BULLETIN
DE LA
SOCIÉTÉ D’HISTOIRE ET D’ARCHÉOLOGIE
DES IXe ET XVIIIe
ARRONDISSEMENTS
LE
« VIEUX
MONTMARTRE »
(Autorisé par arrêté préfectoral du 26
août 1886)
REVUE TRIMESTRIELLE DES TRAVAUX
DE LA SOCIÉTÉ
***
61e et 62e
FASCICULES – JUILLET / DÉCEMBRE 1908
***
PARIS
COMITÉ DE PUBLICATION
AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ
42, rue d’Orsel
1908
Société d'Histoire et d'Archéologie des IXe et XVIIIe
Arrondissements
SOMMAIRE DES 61e ET 62e FASCICULES (3e et 4e TRIMESTRES 1908) :
Il y a cent ans, H. VIAL.
Du premier livre imprimé où il est
question de Montmartre, Eug. LE SENNE.
Un drame à Montmartre en 1847, J.-C.
WIGGISHOFF.
Fouilles faites à Montmartre en 1737-1738,
Louis RADIGUER.
Le Vieux Montmartre à la Commission
municipale du Vieux Paris.
Nécrologie.
Bibliographie.
Actes de la Société : Rapport
de M. Gaignette. - Liste des Membres.
GRAVURES HORS TEXTE : Le champ du
repos. – Fig. I : Pyramide, ordinairement appelée La Mire ; rue du Ruisseau. – Fig. II : Plan des ruines de
Montmartre. – Fig. III : Vue des Ruines. – Fig. IV : Bronze trouvé à
Montmartre. – Fac-similé du parchemin trouvé dans un pilier de l’Eglise
Saint-Pierre.
Président MM. Ch. CORTAILLOD.
1er Vice-Président LE SENNE.
2e Vice-Président J.-G.
PROD'HOMME, O. ![]()
Secrétaire
général Eug. GAIGNETTE,
.
Secrétaire
adjoint HUTPIN.
Secrétaire
de rédaction L. RADIGUER.
Archiviste O'
KELLY DE GALWAY,
.
Trésorier BARBIER.
Présidents honoraires : MM. J.-C.
WIGGISHOFF,
, Ch. SELLIER.
Membres : MM. M. ARTUS, BARBIER, BLONDEL,
BURGEVIN, CAPON, CAZALIÈRES, COMPAN, Ch. CORTAILLOD, DE CRAUZAT, DELARUE,
Pierre DELCOURT, Gaston DUVAL, Gabriel FABRE, Eugène GAIGNETTE, Georges HUTPIN,
Lucien LAZARD, Henri LENSEIGNE, LE SENNE, MAREUSE, Jules MAUZIN, Georges
MONTORGUEIL, MONIN, O'KELLY DE GALWAY, Dr OLLIVIER, PERROT, J.-G.
PROD'HOMME, L. RADIGUER, Henri SAFFREY, TERNOIS.
Les Séances du Comité ont lieu régulièrement le 1er vendredi de chaque mois, à 8 h. 1/2 du soir, dans le local de la Société, 42, rue d'Orsel.
Ces séances sont ouvertes à tous les membres de la Société.
Toutes les
communications, demandes d'adhésion, d'achats de photographie ou de Bulletins, doivent
être adressées au Président de la Société, 42, rue d'Orsel.
Les membres
de la Société n'ont droit à l'envoi
gratuit du Bulletin qu'à partir du jour de leur admission.
Prix du
fascicule simple.............................................................................. 1
fr. 50
Prix des
fascicules 53-54, 55-56 et 57-58, 59-60, 61-62.......................... 3
fr.
Les Fascicules 1, 3, 5, 6, 8, 9, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 19 et 45 sont épuisés.
AVIS TRÈS
IMPORTANT. - Le local de la Société, est ouvert tous les Vendredis sans exception, à partir de 9 heures du soir.
LE CHAMP DU REPOS
- 129 -
Un Voyage pittoresque et
Sentimental au Champ
du Repos
sous Montmartre en 1808
En 1808, un curieux qui nous a laissé sa relation, sous la forme d'un petit livre (1), écrivit un voyage au cimetière Montmartre, connu sous le nom de cimetière du Nord. Son récit, d'une phraséologie ampoulée qui caractérise certaines productions de l'époque, contient une description de cette nécropole et le dénombrement des premières sépultures qui y furent faites. L'auteur a orné son livre d'une mauvaise gravure reproduite ci-contre ; on y voit le « Champ du Repos » dominé par la butte avec ses moulins traditionnels. Un convoi funèbre, précédé d'un ordonnateur, ceint d'une écharpe, se dirige vers le fond. Le sentimental artiste n'a pas omis de représenter le chien fidèle qui ne veut pas quitter la tombe de son maître. A titre documentaire cette gravure méritait d'être reproduite, malgré son peu de mérite artistique.
Antoine
Caillot, auteur de ce livre et de l'Encyclopédie
des jeunes Demoiselles, ainsi que des Nouvelles
leçons élémentaires de l'Histoire de France, après une invocation « aux vivants », retrace en ces termes
son voyage chez les morts :
« Je suivis
un mauvais chemin montueux et dégradé par les torrents qui se précipitent du
plateau qui s'étend le long des murs du superbe Mousseau, quand sa vaste
superficie est inondée par les orages. Parvenu à cette plaine dont l'uniformité
intéresse peu le promeneur mélancolique, je me hâtai de la traverser pour
arriver à la barrière.
(1) Voyage
pittoresque et sentimental au Champ du Repos sous Montmartre et à la maison de
campagne du Père-Lachaise à Montlouis, par Antoine Caillot, in-8°, Paris,
Hénée, impr., 1808, orné d'une gravure sans nom d'auteur.
- 130 -
« Ce fut là que l'aspect de Montmartre, cette montagne antique et vénérable, attira mes regards et captiva ma pensée. Ces moulins à vent, ces maisons, ces jardins suspendus sur des précipices, en un mot, cette masse pittoresque où la nature lutte sans cesse contre le bras destructeur de l'homme, firent sur moi une impression de tristesse qui devint plus vive quand je me rappelai qu'auprès de ces carrières, vains débris de la colline, on voyait aussi les ruines de cet abbaye célèbre où des filles de rois et de grands de la terre allaient se livrer, dans une retraite perpétuelle, à la pratique des plus hautes vertus, après avoir renoncé à toutes les grandeurs, privilèges de leur naissance.
« Que sont-elles devenues ces chastes colombes qui, naguères, chantaient des hymnes à l'Eternel, quand les enfants du siècle faisaient entendre dans la capitale de la France, ou les chansons du crime, ou les airs meurtriers de la vengeance ? »
Ici, un
couplet dithyrambique sur les vertus de la dernière abbesse dont nous faisons
grâce au lecteur, malgré son début pompeux : « O vertueuse et illustre
Montmorency » ; le brave Caillot décrit ensuite très exactement la topographie
du cimetière.
« Sur le penchant
de Montmartre à l'ouest, et à une petite distance des nouveaux boulevards, est
un vaste terrain, enclos depuis quelques années d'une muraille de pizé. On le
nomme le Champ du Repos parce que
c'est dans son enceinte que l'homme qui a payé à la nature son dernier impôt,
jouit enfin de la paix et de la tranquillité. » Il faut encore lâcher Caillot,
qui persévère sur ce ton pendant deux pages ; il déplore le voisinage des
guinguettes de la barrière et de la Chaussée d'Antin « où les modernes Laïs
spéculent sur l'inexpérience de la jeunesse et sur les goûts dépravés de l'âge
mûr. »
Les guinguettes toutefois, se tiennent à distance respectueuse, sauf une seule qui semble braver le voisinage funèbre ; il est vrai que cette maison, « quoique dédiée au dieu du vin, n'attire pas les enfants de la joie », tout dans ce cabaret respire la tristesse, et la patronne elle-même, autrefois jolie, est considérablement décatie, ses enfants sont lugubres ; espérons qu'elle avait au moins la clientèle des croque-morts ?
- 131 -
L'écrivain remarque aussi l'air navré des employés du fisc préposés aux barrières voisines ; et, ne s'arrêtant pas en si beau chemin, il ne nous fait grâce d'aucun portrait mélancolique : « Quel philosophe eut jamais une démarche et une physionomie plus empreinte de gravité que ce Magistrat du trépas, qui, comme un autre Mercure, précède les convois, et d'un coup de sa baguette d'ébène, avertit le fossoyeur et lui commande d'ouvrir le champ funèbre. »
« Les
tristes et silencieux porteurs, personnages toujours en deuil que l'on ne voit
jamais sourire, si ce n'est lorsqu'une meurtrière épidémie leur offre la
perspective du bonheur dans le désespoir des familles. » Les croque-morts
d'autrefois sont peints à la manière noire, bien différents de ceux que notre
Willette, le Watteau du Vieux-Montmartre,
nous a montrés, dans une gracieuse composition, trinquant joyeusement avec
L'auteur,
ayant visité une autre nécropole parisienne ouverte à l'est de la Capitale, le
fameux Montlouis, remarque que, contrairement à ce qui se passe à Montmartre,
toutes les sépultures sont celles de grands vieillards quasi-centenaires ;
conclusion : le vertueux Marais et le non moins vertueux faubourg
Saint-Antoine sont habités par des gens sérieux, calmes, aux mœurs pures. Bien
différents d'habitudes, les fêtards de la Chaussée d'Antin qui se couchent, quand
les gens du Marais se lèvent, vivent moins vieux ; les bons dîners, les bals,
les théâtres, voilà ce qui décime l'ouest de Paris ! « Quel contraste ces
tombeaux m'offrirent avec ceux du Champ sous Montmartre, dont la grande
majorité ne rappelle que des époux, des épouses, des jeunes filles moissonnés à
l'entrée de leur carrière ! comment expliquer ce phénomène. » Perplexe,
l'auteur se demande si l'air est plus pur d'un côté que de l'autre ; puis
il passe en revue les différentes causes de mortalité, enfin, il éclate :
« Ah !
- 132 -
n'en doutez point, c'est à l'usage
des aliments les plus échauffants et les plus délicats, de ces liqueurs aussi
dangereuses pour tous les tempéraments, qu'elles sont flatteuses pour tous les goûts
c'est à cette fureur pour tous les spectacles, pour les fêtes, pour les
promenades nocturnes qui fait braver à un si grand nombre de gens les lois de
la nature, les conseils de la sagesse et les menaces d'Hygie ; c'est à ces
modes enfin, fruits de l'intérêt, du caprice, de l'imprudence et de la vanité
que le Champ du Repos doit sa jeune population. »
De ces observations, de ces remarques, si judicieuses et si profondes, j'en passe et des meilleures, mais je crois que le lecteur m'en saura gré.
Nous ne
suivrons donc pas le bon Caillot partout, car il va passer la nuit dans la
nécropole pour avoir l'occasion d'y rencontrer, comme par hasard, le spectre
de l'athéisme qui, justement, prenait l'air à Montmartre ce soir là. Lorsque
Caillot aura écrasé ce fantôme sous quelques bons arguments, nous pourrons
relever quelques inscriptions avec notre guide, vainqueur de monstre.
