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BULLETIN

DE LA

SOCIÉTÉ D’HISTOIRE ET D’ARCHÉOLOGIE

DU XVIIIe ARRONDISSEMENT

 

LE

« VIEUX MONTMARTRE »

 

(Autorisé par arrêté préfectoral du 26 août 1886)

 

REVUE TRIMESTRIELLE DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ

 

***

 

49e et 50e FASCICULES – JUILLET / DÉCEMBRE 1905

 

***

 

PARIS

COMITÉ DE PUBLICATION

AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ

MAIRIE DU XVIIIe ARRONDISSEMENT

1905

 

 

 

[...]

 

 

 

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ESSAI DE BIBLIOGRAPHIE

DE LA

PRESSE MONTMARTROISE

 

 

Journaux et Canards

XVIIIe SIÈCLE

 

En tête de ce travail, notons à titre de curiosité que, dans le n° VII des Actes des Apôtres, le journal contre-révolutionnaire de 1790, un article « A Messieurs les éditeurs bons apôtres » est signé : Le Centenaire de Montmartre.

Dans le même journal (chapitre. cxxx, page 80) se trouve la réclame suivante : « Fragment d'un ouvrage qui est sous presse ayant pour titre : Suite des Révolutions de France et de Brabant :

 

Aux moulins de Montmartre est un petit ânon

Sans force encore mais aussi traître,

Aussi têtu qu'un âne pourrait l'être

En un mot la terreur des enfants du canton :

Sa manie est de toujours braire ;

Mais quand le bruit qu'il fait étourdit les voisins,

Cent coups de bâton sur les reins

Le font cesser, c'est de cette manière

Qu'on impose silence à l'ânon des Moulins » (1).

 

***

 

XIXe SIÈCLE

 

1840                                  La Synthèse

 

Revue Mensuelle des prosateurs et des poètes contemporains de la France et de l'Etranger, par une société de savans, de naturalistes et de professeurs. Prix de l'abonnement pour Paris : 1 an, 10 francs ; pour les départements : 1 an, 11 francs ; pour l'étranger : 1 an, 15 francs.

« Tout ce qui concerne la Synthèse, doit être adressé franc de port à M. Georges Blessing, rédacteur en chef. On s'abonne au bureau du journal, rue de la Cure (2), 3, à Montmartre, banlieue de Paris et chez Ledoyen, libraire. Palais Royal, Galerie d'Orléans, à Paris. »

Le premier numéro de la Synthèse parut en octobre 1840 et le dernier au mois de mai 1841. Ce journal n'eut donc que huit numéros. Saluons ici l'ancêtre des journaux de la Butte ! Cette revue des prosateurs et des poètes contemporains par une société de savans, de naturalistes (!) et de professeurs, fait un peu rêver. Mais personne ne s'étonnera de voir cette

 

(1) Les Actes des Apôtres, chapitre cxxv, page 80.

(2) Aujourd'hui rue du Mont-Cenis.

 

 

 

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feuille littéraire éclore là-haut, à l'ombre des joyeux moulins dont les ailes, de leurs folles envolées, ont fait si souvent depuis vibrer la lyre des poètes. Les principaux collaborateurs de cette revue étaient MM. Victor Meunier, F. L. Groult de Tourlaville, B. de Malpierre, Lavezzari, Amédée Scribe, etc., etc. Le troisième numéro contient une chronique très curieuse : Vue synthétique de Paris du haut de Montmartre. Une clause bizarre portait que tout abonné qui aurait justifié de son mérite littéraire serait reçu membre de l'Académie synthétique des Sciences et des Lettres et jouirait des privilèges attachés au Diplôme qui lui était délivré ; ne sentez-vous pas déjà dans cette académie et dans ce diplôme comme un vague précurseur de l'Académie du boulevard Rochechouart, chez Salis ? Cette revue était imprimée chez Worms, boulevard Pigalle, 20. Extra-muros. R. R.

 

 

1846             Les Archives de la Banlieue

 

Par Almire Gandonnière. - Imprimé, rue Marcadet, 22. - Eut deux numéros : au mois d'août et septembre 1846.

 

 

1847              Le Propagateur du Commerce et de l'Industrie

 

Fondé en 1847 ; consacre, depuis mars 1848, sa première page à la poli­tique. Couleur du National. Rédacteur : Delarue. Bureaux : rue de Provence, 14. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre. En juin, devient le Propagateur républicain. En juillet, ne s'affiche plus comme républicain, et devient le Propagateur du Commerce.

 

 

1848              Le Baillon

 

Société du progrès libre et universel, propagation de la pensée (montagnard). - 28 septembre 1848. Tirage sur papier blanc ou de couleur. Rédacteur : Edouard Houel. Bureaux : rue du Rocher, 6. Imprimerie de Pilloy, à Montmartre.

A publié le toast porté par Ledru-Rollin à la République socialiste, le 24 septembre 1848 au banquet des Champs-Elysées (1).

 

 

1848              Revue Universelle

 

Journal de la politique, de la littérature, des arts, des sciences et des tribunaux. Gérant : Jacques. Bureaux : rue de Surène, 29. - Imprimerie Bonaventure. A cessé sa publication en avril pour la reprendre en juillet 1849. Bureaux : 67, rue Richelieu. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre.

 

 

1848              Le Pays

 

Revue du peuple (politique, littéraire, industriel et commercial). «Tout

 

(1) La Presse Parisienne, statistique de tous les journaux revues et canards périodiques... par Henry Izambard. - Paris 1853.

 

 

 

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par 1a France, tout pour la France ». Couleur napoléonienne. Numéro spécimen paru en décembre 1848. Directeur-gérant : Hip. Cochery ; Collaborateurs : Ch. Dupressou, Barthelemi, A. de Kergeven, Emile Ba­taille. Bureaux : rue Vanneau, 38. - Imprimerie de Pilloy, à Montmartre.

 

 

1848              La Peine de Mort

 

N’est pas un journal, comme l'indiquent plusieurs listes. Ed. Houel, en publiant cet écrit, n'a pas mieux réussi qu'avec le Baillon. 26 septembre 1848. Bureaux : rue du Rocher, 6. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre.

 

 

1848              Plus de Bourreau

 

Reproduction textuelle de la Peine de Mort, par Ed. Houel. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre. Bureaux : 6, rue du Rocher. Tirage sur papier blanc et sur papier rouge. Sur quelques exemplaires le mot Bourreau est en caractères d'enseignes, pour tromper le public sur le titre.

 

 

1848              Journal des Eglises de Paris et de la Banlieue

 

Feuille spéciale des fêtes, prédications, harmonies vocales et instru­mentales du culte catholique ; suivies de biographies pour les fêtes patronales des campagnes, de poésies religieuses, d'un bulletin des arts et d'une nécrologie avec fragments des discours prononcés sur les tom­bes. N° 1 du 11 mars 1848. Directeur et rédacteur en chef: O. Saint-A***. Bureaux : rue de Sèvres, 12. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre. (Assez rare.)

 

 

1848              Journal des Faubourgs

 

Démocratique, socialiste. Numéro unique, paru le 16 avril 1848. Gérant : Gardy. Collaborateur : Georges Lecreux. Bureaux : rue Bourdaloue, 5. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre. (Rare.)

 

 

1848              Notre Histoire

 

Résumé des événements accomplis chaque semaine. Démocrate socia­liste (sans signature), par Albert de la Fizelière, Francis Lacombe, L.-G. de Marsay (Giraudeau). Mai 1848. Bureaux : rue des Petites-Ecuries, 47. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre.

 

 

1848              Le Mercure Universel

 

Illustration théâtrale, littéraire et industrielle. Octobre 1848. Directeur rédacteur : Henry Izambard. Bureaux : 11, rue Neuve-Bréda. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre. (Voir le Moniteur illustré de la haute Carrosserie.)

 

 

 

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1848              Lettre du Diable

 

A la République Française. « Bagatelles qui intéressent le peuple. » Couleur démocratique-ultra. Juin 1848. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre. Bureau : chez Germillan, rue Michel-Le-Comte, 13. Signé : Lucifer (C. M***)

 

 

1849              L'Indicateur de l'Exposition

 

Tirage : 200,000 exemplaires, du 13 juin 1849. Bureaux : 15, place de la Bourse. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre.

 

 

1849              Le Monde Nouveau

 

Par une révolution bienfaisante dans l'Imprimerie, la Typographie, la Librairie et les branches accessoires, par les inventions mécaniques, typographiques, d'Adrien Delcambre. N° 1 du 30 septembre 1849. Bureau : 60, rue Blanche. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre.

 

 

1849              Le Petit Lucifer

 

English and french, septembre 1849. Bureau : rue de Richelieu, 3. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre. Gérant : Buchoz-Hilton. Continuation du Lucifer.

 

 

1849              L'Apôtre du Peuple

 

Journal socialiste, politique, littéraire et artistique : « Liberté, justice et liberté pour tous. » Gérant : Lamelin. Feuilleton de MM. Cuendias et V. de Féréal. N° 1 du 13 juin 1849. Bureaux : rue du Marché-Saint-Honoré, 32. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre.

 

 

1849              Le Nain Rouge

 

Pamphlet politique et mensuel, décembre 1849. Bureau : rue et place Bréda, 10. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre.

 

 

1850              Le Monde Elégant

 

Octobre 1850. Bureaux : place Bréda, 10. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre.

 

 

1850              La Pologne

 

Journal slave de Paris ; organe des intérêts fédéraux des peuples de l'Europe orientale, paraissant tous les dimanches. Janvier 1850. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre. Bureaux : Passage du Commerce, 7.

 

 

1850              The stranger Advertiser

 

Le Conseiller de l'Etranger, 13 février 1850. Publié en français et en

 

 

 

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anglais. Bureaux : 14, rue de Provence. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre.

 

 

1850              Le Fantasio

 

Stylet hebdomadaire (littérature, arts). Numéro unique, le 10 mai 1850, tiré sur papier rose. Rédacteur en chef : Paul-Ernest de Ratier, Bureaux : Rue Pigalle, 31. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre.

 

 

1851              Journal de la Société académique

 

Fondé par actions de 5 francs pour la publication de cinquante volumes sur l'instruction et sur l'éducation ; constitué régulièrement pour quatre années. Septembre 1851. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre. Bureaux : Rue de la Sourdière, 27.

 

 

1852              Le Courrier de l'Industrie et de la Propriété

 

Bulletin général des ventes immobilières, sous le patronage et avec le concours des industriels, des propriétaires, des notaires et avoués. Janvier 1852. - Imprimerie Maulde. Bureaux : Boulevard Pigalle, 36, à Montmartre. Le numéro spécimen est signé : Gardet, employé en retraite.

 

 

1852              Revue historique et anecdotique

 

Juin 1852. (Mensuelle) - Imprimerie Pilloy, à Montmartre. Bureaux : Rue de Buffault, 5.

 

 

1852              Journal de la Cour

 

Chronique du grand monde. A eu un seul numéro, 19 juin 1852. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre. Bureaux : 12, rue de Provence ; Rédacteur en chef : P. Mayer.

 

 

1852              Journal des Anecdotes

 

Juin 1852. (Mensuel). - Imprimerie Pilloy, à Montmartre. Bureaux : Rue de Buffault, 5.

 

 

1853              Le Moniteur illustré de la Haute Carrosserie

 

(Ancien Mercure universel), journal d'hippiatrique, d'équitation, de statistique, littéraire, historique et anecdotique, paraissant le 15 de chaque mois (16 janvier 1852). Imprimerie Pilloy, à Montmartre. Bureaux : rue Lamartine, 21. Rédacteur en chef : Pawlowski ; dessinateur-gérant : Guillon.

 

 

1859              Le Diable à Paris

 

N° o, dimanche 30 janvier 1859, format du Figaro, hebdomadaire et

 

 

 

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éphémère. - Imprimé chez Pilloy. Directeur et rédacteur : Sauveur Galeaz, collaborateur du Tintamare (1).

 

 

1870              Le Ballon-Poste

 

Premier et unique numéro dimanche 30 octobre 1870. Dirigé par Gabriel Richard, 19, rue des Martyrs. Envoyé en province par les ballons du siège pour donner aux départements les nouvelles de ce qui se passe à Paris. Exemplaire au Musée de l'Armée. Ce numéro du Ballon-poste est exposé dans la salle Bugeaud.

Il donne de très intéressants détails sur les événements qui s'ac­complissaient à Paris, il y a trente-trois ans, et dont quelques-uns sont peu connus.

Ce sont des « échos de Paris » pendant le siège, qu'ont négligé les historiens.

Le Ballon-poste mentionne notamment une « protestation de l'Insti­tut de France contre les dommages que le siège de Paris peut faire éprouver aux collections artistiques françaises ».

Il annonce la création d'une « Société d'assurances mutuelles, mobi­lières et immobilières contre les pertes commises par le siège de Paris ; les primes varient de 50 centimes à 1 fr. 50 par mille francs suivant les zones où sont placées les valeurs assurées ». Il serait intéressant de savoir ce que sont devenues ces assurances.

 

 

?                   Le Balai

 

1re année, un Rond, n° 1. Directeur Zéphyrin, organe des balayeurs et biffins. Pour la rédaction, dans les carrières de Montmartre, sans date. Il est probable que ce journal n'a eu l'existence que par ce titre original (2).

 

 

1871              Le Cricri

 

Porte comme signature : E. Young. Vente chez Plataut et Roy, 15, rue du Croissant. - Imprimerie Alcan-Lévy, 62, boulevard de Clichy (n° 1 et 2), et rue Lafayette, 61, du n° 3 à la fin. Feuille double, petit for­mat. Prix : 10 cent. 5 numéros sans date, qui ne se composent que de fables et de pièces de vers absolument inintelligibles, dont les titres sont : Le Temps ; Paresse; Remède contre la crainte de la mort ; L'Immortalité ; l'Amitié.

 

 

1871              Le Mont-Aventin

 

Echo des Buttes Montmartre. Rédaction et administration, 6, rue du Croissant. - Imprimerie Dubuisson. Feuille simple imprimée des deux

 

(1) J.-F. Vaudin, Gazetiers et Gazettes, Histoire critique et anecdotique de la Presse parisienne. Année 1858-1859.

(2) Bibl. Carnavalet, 169 D.

 

 

 

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côtés, moyen format. Prix 10 centimes. Ce journal eut deux numéros.

Le n° 1, du 26 mars 1871 (6 germinal an 79). Le premier article : La Colère du Mont-Aventin, de A. Secondigné, commence ainsi : « C'est du Mont-Aventin (les Buttes Montmartre) que partit le signal de la Révolution, c'est du haut de cet Olympe que, roulant avec fracas, la colère populaire s'en est allée dans tous les quartiers de Paris... » Ce premier numéro est presqu'entièrement composé d'articles publiés déjà dans le Châtiment (qui eut 39 numéros).

Le n° 2 (et dernier), 30 mars (9 germinal), a subi les modifications suivantes : Le Mont-Aventin, organe quotidien de la fédération républicaine. Rédacteur en chef : Secondigné ; Secrétaire de là rédaction : Lefévre. Rédaction : 19, Faubourg Saint-Denis. Administration : 6, rue du Crois­sant. - Imprimerie de l'Association typographique, Faubourg Saint-Denis, 19. Prix 2 sous. Feuille simple, grand format. Ce journal, qui fut remplacé par le Bonnet Rouge, faisait l'apologie du Comité Central. Dans ce dernier numéro il publiait l'avis suivant :

« Le Mont-Aventin publiera dans la journée une seconde édition, contenant la proclamation authentique de la Commune, et des renseigne­ments d'une telle importance que nous sommes obligés d'en ajourner l'insertion jusqu'après vérification. » Il faut croire que la vérification n'en a jamais été faite !

 

 

1882              Paris-Montmartre

 

Organe du XVIIIe arrondissement. La Chapelle ; La Goutte d'Or ; Clignancourt ; Grandes Carrières ; Clichy. Paraît le samedi. Rédaction et administration : 7, rue Tardieu ; Directeur : André Péri ; Administrateur : de Okecki ; Rédacteur en chef : Fernand Delisle. (Voir Montmartre-La-Chapelle).

 

 

1882              Le Chat Noir

 

Organe des intérêts de Montmartre. - Directeur : Rodolphe Salis. Rédacteur en chef : Emile Goudeau. Administrateur : Victor Rey. Rédaction et Administration : 84, boulevard Rochechouart. Le n° 15 centimes. Format in f° 2 f. En tête du journal, un dessin de Henri Pille : le Moulin de la Galette, avec un chat noir au premier plan. Ce titre fut modifié une seule fois, lors des fêtes de Florian à Sceaux.

Le n° 1 est du 14 janvier 1882 et contient un supplément : un dessin de R. Salis : un chat noir photographe avec cette légende : Ne bougeons plus, tout le monde y passera. Dans ce numéro commence : Voyage de découvertes de A' Kempis (1), qui parut ensuite en un volume.

Les 44 premiers numéros sont sur papier blanc, ensuite sur papier teinté.

A partir du n° 8, le sous-titre : Organe des intérêts de Montmartre, disparaît.

Le n° 10, du 18 mars 1882, contient un supplément qui donne le

 

(1) A' Kempis, pseudonyme de Emile Goudeau.

 

 

 

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premier dessin de Willette paru dans ce journal : Pierrot fumiste. Le dessin de la 3e page est de André Gill : Vive la République! Ça pousse!

A partir du n° 18, Edmond Deschaumes remplace Victor Rey comme secrétaire de la rédaction.

Dans le n° 20, du 27 mai 1882, se trouvent reproduites les deux suites de dessins de Willette déjà parues dans le n° 17 et le dessin du n° 19, mais sans légende ; c'est une réclame pour le roman Dinah Samuel, de Félicien Champsaur. Il paraît ensuite un n° 20bis portant la même date.

Le n° 51 porte : Administrateur général : Guy de Maupassant, remplacé au n° 63 par Dubut de Laforest, qui disparaît quelques numéros après, pour faire place à une série de noms célèbres, qui ne doivent qu'à la fantaisie de Salis de se trouver à cette place. Citons : au n° 129 : « Jules Vallès, mort sur les barricades » ; au n° 132 : « Daniel Wilson, gendre » ; au n° 133 : « Paul Arène, troubadour de la langue d'oïl » ; au n° 135 : « Victor Hugo, homme célèbre » ; au n° 142 : « Colonel Lisbonne, mousquetaire », etc., etc.

Par suite d'une erreur typographique, le n° 66, du 14 avril 1883, porte le n° 68.

Le n° 208, du 2 janvier 1886, est tiré en deux tons, bistre et vert, et sur 8 pages.

Gill a donné quatre dessins dans ce journal.

A partir du n° 179, 13 juin 1885, la rédaction et l'administration se trouvent transférées 12, rue de Laval, au nouveau local occupé par le Cabaret.

Le Chat Noir est le premier journal montmartrois, premier par sa date et premier par son mérite. C'est le type du genre et avec lui nous nous trouvons en présence du chef de l'école qui porte ce nom. Saluons donc celui que l'on appela le Cabaretier gentilhomme, Rodolphe Salis. La physionomie de Salis est double ; il y a en lui l'artiste et le Barnum. Lorsqu'il fonda, au n° 84 du Boulevard Rochechouart, son célèbre cabaret, Rodolphe Salis faisait déjà partie de deux sociétés littéraires, les Hirsutes et les Hydropathes, qui, à l'autre bout de Paris, au quartier latin, s'étaient déjà singularisées par une fantaisie et une extravagance absolument nouvelles à cette époque.

Enfin, et sans que nous entrions dans des détails qui regardent l'his­toire des cabarets de Montmartre, disons qu'il fonda son cabaret du Chat Noir au n° 84 du Boulevard Rochechouart.

Naturellement, les deux sociétés des Hirsutes et des Hydropathes, qui avaient fusionnée en une seule, sous la présidence d'Emile Goudeau, s'y donnèrent rendez-vous, plus particulièrement le vendredi dans l'après-midi.

