue d'Offémont.

VIGHY, 41, rue des Jeûneurs.

VORIOT, , encadreur, 23, rue de Clignancourt.

WAGNER (Eugène), répétiteur aux Concerts Colonne, 72, rue de Rochechouart.

WATEBLED (Marcel), O. , 51, rue du Ranelagh.

WIGGISHOFF (J.-C.), , membre de la commission du Vieux Paris, 153, rue Marcadet.

WILLETTE, , artiste-peintre, 28, rue Lacroix.

 

 

Fig. 8

 

Le Gérant : BARBIER.

 

 

 

BERGERAC

IMPRIMERIE GÉNÉRALE DU SUD-OUEST (J. CASTANET)

Place des Deux-Conils

 

 

 

AVIS TRÈS IMPORTANT. - Le local de la Société est ouvert tous les vendredis sans exception à partir de 9 heures du soir.

Le MUSÉE est ouvert le 1er dimanche de chaque mois, de 2 à 4 h.

 

Publication de la Société « Le Vieux Montmartre »

 

VIENT DE PARAITRE :

 

MONTMARTRE,

 

MÉMOIRE DE F. DE GUILHERMY,

 

publié intégralement pour la première fois par les
soins de la Société Le Vieux Montmartre.

Avec un Portrait de l'Auteur

 

Ce Mémoire, dont une partie seulement a été insérée dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, n'avait pu être imprimé par son auteur. Il offre un très grand intérêt pour l'histoire de Paris en général et, en particulier, pour celle des IXe et XVIIIe arrondissements.

 

 

PRIX DU VOLUME :

Sur papier ordinaire .......................................... 5 Francs

Sur papier de Hollande Van Gelder (épuisé).… 10 Francs

 

En vente au VIEUX MONTMARTRE

42, Rue d'Orsel, PARIS-XVIIIe.

 

 

 

Bergerac. - Imprimerie Générale du Sud-Ouest (J. CASTANET) place des Deux-Conils