Voici le
mausolée de
Il signale
M. Mounier, Conseiller d'Etat, et tout à côté un sieur Adanson ; devant
cette sépulture, Caillot se demande s'il s'agit du fameux naturaliste ? C'est
ensuite Barthélemy-Pierre Lecoulteux, de Rouen, mort à Paris, le 16 septembre
1805, à l'âge de trente-sept ans ; les familles Julien et Chaulot ; sur une
colonne tronquée sont inscrits les noms de Marie-Philippe-Claude Dunkel, épouse
de M. A. L. Delessert, née le 30 juin 1780, mariée le 3 juin 1805, morte le 4
septembre 1805. La tombe de Marie-Adélaide-Yacinthe Berthaumt, née à Paris, le
25 mars 1790 et décédée le 5 juillet 1805, est auprès du marbre blanc sur
lequel est sculptée une couronne de roses ; il recouvre les restes de
Louise-Eléonore-Victoire Crublier de Saint-Ciran, née le 22 décembre 1787,
décédée le 31 mars
- 133 -
de ce dernier, on lit une grande
inscription latine qui rappelle les vertus du défunt et son amour de la patrie
; il y est dit que Pléville Le Pelley eut la jambe droite emportée par un
boulet, qu'il parcourait les mers en lançant les foudres de la guerre, que les
Anglais le redoutaient et qu'enfin le Sénat français l'écoutait comme un autre
Nestor. Ce ministre de la marine, qui mourut à quatre-vingt ans, méritait
d'être enterré à Montlouis.
Antoine-Claude-Victoire
Dubœuf, âgé de 34 ans ;
Henriette-Félicité
Bélorgey, âgée de 19 ans ;
Louise-Fanny
de Pontalba, âgée de 23 ans ;
Françoise-Geneviève
Varnier, âgée de 42 ans.
Voici
ensuite recouverte de feuillage, la tombe du peintre Greuze et, non loin de là,
son confrère Fragonard repose dans l'éternité.
On devine ce
que tout cela fait raconter à l'auteur du livre. Un général de division ;
d'artillerie, gisant tout auprès de là, attire ses regards.; il en profite pour
fulminer un peu contre le bronze meurtrier et se venge en nous cachant le nom
de ce vaillant militaire !
Même
courroux devant la tombe de Delaterre, philosophe, qui attrape une sérieuse
mercuriale.
Anne-Louise Le Cœur, âgée de vingt-trois ans,
opère une heureuse diversion ; puis Madame Zéphirine De Méat, âgée de vingt et
un ans.
Pleurez, enfans soumis ; pleurez femmes fidèles :
Amies, mères, sœurs, pleurez ; de vos vertus,
La mort a d'un seul coup détruit tous les
modèles ;
Zéphirine n'existe plus.
Elisabeth-Eulalie
Durand, âgée de quatorze ans ;
Marie-Thierri Lebel, veuve Delisle ; avec une
épitaphe en vers composée par son fils :
Son fils, en
le perdant, perd sa félicité ;
Il ne lui
reste que son exemple à suivre
Ce modèle accompli de vertus, d'équité
Ne paya qu'en cessant de vivre,
Son tribut à l'humanité.
- 134 -
Sans doute
un homonyme de l'académicien?
Entre temps,
Caillot invoque la lune pour pouvoir finir son voyage avant la fin de la nuit,
car cet auteur, vraiment extraordinaire, est noctambule comme Restif de la
Bretonne ; il a découvert la sépulture très sculptée, de Mlle Muraire,
épouse de M. De Caze, morte à l'âge de seize ans, après six mois de mariage.
« Au-dessous
du tombeau, contre une pyramide, est assis un génie de marbre blanc qui, de la
main, droite tient un flambeau renversé et de la gauche un linge (sic) avec lequel il essuie ses larmes. »
Notre homme
arrive dans une partie du cimetière qu'il appelle le vallon, il fait jour
paraît-il, et c'est vraiment la lune qui nous éclairait jusqu'à présent ;
ce bizarre écrivain, qui choisissait la nuit pour se promener dans le cimetière
de l'Ouest, se ferait bien vite coffrer aujourd'hui avec ses façons d'agir; il
faut croire qu'on était plus tolérant, il y a cent ans. Il sort du cimetière
avec la ferme résolution de revenir le lendemain pour achever, dit-il, son
voyage et ses observations.
Il revient
en effet le lendemain, mais pendant le jour, « avec cette différence que je
n'avais pas besoin de m'étendre sur les pierres sépulcrales et d'en approcher
de trop près pour en déchiffrer les inscriptions. »
« Quelle est
cette tombe élevée au-dessus de toutes celles qui l'environnent, et cette
pierre sépulcrale qui s'élève au-dessus de cette tombe ? je m'approche et je
lis : Ici repose Adrienne Chameroy,
décédée le 23 vendémiaire an XI, à l'âge de vingt-trois ans. »
Caillot
pleure encore une fois, cite l'épitaphe versifiée, et continue par la sépulture
adossée à la muraille du Nord : Thomine
Mars, épouse de J.-B. Bacoffe, décédée
à Paris, à l'âge de dix-neuf ans.
A l'entrée
du vallon, sous une pierre de petite dimension, reposent les restes de Mme veuve Croizet, l'inscription dit que
ce monument fut érigé par les soins de Mlle
Volnais, de la Comédie-Française :
- 135 -
[Aux mânes
de] Celle qui dort ici, dès ma
première aurore,
Quand je
serai, comme elle, au terme de mes jours,
Mes yeux,
en se fermant, la pleureront encore.
Antoinette-Prudent Pujolle, femme Swebach, arrache à
l'auteur une larme furtive.
Le voici près
d'une enceinte formée par une balustrade, là s'élève un tombeau ombragé de
cyprès et d'un saule pleureur ; ces arbustes funèbres couvrent en partie
la pierre tombale de Mme de Comps, épouse d'un secrétaire d'ambassade, sur
cette pierre est gravée une fort touchante élégie qui charme Caillot et le fait
vibrer à l'unisson. Marie-Anne Lepage, veuve Duboccage, née à Rouen, le 10
novembre 1710, morte à Paris, le 21 thermidor an X (9 août 1802),
(quatre-vingt-douze ans) ajoute notre guide, sans s'apercevoir que cette dame
n'est pas ici à sa vraie place :
On
l'admira pour ses talents,
On l'aima
pour ses vertus.
J'aurais
ajouté, dit encore Caillot, sempiternel commentateur : « Le Paradis reconquis et la Colombiade, l'ont placée parmi les
poètes distingués du XVIIIe siècle. »
La piété
filiale de M. Guillois éleva en cet
endroit une urne immense en souvenir de sa mère. « Ci-gît : L.-H.-J. Thomas, ex-vicomte (sic) de
la Tour-Dupin, ancien officier général, âgé de soixante-dix ans, » dont
l'épitaphe est due à l'académicien Delille, le vrai cette fois.
Mme Honorine Lejeans, épouse du
général de division Maurice Mathieu, née
à Marseille, le 12 décembre 1782 :
Modèle des
épouses et des mères,
L'a
enlevée le 16 février 1806,
A
son mari, à son fils, à sa famille éplorée.
- 136 -
« Ce n'est pas une seule larme, dit l'incorrigible auteur, mais des torrents que nous avons à verser sur ces tombeaux. »
La
sensibilité de l'écrivain mise à une telle épreuve trouve moyen de se
manifester abondamment dans les pages 107 et 108 de son opuscule ; Caillot
termine par une apostrophe virulente contre la Faculté et ses suppôts. Les Charlatans de la médecine passent ici un
très vilain moment.
Enfin, voici
notre guide au bout de sa carrière, il réserve pour la péroraison la cénotaphe
de Jean-François Saint-Lambert, né
l'an 1716, le 16 décembre.
Le chantre
des Saisons, mort le 9 février 1803,
trouve un sincère admirateur qui rappelle à la postérité : « que celle qui fut
cinquante ans l'amie du poète fit mettre une pierre sur son tombeau. » Comme il
s'apprête à sortir du vallon, l'intrépide voyageur dirige ses pas vers
l'enfoncement à gauche, en entrant dans le cimetière. Il dit : « Tout ce
terrain, aujourd'hui recouvert d'épaisse verdure, recèle les dépouilles de
plusieurs milliers de victimes de la mort, ô ma chère Valentine Varency !
c'est là que je vis, il y a quatre ans, descendre ton cercueil qui devait
rendre à la terre ta rare beauté que tout le monde admirait et que toi seule
paraissait ignorer. »
Ici Caillot s'abîme dans ses méditations douloureuses,
puis finit la première partie de son livre sans nous faire connaître davantage
La seconde
promenade est consacrée au cimetière du Père-Lachaise, l'auteur y verse autant
de larmes qu'au Champ du Repos, mais cela n'offre aucun intérêt pour le
Bulletin du Vieux-Montmartre.
H. VIAL.
- 137 -
C'est surtout en matière de bibliographie que les
erreurs et les omissions sont fréquentes. J'en suis un nouvel exemple, car dans
mon Essai de Bibliographie de Montmartre
avant 1800 j'avais avancé, après M. Gaston Duval, que le plus ancien livre
imprimé où il fut question de Montmartre était le Quadragésimal spirituel de 1521. Or, il existe à la Bibliothèque
de l'Arsenal, celle même à laquelle était attaché M. Gaston Duval qui ne l'a
pas relevé, un petit in-4° gothique qui, d'après Brunet qui le cite (Manuel T. I, colonne 1865) aurait été
imprimé à Paris à la fin du XVe siècle. Il a pour titre :
Voici
maintenant le passage relatif à Montmartre, au feuillet e i : « Ces glorieux amis de Dieu souffrirent leur martire en
une montaigne qui est près de Paris, laquelle alors avait nom montmercure, pour
ce que les francoys y adoroient icelluy Dieu
principalement. Mais par après eut nom Montmartre, pour l'amour et pour la
grâce du martire que ces saints y souffrirent. Cetteluy martire fut fait le IXe
jour d'octobre : après l'incarnacion notre seigneur jésucrist quatre vingts
seize ans, après la passion soixante quatre ans. »
EUG. LE SENNE.
- 138 -
Le 7 mars 1847, le maire de la commune de Montmartre recevait les deux lettres qui suivent :
Montmartre, le 6 mars 1847.
Monsieur le
Maire,
De vifs chagrins et la perte totale de ma fortune dans un âge avancé, me fait prendre la détermination pénible, mais nécessaire, de quitter un monde où je suis de trop. Ma fille qui, jusqu'à ce jour, ne m'a jamais quittée, partage ce dessein, et je m'adresse à vous pour faire accomplir notre dernière volonté qui est d'être ensevelies dans l'état où nous serons, et sans rien y changer. On trouvera près de nous le linge nécessaire. Nous demandons, de plus, si la chose est possible d'être enterrées dans la même fosse. Je vous demande, en grâce, Monsieur, de faire veiller à ce que ce désir suprême soit exécuté, et vous prie d'agréer, Monsieur, l'assurance de ma considération.
Augustine-Louise-Renée-Françoise
de Launay de Villemessant, âgée de soixante-cinq ans.
Montmartre, le 6 mars 1847,
Monsieur le
Maire,
Je ne fais que vous réitérer la prière que vous a adressée ma mère, c'est-à-dire, vous demander d'être enterrée dans la même fosse et ensevelie dans l'état où je serai trouvée.
Excepté le
terme échu et celui qui court, que je dois au propriétaire de la maison que
nous habitons, et, 23 ou 24 francs à M. Codécheon, marchand boucher à
Montmartre, je ne dois rien en cette commune. Les meubles qui garnissent
l'appartement, appartiennent à M. de Villemessant, mon frère, rue
Larochefoucault, 22 bis. C'est à lui
qu'ils doivent retourner, quand ces deux créances seront acquittées. Soyez
assez bon, Monsieur, pour avoir égard à notre requête, et ne pas séparer, après
la mort, deux personnes qui ont été toujours réunies dans leur vie.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble servante.
Isoline DE LAUNAY DE VILLEMESSANT.
- 139 -
De la lecture de ces lettres, il semble bien résulter que la mort volontaire des deux désespérées est due à deux causes : La première, au préjugé qui rendait leur nom incompatible avec une occupation mercenaire et qu'il les eut, peut-être même empêché de trouver ; la seconde, dans le peu d'aide que leur apportait leur fils et leur frère, dont la seule mention est faite par la fille, à propos des meubles garnissant leur logement et du règlement de leur faible dette.