A cet élément s'en était joint un autre, non moins intéressant. En effet la Butte, de temps immémoriaux, fut le refuge des artistes, et Salis avait déjà pris contact avec eux, puisqu'avant son cabaret, il avait monté dans le même local une usine à tableaux d'église, où il faisait travailler des camarades besogneux comme lui.

Autour de la fantaisie abracadabrante du maître de céans était donc venue se grouper toute une flore à peine éclose de jeunes talents : Emile

 

 

 

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Goudeau, Grenet-Dancourt, Xanrof, Jean Rameau, Maurice Rollinat, Camille de Sainte-Croix, Georges d'Esparbès, Alphonse Allais, Maurice Bouchor, Edmond Haraucourt, Mac-Nab, Jules Jouy, Henri Rivière, Jean Lorrain, Albert Tinchant, Ogier d'Ivry, Hippolyte Buffenoir, etc., etc.

Au milieu d'un pareil entourage, il était naturel qu'avec son tempérament, Salis, le futur Barnum des jeunes talents, songeât à tirer parti de toute cette sève ardente, qui bouillonnait autour de lui, et qui n'at­tendait que l'occasion de se produire. L'idée d'un journal était donc tout indiquée.

Ce journal fut le Chat Noir, d'où devait sortir l'école dite du Chat Noir que, par extension, on a souvent appelé l'Esprit Montmartrois et dont l'originalité réelle levait influencer l'esprit parisien tout entier.

D'ailleurs, le mot Chatnoiresque sera bientôt admis dans le dictionnaire de l'Académie.

C'est dans ce journal que parurent les premières et ravissantes compositions du maître Willette. Steilen, Uzès Choubrac, Tiret Bognet, Hope, Henri Pille, H. Rivière, Ferdinandus, Fernand Fau (Poitevin), Godefroy, Auguste Viollier, Henry Somm, Heidbrinck, Léo Brac, Bombled, André Gill, Delaw, etc., lui apportèrent aussi l'appui de leur talent.

Ce fut dans la petite salle du fond du cabaret, que les habitués, avec une emphase satirique, avaient baptisée l'Institut, que cette feuille vit le jour. Elle y vécut quatre ans et fut transférée ensuite, avec le cabaret, rue Victor Massé (toujours rue de Laval pour les vrais chatnoirisants).

Quant au titre du journal, il vient de l'enseigne du cabaret qui, elle-même, était un souvenir d'un tableau commandé jadis à Salis sur les œuvres d'Edgard Poë.

Salis accueillait tout et tous, pourvu qu'original et nouveau ; et ce qu'on ne peut contester en lui, c'est le flair avec lequel il devina et sélectionna ceux qui, parmi cette bande de jeunes, avaient « quelque chose dans le ventre », et quelques-uns durent à cela de se faire connaître plus tôt. Citons seulement, entre bien d'autres, Maurice Donnay, l'auteur de la jolie comédie, Amants.

Aristide Bruant, avant de venir créer son cabaret du Mirliton dans l'ancien local du Chat noir, boulevard Rochechouart, avait déjà publié et annonçait ainsi ses premières œuvres dans ce journal :

 

« LES REFRAINS DU CHAT NOIR

 

« Par ARISTIDE BRUANT

 

« Nos     1 La Ballade du Chat Noir.               Nos      5 Le refrain de Maigriou.

            2 A Batignolles.                                          6 Alleluia.

            3 V'là l'choléra qu'arrive.                             7 Serrez vos rangs.

4 A la Villette.                                             8 La Trompette.                                                                

 

« Chaque numéro, 50 centimes franco, contre mandat ou timbres-poste. Paris, Aristide Bruant, auteur-éditeur, 91, rue de Belleville ».

 

Notons en passant que Salis fut le premier « candidat fantaisiste » de

 

 

 

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Montmartre. Il se présenta aux élections législatives de 1884, avec cette profession de foi devenue légendaire :

 

« Elections municipales du 4 mai 1884. XVIIIe arrondissement, quartier Montmartre.

« Electeurs, Qu'est-ce que Montmartre ? - Rien ! Que doit-il être ? - Tout ! Le jour est enfin venu où Montmartre peut et doit revendiquer ses droits d'autonomie contre le restant de Paris ».

« En effet, dans sa fréquentation avec ce qu'on est convenu d'appeler la capitale, Montmartre n'a rien à gagner que des charges et des humilia­tions.

« Montmartre est assez riche de finances, d'art et d'esprit pour vivre de sa vie propre.

« Electeurs !

« Il n'y a pas d'erreur !

« Faisons claquer au vent de l'indépendance le noble drapeau de Mont­martre.

« La Butte, » cette mamelle où s'allaitent la Fantaisie, la Science et tous les Arts vraiment français, avait déjà son organe : « le Chat Noir. » A partir d'aujourd'hui, elle doit avoir son représentant, un représentant digne de ce nom.

« RODOLPHE SALIS, qui, depuis trois ans, dirige, avec l'autorité que l'on sait, le Journal qui est la joie de Montmartre, nous a paru apte à cette mission.

« Montmartre mérite d'être mieux qu'un arrondissement.

« Il doit être une cité libre et fière.

« Aussi notre programme sera-t-il court et simple :

« 1° La séparation de Montmartre et de l'Etat ;

« 2° La nomination par les Montmartrois d'un Conseil Municipal et d'un Maire de la cité Nouvelle ;

« 3° L'abolition de l'octroi pour l'arrondissement, et le remplacement de cette taxe vexatoire par un impôt sur la Loterie, réorganisée sous la régie de Montmartre, qui permettrait à notre quartier de subvenir à ses besoins et d'aider les dix-neuf arrondissements mercantiles ou misérables de Paris ;

« 4° La protection de l'alimentation publique. La protection des ouvriers nationaux. »

 

On peut dire que le journal du Chat Noir innova et, du coup, pousse au sublime la fantaisie et la fumisterie littéraires.

Voici pour en donner une idée un des articles où ce genre fut poussé à son comble (1) :      

 

« L'ASSAUT DE MONTMARTRE

           

« Aujourd'hui, 1er avril, à quatre heures pour le quart du matin, une tentative d'assaut a été faite contre Montmartre.

 

(1) 1re année N° 12. 1er avril 1882.

 

 

 

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« Au mépris des promesses les plus solennelles, Léon Gambetta, à la tête des troupes de la Chaussée-d'Antin, a pénétré dans le pays Montmartrais par les rues Lepic, Coustou et Houdon.

« Le rappel a sonné sur la montagne ; le Moulin de la Galette a été mis en état de défense ; les soldats du Sacré-Cœur sont consignés dans leur église.

« Les ambassadeurs A'Kempis et Jacques Lehardy ont été rappelés, malgré les protestations de M. de Freycinet, qui a immédiatement mobilisé l'armée Parisienne. Cette armée va occuper les boulevards extérieurs. Elle est commandée en chef par l'illustre général Langlois (de Seine-et-Oise).

« Le député Margue commande l'artillerie.

« L'armée Montmartraise opèrera sa jonction avec les divisions parisiennes par les places Pigalle et Blanche, en même temps, les batteries du Moulin écraseront la cavalerie ennemie, commandée par Spuller.

 

« Du 1er avril 1882, 10 heures matin.

« Officiers, sous-officiers et soldats,

« La patrie Montmartraise n'est pas en danger, elle est tout simplement menacée. Les suppôts de la tyrannie veulent saper dans leur base nos buttes immémoriales.

« Non !

« La vigueur, l'élasticité des muscles des autochtones de la montagne des Martyrs sont les garants des futurs succès de nos armes.

« Tous debout !

« Le général en chef du camp retranché de la place Saint-Pierre,

« CHANOUARD.

 

« ORDRE DE MOBILISATION

« PLACE DE MONTMARTRE

« Etat-Major

« 1er avril, 11 heures, pour la demie.

« Que naturellement les hommes généralement susceptibles d'appartenir à une classe à peu près quelconque sont convoqués dans tous les terrains vagues qui ne seront pas ultérieurement désignés.

« Qu'ils se rendront à leur destination sans emprunter le secours des chemins de fer.

« Que, rendus à cet endroit, ils seront incorporés dans les phalanges ou cohortes qui leur sont susceptibles.

« Sont seuls exemptés les hommes des 17e, 21e et 69e légions de la classe 1848, les proscrits de Décembre et les Polonais de la section, en ce qui concerne leurs infirmités.

« P. O. de la Place

« Le chef d'état-major général,

« SCHLING DU METATARSE.

 

« DERNIÈRES NOUVELLES

« 6 heures 1/4.

« Une vague escarmouche a eu lieu aux avant-postes, près de la Grand'Pinte ; à peine trois hommes tués, plus un ecclésiastique ennemi.

 

 

 

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« A'Kempis et Lehardy sont arrivés. Ils vont prendre le commandement de la vieille garde Montmartraise.

« Un certain mouvement de panique se manifeste dans les camps ennemis.

« Dure journée que celle du 1er avril. »

Le n° 15 du 22 avril 1882 contient, il nous semble, la note suprême de ce genre. Manquant probablement de copie, et voulant du « battage » à tout prix, ce numéro paraît encadré de noir et le 1er article : En deuil, annonce la mort de Salis ; il débute ainsi : « Ce journal si gai d'ordinaire et auquel le public a fait accueil comme à un éclat de rire, est obligé de se vêtir de deuil Rodolphe Salis, notre fondateur, notre directeur artistique, notre collaborateur de tous les instants est mort.

Et dans le numéro suivant, la plaisanterie macabre continue par cet article : A ceux qui bavent sur un cadavre, où Salis lui-même, sous la signature de Vintcholle, reproche aux journalistes les termes d'articles nécrologiques imaginaires qu'il suppose des éreintements en règle.

La collection complète du Chat Noir est composée de la manière suivante : 1re Série : Du n° 1 du 14 janvier 1882 au n° 623, 30 décembre 1895, 623 numéros in-f° ; 2e Série : de 1895 à 1897, 122 numéros in-4°.

Nous citerons aussi, pour joindre à la bibliographie chanoiresque, le Catalogue de la vente du Chat Noir.

Le Chat Noir eut aussi son almanach, devenu assez rare aujourd'hui. Voici comment il était annoncé dans le n° 441 (9e année, 28 juin 1890) :

 

Pour paraître prochainement :

L'ALMANACH DU CHAT NOIR

Couverture en couleur de J. CHÉRET
Préface de T
HÉODORE DE BANVILLE, illustrée par G. ROCHEGROSSE

L'Année comique (suite de dessins, par A. Robida).

LES MOIS. - Douze dessins hors texte de Henri Pille, Louis Morin, V.-A. Poirson, Fernand Fau, George Auriol, J.-L. Brown, Duez, Saint-Maurice, L.-O. Merson, F. Régamey, Henri Rivière et Jeanniot.

Pronostics pour l'année 1891, par Narcisse Lebeau.

La Chanson de l'année, par Jean Rameau, Maurice Vaucaire, Ogier d'Ivry, J.-M. de Hérédia, Paul Verlaine, Paul Marrot, Armand Silvestre, F. Loviot, Adrien Dézamy, Paul Arène, François Coppée, Philippe Gille, Raoul Ponchon.

POÉSIES de Jean Richepin, de Jean Floux, Maurice Donnay, Gaston Sénéchal, Stéphane Mallarmé, Mistral, Pimpinelli, Marie Krysinska, André Deloise, Emile Bergerat, Catulle Mendès, Henry d'Erville, Raoul Gineste, etc., etc.

MUSIQUE de Léopold Dauphin, Georges Fragerolle et Charles de Sivry.

Dessins et Illustrations de L. Forain, Willette, Gérôme, Gorguet, Caran d'Ache, Doës, L. Sabattier, Henri Pille, Robida, L. Morin, Saint-Maurice, Rochegrosse, Georges Bellenger, etc., etc.

 

 

 

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Le Théâtre du « Chat Noir », par le Baron B...

Nouvelles, Contes et fantaisies de Francisque Sarcey, Jules Lemaître, Rodolphe Salis, Alphonse Allais, George Auriol, Narcisse Lebeau, Coquelin Cadet, Léon Gandillot, Raphaël Shoonard, Alfred Capus, Camille de Sainte-Croix, Charles Leroy, Maurice Isabey, etc., etc.

Chansons de Jules Jouy, Victor Meusy, Maurice Mac-Nab, etc., etc.

La Rédaction du « Chat Noir » (portraits), par Carolus Box.

Un album, composé de 8 fascicules, fut aussi publié, sous ce titre :

SALIS (Rodolphe), Seigneur de Chanoirville-en-Vexin, Contes du Chat Noir. L'Hiver. Dessins de A. Willette, Henry Rivière, Henri Pille, Henry Somm, Loys, Fernand Fau, Steinlen, Uzès, Heidbrinck. Préface de Philippe Gille. Prologue de A. Willette. Paris, Librairie illustrée, s. d. ; 1 vol. - CONTES DU CHAT NOIR. Le Printemps. Dessins de Loys, Henri Rivière, Henri Pille, Henry Somm, Robida, Fernand Fau, Steinlen, Labattier, Saint-Maurice, George Auriol, Roedel, Vincent. Paris, E. Dentu, 1891 ; 1 vol.

 

 

1883              Le Tambourin

 

Direction : 74, rue Lepic ; Administration : 12, rue Coustou. 1re année (non numéroté). Format in-4, illustré. Entièrement autographié, 2 feuilles. Le titre : Le Tambourin est autographié en lettres d'argent. Au dessous un dessin, représentant, au centre d'un tambourin enrubanné, le portrait de Gelabert dans le rôle des Pommes d'Or ; surmonté de ce titre en lettre d'or : Les Pommes d'Or. En tête de la 2e page, se trouve le programme du journal qui débute ainsi : « Notre but est de venir nous ajouter aux divers journaux traitant des théâtres en les complétant, si toutefois l'expression peut s'employer sans froisser en aucune façon nos confrères et devanciers. » Puis vient un article : Le Théâtre des Menus-Plaisirs, Les Pommes d'Or, signé Koff. Ensuite : Petit Courrier théâtral. En 4e page, quelques réclames et le programme du théâtre. Cette feuille n'a aucun rapport avec la brasserie portant le même nom, Le Tambourin, qui se trouvait Boulevard Clichy.

 

 

1884              Les Chroniques de Montmartre et des Batignolles

 

Premier journal fait par Willette. L'extrême rareté de ce journal, dont nous n'avons vu que des coupures, ne nous permet pas de donner d'autres détails. C'est dans cette feuille que l'artiste Willette donna la première version des délicieuses pages du Poème de la Rose.

 

 

1885              La Gazette du Bagne

 

N° 1, Dimanche 1er novembre 1885, 10 centimes. Rédacteur en chef : Maxime Lisbonne ; rédaction : 2, boulevard de Clichy, cellule R. ; administration : 2, boulevard de Clichy, cellule A. 4 pages in-f°.

Le titre qui occupe le 1/3 de la 1re page est orné de deux dessins : Un

 

 

 

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forçat, au milieu, et un garde-chiourme, à droite. Les deux autres tiers de la feuille sont occupés par un dessin de Sem : La Bastonnade. En tête de la 2e page un article signé 25002 : La Bastonnade ; puis un autre signé 4634 : Les Forçats du Bagne et les Nonnes de Thélèmes. Les numéros qui servent de signature à ces articles sont les matricules du bagne qui servent de pseudonymes aux auteurs. En 3e page : La Taverne du Bagne et la Presse. Puis on lit : « Nous publierons dans notre prochain numéro la suite des Souvenirs du 18 Mars jusqu'à l'amnistie, par Maxime Lisbonne. Tout ce qui a déjà paru de cet émouvant récit est en vente aux bureaux de la « Gazette du Bagne ». A la 4e page, le boniment de Lisbonne sur son établissement.

Pendant une certaine période, Montmartre semble le terrain, l'humus fertilisateur, contenant le microbe propice à l'éclosion d'un certain esprit qu'immédiatement on baptisa Esprit Montmartrois. L'ancien colo­nel de la Commune, Maxime Lisbonne, est le second type de ce genre que nous trouvons au cours de cette énumération. La création de ces différentes brasseries (La Taverne du Bagne, les Frites Révolutionnaires, le Casino des Concierges, etc...), étaient à l'époque de véritables trou­vailles et firent courir tout Paris. Quatre ans plus tard, il devait ajouter sa note comique aux élections de 1889, en posant sa candidature comme candidat concussionnaire. Voici d'ailleurs la reproduction de son affiche électorale qui, avec celle du maître Willette, dont nous parlerons à son heure, est dans sa verve satirique un des modèles du genre.

 

« Septembre 1889.

« MAXIME LISBONNE

« Candidat concussionnaire honnête,

« Aux Electeurs du quartier Clignancourt.

« Citoyens,

« Révision, Convention nationale, telles sont les principales bases de mon programme.

« Si vous m'honorez de vos suffrages, je prends l'engagement d'honneur de ne jamais trafiquer de mon mandat de député sans exiger des solliciteurs une somme de cinq cents à cent mille francs, selon la demande des intéressés.

« A la fin de chaque session, je convoquerai en réunion publique mes électeurs. Après avoir soumis à leur examen mes livres de comptabilité, un dividende prélevé sur les opérations de concussion honnête leur sera donné.

« Ce dividende pourra, étant donné le nombre incalculable de compétiteurs, être d'une somme de 325 à 375 francs, qui reviendra à chaque électeur pour la première année.

« Mon élection ne déplairait pas au chef de l'Etat. Jugez-en par cette correspondance. »

Suit une lettre du citoyen Lisbonne au Président de la République :

« Citoyen Président,

« J’ai l'honneur de solliciter de votre bienveillance un envoi de 3.000 francs pour faire face à mon échéance de fin de mois et m'éviter

 

 

 

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des ennuis commerciaux. Peut-être un jour serez-vous étonné de ma visite à la présidence, vous rapportant cette somme. Je serai plus étonné que vous. »

Et en regard de cette amusante lettre, le candidat rapporte en fac-similé la réponse authentique qu'y fit M. Carnot :

« Monsieur,

« M. le président de la République a bien reçu votre lettre. Il me charge de vous faire connaître qu'il ne peut pas vous faire l'avance des fonds que vous sollicitez.

« Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de mes sentiments distingués.

« Le Général de Brigade, secrétaire général de la présidence,

« Général BRUGÈRE. »

 

 

1885              Le Mirliton

 

Bureaux : Boulevard Rochechouard, 84, au cabaret du Mirliton. Rédacteur en chef : Camille de Sainte-Croix. Directeur : Aristide Bruant. Secrétaire de la Rédaction : Ernest Richard. Coopération typographique (Ass. ouv.), 28, rue Saint-Lazare. 4 pages in-8°. Vers le n° 90, quelques nos ont 4 pages supplémentaires, mais consacrées à des annonces théâtrales. La collection de cette feuille illustrée en couleurs par Steilen, Uzes, Jean Cailloux, Bole, Treclau, Henri Pille, V. Ber, Durvis, etc., comprend : 1re série 142 nos ; 2e série 30 nos ; 3e série 16 nos, du 1er octobre 1885 au      1896. Il existe des nos illustrés en noir; ils sont plus rares que ceux en couleurs. Les dates de la publication de ce journal varient à chaque instant. Du n° 1 (1er octobre 1885) au n° 13, qui est daté du 3 avril 1886, cette feuille paraît régulièrement le 1er et le 15 de chaque mois. Les nos 1 et 2 sont sans dates. Le n° 3 porte : 1er novembre 1885. Les nos 13 à 17 portent : Paraissant tous les samedis. Le n° 18 du 15 mai 1886 indique : Paraissant le 1er et le 15 de chaque mois. Mais cette régularité ne dure pas, car bientôt on nous annonce : « Paraissant très irrégulièrement une vingtaine de fois par an ». Et cela diminue encore, car à partir du n° 45 de mars 1888, la rubrique est : « Paraissant très irrégulièrement une douzaine de fois par an ». Vers la fin de décembre 1892, cette feuille s'annonce à nouveau comme « Journal illustré bi-mensuel ». A partir du n° 94 (27 janvier 93) « hebdomadaire, paraît le vendredi », etc. Le Mirliton donne des articles de Camille de Sainte-Croix, Aristide Bruant, Jean Tisonnier, Louis Marsolleau, Henri Letourneur, Alphonse Allais, Georges Courteline, Charles Leroy, Paul Marion, Raphaël Chaigneau, Oscar Méténier, etc. La réunion presque complète des chansons et monologues de Bruant y a été publiée.