A cette
époque, le futur rénovateur du Figaro, H.
de Villemessant était à Paris depuis huit ans. Né à Rouen, en 1812, marié à
Blois, pays de sa mère, il avait exercé dans cette ville un commerce de
rubans, qui explique ses débuts à Paris, dans les journaux de modes et de
réclames commerciales. Il avait fondé le journal La Sylphide et affermé, sous le nom de Louise de Saint-Loup, qui
était celui de sa grand'mère, le feuilleton de modes du journal La Presse.
Il a bien cherché à se justifier de la fin tragique de sa mère et de sa sœur, en disant qu'au moment de leur suicide, il était, enfermé, pour dettes, à la prison de la rue de Clichy ; ce qui peut être vrai, car il avait pu obtenir les quelques heures de liberté nécessaires pour la déclaration et l'inhumation.
Cette
inhumation, d'ailleurs, ne tarda pas ; les deux femmes, mortes dans la
nuit du 6 mars, furent enterrées le 7 dans la fosse commune du petit cimetière
de la commune, qui existe encore dans
Les
recherches, que nous avons faites, n'ont pu nous renseigner sur le genre de
mort auquel avaient succombé les dames de Villemessant. En 1847, le reportage
des journaux n'était pas encore inventé, puis, il est probable que Villemessant
obtint, de ses confrères, le silence sur cette affaire sur laquelle les grands
journaux de l'époque sont muets.
Il en aurait
été de même sur le lieu de ce tragique événement. Les actes d'état civil ayant
été anéantis dans les incendies de 1871, et, aucun des membres de la famille ne
les ayant fait reconstituer, c'est dans la riche collection documentaire,
léguée par un curieux érudit, M. Parent de Rozan, à la mairie du XVIe
arrondissement de Paris, qu'il nous a été donné de copier les extraits qui
suivent :
- 140 -
« 1847. 7
mars, vers 2 h. du matin. Décès, rue des Acacias, 12, d'Isoline de Launay de
Villemessant, 37 ans, née à Varsovie, de Jean-Hippolyte Cartier de
Villemessant, et de Laure-Augustine de Launay de Villemessant. Déclarant : son
frère, Jean-Hippolyte de Launay de Villemessant, 34 ans, homme de lettres, rue
La Rochefoucault, 22 bis.
« Même jour, même heure, ibidem.
« Décès de Louise-Augustine de Launay de
Villemessant, 59 ans, née à Blois, veuve de J.-H. Cartier de Villemessant,
fille de Claude-Louis de Launay et de Louise-Renée, Hurault de Saint-Denis.
Déclarant : Jean Hippolyte, son fils. »
Dans les extraits des actes que nous venons de citer, on remarque certaines anomalies, qui pourraient être des erreurs de transcription, mais qui semblent bien avoir une toute autre cause.
Tout
d'abord, le déclarant dit que sa mère est née de Villemessant, ce qui est exact, mais il ajoute qu'elle est veuve de Cartier, aussi de
Villemessant, alors que son père, le colonel Cartier, ne semble avoir aucun
droit à ce nom de Villemessant ; d'autre part, sa mère, dans sa lettre au
maire, ne se dit nullement veuve, probablement pour cause ; puis, il la dit
âgée de 59 ans, alors qu'elle s'en donne 65. Enfin, lui-même ne prend pas le
nom de Cartier, qui ne devait pas, légalement, être le sien.
Il y a bien
longtemps que Jal, dans son Dictionnaire
critique, et tous ceux qui, comme lui, ont relevé un grand nombre d'actes
de l'état civil, ont constaté combien ces actes, et surtout les actes de décès,
contenaient de choses difficiles à expliquer.
On
trouverait, peut-être, l'explication de celles qui nous occupent, en se
reportant aux comptes-rendus du procès intenté, vers 1862, à Villemessant, par
des membres de sa famille, mais, cela nous entraînerait trop loin de l'intérêt
montmartrois de notre sujet.
Nous nous
bornerons à dire que, M. Firmin Maillard, dans un article relatif à l'absence
de sens moral chez certains écrivains, (Revue
icono-bibliographique mai 1902), nous apprend, que, si Villemessant
reproduisit, dans le Figaro, tous les
détails de ce procès, c'était dans le but d'en faire, ce qu'il appelait, « un
crâne numéro » !
On ne verra
probablement pas de sitôt, un journaliste de
- 141 -
l'envergure de Villemessant
diffamant tant de gens, et, le jour où il n'avait personne à se mettre sous la dent,
se mordant lui-même pour « corser » le numéro du journal !
Du drame de 1847, il ne reste à Montmartre, ni le
souvenir, ni celui des lieux qui en furent témoins ; et, la maison du n° 12 de
la rue des Acacias, (aujourd'hui, rue d'Orsel), a été démolie et remplacée par
une construction moderne. Quant au cimetière de
J.-C. WIGGISHOFF.
***
Essai de Bibliographie critique des généralités de l'Histoire de Paris, par Marius
BARROUX, Archiviste de
Comme l'indique le titre de son livre, l'Archiviste de la Seine n'a pas prétendu écrire une Bibliographie de l'Histoire de Paris, ouvrage qui dépasserait les forces d'un homme, il a voulu simplement indiquer en quelques divisions générales : Bibliographie, Catalogues, Revues, Mélanges ; Histoire géographique, naturelle et générale, topographique ; Histoire administrative dans ses subdivisions ; Statistique ; Travaux publics ; Commerce, Industrie et Finances ; Assistance et Hygiène ; Lettres, Sciences et Beaux-Arts, Spectacles et divertissements ; Cultes, etc, il a voulu, dis-je, en ces diverses divisions, indiquer les ouvrages d'ensemble, d'où ont pris leur point de départ les innombrables monographies aujourd'hui écrites sur Paris. Il a joint à l'énumération de ces ouvrages des appréciations sérieuses et utiles : c'est, sous un petit format, un travail appelé à rendre de grands services.
- 142 -
en 1737 – 1738
M. de
Crauzat a bien voulu nous communiquer, pour le publier dans le Bulletin du Vieux Montmartre, un
document des plus intéressants pour l'histoire archéologique de
Ce document,
unique à notre connaissance, est un imprimé in-4 de quatre pages intitulé : Relation d'une nouvelle découverte du 20
juin 1738.
Cette
relation, fantaisiste au suprême degré, reposait sur quelques exactitudes. En
effet, le 4 janvier 1737, des fouilles commencées à Montmartre mirent au jour
des restes de constructions, divers débris et quelques objets. Ces fouilles
furent continuées l'année suivante. Le bruit se répandit à Paris qu'on avait
découvert à Montmartre d'anciens édifices, des souterrains, des caveaux, des
cabinets pavés en mosaïque, des coffres de fer, des étoffes, des grillages.
Lebeuf, commentant ces rumeurs, ajoute : « Voilà les bruits que l'on sème dans
cette ville, et auxquels les gens crédules qui sont ici en plus grand nombre
qu'ailleurs, ajoutent foi. » L'autorité publique, elle-même, fut crédule au
point de décider de faire constater officiellement la nature et la valeur de
ces découvertes. En conséquence, une descente sur les lieux où se faisaient les
fouilles fut pratiquée par la Cour des Monnaies assistée de la justice de
Montmartre.
Le document
que nous publions est le prétendu procès-verbal de cette visite des fouilles de
Montmartre faite par les magistrats.
- 143 -
d'une nouvelle découverte du 20 Juin 1738.
Le Roy tint le 13 du mois de Juin un Conseil
extraordinaire à l'occasion des opositions de l'abbesse de Montmartre touchant
le Trésor qui avoit été découvert le 8 Janvier sous
C'est en conséquence de cette Déclaration que M.
Hérault accompagné des personnes y nommées s'est le 20 juin à 6 heures du matin
transporté au pied de Montmartre ; et, après avoir montré un ordre du Roy à
l'Officier de la Garde qui avait été mis à l'ouverture du souterrain, il a fait
travailler par un détachement de Suisses commandé à cet effet à une excavation
indiquée dans l'endroit par M. Dubois, de
- 144 -
pour faire la descente ;
pendant ce temps M. de la Hire et ses confrères fixèrent le méridien qui passe
sous cette ouverture : et après avoir examiné en dedans la direction de la
Galerie sur cent toises de longueur, ils remontèrent et observèrent que cette
galerie qui décline de 18 degréz seize minutes à l'orient répond aux environs
de l'Eglise de S. Leu, rue S. Denis. En effet, la ligne que Mrs. de l'Académie
dressèrent pour cette moitié, la direction ne se trouve éloignée vers l'occident
que d'un degré 55 minutes du clocher de cette Eglise ; l'on trouve la hauteur
de la galerie de 4 toises depuis le sol jusqu'au milieu du cintre, et de 6
toises de largeur fabriquée de pierre de tailles fort dures, et jointes de.
façon qu'on ne distingue presque pas les pierres d'avec ce qui les lie.
Voilà dans quel ordre on entra dans ce souterrain : il y avoit à la tête 6 Suisses, aiant chacun un falot asiatique que rien ne peut éteindre.
Après les portes-falots marchoient 20 suisses aiant
des pioches, des pelles et des leviers, 6 autres avoient une brouette pour le
transport des terres : derrière ceux-ci marchoient M. Dubois et les
Académiciens avec sept élèves, l'un portoit une boussole de
Après avoir
ainsi parcouru 1452 toises d'une ligne droite du nord mesurée sur 18 degrez
seize minutes de déclinaison, l'on trouva un coude formant un angle de 78
degrés déclinant à l'est nord, dans cet endroit la voute s'exhause de
- 145 -
rie s'élargit d'autant de chaque
côté : dans l'angle rentrant l'on a trouvé une figure de bronze de
Après avoir
parcouru 2.000 toises à compter de l'Angle dont on vient de parler, on a trouvé
un salon de figure elliptique aiant
dix toises sur sept de diamètre, on a estimé que le centre ou la clef de voute
répond au Village du Mesnil-Montant ; dans les foyer de l'eliptique il y a des
cylindres de fer en forme de bariques reliés aussi de fer, lesquels sont posés
sur des espèces de chantier de même métail ; du côté de l'orient il y en a 8 et
du côté du nord 9 ; chacune de ces basiques a
On a
continué la marche jusqu'à 50 toises, et on s'est trouvé arrêté par une grille
de fer de même hauteur et largeur que la galerie ; elle est formée de bareaux
quarrés de
- 146 -
pieds de large sur
Vis-à-vis de douze de ces pilastres il y a douze
Statues d'or représentant des guerriers d'une taille gigantesque, nuës têtes et
aiant les cheveux crêpus, ils ont chacun un bouclier d'argent, tenant une épée
à la main du même métail, dont la lame est courte : ils ont sur la tête une
couronne d'or façonnée en feuilles de chêne ; leur pied d'estail est de marbre
et les bas reliefs de bronze fondu, représentant différons sujets : on voit
dans les uns des champs; au lieu de tentes ce ne sont que des huttes formées de
perches qui paroissent couvertes de gazons ; dans les autres on y voit des
batailles, en celle-ci ce sont des chasses de bêtes fauves, et en celle là des
troupeaux de chèvres et de bœufs avec des troupes de bergers et bergères
dansants : entre chaque pilastre il s'élève une espèce de chandelier dont
la tige d'or de trois pieds de haut est en forme de colonne torse, le pied sur
lequel cette tige d'or est posée est d'argent, et au bout opposé il y a un plat
aussi d'argent de
- 147 -
A droite du Temple du côté de l'Orient, il y a une arcade sur laquelle ayant marché sur l'étendue de deux toises, on entre dans une espèce de Chapelle, dont la base est carrée ayant 3 toises de chaque face, et plat-fond en forme de voute surbaissée ; cette Chapelle est ornée de huit pillastres de marbre, devant lesquels il y a huit Statues d'Argent, représentant des femmes d'une haute structure.