La collection complète du Mirliton, assez rare aujourd'hui, offre plus d'un intérêt. Elle est précieuse d'abord à ceux qui font des recherches sur la langue argotique, Bruant est un maître en ce genre. Avec la Chanson du Gueux de Richepin et quelques ouvrages de Méténier, le Mirliton formera un monument précieux pour l'étude de la langue verte.

 

 

 

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La suite des dessins qui ornent la première page, sera aussi fort in­téressante à feuilleter, car elle comprend une quantité de ces croquis où Steinlen et les autres ont stigmatisé d'un crayon qui parfois a le tranchant et l'âpreté d'un scalpel, les chloroses et la morne inconscience qui forment le fond de la psychologie de types spéciaux aux bas-fonds parisiens.

 

 

1886                 Le Décadent

 

Revue littéraire bi-mensuelle paraissant le 1 et le 15 de chaque mois. Directeur : Anatole Baju. Bureaux : 54, boulevard de la Chapelle (1).

 

 

1886              Montmartre Illustré

 

Paraissant tous les samedis. Secrétaire de la rédaction : Emile Saint-Hilaire ; Rédacteur en chef : Savinien Lapointe ; Directeur : Charles Duval ; Administrateur : Henri Mayence. - Imprimerie F. Bouchy, 30, rue Clignancourt. Format grand in-4°. En tète sur un dessin assez joli, par Ed. Lefèvre, représentant le Moulin de la Galette en 1865. Ce journal fut bien lancé et la Presse lui fit bon accueil. Il n'eut pourtant que trois numéros, malgré les noms de Savinien Lapointe, Paul Alexis, Charles Duval, etc., et de l'aquafortiste Ed. Lefèvre. N° 1, 9 mai 1886.

Dans le Rappel du 8 mai 1886, nous lisons les vers suivants :

 

Un nouveau journal

Se présentant lui-même.

Avec le printemps paraissent les feuilles ;

Pour le vrai public, aimable et lettré,

Il paraîtra aussi Montmartre illustré.

Je viens, ô Rappel, pour que tu m'accueilles,

 

Ta publicité m'est d'un grand concours ;

Annonce-moi donc à ta clientèle.

Dis-lui qu'en naissant, je n'ai pour tutelle

Que ma fantaisie, et que, si je cours

 

Au succès, je veux par mon origine

- Montmartre a toujours dominé Paris -

Grouper sous mon nom les plus hauts esprits

Brillant d'un éclat que nul n'imagine.

 

Je veux marier la plume au crayon

Pour frapper les yeux et sourire aux âmes ;

Parmi mes auteurs seront plusieurs dames

Et ce sera là mon plus doux rayon.

 

A moins d'accidents et d'avis contraires,

Annonce, ô journal, pour être informé,

Qu'on me trouvera, dimanche neuf mai,

Montmartre et Paris, chez tous les libraires.

 

(1) Je n'ai vu aucun numéro de ce journal. C'est d'après une annonce que l'on donne le renseignement ci-dessus.

 

 

 

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Dans la Justice du 8 mai, cet entrefilet plein de promesses : « Samedi 8 courant sera mis en vente le premier numéro du Montmartre illustré, ayant comme rédacteur en chef M. Savinien Lapointe, le vieil ami du chansonnier Béranger. Ce journal reproduira chaque semaine des gravures du vieux Montmartre et du Montmartre moderne et publiera l'his­toire de cet arrondissement depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours. » Abonnement : un an 10 francs. Le numéro 10 centimes. - Bureaux : 47, rue Gabrielle, Montmartre près Paris.

 

Le premier article de présentation de Charles Duval, Notre but, plein d'espoir et de promesses est ainsi conçu :

 

« Tout droit, toujours tout droit, tel est notre programme.

« MONTMARTRE ILLUSTRÉ est paru, ce petit canard que nous présentons à tous nos bons amis Montmartrois n'a pas vu le jour sans peine.

« Ce qu'il a coûté à ses pères nourriciers, de tracas, d'ennuis, de cour­ses, est chose inouïe, son éclosion a été dure, mais grâce à la poigne vigoureuse du bon Savinien Lapointe, l'enfant s'est bien présenté et il vous salue.

« Nos fatigues ont été vite oubliées en présence de toutes les mains amies qui se sont tendues vers nous, en présence de toutes les sym­pathies qui nous ont été témoignées par les artistes de Montmartre.

« Le clan artistique est dans la joie, il jubile, il exulte, il va avoir son journal à lui, son journal de clocher, son journal d'atelier, un journal qui ne sentira pas la choppe ni la crotte du Chat Salisien.

« Car Montmartre n'avait plus de journal depuis que le limonadier litté­raire qui donnait des conseils aux peintres en leur servant un hydromel douteux a transporté ses pénates et ses soupières dans un autre arron­dissement. Montmartre était tombé dans une mélancolie noire, le sommeil léthargique de la fille de Lazare s'était emparé de lui, et, malgré tous ses efforts, Bruant, nouveau Jésus-Christ avec sa veste de velours et son chapeau d'auverpin, n'avait pu parvenir à le réveiller.

« Montmartre n'a plus son chat noir, ce coureur de gouttières, qui vou­lait la séparation de Montmartre et de l'Etat est un transfuge, il n'a plus le droit d'arborer en tête de son journal le moulin de la galette, le mou­lin ne lui appartient plus, maintenant qu'il est allé miauler sur les hauteurs du quartier Bréda, il doit remplacer son moulin par un tabouret (dont le coût est de 5 francs) et son chat par une cocotte !

« Ne restons pas plus longtemps plongés dans la limonade.

« Revenons à nos Moulins.

« A Montmartre appartient ce jeune canard, nous serons une coterie si on veut appeler de ce nom notre réunion toute artistique, mais cette co­terie usera tous ses efforts à soutenir des artistes de la montagne et non à les saouler, nous ferons un salon tout spécial pour eux en un mot nous serons à l'atelier, à l'Exposition et non à la brasserie Dietrich.

« Cela nous rapportera peut-être moins, mais nous en serons plus fiers.

« Ainsi que nous le disions en tête de cet article, notre programme est tracé.

« Tout droit, toujours tout droit.

 

 

 

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« Montmartre a besoin de jeunes gens pour défendre sa cause, Montmartre a des points de vues splendides et des endroits pittoresques qu'on veut démolir.

« Et Montmartre a sa boîte à mouches, je veux dire sa mairie qu'on veut conserver.

« Nous sommes tous, Montmartrois, peintres littérateurs, journalistes, moins riches les uns que les autres, tirant plus ou moins le diable par la queue, mais si Montmartre n'est pas riche d'argent il est riche en intel­ligence, la preuve c'est qu'il n'existe pas un seul banquier à Montmartre et que pas une de ces sociétés plus ou moins industrielles n'a eu l'au­dace d'y venir planter une succursale.

« C'est même grâce à cela que la population de Montmartre est restée honnête.

« A Montmartre pas d'agioteurs, pas de temple à souscription à l'emprunt d'Haïti, au verre trempé, cassé, etc., pas de rançonneurs de pau­vres diables, pas de protecteurs de l'art chorégraphique, pas de gros lou­lou de ces dames de ballet.

« Nous arracherons toutes les semaines une plume à notre petit canard pour soutenir nos chers artistes de Montmartreville, près Paris et malgré cette mutilation notre canard ne sera jamais plumé, ses ailes repousseront plus drues et plus vigoureuses.

« A bon entendeur, salut.

« Ch. DUVAL. »

Suit une lettre de Paul Alexis dont nous extrayons le passage sui­vant :

« A la rédaction du Montmartre Illustré.

« Vous vous intitulez : « Montmartre,... » donc je suis avec vous.

« MONTMARTRE suffisait : Illustré me semble inutile. J'eusse préféré, si l'ont m'eut consulté que votre organe s'appelât : « Montmartre Illustre. »

« MONTMARTRE est haut - dans toute l'acceptation du terme. - MONT­MARTRE est grand, généreux et sublime. Tant que Paris restera quelque chose dans l'univers, MONTMARTRE restera la quintessence de Paris - la fleur d'art et de jeunesse dont s'enorgueillit l'énorme capitale.

« Je me fais donc une gloire une joie surtout d'appartenir à votre MONTMARTRE, même illustré ; car serais-je vieux comme la grande roue du Moulin de la Galette et exilé depuis quarante ans au fond des Batignolles, je me proclamerais encore un citoyen de Montmartre.

« Paul ALEXIS. »

Les autres article de ce numéro sont :

La Butte Montmartre, de And. Rops (?).

Le Clou poésie modèle, de Savinien Lapointe.

Confidences d'une duchesse, par L. Dupré.

Vieux Montmartre, par Emile Saint-Hilaire.

N° 2, 16 mai 1886. Le nom de Savinien Lapointe ne figure plus sur ce numéro ni celui de Charles Duval. La rédaction se trouve ainsi transformée : Directeur, Jules Senet ; secrétaire de la rédaction, Emile Saint-Hilaire ; administrateur, Henry Mayence. Le dessin publié dans ce numéro est le même que celui paru dans le n° 1. Cet accroc est expliqué

 

 

 

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dans un entrefilet signé la « Rédaction » qui en rejette la faute sur le clicheur... Les articles sont signés : Georges Hugon, Lucien Muller, L. Dupré.

N° 3 et dernier du 23 mai 1886. En première page, une gravure de Ed. Lefèvre : (La rue Saint-Vincent). Ce dessin fut resservi dans le n° 5 du Montmartre artistique, littéraire.

 

 

1886              Montmartre

 

Artistique, littéraire, illustré. Paraissant le 1er et le 15 de chaque mois. Rédacteur en chef : Adrien Boissy. Secrétaire de la rédaction : Emile Saint-Hilaire. Administrateur : Henry Mayence, dit Rodolphe Elina. Bureaux : 47, rue Gabrielle. Le n° 5 centimes. 4 pages in-4°. Ce journal a eu 9 nos environ.

Le n° 1 est du 30 mai 1886.

N° 2, du 17 juin 1886, contient des articles de Charles Duval, Adrien Boissy, Michel Desfossés. Un feuilleton : Histoire de Montmartre, par Henry Mayence.

En première page un dessin intéressant, mais fort mal venu, représente la Tourelle située au coin des rues Mercadet et du Mont-Cenis.

Le n° 3, qui est numéroté 4, ne paraît que deux mois et demi après ; il est daté du 1er septembre 1886. La rédaction est ainsi composée : directeur rédacteur en chef : Henry Mayence ; secrétaire de la rédaction Emile Saint-Hilaire ; administrateur : Charles Jason.

En première page un dessin informe, signé R. Costes, a la prétention de représenter la tour Solférino. Les articles sont signés : G. Bertrand-Begoy, Henri Mayence, Ch. Bluet, Emile Saint-Hilaire.

N° 4, du 15 septembre 1886. En première page un très mauvais dessin, signé R. Montclavet, veut représenter l'ancienne abbaye de Montmartre. Sous le nom de Rodolphe Elina, Henry Mayence commence la publication d'une histoire de l'abbaye de Montmartre. Les articles sont signés Emile Saint-Hilaire, Henry Mayence, Henri Laurent, Charles Bluet.

N° 5, du 1er octobre 1686. En première page un bon dessin de Ed. Lefèvre, La rue Saint-Vincent. Ce dessin est le même que celui paru dans le n° 3 du Montmartre illustré. Les articles sont signés Gaston-Bertrand-Rodolphe Elina, Charles Duval.

N° 6, du 15 octobre 1886. Le titre du journal est modifié ainsi Mont-Martre artistique, littéraire, illustré.

En première page, le même dessin de Ed. Lefèvre déjà paru deux fois dans les nos 1 et 2 du journal précédent : « Montmartre illustré » : Le Moulin de la Galette, même signatures que dans le numéro précédent.

N° 8, du 15 novembre 1886, n'est pas illustré. Il annonce pour très pro­chainement l'inauguration de la Salle d'Exposition du Mont-Martre. Ce numéro offre encore moins d'intérêt que les précédents.

N° 9 et dernier du 1er décembre 1886. Même titre que le n° 8, mais on y ajoute au sous-titre : Organe de l'Académie d'Archéologie. Même rédac­tion. Deux dessins en 3e page. Le Jeu de Boule des Auvergnats, par M. V. Loiseau, dessinateur de la Revue illustré, et La Tour Solferino vue -de la place Saint-Pierre, du même.

 

 

 

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La rédaction est encore modifiée, Henry Mayence y figure comme directeur-rédacteur en chef et aussi comme administrateur sous le nom de Rodolphe Elina. Emile Saint-Hilaire est toujours secrétaire de la rédaction, mais un directeur artistique, dont le besoin se faisait sentir, lui est adjoint, c'est Georges Guillot.

 

 

1886              Le Sans-Culotte

 

Journal indépendant. - Imprimerie spéciale, 47, rue Gabrielle. Directeur, H.-R. Elina ; Rédacteur en chef : Charles Duval, du Petit Caporal ; Rédacteurs : Emile Saint-Hilaire, J.-B. Clément, Roland Montclavel, Bouty, Garamaraguphe. - Format in-8°, 8 pages. 15 numéros parus. Une vignette symbolique occupe le haut de la 1re page, elle est signée Ed. Lefèvre ; au centre, la République assise, coiffée du bonnet phrygien, tenant une équerre de la main droite et une plume de la gauche. Elle est appuyée contre un énorme lion, un drapeau flotte à ses côtés. Sous ses pieds, gisent un sceptre et un goupillon. A droite, le faubourg Saint-Antoine avec la Bas­tille au loin. Le troisième plan est occupé par les buttes Montmartre ; à gauche, le Sacré-Cœur d'où s'envole une nuée de corbeaux ; à droite, un moulin.

 

 

1886              Le Tambourin

 

L'existence de ce journal nous est révélée par l'annonce suivante parue dans le n° 17 du Mirliton, du 1er mai 1886 :

« Aujourd'hui paraît chez les libraires et dans les kiosques le 3e nu­méro du Tambourin, pamphlet hebdomadaire à 10 centimes, rédigé par M. Clovis Hugues avec des dessins humoristiques de Pasquin.

« Sommaire de ce numéro :

« Hypocondrie gendarmesque. - Coquelin bon Dieu. Panorama A. M. D. G. - Jésus-Christ anarchiste. - Mlle de Sombreuil et son Ver...goin. - Femme à ténors.                 - Répétitions privées. - Poésies ».

 

 

1886              La Butte-Montmartre

 

Artistique, littéraire et théâtrale. Organe des intérêts généraux du XVIIIe arrondissement. Bureaux, rédaction, administration et annonces : 53, rue Montmartre, Paris. Le n° 10 centimes. Paraissant tous les mois. Marius Giberne, administrateur ; Adolphe Armand, secrétaire de la rédaction. N° 1 du 18 juillet 1886. Format gr. in-4° 2 feuilles.

Ce numéro est le seul que nous ayons pu trouver.

 

 

1887              Montmartre-La-Chapelle

 

Organe du XVIIIe arrondissement. 14e année. Le n° 708 du 13 octobre 1900 porte le titre suivant :

Paraît le samedi. Le n° dix cent. Montmartre-La-Chapelle. Organe du XVIIIe  arrondissement. Directeur: André Peri.

Adresser toutes les commandes jusqu'au mercredi soir au secrétaire

 

 

 

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de la rédaction, R. Darcy. Rédaction et administration : 17, boulevard Rochechouart, Paris. Abonnements : un an, Paris, 6 fr. ; six mois, 3 fr. 50 ; départements 7 fr. Le gérant : Georges Prud'homme. - Montdidier, Imprimerie Léon Carpentier. Ce journal a paru d'abord sous le nom de Paris-Montmartre. Le n° 191, 4e année, samedi 25 décembre 1886, porte le titre suivant : Paris-Montmartre, organe du XVIIIe arr. La Chapelle, La Goutte d'Or, Clignancourt, Grandes Carrières, Clichy. Paraît le samedi. Rédacteur et administration, 7, rue Tardieu. Directeur : André Peri. Rédacteur en chef : Fernand Delisle. Administration : de Okecki. Abonnements : 6 mois, 3 fr 50 ; un an, 5 fr. Les articles, la plupart très locaux, sont signés Fernand Delisle, Félix Jahyer, etc. Quelques numéros seulement parurent sous le nom de Paris-Montmartre, sous la direction Peri, ce titre fut changé par lui en : Montmartre-La-Chapelle, qu'il a gardé jusqu'à ce jour. André Peri est mort en 1901. La collection de ce journal est intéressante au point de vue local, car, dans les premières années surtout, se trouvent de nombreux articles sur l'arrondissement.

 

 

1887              Le Dix-huitième

 

Journal hebdomadaire du XVIIIe arrondissement. Organe des quartiers de : Clignancourt, Grandes-Carrières, Goutte-d'Or et La Chapelle. Administration : 28, rue Saint-Merri. (Demander les 20 journaux des 20 arrondissements.) Format petit in f° 2 feuilles. Seizième année n° 795, du 18 au 24 janvier 1902. Journal politique.

 

 

1887              Le Vieux Montmartre

 

Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie des IXe et XVIIIe arrondissement, 42, rue d'Orsel. Paraît en fascicules trimestriels in-8°, sous couverture. Illustré. - Au n° 3, le titre devient : « Bulletin de la So­ciété d'histoire et d'archéologie du XVIIIe arrondissement Le Vieux Montmartre. A partir du n° 47, le titre porte : « Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie des IXe et XVIIIe arrondissements. » - Les nos suivants sont épuisés : 1, 3, 5, 6, 8, 9, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 19, 20.

Nombreux articles d'histoire et d'archéologie ; reproduction de documents graphiques, manuscrits, etc. Se continue.

La table analytique des 20 premières années paraîtra dans le premier fascicule de 1906.

 

 

1887              La Butte

 

Satirique, littéraire, illustrée. Directeur : Armand Le Mée ; secrétaire de la rédaction : Georges Hugon. Format in-4° 2 feuilles. 1re année, n° 1, jeudi 15 septembre 1887. Le titre qui occupe la moitié supérieure de la 1re page représente le Moulin de la Galette, par A. Cazals. La moitié inférieure donne un mauvais dessin signé Zizi, sans intérêt. Les 2 pages intérieures contiennent des articles sans valeur signés A. Le Mée, A. des Ca den Zals, etc. En 4e page, 4 dessins nuls, servent à illustrer de la publicité.

N° 2, 25 septembre 1887. Même en-tête de Cazals ; au-dessous, un por-

 

 

 

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trait : Ceux de la Butte, Paul Alexis. 2e et 3e pages non illustrées, articles des auteurs ci-dessus. 4e page, mêmes dessins de publicité que le n° 1. Ce journal a été ainsi catalogué par l'expert Sapin :

« La Butte satirique, littéraire, illustrée 1887-88, 7 numéros in-4°, figures rognés, 20 fr. Collection complète, affiche illustrée ajoutée ».

 

 

1887 (?)         La Chaudière

 

Barbasse, rédacteur en chef. Vente en gros, rue du Croissant, 13. Abonnements : 6 mois, 3 fr. 50 ; un an, 6 fr., couverture en papier vert : une chaudière dans laquelle des types de différentes classes de la société. Format : h. 20 cent., 1. 15 cent. Administration et rédaction, 40, rue Myrrha. Sans date.

 

 

1888 (?)         La Manivelle

 

Journal artistique, illustré, hebdomadaire. Ce journal porte en épigraphe :

En Art comme en Amour

Pas de choses nouvelles.

Chacun vient tour à tour

Tourner la manivelle.

Format in-4° autographié, 2 feuilles. 2 numéros seulement.