Comme il était tard, M. Hérault jugea à propos d'en remettre l'examen à un autre jour, il voulut néanmoins, avant de sortir du souterrain, reconnaître une autre Chapelle à laquelle une arcade au côté gauche du Temple, semblable à celle que je viens de décrire, fait cimetrie et lui sert d'entrée : cette Chapelle est ornée de pilastres comme la première ; il y a plusieurs Statues sur pied, d'autres posées par terre ; il y a plusieurs cylindres de fer de même forme et grandeur de ceux dont l'on a cy devant parlé.
Dans un des
angles de cette Chapelle, il y a une porte de six pieds de haut sur trois de
large, qui conduit dans un vaste Cloître entouré d'un grand nombre de cellules,
où suivant toute apparence, les Druides se retiraient après les sacrifices, où
ils faisaient leur demeure ordinaire ; dans le quarré intérieur du Cloître, il
y aune pièce d'eau très spacieuse, ce fut là que se termina l'examen de ce jour
: le cortège sortit du souterrain, M. Hérault fit refermer l'entrée par des
matériaux que des Maçons commandez avoient préparés ; il en remit la garde à
cet Officier Commandant le détachement : il monta ensuite dans sa Chaise de
Poste pour se rendre à la Cour, et faire au Roy le récit de ce qu'il avait vû.
***
On donnera la suite de celle Relation au Public, sitôt après les prochaines Visites de ce Trésor.
Sur l'imprimé, à Paris, le 25 juin 1738. Signé, HERAULT.
Permis
d'imprimer le présent, à Caën, ce premier Aoust 1738. Signé, REGNAUD. Pour
l'absence de Messieurs les Lieutenant-Général, et Procureur du Roy de Police.
***
- 148 -
L'auteur de ce très curieux document fournit de telles précisions, des chiffres si exacts, des descriptions à l'allure si savante qu'il dut donner, lors de l'apparition de sa relation, un regain d'actualité à Montmartre et à ses fouilles. Pourtant, à l'époque de sa publication (août 1738), il y avait longtemps déjà que la fable des découvertes merveilleuses faites à Montmartre avait été lancée dans le public et, ensuite, démentie.
La Barre de
Beaumarchais, dans la lettre huitième de ses Amusements littéraires, datée du 11 janvier 1738, s'exprime
ainsi :
« Le sieur
du Bois, Chirurgien Oculiste, prétend avoir découvert un trésor considérable
dans les souterrains de Montmartre, où
il descendit il y a quelque temps. Il assure qu'ils sont parfaitement bien
voutés et conduisent par différentes routes à l'église de St-Leu, rue St-Denis ; qu'il y a dans des niches plusieurs
figures de bronze, un Autel qu'il croit être celui du Dieu Mars, et plusieurs coffres de fer qui lui ont paru être remplis. Il
a trouvé quantité d'os de Morts, et de grands monceaux de hardes, qui se
réduisent en poussière en les touchant. En revenant il a aperçu une grande
porte grillée, qu'il croit être du côté du village de Clignancourt. Il a été sept heures à parcourir ces souterrains, et
il y a beaucoup souffert par
Des nouvelles à la main du 17 janvier racontent l'événement en termes identiques, ajoutant toutefois ce détail, que : du Bois « rapporta avoir vu plusieurs animaux effroyables qui ne lui ont cependant point fait de mal... »
- 149 -
Le 20 janvier, on écrit : « Les travaux que le sieur
Dubois fait faire sur
La Barre de
Beaumarchais, lui aussi, annonce à son correspondant la découverte d'une statue
de
)...
»
Ainsi, par
une heureuse coïncidence, les fouilles faites à Montmartre venaient corroborer
l'étymologie attribuée au mot Paris. Hélas ! la découverte archéologique
était tout aussi fantaisiste que l'étymologie.
Il fallut,
enfin, en convenir, et, c'est en termes bien humbles que La Barre de
Beaumarchais écrit au mois de février :
« Je suis
fâché, Monsieur, de vous avoir écrit avec tant de crédulité sur les
merveilleuses découvertes, qu'un particulier d'ici croiait avoir faites à
Montmartre. Mais pouvais-je me sauver du piège ? Je n'entendais parler que
d'anciens édifices, de souterrains, de caveaux, de conduits fort longs, de
mosaïques, de grillages, de coffres de fer, d'autels, qu'on avait déjà déterrés.
Un Gentilhomme titré se trouvait intéressé comme Principal dans cette
entreprise. La cour des Monnoies et l'abbesse de Montmartre revendiquaient
chacune leurs droits sur les trésors, que les Entrepreneurs se promettaient.
Auriez-vous cru que tant de belles choses se réduiraient à des restes d'un
ancien édifice romain. Voilà pourtant le fait.... »
Rétablissons
maintenant autant que possible, la vérité sur ces fameuses fouilles.
Les fouilles
furent faites non « du côté qui regarde Paris, mais à l'oposite et presque tout
au bas de la Montagne, et au-dessous
- 150 -
de l'endroit où a été élevé en 1736, par ordre du roy, un obélisque pour servir d'alignement à la Méridienne de Paris du côté nord ; c'est l'endroit de la Montagne qui regarde le plus directement le village de Saint-Ouen » (Fig. I).
FIG. I
1. Pyramide,
ordinairement nommée « LA MIRE ».
2. Rue du
Ruisseau.
Caylus précise encore l'emplacement, en spécifiant
que la différence de niveau entre la Pyramide et les ruines était de 16 toises
(
Voici, quel
était l'aspect des ruines découvertes, lorsque Lebeuf les visita :
« Je
n'ai rien trouvé de véritable de tout ce qu'on répandait dans le public, sinon des
restes d'un ancien édifice romain, que les creusées
que l'on venait de faire rendent très reconnaissable... Cet édifice était
partagé en plusieurs chambres ; dans une de ces chambres paraît une ouverture
de brique comme une espèce de fourneau. Il y a, à une autre ouverture de ces
murs,
- 151 -
deux grosses pierres de taille assez
polies, mais sans aucune inscription. »
Dans son Recueil d'Antiquités, Caylus donne un
plan des ruines de Montmartre accompagné des explications suivantes : (Fig.
II).
FIG. II
Plan des
Ruines de Montmartre
« L. M. - Masses de pierres, ou plutôt corps de murs, dont la liaison est si solide, que, malgré l'inclinaison, ou le surplomb où elles se trouvent à présent, comme on le voit par le plan et par l'élévation, la durée doit être encore bien longue. C'est une preuve de la bonne bâtisse des anciens. On peut d'ailleurs remarquer, en examinant ces ruines, l'usage que les romains avaient de placer trois lits de briques dans les intervalles des pierres, ainsi qu'on l'a vu pratiqué dans le palais des Thermes. (Fig. III).
« N. -
Portions de murs à fleur de terre. Quelques-unes semblent indiquer des
naissances de voûtes, mais on pourrait
- 152 -
présumer que ces naissances ne
paraissent telles, que par la pente de ces murs.
« O. - Corps d'un mur qui forme une petite enceinte. Ce sont vraisemblablement les restes d'une salle ; ce qu'il y a de certain, c'est qu'on y a trouvé les débris de différents fourneaux : comme je les ai vus, je puis en répondre.
« P. P. -
Ces deux endroits ont été fouillés et regardés comme des souterrains ; ils
étaient en partie pavés de tranches d'albâtre, lors de la fouille que l'on
commença le 4 janvier 1737.
FIG. III
VUE DES
RUINES.
« On y a trouvé différens morceaux qui ne peuvent avoir servi qu'à une fonderie ; j'en ai quelques-uns de terre cuite, ainsi qu'un bout de corniche d'albâtre d'environ six pouces d'épaisseur. On y voyait une Doucine couronnée du Listel ou Quarré. On trouve dans toute l'étendue de ce terrain des éclats de cette pierre, sur lesquels on distingue l'ancien travail » (1).
Lebeuf aperçut « dans les terres remuées pour chercher des fondations, quelques pierres fort plates, ciselées et ouvragées, bien des restes de canaux de terre rouge, comme sont nos tuilles et assez tendres, et plusieurs restes de douilles de bouteilles de terre, comme s'il y avait eu en cet endroit une poterie. D'autres m'ont assuré qu'on y avait trouvé des espèces de creusets, ce qui indiquerait autre chose. »
(1) Cf. Caylus, Recueil
d'Antiquités, t. III, p. 372 et suiv.
- 153 -
Parmi ces vestiges, peu importants, on trouva deux objets beaucoup plus intéressants : une tête et un bras en bronze, dont voici, d'après Caylus, l'histoire et la description :
« C'est dans
cette même fonderie que la tête de bronze a été trouvée, voici l'histoire de ce
fait.
« En
visitant le catalogue manuscrit du cabinet que M. Génévrier, médecin de la
Faculté de Paris, avait rassemblé, j'ai lu (car il se rendait compte de ses
emplettes) : Une tête de bronze, grande
comme nature, qui représente Cœlius Caldus, consul, achetée 12 liv. d'un ouvrier
qui travaille à la fouille de Montmartre.
« Ce prix modique ajoute une preuve à la vérité de l'emplette et à celle de sa découverte, d'autant même que cette tête était accompagnée d'un autre bronze compris dans le même prix. Je puis certifier, par toutes les perquisitions que j'ai eu soin de faire, que cette tête a passé du cabinet de M. Génévrier dans celui de M. Lainé. Sans savoir son origine, qui m'était alors assez indifférente, j'en avais autrefois conseillé l'emplette à un de nies amis, et je l'ai retrouvée chez lui, lorsque réveillé par le catalogue que je viens de citer, j'ai désiré de pouvoir joindre cette antiquité à celles que j'ai rassemblées comme venant de Paris.
« Je
commence par convenir que le volume et le poids de cette Tête ont pu permettre
de la transporter de Rome : mais comme elle a été trouvée dans une
fonderie, cette circonstance fait naître un préjugé, qui mérite quelque
considération, d'autant que l'opération de la fonte est peu compliquée en
elle-même, et que le moule a toujours conduit les hommes les moins intelligens.
D'ailleurs le travail du visage est sec, et la ressemblance en est peinée, la
tête cependant est très bien dans ses proportions, et les cheveux sont d'une
très belle exécution. Le temps a causé quelques fentes à la matière ; mais
elles sont légères, et n'ont exigé aucune restauration ; cette même
matière est employée fort légèrement. Au reste, on ne peut dire, par la
disposition de la tête, si elle a toujours fait un buste, ou si elle a été
jointe à la totalité de la figure.
« C. Cœlius
Caldus, fut consul de l'an 660 de Rome, 94 avant l'ère chrétienne, je suis bien
éloigné de penser que ce portrait ait été
- 154 -
fondu à Paris sous le Consulat de ce romain, mais il peut l’avoir été longtemps après sa mort. Quelque romain établi dans cette ville, et occupant un emploi considérable, attaché à la famille de ce consul, peut avoir fait venir un creux d'Italie, et l'avoir fait jeter en bronze à Paris... Quoiqu'il en soit, il n'y a point de cabinet où l'on ne reçut avec joie une tête de consul bien conservée et bien avouée, soit pour la ressemblance, soit pour l'antiquité.
« La tête avec la partie du cou, telle enfin
qu'elle est présentée, a treize pouces de hauteur (340 mill.) » (Fig. IV).
FIG. IV
BRONZE
TROUVE A MONTMARTRE
(Conservé au Cabinet des Médailles de
On ne sait, où se trouve, actuellement, ce bras de bronze ; tant qu'à la tête, elle fut donnée par Caylus au cabinet des antiques du Roi. Elle est exposée, maintenant, dans le cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale, sous le numéro 828 du Cata-
- 155 -
logue, où, elle est mentionnée, comme représentant
les traits de Lépide ou de Cœlius Caldus (1).