 

 

1888              Le Réveil du XVIIIe

 

Organe hebdomadaire indépendant du XVIIIe arrondissement. Rédaction et administration : 27, rue Tholozé. Le n° 5 centimes, 4 pages in-f°. Gérant : Henry Mayence (Elina).

N° 1. 18 Mars 1888. Les collaborateurs sont : Georges Renard, Rodolphe Elina, Emile Saint-Hilaire, Albert Dubreuil, etc.

Ce journal reprend en 1889. 2e année. N° 1, du 8 septembre 1889. Directeur : Rodolphe Elina. - N° 2, du 16 septembre 1889. - N° 3, du 29 septembre 1889. Articles signés : Adrien Boissy, Rodolphe Elina. En 3e page, un dessin, le Moulin de la Galette, par Paul Vernon, assez insignifiant. - N° 4 du 6 octobre 1889. La rédaction et administration est transférée 16, rue Cortot. Ce n° porte en manchette : « Electeurs des Grandes-Carrières, votez pour le citoyen J.-A. Lafont. »

 

 

1888              La Revue Montmartroise

 

Paraissant tous les 15 jours. Organe des intérêts généraux du XVIIIe arrondissement. Littérature, sciences, médecine, droit, économie politique, finance. Rédacteur en chef : Albert Dubreuil. Abonnement : un an, 3 fr. Bureaux et rédaction : 112, rue Championnet.

1re année. N° 1, dimanche 29 avril 1888. En tête de ce n° : « Avis im­portant. - Nos colonnes sont à la disposition de toutes les personnes qui pourraient avoir à se plaindre, soit d'un manque d'égards, soit d'un déni de justice. » Puis vient la composition de la rédaction : Dr Félix Brémont, L. Bruegghe, Louis Caillet, professeur d'économie politique ;

 

 

 

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Dr Degoix, Charles Duval, René de Fontenoy, Jassand, ancien magistrat ; Luc Lambin, etc. Ce n° est du format in-8° et contient 4 feuilles.

N° 3, du 3 juin 1888. A changé de format ; il est in-4° et contient toujours 4 feuilles.

Ce journal ne s'occupe que de politique locale ; il est opposé à la municipalité.

 

 

1888              Le Pierrot

 

Paraissant le vendredi. Directeur : A. Willette ; Rédacteur en chef : Emile Goudeau. Bureaux : 7 rue Bleue. Paris, 1 an 16 fr. ; 9 mois 8 fr. ; 3 mois 4 fr. (1). Format in-f°, 2 feuilles. Il existe un tirage de luxe de ce journal, 10 exemplaires sur papier de Hollande, 50 fr. l'année, et 10 sur Japon, 100 fr. l'année, tous numérotés et signés. Willette illustrait de dessins originaux les marges de ces exemplaires pour les amateurs qui s'entendaient avec lui. La collection complète comprend 51 numéros. La première année a 26 numéros, du 6 juillet 1888 (n° 1) au 26 décembre. La deuxième année a 23 numéros, du 4 janvier 1889 au 20 septembre 1889. La 3e année n'a que deux numéros, autographiés, un numéro spécial du 5 mars 1891 et le n° du 20 mars 1891. On peut y joindre la carte d'invi­tation illustrée pour le bal du Pierrot, du 6 avril 1889.

Ce journal ne parut pas très régulièrement : du n° 1 (1re année) au n° 6 (2e année) du 8 février 1889, les numéros parurent chaque semaine ; mais le n° 7 ne parut que deux semaines après, le 22 février.

Par suite d'une erreur, le n° 8 (2e année) porte 1er février 1889 au lieu de 1er mars 1889. Puis à partir du n° 17 (2e année) du 3 mai 1889, le n° 18 ne paraît plus que le 9 août 1889. Le n° 21 est du 30 août, le n° 22 ne paraît que le 13 septembre. Le dernier numéro imprimé est le 23e, du 20 septembre 1889. Les 2 numéros autographiés de la 3e année ne parurent qu'en 1891.

Ce journal, exclusivement illustré par Willette, contient quelques-unes des plus exquises pages de son œuvre. Et cette tentative véritablement artistique, qui méritait d'être encouragée par tous les amateurs, ne fut pas comprise. Elle fut la source pour le grand artiste de bien des dé­boires.

La partie littéraire, quoique secondaire dans cette feuille, compte pourtant beaucoup de noms d'écrivains de talents. Citons : Emile Goudeau, Georges Vanor, Léon Deschamps, Hippolyte Buffenoir, Jules Jouy, Jules Bois, Paul Pradel, Rodolphe Darzens, Paul Arène, Melandri, Maurice Guillemot, Hugues Delorme, Mac Nab, etc. etc., et surtout Willette qui, sous le pseudonyme de G. Lechat, nous donne à partir du n° 12, 21 septembre 1888, en remplacement de Goudeau, des chroniques pleines d'une fantaisie endiablée. Vers les derniers numéros, l'entrain et la verve du commencement se voilent d'un peu de mélancolie et l'on voit transparaître la goutte de fiel à travers la chanson toute parfumée de grâce et de jeunesse. Dans le

 

(1) Remarquons qu'en prenant un abonnement de 9 mois et un de 3, on ne payait que 12 fr. par an. Il faut évidemment lire 6 mois et non 9.

 

 

 

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n° 3 (2e année), 18 janvier 1889, Willette annonce qu'il prépare un livre Trente ans chez les Sauvages... Ce livre n'a, croyons-nous, jamais vu le jour. Malgré tous les déboires dont il est abreuvé, Willette reste Willette, aussi convie-t-il ses abonnés au Bal du Pierrot pour le 6 avril 1889. Cos­tume de Pierrot et Pierrette obligatoire.

Dans le n° 23, 2e année, 20 septembre 1889, Willette pose sa candidature aux élections législatives du 22 septembre 1889 dans le IXe arron­dissement, 2e circonscription. Et parmi les candidatures fantaisistes, celle-ci fut une des plus originales ; son affiche illustrée comptera tou­jours parmi les pièces rares et curieuses de ce genre spécial.

Le n° 23 du 20 septembre 1889 est le dernier de la 2e année. Le 5 mars 1891, 18 mois après, le Pierrot fait une nouvelle tentative ; en effet un numéro spécial paraît. Cette fois le directeur est Rupert Carabin, le sculpteur. Le journal est entièrement autographié, sauf le titre qui est imprimé avec les mêmes caractères que précédemment et dont voici la disposition :

 

3e année. - Mars 1891.                        Numéro spécial                     Le numéro 30 centimes.

LE

PIERROT

            Bureaux                            paraissant le Vendredi                                   Bureaux

79, Rue Rochechouart           Directeur : RUPERT CARABIN               79, Rue Rochechouart
Paris                            Dessinateur: A. WILLETTE                               Paris

 

Puis de suite, au-dessous de ce titre, la prière suivante autographiée : « Les amis du Pierrot sont priés d'envoyer leur adhésion d'abonnement au bureau du journal, 79, rue Rochechouart. »

Au-dessous, un superbe et navrant dessin de Willette, avec cette légende : « Dis-moi Pierrot, quand tu seras FAILLI, tu m'aimeras encore ? »

En troisième page, un autre grand dessin de Willette.

Le 20 mars 189 paraît un autre numéro autographié, sauf le titre ; c'est le dernier de ce journal. L'en-tête est le même que le précédent ; il porte : 3e année, n° 1.

En première page une superbe lithographie : un bourgeois, tête d'homme d'affaire, se tient blême de peur devant son coffre-fort auquel il se cramponne. Devant lui, un ouvrier miséreux, loqueteux, l'œil terrible, la pioche en arrêt. Légende : « Ah ! les affaires sont les affaires !... eh bien, moi aussi j'veux faire des affaires et je vais commencer par faire la tienne ! » En 2e page, une lettre d'hommage à la mémoire de Théodore de Banville. En 3e page, une grande lithographie : Apothéose de Banville dans les cieux. Au premier plan, deux petits pierrots dont l'un tient une plume en guise de rame, sont dans une barque désemparée et ballotée sur les flots déchaînés. Légende : « Oh ! Banville, n'abandonnez pas vos Pierrots, votre Pierrot plus pâle que de coutume. » La 4e page est blanche...

Ces deux derniers numéros sont extrêmement rares.

Willette, journaliste, est peu connu, aussi nous ne pouvons résister au plaisir de citer au hasard l'article suivant :

 

 

 

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MAIS OU SONT LES NEIGES D'ANTAN ?

Au sieur Gillot , panicono-graphe.

Il ne reviendra pas le temps où la mandoline enrubannée sur le dos, tu te baladais, Pierrot, dans les grands parcs bleus de Watteau, en faisant ta cour aux mignardes marquises, avec ton sourire carminé et ton visage de porcelaine.

Ton bonheur semblait aussi éternel que la splendeur des lys de France et cependant ils ne sont plus les grands parcs bleus de Watteau et tes amoureuses gisent toutes souillées dans les taudis des bric-à-brac.

Les noires usines fument sur tes promenades aimées, le grondement des machines étouffe ta chanson, la marque de fabrique a remplacé l'Ecusson et ne protège plus que les esclaves du commerce et de l'industrie.

Il ne reviendra plus le temps où aux premiers accords de ta mandoline enchantée on abaissait le pont-levis, le temps où le châtelain te priait de prendre à poignée, dans le secrétaire œuvre d'art, le prix de ta chanson ; il ne reviendra pas le temps où le marchand lui-même t'achetait un rayon de soleil.

Le beau et noble Apollon étale sa splendide nudité ; le lâche et avare Plutus a peur, lui, et il est bardé de fer ; tu peux frapper aux coffres-forts : c'est en vain, tes mains seront ensanglantées... ta marchandise ne vaut pas l'or qu'ils renferment.

Au clair de la lune

Mon ami Pierrot...

Tu ne mangeras du pain que si tu fabriques du vin, et tu ne boiras du vin que si tu fais du pain... Voilà, mon garçon, c'est simple comme 2 et 2 font 4.

Le peuple : Pierrot, c'est moi qui suis le coupable, c'est moi qui t'ai arraché ta défroque de satin, c'est moi qui ai dévasté les grands parcs bleus, c'est moi qui ai massacré tes gentilles marquises, c'est moi qui ai fauché le lys de France, mais c'est moi qui peine au profit de la bourgeoisie triomphante.

Viens donc chez nous, mon blanc frangin ; s'ils ont le monopole de l'or, nous avons encore celui du plomb. Toi aussi tu porte la blouse, toi aussi tu as la face pâle ; viens chez nous, ta chanson ne nous sera pas inutile à nous, et nous te la paierons cher... au prix du sang !

WILLETTE (1).

 

 

1888              La Lanterne Japonaise

 

Paraissant le samedi. Directeur : Jehan Sarrazin. Bureaux : 75, rue des Martyrs. Abonnements : un an, 7 fr. ; 6 mois, 4 fr. (Format : in-4°, 2 feuilles).

1re année, n° 1, samedi 27 octobre 1888.

1re page, un dessin en couleurs de George Auriol  : Entrée triomphale de Jehan Sarrazin à Montmartre.

 

(1) 26 oct. 1888.

 

 

 

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Puis en 2e page, le journal débute par un article dans un style chanoiresque, portant le même titre que le dessin ci-dessus et dont voici le texte :

« Montmartre est dans l'allégresse et le Moulin de la Galette chante réjouissance, car le Moulin de la Galette et Montmartre comptent un chevalier de plus.

« Après avoir répandu, du nord au sud de la grande cité parisienne, ses incomparables olives, le sieur Jehan Sarrazin, gonfalonier de la rue de la Tour d'Auvergne (1) et taïkoun du XVIIIe arrondissement, vient d'être nommé grand de Montmartre et chevalier de l'Elysée, ce qui lui donne le droit de rester couvert devant Rodolphe Salis.

« Jehan Sarrazin, désormais gouverneur du Divan Japonais, a fait son entrée dans la cité libre, revêtu du costume des samouraïs, les sabres aux flancs, la seille d'olives au poing, entouré de tous les grands digni­taires de la contrée.

« Une jeune Japonaise appartenant à l'ambassade lui a offert un bouquet de fleurs d'or, et il a été reçu et armé chevalier par la fille cadette du Moulin de la Galette.

« Après quoi, ayant remercié l'assistance dans un langage fleuri, et fait donner des aumônes aux pauvres ; après avoir courbé le genou devant le Doyen de la Butte sacrée, distribué le ruban des réjouissances aux filles du district et donné l'accolade au R. P. Lefort, son précepteur, Jehan Sarrazin s'est rendu triomphalement en son domaine, au son de la marche nationale du Vermouth-Grenadine, et aux cris mille fois répétés de : Vive Sarrazin ! vive Montmartre !

« Signé : Robert de MAXEVILLE ».

Suivent des vers de Charles Cros et des articles de Jehan Sarrazin et Blednoir.

La 4e page est entièrement consacrée au programme du concert le Divan japonais.

Ce journal eut 16 numéros sous ce nom de 1888 à 1889.

En 1891, nous le retrouverons sous le titre : Le Divan japonais 1891-92, qui eut 69 numéros in-4° (2).

Devenu directeur du concert le Divan Japonais, il ne pouvait faire autrement que de faire paraître un journal. D'où la Lanterne japonaise. Il n'était en effet à cette époque de cabaret artistique digne de ce nom qui n'eût sa feuille spéciale.

 

 

1888              La Butte (3)

 

0,10 centimes. - Fondée par Armand Lettée, a la prétention d'être la seconde année de La Butte, satirique, littéraire, illustrée, paru en 1887. Ce journal est entièrement autographié. Son format varie de l'in-8° au

 

(1) Sarrazin tenait une épicerie au n° 54 de cette rue, où il écoulait spécialement des olives et de l'huile de Provence, du savon de Marseille, etc.

(2) Catalogue Sapin, 1904, n° 86. La collection, 40 fr.

(3) Voir ci-dessus, en 1887, La Butte.

 

 

 

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grand in-4° : 2 feuilles. Il est illustré d'une façon très sommaire, et le texte, sauf de rares exceptions, n'est pas non plus pour faire faire un grand pas au niveau intellectuel Montmartrois. D'ailleurs, le tout est fait sans grande préoccupation artistique. On y trouve cependant quelques vues qui ont un petit intérêt pour l'iconographie de la Butte Montmartre.

2e année, n° 1, 14 novembre 1888 (format in-8°). La Butte. En 1re page, dessin de Pallissy, rue Saint-Rustique, puis quelques jolis vers de Gabriel Randon : Résignation, et des gravures dans le texte. La 3e page est con­sacrée à une réclame pour Lisbonne et son cabaret des Frites révolu­tionnaires et un mauvais portrait de Lisbonne. Le Gérant : Bouisson. Imprimerie Schliffer, 56, passage du Caire.

2e année, n° 2, du 22 au 30 novembre 1888 (format in-4°). La Butte hebdomadaire. Directeur : Armand Le Mée. 1re page, un dessin de Palissy : la rue Saint-Vincent ; 2e, 3e et 4e pages illustrées dans le texte. Une réclame pour Sarrazin, ses olives et son Divan japonais.

2e année, n° 3, du 4 au 9 décembre (format grand in-4°). La Butte hebdomadaire. Bureaux : 11, rue du Mont-Cenis. 1re page, un portrait de Armand le Mée, directeur de La Butte, par Palissy. A la 3e page, un autre dessin de Palissy : le coin de la rue de Steinkerque et du boulevard Rochechouart, avec la maison close dite au Perroquet gris.

2e année, n° 4, Noël 1888 (format in-4° plus grand que le précédent). La Butte hebdomadaire. (Il existe un tirage sur papier bleu). 1re page, un dessin de Palissy : portrait du dessinateur P.-L. Mirate ; 3e page, un dessin de Mirate : La maison où habita Ignace de Loyola (1) ; un médaillon dudit et une vue du coin de la rue des Saules et de la rue Cortot.

3e année, n° 5, du 27 janvier au 3 février 1889 (format petit in-f°). La Butte hebdomadaire. Directeur : Armand le Mée. Bureaux : 11, rue du Mont-Cenis. 1re page, un dessin de Palissy : Vue de la rue du Mont-Cenis en face la rue Cortot. Un joli sonnet de Paul Alexis : Les Etoiles. - La 3e page est entièrement consacrée à la profession de foi illustrée de Zig Gros Bœuf de Montmartre, candidat de la Butte aux élections légis­latives du 27 janvier 1889.

 

 

1888              Le Père Peinard

 

Reflecs d'un gniaf. Hebdomadaire. Deux ronds. Paraissant depuis 1888. Anarchiste, publié par Pouget, 4bis, rue d'Orsel, puis rue Lavieuville.

 

 

1888 (?)         La Démocratie

 

Directeur : Eugène Ferrus, 168, rue Marcadet. Parut annuellement pendant quelques années, vers 1888.

 

 

1889              La Tribune des Employés des Postes et des Télégraphes

 

Rédacteurs : les abonnés. Paraît le dernier jour de chaque mois.

 

(1) Ignace de Loyola n'a jamais habité Montmartre, où il est seulement venu à la chapelle du Martyre, fonder la célèbre Société de Jésus.

 

 

 

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59, rue Lepic. Maquette spécimen, 1er août 1889. N'a jamais paru. (Musée du Vieux-Montmartre).

­

 

1889              La Gaîté-Rochechouart

 

Directeur : F. Souchet. Direction et administration : 4, rue de Suez, Paris. Format grand in-4° 2 feuilles. - Nous n'avons entre les mains que 3 nos de ce journal, qui sont presque absolument remplis par des annonces, réclames, etc. Ils donnent le programme de la Gaîté-Rochechouart et un feuilleton (une demi-colonne par numéro !). 3e année : n° 94, 2 février 1889 ; n° 96, 16 février ; n° 98, 2 mars.

 

 

1889              Autour du Moulin

 

Bureaux : 59, rue Lepic ; Directeur : A. d'Amoy. Petit in-8°, 2 feuilles. N'a eu qu'un numéro qui est entièrement autographié (et très mal !). 1re page un très mauvais dessin représentant deux peintres dans une rue quelconque de la Butte. Légende : N'empêche qu'il est intelligent... ? En venant au monde il avait déjà sa fortune faite. 2e page, contenant un appel aux jeunes, qui débute par ces mots : « Notre programme », et se résume en 3 mots : l'Avenir des jeunes... Ensuite quelques lignes sur la Tour Solférino. Des vers de Bouissou : La Petite fleur. Un petit article de A. Le Mée, etc. Très rare.

 

 

1889              Montmartre Artiste

 

Bi-mensuel. Administration et rédaction : 16, rue Cortot ; Directeur : Armand Le Mée. Le numéro 20 centimes. format in-8°, 2 feuilles. Ce journal, sous cette forme, n'eut qu'un numéro dont voici la description. Illustré, texte autographié. Le titre entouré d'une vignette représentant une vue de Montmartre assez médiocre, signée : P. Cervageon.

N° 1, 15 octobre 1889. 1re page, portrait de M. Emile Bin, maire révoqué de Montmartre, signé : Palissy (Bernard). 2e page, une biographie louangeuse de M. Bin, par Armand Le Mée. Des vers de J.-F. Bouissou, et une petite notice sur la Tour Solférino. La 4e page est consacrée à la réclame. - Imprimerie spéciale du Montmartre Artiste, 16, rue Cortot. Le Gérant : Bruneau.

Nous retrouverons cette feuille en janvier 1890.

 

 

1889              La Sentinelle de Montmartre

 

Journal hebdomadaire, révisionniste, socialiste. 2 feuilles, in-f°. Première année, n° 1, dimanche 3 novembre 1889. Secrétaire de rédaction : A. Peticolas ; administration et rédaction : 20, rue Custine, Paris. Principaux collaborateurs : MM. Naquet, Saint-Martin, Laisant, Francis Laur, députés ; Lucien Rabuel, Emile Massard, docteur Aubeuf, Justice, George, A. Peticolas. N° 2 : 10 novembre 1889 ; n° 3, 17 novembre 1889 ; n° 6, 1er décembre 1889. (Dans ce numéro, les caractères du titre sont

 

 

 

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plus maigres et plus grands. L'administration et rédaction est transférée 46, boulevard Barbès. N° 7, 4 décembre 1889 (2e édition) ; n° 10, 22 décembre 1889. En première page, un grand dessin de Sel. Manifeste du général Boulanger aux électeurs de Clignancourt. Le suffrage universel foulé aux pieds.