Ainsi, aujourd'hui, on ne
sait à qui attribuer cette tête. L'attribution faite par Génévrier, et ensuite,
par Caylus, a été contestée fortement par M. A. Duchalais, dans une note lue le
28 février 1851 à la Société des antiquaires de France (2). Cet auteur fait remarquer
que Caylus trouvait que la ressemblance était peinée, il ajoute qu'elle est même fort peinée, car, en comparant
le profil de la tête du bronze avec celui frappé sur les deniers de
« A ce propos, nous
ajouterons que le dessinateur de Caylus s'est montré trop docile aux préoccupations
de cet érudit, et qu'il a aidé à la ressemblance de la médaille et du buste, en
donnant, au nez de ce dernier, une légère courbature qui n'existe pas dans
l'original. » (Voy. Rec. d'Antiq. t.
III, pl. CVIII.)
Enfin, il est plus logique
de penser qu'on ait songé à couler la tête de Lépide, personnage important, qui
occupa un poste éminent en Gaule, dont une partie lui avait été concédée par
Octave, plutôt qu'une statue de Coelius dont l'histoire ne dit que peu de
choses.
Pour appuyer sa
thèse, et permettre la comparaison, M. A. Duchalais accompagnait sa note d'une
reproduction de la tête de bronze, vue de profil, et de deux deniers : le
premier, représentant le triumvir Lépide, et l'autre Cœlius Caldus.
Enfin, un autre
savant, J. Bernouilli, dans son Iconographie
romaine, augmente encore l'incertitude, en prétendant, qu'aucune raison
solide ne permet de reconnaître, dans cette tête, celle de Lépide ou de Cœlius.
En résumé, de l'ensemble
de ces documents fantaisistes et sérieux, s'il résulte une certitude sur la
réalité des fouilles et des objets trouvés, il subsiste néanmoins beaucoup de
doutes, comme nous venons de le voir, sur l'identification du principal
(1)
L. Babelon et J.-A. Blanchet, Catalogue des Bronzes de
(2)
Mémoires de la Soc. des Antiquaires de France tome 21, année 1852, in-8°, p.
309.
- 156 -
objet. En ce qui concerné les ruines
proprement dites, tous les auteurs s'accordent à reconnaître qu'il y eut à cet
endroit un fourneau, destiné à une poterie, pense Lebeuf, sans toutefois
l'affirmer ; à une fonderie affirme, au contraire, Caylus. Mais, un
troisième archéologue, Guilhermy, est d'un avis différent et il croit qu'il
s'agit d'un hypocauste.
Souhaitons qu'un document nouveau, mais authentique, comme, par exemple, le véritable procès-verbal de visite des fouilles par la Cour des Monnaies assistée de la justice de Montmartre, vienne nous donner des détails nouveaux, assez précis pour nous permettre de fixer notre opinion, au moins sur la destination des constructions, dont les derniers vestiges furent découverts en 1737 et 1738.
Louis RADIGUER.
***
Ce numéro était
déjà sous presse quand nous avons appris la mort de deux hommes qui ont rendu
au Vieux Montmartre d'éminents
services : Fernand Bournon, et Henri Vial dont le présent numéro contient
le dernier article.
Notre
prochain numéro consacrera une notice détaillée à ces deux collègues, dont la
perte nous cause de profonds regrets.
- 157 -
A
Extraits des Procès-verbaux des dix premières années
1898-1907
1898
Tableau des
opérations de Voirie. Mire de Montmartre
Procès-verbal de la séance du 5 Mai.................................... ............................................................................................................ 12 à 14
Ancienne conduite d'eau de Montmartre.
Procès-verbal de la séance du 10 Novembre........................ ............................................................................................................ 4
PLANCHES. - Coupes sur la travée de la nef de l'Eglise Saint-Pierre ; Plan de l'église. Procès-verbal de la séance du 2 Juin.
1899
Objets d'art
dans les églises de :
Saint-Bernard de la Chapelle................................................ ............................................................................................................ 280
Saint-Denis de la Chapelle................................................... ............................................................................................................ 281
N.-D. de Clignancourt......................................................... ............................................................................................................ 299
N.-D. de Lorette………………………………………….. 297
Saint-Pierre de Montmartre ................................................. ............................................................................................................ 299
La Trinité ............................................................................ ............................................................................................................ 302
1900
Renseignements
relatifs au fonctionnement du service des Archives du Dépt de la
Seine, quai Henri IV 152
à 153
1901
- 158 -
Capon, Les Tivolis ............................................................................. ............................................................................................................ 96
Communication
des plans du nouveau square à édifier sur
Découverte
d'une pierre tumulaire du XIIe siècle à l'église Saint-Pierre de
Montmartre ............................................................................................................ 108
Communication
de M. Ch. Sellier relative au tombeau de
aux sépultures conventuelles et paroissiales de Montmartre .. ............................................................................................................ 109 à 119
Bas-reliefs de l'ancien Tivoli dits de l'avenue des Tilleuls ................ ............................................................................................................ 138
Vote d'un
crédit de 500 fr. pour les fouilles à faire dans l'église Saint-Pierre............................................................................................ 154
PLANCHE.
- Fragment de la pierre tombale de
l'église Saint-Pierre lors de la restauration de cet édifice en 1901……………. ............................................................................................ 123
1902
Observations au sujet de l'acquisition des bas-reliefs de l'avenue des Tilleuls attribués à Bouchardon…............................................................................................................ 13
Envoi d'un
ouvrage de M. Gaston Capon Les petites
Maisons galantes de Paris............................................................................................ 44
Affiche
électorale sur les monuments artistiques (IXe, XVIIIe arrts)............................................................................................ 56-58
Insertion au
procès-verbal de l'arrêté préfectoral relatif à l'affichage électoral (IXe
et XVIIIe arrt)............................................................................................................ 79
Rapport relatif à la demande faite par la fabrique de l'église Saint-Denis de La Chapelle tendant à
aliéner à son profit des objets d'art garnissant le monument ............................................................................................ 83
Reproduction de deux portes en bois sculpté situées dans l'Eglise Saint-Denis de La Chapelle ............................................................................................................ 96
Communication de M. Ch. Sellier relative à la maison de la rue de La Chapelle, 122, et au cabaret « Le Faucheur »............................................................................................................ 97
Transmission aux services compétents et aux personnes intéressées des décisions prises
au cours de la séance du 10 avril 1902………………………. 108
PLANCHE. -
L'une des deux portes en bois sculpté et doré de style Louis XIV décorant jadis
l'ancien chœur
de l'église Saint-Denis de La
Chapelle (2e photo) ........................................................................ 100
- 159 -
1903
Salle des
fêtes dé la mairie du XVIIIe arrondissement…………............................................................................................. 169
Eglise Saint-Pierre de Montmartre. Liquidation des fouilles ordonnées par la commission 171
Tableau de
concordance entre le numérotage actuel d'un certain nombre de maisons de
l'ancien Paris et
les différents numérotages que ces
mêmes maisons ont portés à diverses époques............................................................................................................ 292
Annexe au
procès-verbal de la séance du 12 novembre 1903......... ............................................................................................................ 162
Le parc de
Trétaigne .................................................................... ............................................................................................................ 301
1904
Interdiction
d'affichage électoral sur les édifices et monuments ayant un caractère
artistique
(IXe et XVIIIe
arrondissements)………………..…………. ...................................................................................................... 168
1905
Découverte
d'un parchemin dans l'église Saint-Pierre de Montmartre.......................................................................................... 162
1906
Observation de M. Wiggishoff au sujet du manuscrit trouvé dans un pilier de Saint-Pierre ............................................................................................................ 57
Communications
relatives à la liquidation des congrégations religieuses (IXe et
XVIIIe arrondissements) ............................................................................................................ 192-193
Concession au Vieux Montmartre des procès-verbaux de la Commission du Vieux Paris ............................................................................................................ 295
- 160 -
tification faite par M. Victor Perrot des bas-reliefs de l'avenue des Tilleuls et de leur attribution à Adam le Cadet ............................................................................................................ 294
1907
Démolition de
l'ancienne mairie de la Chapelle, ancienne justice de paix du XVIIIe
arrondissement 5
Pose d'une inscription rappelant l'ancienne rue Saint-Denis à Montmartre aujourd'hui rue du Mont-Cenis...................................................................................................... 203
Avis au
sujet des projets de classement des églises de Paris (IXe et XVIIIe
arrondissements)........................................................................................... 291
et 293
Réimpression
de la nomenclature officielle des voies de Paris (XVIIIe
arrondissement) 420
V. P.
Fac-similé du parchemin trouvé dans un pilier de l'église
Saint-Pierre
le 24 juin 1905
(Voir le Bulletin, n° 55-56, pages 69-70.)
- xxv -
ACTES DE LA SOCIÉTÉ
Rapport du Secrétaire Général
(Exercice 1908)
MESSIEURS ET
CHERS COLLÈGUES,
Boileau s'écrie, au début d'une de ses épîtres : « Grand Roi, cesse de vaincre ou je cesse d'écrire. » - Votre Secrétaire général serait bien tenté de vous adresser cette objurgation. Quand il puise les éléments de ce rapport au registre des procès-verbaux, les notes s'accumulent plus nombreuses chaque année et le recueil en question semble un peu converti en tonneau des Danaïdes.
Vous avez tenu cette année 14 séances, je pourrais dire officielles, mais l'afflux toujours croissant des pièces de toutes sortes amoncelées ici a déterminé certains d'entre vous à se réunir hebdomadairement pour classer, coordonner au fur et à mesure et permettre de glaner rapidement dans ce jardin des racines… montmartroises. MM. Blondel, Raulet, Lazard, O'Kelly de Galway et Prod'homme sont des plus assidus à ces agapes intellectuelles ; votre Président y a élaboré l'organisation nouvelle de ce Musée et, par l'exposé rapide que je vais vous faire des dons récemment acquis, vous verrez, Messieurs, qu'il a été fait ample besogne.
Remercions
tout d'abord les rédactions et sociétés nous faisant le service gracieux de
leurs périodiques. Je signalerai le Boulevardier,
le Journal des Soirées Mondaines, la
Correspondance historique et
archéologique de MM. Bournon et Mareuse, les bulletins : du Touring-Club, du Vieux-Papier, de l'Histoire
de Paris et de l'Ile de France, du Vieux
Paris, et des Sociétés fondées dans les 4e, 5e, 6e,
7e, 8e, 13e et 16e arrondissements,
dont le Vieux Montmartre fut l'aîné.
Comme le
botaniste composant son herbier on découvre, dans les feuilles publiques, au
hasard de la lecture, des anecdotes intéressantes. MM. Meusy et Cortaillod collectionnent
les menus-faits locaux. MM. Wiggishoff,
Prod'homme, Capon, O'Kelly de Galway, Bargallo et Raulet collaborent à ce volumineux dossier dans lequel M. Delarue a versé des articles cultuels et
M. Gaignette, des journaux édités
entre nos petites frontières.
M. Lambard de Colnet envoie un autographe de feu
Etienne Charavay et la signature de Rattier, représentant du peuple en 48.
Si des
petits coins de Montmartre, - celui-ci en est un, - sont réservés à la
silencieuse étude, de vastes carrefours, on peut le dire, sont consacrés à la
joie de vivre, aussi, les affiches, programmes, menus des bals, concerts ou
cabarets rutilants débordent de nos cartons, apportés par MM. Delarue, O'Kelly de Galway, Lazard, Grangez
ou Wiggishoff.
- xxvj -
S'agit-il de cartes postales et de photographies ? MM. Debray, O'Kelly de Galway, Prod'homme, Fleurentin et Cortaillod nous en fourniront d'autant plus intéressantes qu'elles seront souvent produites par les donateurs. Les photographies en couleurs tirées par M. Godefroy, rue Lacépède, de poteries extraites des fouilles du réservoir vous ont été communiquées par M. Mareuse ; elles manquent dans nos archives.
Pour les
gravures, nos Collègues savent que nous les apprécions vivement. MM. Artus, Fleurentin, Lazard nous en ont apporté
de bien jolies. M. Fleurentin y a
joint une aquarelle de M. Blot, M. Kleinmann,
le menu dessiné par Willette du banquet donné à l'occasion de sa nomination
dans la Légion d'honneur. M. Rostaing-Valaisa
nous permet d'appendre à nos murs 3 toiles dues au pinceau de son père,
notre regretté collègue.
Le 15
janvier dernier, s'éteignait à Alger Mme
Vve Vigliano, née Viguier qui,
par testament du 25 octobre 1907, léguait au « Vieux Montmartre » son portrait,
celui de sa mère et 9 peintures de Waldemar Todé. Les formalités
s'accomplissent, nous ne connaissons pas les œuvres offertes à notre Musée,
mais nous avons été touchés de la pensée suprême inspirant la donatrice, native
du lieu, sans doute, et qui ne pensa mieux faire, pour assurer la conservation
de chers souvenirs, que de les confier à notre vigilance.
Des cartes
de Paris s'ajoutent à notre atlas : la reproduction du plan de Gomboust par M. Gabriel Fabre, celle du plan de 1530,
par M. Le Senne, enfin le plan de
Paris et de ses environs immédiats de Jouvin de Rochefort qui vient d'être
réédité d'après l'exemplaire extrait des collections de M. Victor Perrot.
Nombreux
sont les volumes dont vous avez bien voulu, Messieurs et chers Collègues,
grossir les rayons de notre bibliothèque. Je citerai comme les ayant
offerts :
M. Cortaillod, pour les « cabarets artistiques » de
Valbel, pour le « Triomphe du Christ » de Guy de Pierrefeux, pour un cahier de
dessins, plans et coupes ayant servi en 1907 et 1908 aux travaux de l'église
Saint Pierre ;
M. D. Lacroix : une notice sur M. Clemenceau ;
M. Bargallo : le « Dossier de la Commune devant
les Conseils de Guerre » ; une plaquette de Louis Enault sur « Victor Orsel » ;
M. Miguet : « N.-D. de Lorette » ; « Etude sur
Saint-Pierre de Montmartre » ;
M. Victor Perrot : son mémoire sur « le Vieil
Hôtel solitaire des Champs Elysées » ;
M. de Crauzat : son étude sur
M. Marcel Poëte : le Catalogue de la Bibliothèque de
la Ville de Paris ;
M. Circaud : celui de l'Exposition rétrospective
de Neuilly ;
M. Champion : l'album « Légende de Saint-Denis
», par H. Martin ;
Mme Vve Greder, que nous remercions particulièrement
: le Calendrier perpétuel de D. Perier, « Loisirs d'Art », études sur deux
peintres : Jacques Rousseau et Louis de Nameur et « Retour de la Foire de
Bezons aux XVIIe et XVIIIe siècles » ; ces quatre
brochures écrites par son défunt mari et jointes à des notes nombreuses sur des
thèmes variés.
Cette année
aussi, comme par le passé, M. Gendron assura
la reliure artistique de quatre volumes tirés de notre ancien fonds.
Notre
vitrine reçoit de M. Barbier une
assiette-réclame rappelant la gloire naissante de Crespin aîné, de Vidouville.
M. Wersing, architecte (nous espérons le voir
bientôt au milieu de nous), a
- xxvij -
envoyé un morceau de gypse en
formation extrait d'un terrain rue Ramey et une coquille pétrifiée recueillie
dans une carrière de Saint-Denis.
La subvention de la Ville est toujours
***
Si,
Messieurs, vous accumulez avec joie les documents propres à vos travaux ce
n'est pas pour les cacher avec un soin jaloux comme le collectionneur dont un
regard indiscret peut déflorer le mystérieux trésor. Ce Musée est public ; tous
les dimanches, de janvier à mai, le service de garde en fut assuré par l'un de
nous et le 1er dimanche du mois, en toutes saisons, notre archiviste
se tint à la disposition des visiteurs. Le 22 décembre dernier, M. Cortaillod y recevait la Fédération des Universités Populaires, comme le 5
janvier suivant,
Dernièrement,
M. Mareuse assista pour vous, Messieurs, au
Congrès des Sociétés savantes ouvert, le 21 avril, à
Sur
invitation de M. Marcel Poëte plusieurs d'entre vous assistèrent à
l'inauguration de l'Exposition faite sous ce titre, à la Bibliothèque de la
Ville ; « Une promenade à travers Paris au temps des Romantiques. » Comme pour
l'Histoire du Théâtre aux Arts décoratifs, M.
Hartmann, l'un des nôtres, fournit un certain nombre d'estampes.
Conviés aussi
à l'inauguration du buste de Le Grandais nous nous sommes abstenus parce que le
« Vieux Montmartre » a pour règle absolue de ne prendre part à aucune
manifestation politique, que la nuance en soit tendre ou foncée. Par contre,
comme la musique adoucit les mœurs, - on le dit du moins, - le groupe
artistique formé par vous, Messieurs, n'a pas hésité à verser son obole en vue
de l'érection d'une plaque commémorative sur la maison habitée par Berlioz, rue
du Mont-Cenis, et ainsi consacrée aux Muses par sa présence.
Egalement,
vous avez signé la pétition lancée par la revue « la Pomme » pour la
préservation du Mont Saint-Michel, merveille d'art minée par les vagues
contrariées par une digue intempestive lui enlevant l'isolement farouche qui
soulignait son imposante grandeur.
Vous-mêmes
assistez, chers Collègues, à l'agonie de notre vieille butte. Tous les jours
disparaît un coin agreste, une vétuste propriété, et l'on porte la cognée dans
les dernières frondaisons. En février prochain
- xxviij -
dure ombrageant, il y a 40 ans,
l'abreuvoir et la Fontaine du But, paysage unique dans Paris et qui eut dû être
conservé pour son charme pittoresque.
Pour posséder
les vues intérieures d'immeubles dont nous désirons garder l'image MM. Lazard et Wiggishoff demandent le droit de visite à leurs propriétaires. MM.
Cortaillod, Barbier, George et Maës les photographieront, procédant comme
l'administration lors des expropriations parisiennes.
***
J'ai indiqué le plus sommairement possible vos acquisitions nouvelles, excusez-moi, mes chers collègues, si, voulant examiner en détail l'emploi de vos séances, je retiens quelques instants encore votre attention. Je dois enregistrer les efforts tentés par vous pour léguer aux générations futures l'historique de cette commune. Nous plantons, en ce moment, un grand arbre, nous n'en recueillerons pas les fruits mois, comme dit le fabuliste : « Nos arrière-neveux nous devront cet ombrage. »
M. Cortaillod poursuit sa série
d'Ephémérides montmartroises et nous indique, d'après les statistiques
officielles, diverses altitudes, entre autres celle du sol de l'église
Saint-Pierre (129m990), battant le record des autres collines parisiennes. M. O'Kelly de Galway fournit des notes sur
la porcelaine de Clignancourt, sur une vue panoramique de Paris à l'Exposition
de l'hôtel Saint-Fargeau et sur l'acte de décès, en 1831, d'un soldat appelé
Montmartre.
M. Bargallo vous a parlé, comme MM. Wiggishoff et D. Lacroix des dames Spinelli et Bertrand, descendantes du peintre
Restout et des deux Corneille. Ses notes concernent aussi le Dr
Ostaly et les Clubs électoraux du lieu, en 1848.
M. Vor Perrot vous a offert le texte de sa
causerie, au " Vieux Papier ", sur les principaux recueils de vues de
Paris.
Un officier
anonyme a procuré des renseignements architecturaux sur la nouvelle caserne du
boulevard Ney.
M. Lombard de Colnet, poursuivant sa
généalogie et celle de la Maison de Trétoigne, toigne, fait la biographie de
son grand oncle, Ch. Joseph Colnet du Ravet, homme de lettres (1708-1832).
M. D. Lacroix vous a entretenu d'un
mendiant célèbre surnommé le « Père Éternel », d'une fille de Lucien Barrois,
de l'impasse du « Pré Maudit », dont le nom fantastique garde de nos
jours, une saveur moyenâgeuse.
M. Vial analyse d'une façon piquante Un Voyage pittoresque et sentimental au
Champ du Repos en 1808 et nous procure la reproduction agrandie d'une
vignette servant de frontispice à ce volume.
M. Capon signale l'ouvrage ancien
intitulé : Les Progrès du
Libertinage.
M. de Crauzat analyse l'opuscule du Dr
Prost, successeur du Dr Blanche en sa
- xxix -
Maison de Santé et résume les
recettes et dépenses de l'Asile de la Providence en 1824.
M. Georges Montorgueil a copié une scène de
Revue de 1860 qui se passe à Montmartre et publié dans l' « Eclair »,
sur plusieurs faits locaux, des articles rédigés en ce style agréable
dissimulant l'aridité des dates sous le manteau de l'anecdote. Nous vous avons
signalé surtout la chronique sur l'affaire Praslin à laquelle fut mêlée une
petite-fille de Félix Desportes.
Une autre
fois nous vous parlions de la fête projetée de la Musette, organisée par M. Félix. Elle se déroulera sur nos places,
l'an prochain. Nous avons noté des plaques de rues désuètes encore apposées sur
nos murs, et la séance du Comité de vigilance des Citoyennes républicaines du
XVIIIIe arrondissement tenue par ces féministes (déjà), le 6
Grâce à M. Raulet à qui vous devez le classement méthodique
de vos journaux et la constitution d'un dossier spécial sur notre Société, nous
pûmes vous communiquer l'article paru dans Paris-Montmartre
le 3 octobre 1886, signé : « Un témoin », (dans l'espèce Mr
Lamquet), où sont relatées les origines du « Vieux Montmartre ». De cette
création, l'idée surgit le 24 Mai de la même année au cours d'une promenade
accomplie dans les sentiers de la butte par MM. Charles Sellier, Noro, Lamquet
et Morel. Le 4 juin suivant, chez Dorlencourt, au Rocher Suisse, le « Vieux
Montmartre » était fondé par les précités auxquels s'étaient adjoints MM. Bin,
Mauzin, Rab, Wiggishoff et Toussaint Martel. L'article signalé ici vaut d'être
reproduit ; n'est-ce pas, à vrai dire, notre acte de naissance ?