 

 

1889              Le Patriote du XVIIIe

 

Républicain, socialiste, révisionniste. Rédacteur en chef : Marcel des Montils ; rédaction, administration, 13, rue de la Nation. 2 feuilles, in-f°, (organe boulangiste). Ce journal paraissait d'une manière assez intermittente. Le 1er n° parut en décembre 1899. Le n° 7 est du mercredi 16 avril 1890.

 

 

1889              Le Philosophe Montmartrois

 

Organe du groupe philosophique. A Montmartre, par MM. Atort et Atravers. N° 1 du 11 décembre 1889. 1 feuille simple autographiée d'un seul côté et donnant une gravure. Pas de texte. La collection se compose de 5 numéros, feuilles simples sans aucun texte. Il existe des numéros en noir et d'autres en couleurs. Tous ne sont autographiés qu'au recto. Ce journal, si journal il y a, a été fait par Louis Bernard.

 

 

1889              Journal de Montmartre

 

Républicain radical, paraissant tous les samedis. 22 rue des Martyrs. Journal électoral de Lafont, Anatole de La Forge et Rollet.

 

 

1889              Les Horreurs de Paris

 

Directeur : Louis de Camont. Journal hebdomadaire. Rédaction : 25, rue Caulaincourt. 1er numéro, mars 1889. - Imprimerie Harrasse, 25, rue Caulaincourt.

 

 

1890              Le Réveil de Montmartre

 

Organe de la Ligue Montmartroise des patriotes républicains anti­boulangistes du XVIIIe arrondissement. Rédacteur politique : Piétri, 46, boulevard Barbès.

 

 

1890              Montmartre-Artiste

 

Satirique, littéraire, théâtral. Paraissant le dimanche. Première année, n° 1, 10 centimes. Du 26 janvier au 2 février 1890. Directeur : Armand Le Mée ; Administration et rédaction : 16, rue Cortot, Paris-Montmartre. Abonnement : 1 an, 10 fr. ; 6 mois, 5 fr. Publicité : réclame, la ligne, 0 fr. 50 ; annonce, la ligne, 0 fr. 25.

En tête du n° 1, le journal est présenté ainsi :

 

 

 

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« Montmartrois,

« Nous vous présentons votre journal.

« L'expression vous étonne peut-être. - Nous nous expliquons.

« Votre journal ; c'est-à-dire : une feuille entièrement consacrée à Mont­martre, dévouée à ses intérêts, qui sera, ou mieux, s'efforcera d'être l'organe de ses aspirations littéraires, artistiques et aussi économiques ; en un mot qui vivra de sa vie, luttera en faveur de ses revendications... Serrons-nous les coudes, puisque l'union fait la force.

« Signé : Montmartre-Artiste ».

 

Les articles de ce numéro sont signés : Armand Le Mée, Jean la Fouine, Jehan Sarrazin ; des vers charmants de J.-F. Bouissou, Paul Alexis ; des vers argotiques de Louis Murjas.

Le n° du 2 au 9 février 1890. En plus des noms cités plus haut, ce nu­méro contient une pièce de vers du bon poète Montmartrois René Ponsard : Le Moulin de la Galette, dont nous citerons la première strophe :

 

Tout en haut du Mont des Martyrs,

Sous les lilas que le vent fane,

Aux bruits des orgues et des tirs,

On découvre un temple profane.

De l'aube jusqu'à son déclin,

Le joyeux soleil s'y reflette,

Cela se nomme le moulin,

Le moulin de la Galette.

 

Puis une longue pièce de vers argotiques de Louis Murjas.

Quand aux autres articles, ils sont à peu près nuls : quelques éloges de la municipalité, des coups d'encensoir aux camarades inconnus. Après ces deux numéros le journal ne paraît plus jusqu'au 22 juin où il ressuscite (voir l'article suivant).

On joint généralement à ces deux numéros et aux quatre suivants le numéro paru sous le même titre, le 15 octobre 1889. (Voir ci-dessus).

 

 

1890              Montmartre-Artiste

 

Satirique et littéraire, paraissant le dimanche. Ancienne Butte, 3e an­née, n° 1, 22 juin 1890. Directeur : Armand Le Mée. Administration et rédaction : 3, boulevard Rochechouart. Abonnement et publicité comme le précédent. Même format que les 2 numéros précédents. Dans le coin gauche, on remarque, à côté du n° d'ordre : « Ancienne Butte. L'administration et rédaction sont transférées : 3, boulevard Rochechouart. » Ce sont toutes les différences qui existent avec le précédent. Notons encore que les noms de Paul Alexis, Jehan Sarrazin, René Ponsart ont complètement disparus. Tous les articles sont signés : Armand Le Mée, Jean La Fouine, J.-F. Bouissou, Pierrette, Louis Flocon (1), Murjas, etc.

Très peu intéressant. N'a eu que 4 numéros. N° 1, 22 juin 1890. N° 2, 3 juillet 1890. Le titre porte : « Satirique, littéraire et financier, paraissant le jeudi. » N° 3, 10 juillet 1890.

 

(1) Louis Flocon était le receveur du bureau de poste du boulevard Rochechouart.

 

 

 

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1890              Le Centre

 

Organe indépendant des Ier, IIe, IXe et XVIIIe arrondissements. Hebdomadaire. Directeur : Rodolphe Elina. Secrétaire de la rédaction : Armand Le Mée. Bureaux : 16, rue Cortot (XVIIIe arrt). Abonnements : un an, 5 francs. Format in-f° 2 feuilles.

N° 2, du 26 février 1890 - N° 3, du 3 avril 1890, porte en titre « Tirage justifié 50,000 exemplaires. » (sic)

Cette feuille socialiste parût au moment des élections.

 

 

1890              Le Travailleur

 

Organe socialiste des groupes du parti ouvrier du XVIIIe arr. Paraissant le samedi. Comité de rédaction : Lavy, conseiller municipal, Blondeau, conseiller prud'homme ; V. Aldabe, V. Dubois, A. Gerbois, Godin, Heppenheimer, Lantenois. Rédaction et administration : 4, rue Flocon, permanence tous les jours de 8 h. 1/2 à 10 h. du soir. Abonnements au mois : 0 fr. 50 cent.

En tête du journal : « Les membres du parti ouvrier du XVIIIe arr. ont décidé dans la réunion plénière du 14 mars de présenter comme candi­dat aux élections municipales : A. Avez, pour les Grandes-Carrières, Heppenheimer, pour Clignancourt, A. Lavy, pour la Goutte d'Or, Blondeau, pour la Chapelle. »

Organe anti-boulangiste. Format in-f°, 2 feuilles, n° 1, samedi mars 1890. N° 4, samedi 19 avril 1890.

 

 

1890              Montmartre

 

Première année, n° 1, cinq centimes, mardi 23 avril 1890. Journal républicain, socialiste-revisioniste. Administrateur: Pelletier. Directeur-rédacteur en chef : Lucien Rebel. Secrétaire de la rédaction : Pierre Fort. Rédaction et administration : 34, rue Ramey. Ce journal in-f° 2 feuilles, est fait en vue des élections municipales du 27 avril 1890. (Nuance Paul Déroulède). N° 1, 23 avril 1890. Sommaire : En avant par Lucien Rebel. - Paul François de Susini. - Lunel Vierge et Martyr. - Arc Grand Turc (compte rendu d'une réunion politique sous la présidence de Paul Déroulède au Grand Turc). - Procédé Constans. - Cyniques. - Le Dr Fraux. - Cartel, pièce de vers de Arzano. - Les spéculateurs de l'Hôtel de ville. - Le voyage de M. Carnot. Le commerce de la France. - Encore un assassinat. N° 2 du 29 avril 1890.

 

 

1890              Montmartre

 

Ce journal, quoique portant le même titre que le précédent et dont le 1er numéro est d'août 1890, n'est pas le même, ainsi qu'on pourra le voir en consultant le sommaire de son premier numéro.

Sommaire du premier numéro du journal Montmartre :

Légendes du vieux Paris. - A Montmartre. - Gaieté. - Stances. - A madame de Guise, abbesse. - Histoire de Montmartre.

 

 

 

- 330 -

En vente chez tous les libraires. Un numéro : cinq centimes.

Bureaux : 16 rue des Poissonniers.

 

 

1890              L'Electeur de Clignancourt

 

Organe socialiste révolutionnaire. Feuille de J. Daumas, candidat de concentration, socialiste révolutionnaire au scrutin de ballottage du 30 novembre 1890. Format petit in-f°, 2 feuilles. N° 3 du 26 novem­bre 1890.

 

 

1890                  Le Progrès du XVIIIe

 

Journal hebdomadaire, politique et littéraire, paraissant le samedi. A partir du n° 6, paraît le dimanche. Administration et rédaction, 7, rue Rochechouart.

 

 

1891              La Butte

 

Journal des Artistes Montmartrois, politique, littéraire et financier, hebdomadaire. Bureaux : 29, rue Caulaincourt. Directeur : Louis Murjas. Abonnement : un an, 5 fr. ; 6 mois, 2 fr. 50. Format petit in-f°, 2 feuilles.

Le n° 4 du 8 juin 1891 porte 4e année, 3e série (1). Nous ne trouvons rien dans ce journal qui justifie son sous-titre (Journal des Artistes Montmartrois) ; il y est seulement question de socialisme, d'une manière très fantaisiste, et nulle part il n'est question d'art. Le 1er article de ce numéro : Fête du Sacré Viscère, se termine par les vers suivants de Blanc Jusmar :

 

Not' Socialisme

C'est du j' m'enfoutisme,

Car c' que j'en ai vu

M'a fait mal au…

Trou de ri de ra lon la.

 

Les autres articles sont de Paul de Thira, René Langeron, Louis Murjas, Tonio. La 4e page est entièrement occupée par une ronde enfantine : Buvons du lait, paroles de G. Auriol, musique de Marcel Legay, dessin de Steinlen.

 

 

1891              Montmartre

 

Organe hebdomadaire, artistique et littéraire. Bureaux : 16, rue des Poissonniers. Format in-4°, 2 feuilles. N° 1, août 1891.

 

 

1891              La Lutte

 

Organe hebdomadaire, socialiste révolutionnaire, paraissant le di­manche.

 

(1) Voir ci-dessus, en 1887 et 1888.

 

 

 

- 331 -

Ecraser les traîtres, telle est notre devise.

Par le ridicule de leur bêtise.

Arrière horde impie ! au front le rouge monte.

Bazaine du suffrage, êtes-vous donc sans honte.

 

Adresser lettres, mandats et communications au citoyen Marius Tournadre, secrétaire de la rédaction, 55, rue Ramey, Paris. Abonnement : 3 mois, 1 fr. 50 ; 6 mois, 3 fr. ; 1 an, 5 fr. 2 feuilles, petit in-f°. Cette feuille eut une trentaine de numéros.

 

 

1891              Le Petit Maquereau de Montmartre

 

1 numéro in-8° 2 feuilles autographiées. Nous avons vu ce journal, qui a été fait par Le Mée, dans la superbe collection de M. Ch. Malherbe.

 

 

1891              Paris Gaîté

 

Journal hebdomadaire paraissant le dimanche. Directeur : Jules Dubois. Bureaux, 43, rue Maubeuge. Format petit in-f°, 2 feuilles. Illustré. - En tête un dessin de Grün : au premier plan, des feuilles illustrées pêle-mêle et, dans le lointain, les moulins de Montmartre. Les dessins se trouvent en 1re page et sont signés : de Feure, Grün, etc.

N° 1, du 9 août 1891. - Dans ce numéro commence une série d'articles : L'Evolution littéraire sur les Terrasses Clignancourt et Saint-Georges, signés : Jules Humais. A signaler aussi une chanson du dessinateur Grün : « Les douz' cinquant. ». Nous plaçons cette feuille parmi les journaux Montmartrois, non seulement pour son frontispice, mais surtout à cause de ses collaborateurs qui tous, plus ou moins, peuvent revendi­quer cette nationalité. Ce sont : J. Grün, de Feure, Xanrof, Edouard Noris, André Tramsay, Marcel Legay, etc., etc.

 

 

1891              Le Divan Japonais

 

(Voir la Lanterne Japonaise).

 

 

1891              L'Outillage

 

Organe industriel parisien, paraissant tous les mois. Bureaux : 124, rue Clignancourt. Rédacteur : Charles Frémont. Format in-8, illustré. C'est dans cette feuille que M. Ch. Frémont publia ses premiers articles sur l'Évolution technique de l'Industrie mécanique.

 

 

1891              La Voie Publique

 

Organe républicain indépendant. Directeur : Pernette. Administration et rédaction : 137, rue Marcadet. 0 fr. 05 centimes. En 1892, 24, rue des Grandes-Carrières.

 

 

1892              L'Impartial du XVIIIe

 

Organe bi-hebdomadaire des quartiers La Chapelle, La Goutte-d'Or,

 

 

 

- 332 -

Clignancourt, Grandes-Carrières. Rédacteur en chef: R. Charbonnel. Secrétaire de la rédaction : Murjas. Format i1-f° 2 feuilles. A droite et à gauche du titre deux clichés : l'Echelle de Jacob et le Moulin de la Galette qui sont des réductions de dessins déjà parus en 1886 dans Montmartre artistique, littéraire, illustré. N° 1 du 24 janvier 1892.

 

 

1892              La Vigne

 

Organe d'économie sociale industrielle et commerciale. Siège : 31, rue Doudeauville. Bulletin universel adressé gratuitement aux adhérents de l'Alliance (sic). Le numéro d'avril 1898 (7me année n° 4), est consacré à M. J.-L. Orange, candidat des marchands de vins.

 

 

1892              Gazette de la Butte

 

Organe du XVIIIe arrondissement. Adresser toutes les communications au secrétaire de la rédaction : A.-L. Vurgère, 4, rue Damrémont, Paris. Paraissant le 1er et le 15 de chaque mois. Format in-f° 2 feuilles. Le titre en blanc, sur fond noir, est encadré par des moulins et des ânes. Essentiellement montmartrois, ne s'occupe que fort peu de politique (couleur municipale). Presque tous les articles sont sur Montmartre ancien et moderne.

N° 1, 15 mars 1892. N° 2, 1er avril 1892. N° 3, 16 avril 1892. N° 4, 30 avril 1892. N° 5, 14 mai 1892.

La plupart des articles sont signés de pseudonymes, pourtant quelques-uns portent : Philibert Audebrand, Lamquet, A.-L. Vurgère, H.-R. Elina, etc.

 

 

1892              L'Avenir du Quartier Pigalle

 

Rédacteur en chef : Gustave Morin. 2 feuilles, in-f°. Un numéro non numéroté du mardi 25 octobre 1892.

 

 

1892              Le Phare de Montmartre

 

Organe du XVIIIe arrondissement et des arrondissements limitrophes. Paraissant le 1er dimanche de chaque mois. Rédacteur en chef : Jean Soussengeas. Abonnements : Paris 1 fr. ; Province : 1 fr. 50. Format petit in f°, 2 feuilles. 2e année, n° 28 du dimanche 3 juin 1894. Cette feuille de nuance socialiste n'a rien de local. Les articles sont signés : J. Soussengeas, Albert Sintès, Salignac. Soussengeas avait été gérant de l'Imprimerie du journal le Combat. Directeur : de Massas.

 

 

1895              Le Phare de Montmartre

 

Organe du XVIIIe arrondissement, paraissant le 1er dimanche de chaque mois. Directeur : Jean Soussengeas. Abonnements : un an, 5 fr., format in-8°, 4 feuilles. Ce journal ne devait pas paraître très régulière-

 

 

 

- 333 -

ment car nous trouvons un numéro ayant pour titre Le Phare de Montmartre. 3e année, n° 33, dimanche août 1895. Les articles qui n'ont rien de Montmartrois sont signés : J. Soussengeas, Ernest Albert, Edgard Denaney, J. Bariol. Du 3 juin 1894 au mois d'août 1895, c'est-à-dire 14 mois, 5 numéros de parus. En 1896 le journal paraît encore, mais le format est encore changé : il devient grand in-4°, 2 feuilles. Le titre et le directeur restant le même, J. Soussengeas, 93, rue Ordener. 4e année, 85e série, n° 38, du 5 janvier 1896 ; n° 39 ; n° 40, du 1er mars 1896.

 

 

1892              La Butte

 

Rédaction et administration, 62, boulevard de Clichy. Gérant : Charles Lottin. - Imprimerie Péra, rue Fromentin, 9. Format in-f°, 2 feuilles illustrées. Les premiers numéros de ce journal ne sont pas numérotés. Il fut créé par le directeur du Cabaret La Butte, 62, boulevard Clichy (1). A gauche du titre une jolie vignette non signée : un coin de Montmartre avec le Moulin de la Galette qui domine et rayonne sur Paris indiqué dans le fond.

Le 1er numéro est du jeudi 30 juin 1892. En 1re page, un ravissant dessin de Willette :

 

On assassine la Butte !

Poètes, sauvez la Butte !

 

En 3e page, un dessin de Faverot.

N° 2 du 7 juillet 1892 : 1re page, un dessin de de Feure, à Montmartre ; 3e page, 1 dessin signé H. V.

N° 3, 14 juillet 1892. On a ajouté au titre : «paraît le jeudi ». 1re page, un dessin de Faverot : Salut et Fraternité ; les artistes de Montmartre accueillent le président Carnot dans le Cabaret de la Butte ; 4e page, dessins de Abel.

N° 4, 21 juillet 1892 : 1 dessin de Abel ; 3e page, 1 dessin signé Xix.

N° 5, 28 juillet 1892 : 1re page, 1 dessin de Faverot ; 3e page, jolis dessins de Th. Dupeyron : les bonnes farces de Cupidon.

N° 6, du 4 août 1892 : 1re page, 1 dessin : Fromage à la crème ;  2e page, 1 dessin, Nos Militaires, signé A.

N° 7, 11 août 1892 : 1re page, 1 dessin de Th. Dupeyron : Henri IV à « la Butte » en 1590 ; 3e page, 1 dessin de Faverot.

N° 9, 28 août. (Sous le titre : Paraît le dimanche). 1re page, 1 dessin de Dupeyron : Et Après ?

N° 10 (le premier numéroté), du 4 septembre 1892 : 1re page, 1 dessin de Abel : Collage.

N° 11, 11 septembre 1892 : 1re page, 1 dessin de Roedel : « Cogne-là, mais jamais dans la tronche, ça abîme la marchandise ».

N° 12, 18 septembre 1892 : 1re page, 1 dessin de Faverot.

N° 13, 25 septembre 1892 : 1re page, 1 dessin de G. Navert.

N° 14, 9 octobre 1892 : 1re page, 1 dessin de M. Radiguet.

N° 15, 23 octobre 1892 : 1re page, 1 dessin de Jossot.

 

(1) Aujourd'hui « les 4 z’Arts ».

 

 

 

- 334 -­

N° 16, 6 novembre 1292 : Pas de dessin en 1re page.

Parmi les collaborateurs de ce journal citons : Clovis Hugues, Ch. Lamour, Henry Caen, Jean de Bay, René Thénier, Louis de Gourmont, J. Costé, Hector Sombre, etc. Dans le 7e numéro un article signé Jacques, nous raconte l'origine de ce journal.

En voici un passage :

 

« LE CABARET DE LA BUTTE

 

« Il faut pourtant bien que dans ce journal La Butte on dise quel­ques mots de son frère aîné « Le Cabaret » (1) engendré par les mêmes cerveaux, fils des mêmes conceptions et des mêmes aspirations indépendantes et artistiques.

« On ne pourra pas accuser le journal d'une trop grande complaisance à l'égard de son frère « le Cabaret » et l'on nous rendra cette justice, que nous y avons été d'une discrétion presque exagérée.

« Le Cabaret de la Butte se trouve situé au pied même de la butte Montmartre, au n° 62 du boulevard Clichy, entre la rue Lepic et la rue Germain Pilon. Ceux qui en ont pris l'initiative sont des esprits artistiques et indépendants comprenant par cela même l'esprit artistique et respectant l'indépendance d'autrui.

« L'idée qui a présidé à la création du Cabaret comme à la création du Journal n'est pas une idée banale comme on pourrait croire.

« Il s'agissait de donner à la jeunesse artistique et littéraire de Mont­martre, un centre de réunion où elle se sentît chez elle, bien à l'aise, libre de donner toute expansion à sa joie, à ses enthousiasmes, sans avoir à redouter les observations ridicules d'un de ces marchands d'eau chaude qui tiennent tout à la fois du cuistre et de l'Auvergnat et dont le toupet est sans limite, comme leur crétinisme.

« Pour cela il était nécessaire que le cabaretier, responsable au point de vue commercial, fût lui-même un homme bien élevé, appartenant par son éducation et ses aspirations artistiques au même milieu que ses clients.

« A ce point de vue, notre ami Baume était bien l'homme qui con­venait.

« Il s'agissait aussi de donner à cette même jeunesse artistique et littéraire un organe qui fût le sien, d'esprit et d'allures indépendantes comme elle, ouvert - ce qui ne se rencontre pas tous les jours - à toutes les intelligences et à toutes les bonnes volontés.

« Là est tout simplement le secret du succès qui a accueilli et le jour­nal, et le cabaret de la Butte. »

 

Bien qu'en effet ce journal fût très supérieur, à tous point de vue, à la plupart des canards éclos dans les mêmes circonstances sur la Butte, il n'eut que 16 numéros, assez rares aujourd'hui. Le catalogue Sapin, n° 76, de janvier 1899, cote la collection des 16 numéros, 22 francs.

 

(1) Nous n'avons trouvé aucun numéro de ce journal.

(2) Des journaux portant le même titre avaient déjà vu le jour à Montmartre (voir en 1887-88-91).

 

 

 

- 335 -

1892              Le Citoyen de Montmartre

 

Journal politique et littéraire paraissant le jeudi et le dimanche matin, sans aucune domination de chapelle ni de coterie. Libre-penseur. Rédacteur en chef : Maxime Lisbonne. Administration : 21, rue Custine. Le n° 5 centimes. 4 pages in-f°. 1er n° 3 juillet 1892. Ce journal contient des articles de Maxime Lisbonne, Georges Brandenbourg, Jacques Didier, Camille Chaigneau, etc. En feuilleton : Les Mémoires de Maxime Lisbonne par lui-même. - Nous n'avons vu que le n° 4 du jeudi 14 juil­let 1892, qui contient en 1re page une illustration non signée, représen­tant le ferrement des forçats au bagne.

 

 

1893              L'Aurore du XVIIIe

 

Organe de Montmartre et de La Chapelle. Républicain, indépendant, littéraire, artistique, scientifique, commercial, financier, édilitaire. Parais­sant le samedi. Administration, rédaction, salle des dépêches : 12, rue Custine. Rédacteur en chef : René Bocquet. 4 feuilles in-f° à 5 centimes . Décembre 1892 et suiv. Journal politique.

 

 

1893              Montmartre Artiste

 

Journal artistique et littéraire paraissant le samedi. Rédacteur en chef : Paul Daubry ; directeur fondateur, Henri des Saules ; directeur-gérant, E. Herlemont. Format petit in-f°, 2 feuilles.

N° 1, du 2 septembre 1893, débute ainsi :

« A nos lecteurs. Nous présentons aujourd'hui sous ce titre Montmartre Artiste, un nouvel organe artistique et littéraire.

« Devant l'extension croissante de Montmartre, le moment est venu, croyons-nous, de doter cette importante partie de la capitale d'un journal digne d'elle et de son intelligente population…

« Nous terminons en faisant appel à tous les jeunes, poètes, littérateurs, compositeurs qui briguent l'honneur de se ranger sous la bannière de la vaillante phalange artistique Montmartroise.

« Vive Montmartre !

« Vive Montmartre Artiste !

« La Rédaction ».

 

Dans le même numéro une pièce de vers signée Henri des Saules :

 

LA RUE DES SAULES

 

Rue des Saules ça s' trouve tout en haut

Sur la Butt' près d'un vieux cimetière

On n'y voit pas d' gens comme i faut

Ni des dam's qui font des manières.

Par une forte pent' ça descend,

On n' sait pas trop où ça vous mène

Ça traverse la ru' Saint-Vincent

Et puis ça se dirige vers la plaine.

 

 

 

- 336­ -

On s' croirait à cent lieu's d' Paris

C'est désert, c'est calm', c'est sauvage ;

Y a des jardins, y a des vieux puits,

Les coqs chant'nt comme dans un village,

En coupant la ru' d' l'Abreuvoir,

Encore un' ru' où y a pas foule,

Il n'est pas rar' d'apercevoir

Des band's de canards et de poules.

 

Tout ça barbot' dans le ruisseau

Qui coul' très fort le long d' la pente,

Et que dès que tombe un peu d'eau

Devient un' cascade étonnante,

C'est l' seul bruit qu'on entend là-bas

Avec c'lui du vent dans les branches,

Quant aux passants, on n'en voit pas,

Pas plus la s'main' que les dimanches.

 

Devant soi, dans l' vaste horizon

Quand l' brouillard ne cach' pas la plaine,

On aperçoit des tas d' maisons

Si p'tit's qu'on les distingue à peine,

On voit surtout dans le lointain,

Sur les localités voisines,

Du côté d' Saint-Denis et d' Saint-Ouen,

Fumer tristement les usines.

 

Rue des Saules toujours le vent

Souffle en tempête, ah ! quell' bonn' chose!

Ça rafraichit vot' front brûlant,

Et ça vous calme et ça vous r'pose

Ainsi, quand on a des soucis,

Et qu'on r'mu' des idées pas drôles

Il faut tourner le dos à Paris

Et monter s' promener ru' des Saules.

 

Henri DES SAULES.

 

Le n° 2 est du 9 septembre 1893.

Sommaire : « Le lever du soleil à Montmartre », par Henri des Saules. - « Contes de Noël », par Paul Daubry. - « La Trompe d'Eustache », par G. Brandinbourg. - « Une Vierge », par Jean de Gabryange. - « Instantané », par P. D. - « Un Rire », par Pierre de Milhau. - « A Pantin », par Henri des Saules. - « Au Concert Parisien », par Un Spectateur. - « La joie de Vivre », par J. de G.

Paul Daubry avait abandonné le théâtre, attiré par les lauriers des chansonniers de Montmartre. Il est revenu à ses premières amours, car au mois d'octobre 1902, il jouait à l'Ambigu.

Ce journal non illustré était l'organe de l'Auberge du Clou, avenue Trudaine, dont les sous-sols donnaient asile, à cette époque, à une goguette que la réclame qui occupe la moitié de la 4e page du journal qualifie pompeusement de Concert artistique et littéraire sous la direction de Paul Daubry.

Ce journal n'eut que deux numéros.

 

 

 

- 337 -

1893              Les Poilus de Montmartre

 

Rédacteur en chef : Georges Brand. Secrétaire de la Rédaction : Bachmann. Format in-4°, 2 feuilles. Un frontispice illustré de Grün ; dans le fond la Butte ; au premier plan, un poilu enlève une jeune femme en costume d'Eve.

N° 1, avril 1893. « Notre programme : Pas de politique !... Pas de ques­tions religieuses !... Pas de finances !... Pas de pornographie !... Notre programme, la Rigolade et rien que la Rigolade ! » Georges Brandinbourg signe deux articles dans ce numéro, c'est dire que le journal répond à son programme.

La 4e page est entièrement occupée par l'annonce de la réouverture, le 29 avril et jours suivants, du concert des Poilus de Montmartre dans le magnifique parc du Cabaret du Renard (anciennement, Echelle de Jacob), 2, rue Berthe. Directeurs : H. Bachmann et Georges Brand.

« Programme : Mlle Blanche Gaspard dans son répertoire ; M. Charpentier de l'Opéra-Comique ; Auteurs dans leurs œuvres, MM. Bachmann, Marcel Legay, Joyeux, Sombre, Stracke, Trimouillat, etc., etc.

« Dans les Blés, saynette poilue en Ombres Montmartroises extra primitives, par l'enfant de la Butte : Grün... etc.

« Entrée : 0 fr. 75 centimes donnant droit à une consommation. »

 

 

1893              L'Aurore Montmartroise

 

Organe des quartiers des Grandes Carrières, Clignancourt, Goutte d'Or et de la Chapelle. Administration-rédaction : 137, rue Marcadet. Directeur : Pernette ; Rédacteur en chef : A Gervois. (Format in-f°).

N° 42, des 23 au 30 septembre. En tête de ce numéro :

 

L'Aurore du XVIIIe disparaît

Pour faire place à un nouvel organe.

L'Aurore Montmartroise apparaît

Pour effacer le souvenir du pétomane.

 

 

1893              La Revue Libertaire

 

Bi-mensuelle, 0 fr. 15 centimes.

« La nuit noire qu'on attendait

est venue, nous marchons à

petit pas vers le matin. »

(HERZEN).

Secrétaires : Charles Chatel, Henri Gange ; Rédacteurs : Lucien Pemjean, Etienne Decrept, Jean Carrère, André Veidaux.

 

 

1893              La Forge

 

Voir : L'Outillage.

 

 

1894              Bulletin de l'Oeuvre du Vœu National

 

Publication bi-mensuelle. Abonnements : 5 fr. par an. Format petit

 

 

 

- 338 -

in-8° sous couverture. Le nombre de pages varie de 16 à 32, illustré. Bureaux : 8, rue Furstemberg, Paris.

 

 

1894              Le Bric à Brac

LIVRES ET BIBELOTS

 

Paraissant tous les quinze jours. Directeur : Charles Pairault, libraire-expert, 7, rue Germain Pilon, près la place Pigalle, 8 pages in-4°. Le n° 14, octobre 1894, sans prix.

 

 

1894              Le Petit Bibliophile

 

Cette publication Montmartro-bibliographique vit le jour dans la petite boutique d'un bouquiniste Albert du May (22 boulevard Rochechouart) (1).

Les collaborateurs furent presque tous des Montmartrois. Nous cite­rons parmi les principaux :

Amédée Burion ; Dalmeras, du journal la Presse ; Lamquet, de la Société du « Vieux Montmartre » ; Léon Quantin, de la « Société des Ex Libris » (articles sur la numismatique) ; Charles Sellier, aujourd'hui au Musée Carnavalet (articles sur les curiosités du « Vieux Montmartre ») ; Wiggishoff (sous le pseudonyme de J.-C. Wigg), alors maire de Montmartre.

Cette feuille mensuelle eut 4 formats différents et la collection se com­pose de 25 numéros, du 1er janvier 1894 à juin 1896. Mais si elle ne man­quait pas d'intérêt, elle manquait d'abonnés et n'échappa pas au triste sort de toutes les tentatives littéraires du même genre que la Butte a vu éclore. Elle eut 25 numéros.

Ce journal était imprimé à Saint-Amand (Cher), tirage 1,000.

Sous la signature Serou, le Dr Fourès a signé un article dans le premier numéro.

En tête de ce numéro on lit :

« Dans leur réunion du 5 février dernier, les fondateurs du Petit Bi­bliophile ont constitué le comité de leur revue pour l'exercice de l'année 1894. Directeur gérant : Albert du May ; Secrétaire de la rédaction : Henry Delerue ; Comité de Rédaction : MM. Aubry, Docteur Fourès, Lamquet, Meunier, H. Papin, Quantin, L. Roger, Léo Trézenik, Wiggishoff ».

N° 3, mai 1894. Format in-8, paginé 21 à 32. Même couverture que le n° 2. Au comité de rédaction annoncé en tête du n° 2, viennent se joindre : Et. Mansuy et Ch. Sellier.

Sommaire : « Grandeur et décadence », H. Delerue ; « Curiosités du Vieux Montmartre », D.-J.-F. Cheronnet ; « La Graphologie », Léo Dulac ; « Piraterie littéraire » ; Statistique française, Dr Fourès ; « Le « Petit Numismate ».

N° 4, avril 1894. Format in-8, paginé 33 à 44. Même couverture.

 

(1) Cette boutique a été accaparée par un marchand de vêtements pour hommes.

 

 

 

- 339 -

Sommaire : Artistes et ateliers Montmartrois, par Lamquet, Ernest Renan, Amédée Burion et suite des précédents.

N° 5, mai 1894. Format in-8, paginé 45 à 56. Même couverture. Au comité de rédaction un nom est ajouté : Ch. Frémont. Ce numéro est illustré ; deux vues de Montmartre, une entrée de la cour du Moulin de la Galette et une vue de la Mire du Nord.

Sommaire : Quelques images... « Curiosités du Vieux Montmartre »; « La Mire du Nord », par Ch. Sellier ; « Les Imprimeries clandestines religieuses », par Ch. Wigg ; « Les droits d'auteurs de Molière », par Albert Loire.

N° 6, juin 1894. Format in-8, paginé 57 à 68. Même couverture, mais on y a ajouté le sommaire du numéro. Le comité de rédaction compte un nom de plus : Ed. Colas.

Sommaire du n° 6 : Charles Sellier : « La Rubrique de Montmartre ». - Henri Grenet : « Sur une vieille estampe » - Dr Fourès : Statistique (suite). - J.-C. Wigg : « Erreurs bibliographiques ». - Henri Papin « Coup d'œil général sur l'histoire de la chanson » (suite). - Albert du May : « Le guide du jeune Bibliophile ». - Albert Loire : « Les Revues de théâtre ». - Petites curiosités littéraires. - Nécrologie. - Journaux, livres et revues. - Petits secrets de l'amateur. - Echos bibliographiques.

N° 7, juillet 1894 ; format in-8 ; même couverture que le n° 6, pagine 69 à 80. Sommaire : « René Ponsard », par Ch. Sellier. - « Les quarante », par H. Delerue. - « Erreurs bibliographiques », par J.-G. Wigg. - « Le vrai nom de Petrus Borel », par B. Ritter.

Un mois sans paraître. 2e transformation.

N° 8, septembre 1894 ; format in-4° ; 2 feuilles seulement numéro­tées 1 à 4.

 

Première année. – N° 9         Le numéro : Cinq centimes            Octobre 1894

LE PETIT BIBLIOPHILE

Journal mensuel de l'amateur et du collectionneur. Adressé gratuite­ment à toutes les bibliothèques municipales et Militaires. Directeur-gérant : Albert du May ; Secrétaire de la rédaction : H. Delerue. Rédaction et administration : 22, boulevard Rochechouart, Paris. Avis important : Pour toutes les communications, s'adresser ou écrire au bureau du journal. Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus. Abonnement : un franc par an. Les annonces sont reçues au bureau du journal et à l'agence de publicité Combémorel, 46, boulevard de Strasbourg, Paris. Avis à Messieurs les Editeurs : Le Petit Bibliophile paraissant le 5 de chaque mois, les Prière d'insérer doivent être parvenus au plus tard le premier et adressés au bureau du journal.

N° 16, avril 1895, semblable au n° 12, pagine 73 à 96. Ce numéro est illustré et donne la reproduction de trois ex-libris.

N° 17, mais 1895, semblable au n° 12, pagine 97 à 120. Ce numéro est illustré : 2 vues anciennes de l'abbaye de Montmartre en démolition.

N° 18-19, juin-juillet 1895, semblable au n° 12 paginé 121 à 144. L'en­tête du journal porte que depuis le 15 juin dernier les Bureaux du Journal sont transférés 7 bis, boulevard Rochechouart. A ce moment Albert du May vient de s'associer avec Maurice Artus.

 

 

 

- 340 -

N° 20-21, août-septembre 1895, semblable au n° 12, paginé 146-168. Le titre du journal porte : Fondateur Albert du May ; Directeurs Maurice Artus et A. du May.

N° 22, octobre 1895, semblable au n° 20-21, pagine 169 à 192. Le titre du journal porte : Fondateur Albert du May ; Directeur Maurice Artus. Au moment où ce dernier prend la suite, il y a 33 abonnés payants.

 

 

1894              La Petite Gazette de Montmartre

 

(Ancienne Chronique de l'Œil de Bœuf).

Journal officiel de la Butte ; créé spécialement pour servir aux historiographes du XXIe siècle, paraissant tous les samedis. Rédaction et administration : 6, R. Cretet.

N° 1, du 20 octobre 1894 (format in-4°, 2 feuilles). Le premier article Les Célébrités Montmartroises, est une réclame pour l'Institut Drouet, accompagné du portrait de F. Bernard, le Secrétaire général de l'Institut Drouet.

Les autres articles n'ont absolument aucun intérêt. N'a eu que ce nu­méro. Un journal du même titre paraît en 1896.

 

 

1894              L'Athée

NI DIEU, NI MAÎTRE, NI PRÊTRE

 

Organe bi-mensuel de la « Société du Baptême Civil et de Propagande d'Athéisme ». Administrateur-gérant : Joseph Roussel ; rédacteur en chef Albert Létrillard ; secrétaire de la rédaction : Dangeau ; rédaction et administration : impasse Pers, 4, rue Ramey, 47.

Je n'ai vu que le n° 2 de ce journal qui est du 8 au 23 juillet 1894.

Les rédacteurs sont : Marcel Sembat, Albert Létrillard, Georges Moitel, Delphi Fabrice.

 

 

1894              La Mort

 

Organe spécial mensuel des Refroidis. L. Dorville, fossoyeur en chef ; rédaction et administration au cabaret du Néant, 34, boulevard de Clichy.

Avis : Les manuscrits ne sont pas rendus et restent à la disposition des spectateurs par trop impressionnés.

N° 5, du 10 novembre 1894. 1re page encadrée de noir, un dessin en occupe les 3/4, Pierrot et la Mort, signé : J. Bustarret.

Les articles sont intitulés : La Mort drôle, par Caligula, Danse macabre, Vélo Mort, etc.

 

 

1894              Le Flambeau

 

Hebdomadaire, politique, satirique, littéraire, économique et financier, 4, rue Fromentin.

 

 

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1895              Le Mur

 

Ceci n'est pas précisément un journal, mais la tentative est assez ori­ginale pour que nous la rapportions ici.

Ce journal, puisque ses fondateurs l'annoncèrent sous ce titre, eut d'ail­leurs quelques numéros. Voici en quels termes il était annoncé :

« Quelques artistes de Montmartre viennent de fonder un journal qui s'appelle Le Mur. Ce journal aura cette originalité précieuse qu'il ne sera pas mis en vente et qu'il faudra se déranger pour l'aller voir - le voir et non le lire.

« Sur un pan de mur blanchi à la chaux, ils dessineront toutes les semaines des gazettes sans texte, des histoires sans légende, des chroni­ques sans lettres ; ils y passeront en revue les monstres de Montmartre la demi douzaine de mercantis effrontés qui déshonore la Butte. On y fustigera d'importance ces Cartouches de la chanson, ces Mandrins de l'art qui ont transformé ce tant joli coin en une forêt de Bondy » (1).

Le Cabaret qui servait de page d'album à ce journal était celui des Assassins rue des Saules, appelé aussi le Lapin agile.

 

 

1895              Le Journal de Batignolles-Montmartre

 

Organe républicain radical-socialiste des XVIIe et XVIIIe arrondissements. Directeur : Eugène Leclerc ; Rédaction et administration : 1, rue Dancours.

1re année n° 1. Dimanche 20 octobre 1895. Format in-f°, 2 feuilles. Les articles de politique locale et quelques nouvelles sont signés : Will-Darvillé, Jehan des Batignolles, E. Leclerc, etc.