M. Wiggishoff vous parla d'un différend
survenu le 29 avril 1493, entre l'abbaye de Montmartre et celle de
Saint-Germain-l'Auxerrois. Il rédigea une notice sur Oscar de Poli,
conférencier distingué dont le verbe éloquent contribua, certes, à la
conservation des arènes de Paris. Sous ce titre : « Un drame à Montmartre en
De son côté,
M. Lazard prit une part si active à
vos séances que je ne puis qu'indiquer la substance de ses travaux. Citant 2
feuilles anciennes : Les lettres du
Diable (1766) et le Monde Nouveau (1849),
le testament de Loys, vicomte de Polignac, fait à l'abbaye en 1584, il exhume
des Comptes des Bâtiments du Roi la
note de recette, en date du 25 novembre 1666, pour vente d'une pièce de terre
sise au-dessous de Montmartre. Il soupçonne que la Gazelle des environs de Paris de 1786 doit renfermer des
renseignements utiles. Au cours de ses recherches, notre collègue laisse des
notules sur
- xxx -
les épreuves photographiques de
tableaux sur la localité qui seront éditées par la Société d'Iconographie
parisienne ; nous donne des conférences sur : les « divertissements de la rue
à Montmartre sous l'ancien régime », sur nos Cabarets pendant les règnes de
Louis XIV et Louis XV, sur l' « agriculture montmartroise » et enfin alimente
nos publications du compte-rendu des séances du Comité révolutionnaire local (4
janvier 1794 au 10 septembre suivant) et du relevé des documents concernant les
IXe et XVIIIe arrondissements puisés dans
***
Tous les ans, hélas ! la mort vient frapper à notre porte et trois d'entre nous : MM. Voriot, Gustave de Guilhermy et Sauvageot ont dû répondre à son impérieux appel. M. le colonel de Guilhermy était le frère de François-Ferdinand, auteur du Mémoire publié par notre Société et cet hommage rendu à une personne aimée fit entrer dans nos rangs un noble soldat attristé d'être tenu éloigné de nous par son grand âge. M. Sauvageot a droit à la vive reconnaissance de tous les archéologues, pour l'habileté scrupuleuse avec laquelle il assura la restauration de Saint-Pierre de Montmartre, respectant le plan primitif, encastrant les vieilles pierres dans les nouvelles rigoureusement indispensables, sauvant enfin de la ruine un monument remarquable pour sa belle unité et son âge vénérable. Nous saluons une dernière fois nos chers disparus, et nous associons de cœur à nos amis frappés dans leur affection : M. Hutpin, séparé de son fils, MM. Willette et Rostaing-Valaisa de leur mère. Si les défunts ne répondent pas à nos clameurs désespérées ne nous semble-t-il pas, Messieurs, qu'ils doivent avoir moins froid quand passe sur leur tombe la chaleur de notre affectueux souvenir ?
Nous
regrettons le départ, pour diverses causes, de MM. Pillot, Dr
Rabant, Grangez, Drapier, Charrot, Reygasse-Villeneuve, Castellar, Charnacé,
Ch. Bonheur, Faverot, Jouanneau, Lefebvre-Saint-Maur et Parrès. Les
circonstances leur permettront peut-être de rentrer parmi nous comme M. Gabriel
Favre. Ils seront les bienvenus au même titre que les nouvelles personnes
accueillies récemment et dont les noms suivent : Mme Vve Voriot, Mme Beauchamp,
Mlle Ledreu et MM. Vernet, Martin Bled, Burgevin, P. Jarry, Ernest Hugny,
Gaston Lefebvre, Tumbeuf, Jacques Doucet, Alexis Helmuth, Auguste Ternois, Ch.
Bertrand, Bruat, Raphaël Planque, Louis Noguère, René Thiébaut, Eug. Wagner, Dr
Dally, Achille Maynier, Al. Besançon, Louis Perret, Fernand Naillon, P.
Maréchal, Francis Casadesus, abbé Patureau, Victor Pagès, Albert Vuaflart, E.
Raynal, L. Maës et Henri Prou.
Sous le coup
de douleurs très vives et profondément frappé par l'affaiblissement de sa vue, M. Wiggishoff a crû devoir résilier la
présidence effective de notre Société, malgré les amicales et pressantes
insistances de tous. Vous avez pu constater, Messieurs, l'énergie avec
laquelle notre érudit Collègue réagissait contre les difficultés de sa position
et la somme toujours considérable d'études fournie par lui. Votre Comité, vous
devançant dans l'expression de votre reconnaissance pour des services rendus 22
ans durant a nommé, en janvier, M.
Wiggishoff, Président honoraire. Vous ratifierez cet acte d'enthousiasme,
nous n'en doutons
- xxxj -
pas, en associant à cette sorte
d'ovation, M. Ch. Sellier, fondateur
du « Vieux Montmartre », son Président pendant plusieurs années et l'auteur de
l'ouvrage le plus savant et le plus complet que nous possédions sur notre
historique village.
Au cours de
cette année. M. Lestrade obtint la médaille de bronze et M. Paul Munier, la
médaille d'or de la Mutualité, MM. le Dr Chandebois, Gouault, Marcel
Poëte, Prod'homme, Delarue, Compan et Casadesus ont eu la rosette d'instruction
publique. L'académie des Inscriptions et Belles-Lettres récompensa d'une part
du prix Berger, M. Paul Lacombe en raison de son travail sur les livres
d'heures conservés dans les Bibliothèques de Paris. Enfin, M. Georges Lemaire
enlevait, au Salon, la médaille d'honneur pour la gravure en médailles et
pierres fines. Nous sommes fiers de compter parmi nous des Membres distingués
par les mérites les plus divers et leur sommes reconnaissants de l'éclat qui en
rejaillit sur le « Vieux Montmartre ».
Le Secrétaire général,
EUG. GAIGNETTE.
- xxxij -
POUR L'ANNÉE 1908
|
Avoir : report au 1er janvier 1908 Subvention pour 1907 Cotisations Vente de fascicules Vente de l'ouvrage de Guilhermy
|
|
|
434.00 250.00 1.033.45 82.00 14.00
1.813.45 |
|
Loyer, entretien, étrennes Eclairage, chauffage, divers Assurance incendie Aménagement, mobilier Fournitures de bureau |
|
|
604.90 44.10 mémoire 88.30 8.50 |
|
Fascicule trimestriel
Compte-rendu mensuel
Correspondance Cotisations à la charge de la
Société, souscription Berlioz, etc.
|
impression illustration distribution impression distribution
|
282.15
115.90
|
398.05
71.60 20.10
1.235.15 |
|
Recettes Dépenses Différence : Avoir au 1er Janvier 1909 |
|
|
1.813.45 1.227.30 586.15 |
LE TRÉSORIER.
- xxxiij -
Liste
des Membres de la Société
(Décembre
1908)
M. J. C. WIGGISHOFF,
,
Membre de la Commission du Vieux Paris,
Ch. SELLIER,
O.
,
conservateur-adjoint du Musée Carnavalet.
MEMBRES DU
COMITÉ 1908
MM. ARTUS.
BARBIER.
BLONDEL.
BURGEVIN.
CAPON.
CAZALIÈRES.
COMPAN, O.
.
CORTAILLOD
(Ch.).
DE CRAUZAT.
DELARUE.
DELCOURT
(Pierre), O.
.
DUVAL
(Gaston).
FABRE
Gabriel, O.
.
GAIGNETTE
(Eugène),
.
HUTPIN
(Georges).
LAZARD
(Lucien),
.
LENSEIGNE
(Henri).
LE SENNE
(Eugène).
MAREUSE
(Edgard), O.
.
MAUZIN
(Jules),
.
MONTORGUEUIL
(Georges),
.
MONIN, O.
.
Cte O'KELLY
DE GALWAY,
.
Docteur
OLLIVIER, O.
.
PERROT
(Victor).
PROD'HOMME
(J.-G.), O.
.
RADIGUER
(Louis).
SAFFREY
(Henri).
TERNOIS.
MEMBRES DU
BUREAU
Président : MM. CH.
CORTAILLOD.
1er Vice-Président : EUG. LE SENNE.
2e Vice-Président : J.-G.
PROD’HOMME.
Secrétaire-Général : EUG. GAIGNETTE.
Secrétaire-Général adjoint : HUTPIN.
Secrétaire-Général de Rédaction : L. RADIGUER.
Archiviste : O’KELLY
DE GALWAY.
Trésorier : BARBIER.
- xxxiv -
SOCIÉTÉS
CORRESPONDANTES
SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE PARIS ET DE L'ILE-DE-FRANCE, 8, RUE DES
PETITS-CHAMPS.
LA CITÉ,
SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE DU IVe ARRONDISSEMENT DE PARIS,
PLACE BAUDOYER.
COMITÉ
D'ÉTUDES HISTORIQUES ET ARCHÉOLOGIQUES DE
SOCIÉTÉ
HISTORIQUE DU VIe ARRONDISSEMENT DE PARIS, 78, RUE BONAPARTE.
SOCIÉTÉ D'HISTOIRE
ET D'ARCHÉOLOGIE DU VIIe ARRONDISSEMENT DE PARIS, 116,
RUE DE GRENELLE.
SOCIÉTÉ
HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE DU VIIIe ARRONDISSEMENT DE PARIS, 11,
RUE D'ANJOU.
SOCIÉTÉ
HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE D'AUTEUIL-PASSY, MAIRIE DU XVIe
ARR.
LE VEXIN
FRANÇAIS, PONTOISE.
BIBLIOTHÈQUE DU CONSEIL MUNICIPAL DE PARIS, HÔTEL DE VILLE.
LE
TOURING-CLUB DE FRANCE, 65, AVENUE DE LA GRANDE-ARMÉE.
MEMBRES
CORRESPONDANTS
MM.
Le Conservateur de la Bibliothèque de l'Arsenal, boulevard Morland.
Le Conservateur de
Le
Conservateur de la Bibliothèque
historique de la Ville de Paris, 29, rue de Sévigné.
Le Président
de la Commission du Vieux Paris, Hôtel
de Ville.
Le
Secrétaire de la Commission du Vieux
Paris, Hôtel de Ville.
Les Archives
de la Seine, 30, quai Henri IV.
L'abbé SOBAUX, curé de
Saint-Jean de Montmartre, passage de l'Elysée des Beaux-Arts, 14.
FLOBERT (Paul),
secrétaire général de la société le Vieux
Papier, 4, rue de Berne.
KLEINMANN,
,
O.
,
maire du XVIIIe arrondissement, 64, rue de Clignancourt.
CARNAVALET (Musée), 23, rue de
Sévigné.
- xxxv -
MEMBRES
ACTIFS
MM. ADOLPHI,
,
47, rue Saint-Ferdinand.
ARNAL
(Georges),
, 1 bis, rue
Tardieu.
ARTUS
(Maurice), 2, avenue Trudaine (1).
AUBRY, 6,
rue Cambacérès.
BARBIER
(A.), 13, rue des Abbesses.
BARGALLO
(Ferdinand), 94, rue d'Allemagne.
BARBIER,
juge suppléant au tribunal civil, 49, rue de Prony.
BARTHÉLEMY
(Victor), 1, rue Polonceau.
BERGE (Jules),
avocat, 60, rue de la Victoire.
BERTHIER-TACHE,
fabriquant de briques, 104, boulevard de Clichy.
BERTRAND
(Charles), publiciste, 45, av. de Neuilly (Neuilly-sur-Seine).
BERTRAND
(Gaston), publiciste, 115, rue Marcadet.
BESANÇON
(Al.), 8, rue Lentonnet.
BESSE
(Silvain), 17, boulevard Rochechouart.
Bibliothèque de la Ville de Paris, 29, rue de
Sévigné.
BILD
(Martin), 4, rue Pétrelle.
BILLET (T.),
négociant, 10, boulevard Bonne-Nouvelle.
BIZARD,
, 22, rue
Houdon.
BLANCHELOT
(Louis), 42, rue du Chevalier de La Barre.
BLONDEL, 30,
rue Fontaine.
BORDEREL,
135, rue de Clignancourt.
BOSSUAT
(F.), propriétaire, 2, place du Calvaire.
BOULOC, 35,
rue Simart.
BRÉBANT
(Maurice), O.
, 54, rue
Rennequin.
BRUAT, 2,
place Dancourt.
BURGEVIN,
ingénieur chimiste, 106, rue de Miromesnil.
CAPETTE
(Alexandre), propriétaire, à Villemomble (Seine).
CAPON
(Gaston), 15, rue Antoinette.
CARILLON,
36, rue Saint-Marc.
Docteur
CARPENTIER,
, Hospice de
la Salpétrière.
CASADESUS
(Francis), O.
, compositeur
de musique, 6, rue Crétet.
CORNET
(Jules), 16, rue de la Tour-d'Auvergne.
CAZALIÈRES,
41, boulevard des Capucines.
CHAMPION,
libraire, 5, quai Malaquais.
Docteur
CHANDEBOIS, O.
, 39, rue
Vital.