 

 

1895(?)          L’Action Républicaine du XVIIIe arrondissement

 

Journal hebdomadaire, radical-socialiste. Directeur : Louis Lefèvre ; Rédacteur en chef : Perin-Charbaux ; Rédaction et administration : 41, rue des Batignolles ; Abonnement : 1 an, 5 fr. ; 6 mois, 3 francs. Format in-f°, 2 feuilles.

3e année n° 33 du 16 au 26 août 97. Article de tète « Le nouveau pacte de Famine », signé A. Millerand. Autres articles signés Paul Vibert, A. Clément, Armand Fulgens.

3e année, n° 51 du 18 au 24 décembre 1897. Article de tête, signé Gus­tave Rivet.

 

 

1895              L'Etat Naturel et la part du Prolétaire dans la civilisation

 

Nature, liberté, abondance, virilité, union libre, civilisation, tyrannie, esclavage, misère, corruption, prostitution.

 

(1) Courrier Français, 9 juin 1895.

 

 

 

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N° 2, février 1895 (format in-f°). Rédaction et administration : 22, rue de Norvins ; Gérant : E. Gravelle. Sommaire : « Nature et civilisation », Emile Gravelle ; « Le Vent », Abel Turigny ; « Naturisme », Louis Letellier ; « Au désert », Pierre Denis ; Variété littéraire : « Vers l'Océanie », Victor Barrucand : « La Vie au Phalanstère ».

Un grand dessin en 1re page par Gravelle : L'homme primitif et les modernes. 2 dessins en 4e page de Gravelle : Tenue d'hiver des naturels du Cantal.

N° 3 (sans date). En tête : paraît le 15 de chaque mois. Format plus grand que le précédent. Sommaire : « Les Naturiens » ; « Etude sur le Naturisme et poésies », de Ch. Grandmougin ; « Lettre », de Camille Lemonnier ; Aux naturiens : « Le droit à la vie », Pierre Denis ; « La science et le mal », Emile Besson ; « Démonstration », Emile Gravelle ; « Les plans nécessaires », E. B. ; « La France à l'Etat naturel », E. G.

En première page un grand dessin de Gravelle. Adresser toutes com­munications à E. Gravelle, 4, rue Paul Féval, Paris. (Anciennement Passage Lamarck, XVIIIe.)

 

 

1895              La Sociale

 

Première année. N° 1, du dimanche 12 au 19 mai 1895. Paraît tous les dimanches. Rédaction et administration : 23, rue des Trois-Frères, Paris. Format grand in-4°, 2 feuilles. Journal politique illustré. La première page entièrement occupée par un grand dessin politique. Quelques-uns de ces dessins sont signés Gravelle. Celui du n° 10 est de Willette. Celui du n° 4 est montmartrois : « A Montmartre : A défaut de bons bougres (pour se faire la main), la pestaille massacre les cabots ! ».

La collection se compose de 14 numéros (?).

 

 

1895              Le Libertaire

 

Fondé par Sébastien Faure, paraît tous les samedis. 5, rue Eugène Sue. Administration : Matha ; Rédaction : Constant Martin. N° 1, 16-22 novembre 1895. Continué par Matha, 17, rue d'Orsel.

 

 

1895              L'Enclos

 

Revue mensuelle puis bi-mensuelle, fondée en mai 1894, à Passy, par Louis Lumet. Rédaction-admistration : J.-G. Prod'homme, 7, rue des Saules, depuis novembre 1896 jusqu'à octobre 1898. Le n° 0 fr. 25.

 

 

1896              La Vache Enragée

 

Fondateur : A. Willette. Directeur : A. Rœdel. Secrétaire de la Rédaction : Paul de Barre. Bureaux et administration : 5, rue Tardieu.

Ce n° 1 du 11 mars 1896, contient le programme de la Cavalcade de la Vache enragée. Prix 1 fr., 16 pages grand in-4°, plus une couverture en couleurs est de Rœdel.

En première page une litho de Willette : La Cigale captive symbolisant

 

 

 

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la vie de l'artiste pauvre sous l'aspect d'une jeune femme nue attachée par le poignée à la corne d'une vache maigre qui déchire à pleines dents un tableau. De la main restée libre, la jeune femme tend un tambour de basque. Au dernier plan, la Butte avec ses moulins et le Sacré-Cœur en construction. En bas, des cyprès et des croix indiquent un cimetière, avec la légende : « Pour les artistes malheureux de Montmartre ».

La note suivante, en 3e page indique que les fondateurs de ce journal espéraient mieux que le résultat obtenu ; et aussi que son fondateur n'a pas encore renoncé à faire revivre dans le journal le bel art de la litho­graphie.

 

AUX AMATEURS DE LITHOGRAPHIE

« L'existence de ce journal dépend de vous, lecteurs et lectrice. Pour justifier son titre, il paraîtra au moment des termes, autrement dit quatre fois par an.

« Chaque numéro contiendra de belles épreuves lithographiques qui seront d'autant plus belles qu'on aura trois mois pour les exécuter et les tirer proprement.

« Ce sera un journal cher ! Nous recevons les adhésions et les encouragements afin de bien étudier cette affaire.

« LA RÉDACTION. »

 

Ce n° contient en outre une gravure hors texte de Henri Pille, la Vache enragée d'antan, qui tient 2 pages du journal. Les autres dessins sont de Rœdel.

Le texte par Willette, Emile Goudeau. Des appréciation sur la Vache enragée par A. Daudet, Anatole France, Emile Zola, Rochefort, Allais, Henry d'Herville, Léon Abric, Paul Marrot, Hyspa, Léon Durocher, F. Pichon.

Le 2e numéro paraît en 1897. Le titre est modifié de la manière suivante :

 

Mars-Juin 1897                                                                                                 Numéro 1 fr.

LA VACHE ENRAGÉE

Numéro spécial
Comité de la Vachalcade
La
couverture en couleur est de Léonce Burret

 

Ce numéro contient 28 pages de texte et dessins, 4 pages de récla­mes et la couverture illustrée en couleurs.

En 1re page le portrait de Marguerite Stumpp, la Muse de Montmartre, par Willette, puis des dessins de Ed. Debon, Guillemet, Rœdel, Maurice Neumont, Grün, E. Dameron, F. Cormon, F. Pelez, E. Troncy, Guirand de Scévola, Couturier, L. Vallet, etc., etc. Le texte, par Emile Goudeau, Georges Montorgueil, Hugues Delorme, Eugène Fournière, Camille Mauclair, Jacques Ferny, Henri Caen, Prosper Marius, Saint-Pol Roux, Gaston Wilmot, Jehan Rictus, Léon Durocher, Willy, Théodore Botrel, G. Renault, Ch. Bernard, etc., etc.

 

 

1896              La Petite Gazette de Montmartre

 

(Ancienne Chronique de l'Œil de Bœuf).

Journal officiel de la Butte. Rédaction et administration au bureau du

 

 

 

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journal, 6 rue Cretet, Paris. Créé spécialement pour servir aux Historiographes du XXIe siècle (format petit in-4° 2 feuilles).

Un seul numéro non numéroté et non daté (septembre 1896). En première page un portrait en médaillon de Willette, entouré de fleurs en couleurs par Rœdel (des exemplaires en noir) : Une petite biographie de Willette, par Auguste de Montmartre ; Poésie descriptive, pièce de vers par Misti ; Les Emmurés de Montmartre, chanson de Andhré Joyeux (1) ; Yon Lug à Adrien Pezon, par Yon Lug.

Le gérant : Meyer Heine. - Imprimerie Symonds, 6, rue Cretet. Peut se joindre au n° paru le 20 octobre 1894.

 

 

1896              La Petite Gazette de Montmartre

 

Rédaction et administration : 12, rue Rodier, Paris. Collaborateurs tous les artistes de Montmartre. Format in-4° 2 feuilles sur papier jaune.

N° 1, 30 septembre 1896. Titre orné par de Feure. En première page un dessin de Georges Redon. En tête de la 2e page un autre dessin non signé. « Les Modèles », vers, par Charles Quinel ; « La vie artistique à Montmartre », par l'Homme de la Montagne ; « Echo », par Misti.

Le gérant : Henri Braun. - Imp. Sysmond, 12, rue Rodier,

Comme on le voit, ce journal quoique du même genre, est absolument différent de celui, portant le même titre, paru quelques jours avant.

 

 

1897              Montmartre Littéraire et Artistique

 

Paraissant tous les vendredis. Directeur : Henri Martin. Format petit in-f° 2 feuilles. Rédaction de minuit à 2 h, du matin, 108, boulevard Rochechouart (cabaret du Conservatoire). Abonnements : Montmartre : 6 fr. par an ; Paris : 6 fr. 25 ; départements : 7 fr. ; Union postale : 9 fr.

En manchette du 1er n°: « La Guerre à Montmartre » ; « Le Chat Noir » contre « Le Conservatoire de Montmartre. »

Sous le titre : La butte en but aux luttes, un article de 4 colonnes signé du pseudonyme Charles Magne, et consacré à la polémique qui existait entre Mme Salis et Henri Martin au sujet des ombres du Chat Noir. Mme Salis prétendant que nul ne pouvait représenter ces petits chef-d'œuvres sans son assentiment.

Le journal est présenté de la manière suivante aux lecteurs :

 

« A NOS LECTEURS

« La nécessité de l'éclosion d'une nouvelle feuille à l'époque précise où l'automne en jonche le sol, ne se faisait, convenons-en tous, nullement sentir !...

« Cette raison majeure suffirait, à elle seule, pour justifier l'apparition de Montmartre, journal qui ne rime à rien, puisqu'il est - jusqu'ici - rédigé en prose.

« A quoi bon, d'ailleurs, tracer d'avance un programme suivant la banale méthode ? Nous eussions pu, évidemment, comme tant d'autres,

 

(1) Plus tard, propriétaire du cabaret de l’Ane Rouge, où il succéda à Gabriel Salis.

 

 

 

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dire qu'il est tout entier dans notre titre ! Formule vague et poncive qui ne saurait convenir à l'envergure de nos aspirations.

« Non !

« Pas de programme ! !

« Tel est le nôtre ! ! !

« C'est très net, et ça n'engage à rien...

« Précurseur des 31 journaux divers et d'hiver, aux formats multiples et bariolés qui vont, d'ici peu, bourgeonner sur la butte, Montmartre est un nouveau rameau de la vieille végétation montmartroise aussi litté­raire que touffue, dont les frondaisons, plus que jamais vivaces, vont couvrir bientôt tous nos cabarets de leur ombre propice.

« Montmartre a, comme tout journal qui se respecte, choisi un gros « pétard » pour se lancer.

« Chacun sera donc d'accord pour constater que Montmartre paraît à son heure - bien qu'avec une quinzaine de jours de retard.

« LA RÉDACTION ».

 

 

1896              La Semaine Gaie

 

Rédigée par René Dubreuil et Charles Quinel, illustrée par Ed. Gros, Grün, Maurice Marais, etc., etc. Rédaction : 18, Passage de l'Élysée des Beaux-Arts. Administration : 53, rue Monge. Prix : 10 cent. (Format in-12, 16 pages sous couverture jaune ornée d'une vignette de Grün). N'a de Montmartrois que les collaborateurs, Sécaut, Fursy, Grün, etc. Les 5 premiers nos politiques humoristiques ; à partir du n° 6, rédaction et administration sont transférées 53, rue Monge. Quinel et Dubreuil disparaissent de la couverture et le genre devient grivois. La collection se compose de 9 numéros.

Le n° 1 du 24 octobre 1896.

Le n° 9 du 19 décembre 1896.

 

 

1897              Les Quat'z'Arts

 

Journal hebdomadaire, littéraire, illustré. Rédaction le mardi, 62, boulevard de Clichy. Rédacteur en chef : Émile Goudeau. Directeur-Administrateur : F. Trombert. Abonnements : Paris : six mois, 5 fr. ; un an, 8 francs. Départements : six mois, 5 fr. ; un an, 9 fr. Étranger : six mois, 6 fr. ; un an, 11 fr. ; 0 fr. 15 le numéro, 4 pages, puis 2, format in-4°.

Les nos 1 à 3 ont un charmant frontispice de Willette. Au n° 2 le frontispice est modifié et réduit, il n'occupe plus que les 2/3 de la largeur, et un grisé couvre le fond. A gauche de ce dessin, des moulins dans le lointain, Montmartre. (Un jeune homme nu, élevant une lyre qu'il tient entre ses deux mains tendues, accueille les quat'z'arts que va submerger et noyer le flot envahissant et banal du Modernisme. Dans le lointain à droite : la tour Eiffel, un ballon, etc...)

A partir du n° 4, ce frontispice est supprimé, le texte du titre reste le même, mais le mot « hebdomadaire » est supprimé.

N° 1 du 6 novembre 1897.

N° 35 du 9 Novembre 1903.

 

 

 

- 346 -

1897              Le Point de Vue

 

Journal hebdomadaire politique et littéraire. Rédaction : 22, rue Lemercier. Administration : 54, rue Lepic.

 

 

1898              Le Journal de Montmartre

 

1re année, n° 1. Bi-hebdomadaire paraît le mercredi et le samedi. Samedi 18 juin 1898. - Organe des intérêts politiques et sociaux du XVIIIe arrondissement. Grandes-Carrières, Clignancourt, Goutte-d'Or, La Chapelle. - Alf. le Vasseur, directeur-rédacteur. Philippe Barreau, secrétaire de la rédaction.

N° 2 du 18 mai 1899 et à partir de 1899 : directeur, Retz de Villars ; rédacteur en chef, Ch. Vermaitre ; secrétaire de la rédaction, Albert Armand.

 

 

1898              Le Grand Guignol

 

Journal hebdomadaire, artistique et littéraire. Rédaction et administration, 20, rue Chaptal. Directeur, Henri Ludo ; rédacteur en chef, Oscar Metenier. Le n° 15 centimes. Format in-f°, 2 feuilles. Le gérant, Gaston Burthé. Imprimerie veuve Albony, 75, avenue d'Italie.

N'a eu que 6 numéros illustrés en noir et en couleurs. Le titre du journal est dessiné par Léandre, en couleurs.

N° 1. - 8 janvier 1898.

N° 6. - 12 février 1898.

En première page des 4 premiers numéros, sous la rubrique les Amis de Montmartre, ou les ennemis de Montmartre, Léandre a dessiné de main de maître les portraits-charges en couleur de : Georges Courteline, le sénateur Bérenger, Eug. Fournière, Couyba-Boukay ; puis n° 5 un dessin en couleur : A la gloire de Guy de Maupassant.

N° 6, portrait-charge en couleur d'Emile Zola, plein de la verve la plus caustique qu'ait jamais distillé le crayon du maître Léandre.

Les autres vignettes et culs-de-lampe, dans le texte du journal, sont aussi de Léandre.

Collaborateurs : Guignol (?), Fifi (?), Nachette, Georges Docquois, Jean Drault, Emile Codey, Léon De Bercy, Pigourdan, Thomas Chesnais, René Dubreuil, Eugène Fournière, Maurice Boukay, Hugues Delorme, Charles Quinel, Georges Brandimbourg, Emm... général de Montmartre, Fabre des Essarts, Paul Pottier, Stanislas de Guaita.

La collection des 6 numéros, catalogue Sapin, n° 86, de 1904, 6 fr.

 

 

1898              L'Echo de Montmartre

 

Journal hebdomadaire, artistique et littéraire. Directeur, Alphonse Favier. Rédaction et administration, 11, rue Victor-Massé. Format grand in-4° 2 feuilles.

N° 1, 21 janvier 1898 : Sommaire. - Montmartre, A. Favier. -

 

 

 

- 347 -

L'Abbaye de Thélème, A. D. - Vers, par Paul Robert. - Le premier pas, E. Grillard.

N° 2, 28 janvier 1898 : Le Cabaret du Ciel, A. Favier, etc.

Ce journal n'a dû être fait que dans un but de publicité pour les cabarets de Montmartre.

 

 

1898              Le Tournoi

 

Poétique, littéraire et artistique. Paraissant irrégulièrement.

Le n° 1 qui n'est pas daté est du 3 juillet 1898. Format, in-12° carré. En bas de la 1re page : Le Tournoi, société de divulgation poétique, littéraire et artistique. L.-J. Jarlet, fondateur, 26 rue Antoinette, Paris (siège provisoire).

Dans le n° 2 se trouve l'indication suivante : Administration : J. Jarlet, directeur, 26, rue Antoinette, Paris.

Les 5 nos qui composent cette collection ne contiennent que des poésies de Jarlet, qui, plus tard (en 1902), devait donner suite à son idée, en fondant rue d'Orsel le Cabaret des Inconnus, qui d'ailleurs n'eut pas plus de succès que le journal.

En tête du n° 4 on lit : « Avis. - Aux Inconnus des deux sexes, au­teurs, poètes, compositeurs de musique et dessinateurs désirant se pro­duire : S'adresser personnellement au Directeur du Tournoi, 26, rue Antoinette, de 1 h. à 2 h. de l'après-midi ; il leur sera fait un bon accueil. »

 

 

1899              L'Homme Libre

 

Hebdomadaire, révolutionnaire, sociologique, artistique, scientifique. 1er juillet. Prix : 0 fr. 10 centimes. Format, petit in-f°, 2 feuilles. Paris, administration : 12, rue d'Orchampt. Pour la rédaction s'adresser au camarade E. Girault, pour l'administration au camarade Francis Prost.

N° 1, du 24 juin au 1er juillet 1899. Sommaire : « L'idée », l'Homme Libre ; « A nos amis », Ch. Malato ; « Deux mots nécessaires », E. Girault ; « Avis : Critique », H. Dagan ; « L'Action pour le présent », A. Canova ; « Agonie du militarisme », M. Devaldès ; « Propos révolutionnaires », H. Moreau ; « Les châtreurs », Gustave Manière ; « Chronique scientifique », Albert Bloch ; « Le massacreur Drumont », Sartoris ; « A méditer : Mouvement ouvrier », Francis Prost ; « Les clubs ; Communications ; Les initiatives ; Rien ; Petite correspondance ».

 

 

1899              L'Espoir

 

Revue littéraire et artistique, mensuelle, 38, rue Ramey : Secrétaire général : André Briet. Format in-8° 16 pages, dans une couverture verte, prix, 0 fr. 15. Ce journal n'a de montmartrois que son lieu d'origine.

N° 2, septembre 1899. Sommaire : « Au lecteur », la direction ; les « Mougeottes », Camille Guiboiseau ; « la Main », Gabriel Danchot ; « le Théâtre des familles », (suite) Jacques Varange ; Paul Adam « Cybèle », poésies ; « A. Satan », A. Elloy ; « Salammbô », Jean de Lumède ;

 

 

 

- 348 -

« Heure d'Automne », François Pierre ; « Rêve d'un jeune », Alphonse Raveaud ; les Livres, Illustrations, Frontispice ; « la Main », Charles Navetto ; Hors texte « Portrait du nain Auguste », par Widhopff ; « Dé­licatesse », Champo.

 

 

1900              Le Drapeau du Sacré-Cœur

 

Organe bi-mensuel des Groupes hommes de France au Sacré-Cœur, administration et rédaction : 21, rue Mont-Cenis. M. J. Courbarce, administrateur. Le n° : cinq centimes. Abonnement, 2 fr. par an. 3e année, n° 72, 1er décembre 1902. A gauche du titre, une vignette représentant l'Eglise du Sacré-Cœur achevée.

 

 

1900              Beauté-Corset

 

Journal du Corset et des Industries qui s'y rattachent : Revue men­suelle. Rédaction et administration : 14, rue Clignancourt ; abonnement, 1 an, 5 fr. ; 6 mois, 3 fr. Format in-4°, 4 feuilles.

1re année, n° 6, décembre 1900. N'est qu'un organe de publicité pour la maison Simon, fabricant de Corsets, 14, rue Clignancourt.

 

 

1900              Tabarin

 

Paraissant tous les samedis. « Laissez-vous pendre, mais publiez votre pensée. » P. L. Courros. Administration, 26, rue Antoinette, 4 pages in-4°, le n° 10 le 8 octobre 1900.