CHAPON (Léon),
artiste-graveur, 55, rue du Ruisseau.
Docteur
COCQUELET, 94, rue de Maubeuge.
COMPAN, O.
,
artiste-peintre, 7, rue Lallier.
COLLINET,
34, rue Ramey.
(1) Dépositaire des publications du Vieux Montmartre.
- xxxvj -
CORTAILLOD
(Charles), 27, rue de Clignancourt.
Docteur
DALLY, 340, rue des Pyrénées.
DE CRAUZAT,
11, rue de Douai.
DATTEZ,
pharmacien, 17, rue de la Villette.
DEBACQ
(Louis), pharmacien, 103, boulev.
DEBRAY
(Auguste), 1, rue Girardon.
Docteur
DECOSTER, 34, rue de la Goutte d'Or.
DECRON
(Léopold), architecte, 38, rue de la Chaussée-d'Antin.
DELARUE
(Léon), 4, rue André-Gill.
DELCOURT
(Pierre), O.
,
homme de lettres, 4, rue de Moscou.
DENOYELLE
(A.), 14, rue Jacques-Kablé.
DEPOUILLY-DAUDIN,
avocat, 37, rue de Berne.
DESCLERS,
,
16-18, avenue Rachel.
DOUCET
(Jacques), 19, rue Spontini.
Docteur
DUBRUEIL,
,
139, boulevard Voltaire.
DUVAL
(Gaston), 21, rue de Lisbonne.
ESNAULT
(R.), régisseur de journaux, 3, rue Félix Ziem.
EUDES
(Henri), 3, rue Turbigo.
FABRE (Gabriel),
O.
,
compositeur de musique, 37, rue Fontaine.
FÉLIX,
pharmacien, 16, rue Ramey.
FESCH
(abbé), 15, avenue des Peupliers, villa Montmorency, XVIe.
FLEURENTIN
(Joseph), peintre-architecte, 39, rue d'Orsel.
FORT (Eloi),
27, rue du Chevalier de la Barre.
FRÉMONT,
,
ingénieur civil, 124, rue de Clignancourt.
FRION, 19,
rue de Médicis.
Docteur
GACHET, 78, rue du faubourg Saint-Denis.
GAIGNETTE
(Eugène),
,
12, rue Sainte-Marie.
GARNOT (G.
Sainte-Fare), artiste-peintre, 79, avenue de Villiers.
GAUCHER
(Emile), négociant, place du Trichon, Roubaix (Nord).
GENDRON
(Pierre), 29, rue Vaneau.
GEORGE,
photographe-éditeur, 71, rue de Clignancourt.
Docteur
GIRAUD, 24, boulevard Barbès.
GOUAULT
(Georges), O.
,
négociant (membre fondateur), 60, rue Saint-Lazare.
GROLLET,
vétérinaire, 156, boulevard Magenta.
GROS,
,
6, avenue Rachel.
HARTMANN
(Georges), O.
,
,
18, rue de l'Arcade, à Conflans-Charenton (Seine).
HÉRAUL,
entrepreneur de maçonnerie, 142, rue Ordener.
HELMUTH
(Alexis), 64, rue de Clignancourt.
HERBINET
(A.), dessinateur, 21, rue Montcalm.
HEUSCH
(Henri),
,
architecte-vérificateur, 171 bis, rue
Championnet.
HUGNY
(Ernest), homme de lettres, 16, rue Chappe.
HUTPIN
(Georges), instituteur, 27, rue Hermel.
- xxxvij -
ICHAC (Eugène),
39, avenue du chemin de fer, à Rueil (Seine-et-Oise).
JARLET
(Louis), artiste dramatique, 30, rue d'Orsel.
JARRY
(Paul), de la Société de l'Histoire de
Paris et de l’Ile de France, 62, rue Blanche.
JOUGLAS
(Henri), 8 bis, Cité Trévise,
LABAT, avoué,
63, rue Taitbout.
LACOMBE
(P.), de la Société de l'Histoire de
Paris et de l'Ile de France, 5, rue de Moscou.
LACOSTE,
entrepreneur, 27, rue d’Orsel.
LACROIX
(Désiré), ex-bibliothécaire de Sainte-Geneviève, 34, avenue Laumière.
LAURENTIE
(Joseph), avocat, 14, rue du Regard.
LAZARD
(Lucien),
,
archiviste-paléographe, 49, r. de Rochechouart.
LECHEVALIER,
16, rue de Savoie.
LEFEBVRE
(Gaston), négociant, 47, rue de Paradis.
LEFORT, 16,
rue des Roses.
LE GARREC,
26, boulevard Ornano.
LEGRAND,
Chef des Bureaux, Mairie du IIe Arrondissement, rue de la Banque.
LEMAIRE
(Georges),
,
O, artiste-graveur, 22, rue Tourlaque.
Mlle LE MESLE (Renée), 58, rue Lepic.
MM. LEMOINE (Achille), 10, rue Frochot.
LEMOINE,
archiviste-paléographe,
,
98, rue Demours.
LENSEIGNE
(Henri), 22, rue de Tocqueville.
LEROY,
négociant, 35, boulevard Barbès.
LE SENNE
(Eugène), 73, boulevard Haussmann.
LESTRADE
(Martial),
,
,
17, rue Christiani.
LUCET,
directeur d'usine, 98, route de Dieppe, Le Houlme (Seine-Inf.).
MAGNIER
(Achille), 59, boulevard Barbès.
MAILLOT
(Henri)
,
négociant, 10, rue Creveaux.
Docteur
MANGIN (Georges), 22, rue Lavoisier.
MANGIN
(Léon), juge d'instruction, 22, rue Lavoisier.
MARCADÉ
(Albert), vicaire à Saint-Jean-l'Evangéliste, 89, rue des Martyrs.
MARCHAL
(membre fondateur), 49, rue Labat.
MARÉCHAL
(Paul), artiste-peintre, 13, rue Victor-Massé.
MAREUSE
(Edgard), O.
,
membre de la commission du Vieux Paris, 81,
boulevard Haussmann.
MARTEL
(Toussaint), journaliste, 60, rue Lepic.
MARTIN
(Maurice), négociant, 34, rue Werlé, à Reims (Marne).
MAUGAT
(Charles), 32, rue des Jeûneurs.
- xxxviij -
MAUZIN
(Jules),
,
secrétaire du Bureau de Bienfaisance, Mairie du XVIIIe arrondissement,
place Jules-Joffrin.
MAYER
(Fernand), 64, rue Claude Villefaux.
MEDRANO, 72 ter, rue des Martyrs.
MÉRY
(Gaston), conseiller municipal, 28, rue Bergère.
MEUSY
(Antonin), chef d'institution, 15, rue du Monument, Champigny (Seine).
MIGUET (E.),
1, boulevard Henri IV.
MONIN, O.
,
professeur, 2, rue Alfred Stevens.
MONTORGUEIL
(Georges),
,
journaliste, 31 bis, rue Victor
Massé.
MORIN
(Alexis), 87, rue Lepic.
MORIN
(Jean), 87, rue Lepic.
MOUSSET
(Albert), 3, rue Eugénie, à Saint-Mandé (Seine).
MUNIER
(Paul),
,
16, rue de La Tour d'Auvergne.
NAILLON
(Fernand), huissier, 176, rue Montmartre.
NOGUÈRE
(Louis), avocat à la Cour, 83, rue des Martyrs.
NOZET-SOULANGES,
45, rue de Saint-Pétersbourg.
OBJOIS, 27,
rue des Dames.
Comte
O'KELLY DE GALLWAY,
,
8, rue Ménessier.
Docteur
OLLIVIER, O.
,
30, rue Hermel.
L'abbé
PATUREAU, curé de Saint-Pierre-de-Montmartre, 123, rue Caulaincourt.
PERRET
(Louis), 16, rue Félix Ziem.
PERROT
(Victor), avocat, 21, rue Drouot.
PETEL, 46,
rue Custine.
PLANQUE (Raphaël),
39, avenue de Laumière.
PLUCHE,
notaire, 32, rue de La Chapelle.
POËTE
(Marcel), O.
,
conservateur de la Bibliothèque de la ville de Paris, 29, rue de Sévigné.
PORNIN
(Louis),
,
ingénieur civil, 1, rue Tardieu.
POTIN
(Emile),
,
O.
,
secrétaire général de la Société
historique et archéologique d'Auteuil-Passy, 25, rue Michel-Ange.
PROD'HOMME
(J.-G.), O.
,
homme de lettres, 11, av. des Tilleuls (boulevard de Clichy).
PROU, rue
Say, 8.
DE QUELLERN
(Lucien),
,
homme de lettres, 89, boul. Beaumarchais.
RADIGUER
(Louis), docteur en droit, 40, rue de Bruxelles.
RANGLARET,
16, rue des Roses.
RAULET
(Lucien), bibliothécaire honoraire de la Société de Géographie commerciale de
Paris, 9, rue des Dames.
RENAUD
(Léon), entrepreneur de maçonnerie, 174, rue Championnet.
RENAUD,
pharmacien, 88, rue Ramey.
ROBERT, 241,
rue du faubourg Saint-Martin.
ROSTAING-VALAISA
(Léon), 76, rue Marcadet.
- xxxix -
SAFFREY
(Henri), 4, place des Batignolles.
SAGNY (A.),
26, rue Hermel.
SELLIER
(Charles), O.
,
architecte, conservateur-adjoint du Musée Carnavalet, 5, rue
Saint-Louis-en-l'Isle.
DE SERÉ
(Pierre), 33, rue Lafayette.
TEISSÈDRE,
,
25, rue la Chapelle.
TENEO, O.
,
10, rue Vital.
TERNOIS
(AUGUSTE), 130, rue Ordener.
THIBAULT, 12,
boulevard Poissonnière.
TRÉTAIGNE
(Baron Michel de),
,
conseiller général de l'Aisne, 12, rue de Condé.
TULEU
(Charles),
,
négociant, 58, rue d'Hauteville.
TUMBEUF,
trésorier de la Société le Vieux Papier,
4 rue Robert Lecoin.
TAILLEFER
(J.), instituteur, 5 rue des Deux-Gares.
VERNET, 10,
rue d'Offémont.
VIGHY, 41,
rue des Jeûneurs.
VORIOT,
,
encadreur, 23, rue de Clignancourt.
WAGNER
(Eugène), répétiteur aux Concerts Colonne, 72, rue de Rochechouart.
WATEBLED
(Marcel), O.
,
51, rue du Ranelagh.
WIGGISHOFF
(J.-C.),
,
membre de la commission du Vieux Paris, 153,
rue Marcadet.
WILLETTE,
,
artiste-peintre, 28, rue Lacroix.
Le Gérant : BARBIER.
BERGERAC
IMPRIMERIE GÉNÉRALE DU SUD-OUEST (J. CASTANET)
Place des
Deux-Conils
AVIS TRÈS
IMPORTANT. - Le local de la Société est ouvert tous les vendredis sans exception
à partir de 9 heures du soir.
Le MUSÉE est ouvert le 1er dimanche de chaque mois, de 2 à 4 h.
VIENT DE PARAITRE :
MONTMARTRE,
MÉMOIRE DE
F. DE GUILHERMY,
publié intégralement pour la première fois par les
soins de
Avec un Portrait de l'Auteur
Ce Mémoire, dont
une partie seulement a été insérée dans les Mémoires
de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, n'avait pu être imprimé
par son auteur. Il offre un très grand
intérêt pour l'histoire de Paris en général et, en particulier, pour celle des
IXe et XVIIIe arrondissements.
PRIX DU VOLUME :
Sur papier ordinaire .......................................... 5
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Sur papier de Hollande Van Gelder (épuisé).… 10 Francs
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d'Orsel, PARIS-XVIIIe.
Bergerac. - Imprimerie Générale du Sud-Ouest (J. CASTANET)
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