N° du 29 novembre 1902.

 

 

1901              L'Avenir du XVIIIe

 

Organe mensuel des Comités républicains-socialistes et nationalistes. Rédaction et administration : 60, boulevard de Clichy. De mai à août 4 pages in-4°, le n° 5 cent. ; puis 4 pages in-f°, du 1er septembre 1901. 9, rue de Maistre.

 

 

1901              La Gazette de la Butte

 

Revue mensuelle. Rédaction et administration, rue Versigny, 10, Paris, Montmartre. Téléphone 541-15. Format in-4°, 2 feuilles. Le numéro que nous possédons porte 9e année, n° 13, août 1901.

 

 

1901              La Voie Publique

 

Organe républicain indépendant, hebdomadaire. Cochers profession­nels, industrie de la voiture. Directeur : Pernette. Administration et rédaction : 137, rue Marcadet. Le n° cinq centimes. 4 pages in-f°. Année 1901 et suivantes.

 

 

 

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1904              L'Académie Julian

 

Publication mensuelle illustrée. Bureaux : 31, rue du Dragon.

 

 

1904              Le Carillon de Montmartre

 

Organe du Cercle catholique du Sacré-Cœur, 21 rue du Mont-Cenis. Paraît le 1er de chaque mois. Journal autographié (illustré). Format in-8° carré, 4 feuilles. Journal de propagande pour le Cercle du Sacré-Cœur.

Deuxième année, n° 1, du 1er mars 1904.

Deuxième année, n° 2, 1er avril 1904 .

 

 

1904              La Lune Rousse

 

Directeur, Dominique Bonnaud ; rédacteur en chef, Numa Blès. Rédaction et administration : Logiz de la Lune Rousse, 36, boulevard de Clichy. Paraissant tous les mois. Format in-f°. En tête, une gravure : Un chat noir sur des toits, dans le fond des silhouettes des Moulins.

C'est le journal du Cabaret de la Lune Rousse (ancien Cabaret des Arts). C'est une imitation du journal le Chat noir.

N° 1 du 15 septembre 1904.

N° 2 du 15 octobre 1904.

 

 

1905              Mimi Pinson

 

Journal des ouvrières parisiennes. Directeur, Gustave Charpentier ; rédaction, 48, boulevard Rochechouart.

 

 

1905              L'Anarchie

 

Paraissant tous les jeudis. Le numéro : 0 fr. 10. Mahé et Libertad, 30, rue Muller. Premier numéro, 13 avril 1905.

 

 

1905              La Vie Montmartroise

 

Littéraire, artistique, théâtrale. Paraissant tous les quinze jours. Lepic, directeur ; Et. Castellano, secrétaire de la rédaction ; Rédaction et administration : 17, rue du Delta. Format, in-f°, 2 feuilles.

N° 1, du 25 novembre 1905. Voici la présentation de ce journal faite en vers par Fernand Lalande.

 

AU LECTEUR

 

En ce temps, où les feuilles mortes,

Cédant au souffle destructeur,

Tombent, pourrissant à nos portes,

Ne vas-tu pas trouver, lecteur,

 

Notre audace quelque peu forte

D'en mettre une nouvelle au jour,

En ce temps où les feuilles mortes,

Tombent à nos pieds, tour à tour ?

 

 

 

- 350 -

La nôtre, en effet, est nouvelle

Et vient à point, nous l'espérons.

Pour chanter, la matière est belle,

Montmartre, tant que nous pourrons !

 

Si l'on pousse ce cri d'alarme,

Montmartre meurt, Montmartre est mort !

Nous ne verserons nulle larme,

Car nous savons qu'il vit encor.

 

Pourtant nous mettrons à l'étude

Le cas urgent, plus d'un projet

Pour apaiser l'inquiétude

Qu'on peut avoir à son sujet,

 

Certes, dans ses flancs, il recèle

La gaîté, reine des vertus,

N'en aurait-il qu'une étincelle,

On peut toujours souffler dessus.

 

Quant à la butte, elle est fidèle

Au culte de ses anciens dieux,

Le moulin y tourne son aile,

Quoique perclus, l'air radieux.

 

Les lourds édifices modernes

S'y sont à peine hasardés,

On trouve au lieu de ces casernes

Des toits et des murs lézardés,

 

Des enclos où font bon ménage,

L'art et le bohème souvent,

Où plus d'un rimailleur, je gage,

Courtise la muse, en rêvant.

 

Demeures de chaux et de sable,

Si parfois vous disparaissez,

Ainsi qu'un souffle impérissable,

L'âme nous reste et c'est assez !

Pour la Rédaction

Fernand LALANDE.

 

Viennent ensuite les premières réponses à une interview sur Montmartre.

 

« GLOIRE A MONTMARTRE

 

« L'abbé Doublet, doyen de la royale abbaye de Saint-Denys en France, écrivait, au commencement du XVIIIe siècle : « Montmartre est l'œil et le cœur de la France. »

« Oui, Montmartre a été, est, et sera toujours l'œil et le cœur de la France. Nous avons demandé leurs opinions à quelques personnalités. Nous insérons aujourd'hui les premières réponses reçues, réservant les autres pour un prochain numéro.

 

***

 

« YVETTE GUILBERT, qui se fait applaudir, en ce moment, en Angleterre, nous envoie ses appréciations :

 

 

 

- 351 -

« A Montmartre... en 1890 au Divan Japonais, à 11 heures, le soir, et à 10 heures au Moulin-Rouge, 40 francs par soirée chez Sarrazin et 20 francs chez Zidler... mon premier pied de nez à la dèche... une robe verte, des gants noirs, des cheveux rouges, des dents blanches et 22 ans ! Tant de chagrin et de misère derrière moi... et tout à coup tant d'espoir sur la route imprécise encore de ma vie.

« L'humanité n'est pas bonne et me l'a prouvée, mes 22 ans n'ont déjà plus confiance dans la valeur des poignées de mains, ni dans la sincérité des sourires. Je sais, je sais..., mes yeux sont encore rouges, Montmar­tre les sèchera, les illuminera et les fera joyeux.

« Je crois bien que de tout Paris, je n'ai vraiment et loyalement aimé que Montmartre... C'est le premier coin qui m'a aimée dans tant d'au­tres quartiers de Paris, j'ai eu de la peine… ma jeunesse en fut mutilée. Montmartre ! C'est là que j'ai commencé ma carrière et c'est là que je rêve de la finir. C'est à Montmartre que Zidler et Léon Sari me donnèrent d'étranges et précieuses leçons de philosophie... Ce dernier, fort spiri­tuel et documenté par le temps et les avaries de sa vie et de toutes celles dont il fut le spectateur, m'apprit a railler la gloire, comme elle le mé­rite à Montmartre ! Ce fut à l'abbaye de Thélème que Sari me dit le 1er janvier 1890 : « Tu vois.., tu deviens célèbre, ma grande, tu devrais rester ici toute ta vie, une femme comme toi évoluera certainement, si tu quittes la butte, la routine te mangera, n'aies pas la folie des boule­vards, reste là-haut va... tu feras la gloire de Montmartre et Montmartre fera la tienne ».

« Sarazin, le directeur du Divan Japonais, dit un soir que la foule jetait gentiment des bouquets de quatre sous dans le fiacre qui m'attendait pour me conduire chez moi : « Ça doit lui faire tourner la boule un succès pareil. C'est Montmartre qui la sacre ! Et dire qu'elle nous lâchera... C'est pourtant son pathelin, Montmartre ! »

« Et c'était vrai !... j'ai quitté Montmartre, mais depuis je le trans­porte et avec quelle joie et quelle tendresse émue, dans toute la France, en Amérique, au Canada, cette Amérique française, en Allemagne, en Autriche, en Hollande, en Belgique, en Russie, en Hongrie, en Roumanie, en Norvège, en Suède, en Afrique, en Angleterre, en Irlande, en Ecosse... et ce n'est pas fini ! J'ai porté son esprit, sa verve, son âme et si Montmartre m'a sacrée, j'ai porté, sur les routes des honneurs et de la gloire, le panache blanc de sa fumée. Et de tout son cœur, Yvette remercie Montmartre ! »

« Yvette GUILBERT. »

 

***

 

« C'est de Champsecret (Orne) que Léandre nous fait parvenir quelques mots :

 

« CHARLES LÉANDRE

 

« Vous m'embarrassez beaucoup, nous autres peintres nous écrivons généralement avec l'écriture universelle, pas le volapuk, mais, le dessin simplement, et nous avons l'avantage de mieux nous faire comprendre.

 

 

 

- 352 -­

Malheureusement, mes loisirs ne me permettent pas de vous donner une page illustrée.

« Tout ce qu'on peut dire sur Montmartre a été dit ; Salis, dans un langage qui lui était bien particulier, a dit ce qu'était Montmartre de son temps, ce qu'il est et ce qu'il sera. Ce que je puis me permettre de dire encore, sans timidité, c'est ce que tout le monde sait et peut dire : « Mont­martre est aussi vivant qu'autrefois, aussi artistique, aussi amusant, Mont­martre est le pays de l'indépendance, du goût et de l'esprit...»

« Pour moi, je ne puis comprendre que l'on habite un autre quartier. Vive Montmartre !

« Ch. LÉANDRE. »

 

***

 

« A. WILLETTE se montre plus pessimiste, jugez-en :

« Mon avis sur Montmartre ? Il me serait bien difficile de vous le donner en quelques lignes ; il me faudrait l'accompagner de nombreuses anecdotes, détruire beaucoup de fausses légendes et arroser le tout d'une amertume très inattendue. Au lieu de l'ennui que j'éprouverais à vous parler d'un passé oublié, laissez-moi dire aux jeunes qui pensent qu'il suffit d'être de Montmartre pour arriver... comme M. Dufayel. Mon projet pour l'avenir : je fais des économies pour aller en sabots à Tou­louse, y étudier le grand Art, m'y faire naturaliser toulousain et revenir ensuite à Paris où j'aurais alors le droit d'espérer la gloire et la fortune.

« A. WILLETTE. »

 

***

 

« M. DE FÉRAUDY, l'estimé sociétaire de la Comédie Française qui est en même temps un auteur de nombreuses pièces et de chansons à succès, nous envoie quelques mots :

« Si j'aime Montmartre ? Je l'adore. Pendant qu'en bas on se remue dans Paris pour le lourd travail, les affaires dures, l'âpreté du gain et de l'ar­gent. Là-haut, on paresse, on chante et on aime. Oui, j'aime Montmartre... et de tout cœur.

« M. DE FÉRAUDY. »

 

« Pour copie conforme :

« ET. CASTELLANO. »

 

***

 

Cet essai de bibliographie n'ayant pas la prétention d'être complet, l'auteur sera reconnaissant à tous les lecteurs du Vieux-Montmartre qui voudront bien lui en signaler les lacunes.

Maurice ARTUS.

 

 

 

LISTE ALPHABÉTIQUE DES JOURNAUX CITÉS

 

A

1846    Archives de la Banlieue (les).

1889    Autour du Moulin.

1889    Apôtre du Peuple (l’).

1892    Avenir du Quartier Pigalle (l').

1893    Aurore du XVIIIe (l').

1893    Aurore Montmartroise (l’).

1894    Athée (l’).

1895        Action républicaine (l’).

1901    Avenir du XVIIIe (l’).

1904        Académie Julian (l').

1905        Anarchie (l').

B

1848    Baillon (le).

1870    Ballon-Poste (le).

1870 (?) Balai (le).

1886    Butte Montmartre (la).

1887        Butte (la).

1888    Butte (la).

1891    Butte ( la).

1892    Butte (la).

1894    Bulletin de l'Œuvre du Vœu National.

1894        Bric-à-Brac (le).

1900    Beauté-Corset.

C

1852    Courrier de l'Industrie et de la Pro­priété.

1871    Cri-Cri (le).

1882    Chat Noir (le).

1884    Chronique de Montmartre et des Batignolles.

1887    Chaudière (la).

1890    Centre (le).

1892        Citoyen de Montmartre (le).

1904    Carillon de Montmartre (le).

D

1859    Diable à Paris (le).

1886    Décadent (le).

1886    Dix-huitième (le).

1888 ? Démocratie (la).

1891    Divan Japonais (le).

1899    Drapeau du Sacré-Cœur (le).

E

1890    Electeur de Clignancourt (l').

1895    Etat Naturel (l').

1895    Enclos (l’).

1898    Echo de Montmartre (l').

1899    Espoir (l').

            F

1850    Fantasio (le).

1893    Forge (la).

1894    Flambeau (le).  

            G

1885        Gazette du Bagne (la).

1889Gaîté Rochechouart (la).

1892        Gazette de la Butte (la).

1898        Grand Guignol (le).

1901    Gazette de la Butte (la).

H

1889    Horreurs de Paris (les).

1899    Homme libre (l')

            I

1849        Indicateur de l'Exposition (l').

1892    Impartial du XVIIIe (l').

            J

1848    Journal des Faubourgs.

1848    Journal des Eglises de Paris et de la Banlieue.

1851    Journal de la Société Académique.

1852    Journal de la Cour.

1852    Journal des Anecdotes.

1889    Journal de Montmartre.

1895    Journal de Batignolles-Montmartre.

1898    Journal de Montmartre.

            L

1848    Lettre du Diable à la République française.

 

 

 

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1888        Lanterne japonaise (la).

1891    Lutte (la).

1895    Libertaire (le).

1904    Lune Rousse (la).

            M

Montmartre dans la Presse Révolutionnaire.

1848        Mercure universel (le).

1849        Monde Nouveau (le).

1850    Monde élégant (le).

1852    Moniteur illustré de la Haute Carrosserie (le).

1871        Mont-Aventin (le).

1885    Mirliton (le).

1886    Montmartre illustré.

1886    Montmartre.

1888        Montmartre la Chapelle.

1888 (?) Manivelle (la).

1889        Montmartre Artiste.

1890    Montmartre Artiste.

1890    Montmartre Artiste (Ancienne Butte).

1890    Montmartre.

1891    Montmartre.

1893        Montmartre Artiste.

1894    Mort (la).

1895    Mur (le).

1897    Montmartre littéraire et artistique.

1905    Mimi Pinson.

            N

1848    Nouveau Figaro (le).

1848        Notre Histoire.

1849    Nain rouge (le).

            O

1891    Outillage (l').

P

1848    Propagateur (le).

1848    Pays (le).

1848    Peine de Mort (la).

1848        Plus de Bourreau.

1849        Petit Lucifer (le).

1850    Pologne (la).

1882        Paris Montmartre.

1888    Pierrot (le).

1888    Père Peinard (le).

1889    Patriote du XVIIIe (le).

1889    Philosophe Montmartrois (le).

1890    Progrès du XVIIIe (le).

1891    Petit Maquereau de Montmartre (le).

1891    Paris Gaîté.

1892        Phare de Montmartre (le).

1893        Poilus de Montmartre (les).

1894    Petit Bibliophile (le).

1894        Petite Gazette de Montmartre (la).

1896    Petite Gazette de Montmartre.

1896    Petite Gazette de Montmartre.

1896        Point de Vue (le).

            Q

1897    Quat'z' Arts (les).

            R

1848        Revue universelle.

1852        Revue historique et anecdotique.

1888    Réveil du XVIIIe.

1888    Revue Montmartroise.

1890    Réveil de Montmartre.

1890    Revue libertaire.

            S

1840    Synthèse (la).

1850    Stranger advertiser (the).

1886    Sans Culotte (le).

1889    Sentinelle de Montmartre (la).

1895    Sociale (la)

1896    Semaine gaie (la)

            T

1848    Tribune des Employés

1883        Tambourin (le).

1886        Tambourin (le).

1890    Travailleur (le).

1889    Tribune des employés des Postes et des Télégraphes.

1897        Tournoi (le).

1900    Tabarin.

U V

1887        Vieux Montmartre (le).

1891    Voie publique (la).

1891    Vigne (la).

1896    Vache enragée (la).

1905    Vie Montmartroise (la).

 

 

 

- 355 -

 

DEUX SAISIES DE LIVRES

A LA CHAPELLE-SAINT-DENIS

1719 – 1720

 

 

Lorsqu'on jette un coup d'œil sur les lois et règlements qui régissaient, aux XVIe et XVIIe siècles, l'industrie et le commerce de l'imprimerie et de la librairie, on ne sait de quoi on doit le plus s'étonner, de leur extrême sévérité, qui allait jusqu'à la peine de mort, en passant par le fouet et les galères, ou de la mansuétude avec laquelle, bien souvent, ils étaient appliqués.

La négligence des tribunaux avait ce double résultat d'obliger le souverain à renouveler ses ordonnances à des époques assez rapprochées et de rendre les justiciables victimes d'une fausse sécurité.

Certes, le martyrologe des imprimeurs et libraires n'est encore que trop long, mais peu d'entre eux, en somme, subirent la peine capitale. On sait que le plus connu, le malheureux Estienne Dolet, fut condamné plutôt comme auteur que comme imprimeur.

Il est à remarquer encore que c'est surtout dans les luttes religieuses de l'époque qu'est la source du plus grand mal. Car nous voyons dans l'Etat réel de la presse et des pamphlets de François Ier à Louis XIV, du savant bibliophile Leber, que les personnes des rois, des deux reines Médicis, du cardinal de Richelieu, ont été honnies et vilipendées dans de nombreux écrits dont les imprimeurs, souvent connus, n'ont pas eu à souffrir.

Quant à Mazarin, c'est lui, comme on dit aujourd'hui, qui « tient le record » en la matière, car on n'a jamais pu établir le nombre exact des quelques milliers de libelles publiés contre lui et auxquels on a donné le nom de mazarinades. Le rusé italien n'en tira d'autre vengeance que la fameuse phrase qui lui est attribuée : « Qu'ils cantent, ces Francezes, pourvu qu'ils paient. » Cela n'était pas bien méchant, quoique peut-être pas fort juste, car à cette époque, comme de nos jours, ce n'étaient pas précisément les mêmes qui « cantaient » et qui payaient !

Au XVIIIe siècle, les mœurs s'étant beaucoup adoucies, la réglementation de l'imprimerie et du commerce des livres devient à peu près ce que nous la voyons de nos jours dans la plupart des états européens ; puis, on avait la ressource de dater les publications de Hollande ou

 

 

 

- 356 -

d'Allemagne et cela même, bien souvent, d'accord avec les pouvoirs publics !

Cependant il existait une police des livres, établie par le « Règlement pour la librairie et l'imprimerie de Paris arrêté au Conseil d'Etat du roy le 28 février 1723 » et étendue à tout le royaume par un « Arrest » du même Conseil à la date du 24 mars 1744. L'article 90 de ce Règlement interdisait « à tous Maîtres et Conducteurs de Carosses, Coches et Messagers, Chartiers, Rouliers et autres voituriers, tant par eau que par terre », de délivrer des livres et estampes à des particuliers, et à ceux-ci d'en recevoir, avant qu'ils aient passé par la Douane ou la Chambre de la communauté des Libraires et imprimeurs.

Dans son Code de la Librairie (Paris, 1744), Saugrain mentionne un assez grand nombre d'infractions à cet article et une entre autres qui nous intéresse, puisque le délit a été commis à La Chapelle-Saint-Denis, en 1719 et 1720.

A cette époque vivait à La Chapelle une hôtelière du nom de Madeleine de La Touche, veuve de Pierre Le Vacher, demeurant « dans la maison où pendait l'enseigne du Cygne » chez laquelle les commis et brigadiers de la barrière Saint-Martin saisirent, le 29 décembre 1719, deux ballots et un sac de toile remplis de livres parmi lesquels se trouvaient plusieurs parties en feuilles de l'Histoire de la Cour de Madrid, sans nom, d'imprimeur ni de ville et sans privilège ni permission.

Malgré cette saisie et les poursuites dont elle était l'objet, l'hôtelière n'en continua pas moins à recevoir des envois de livres, car, près d'un an après, le 29 novembre 1720, les commis des Aydes découvraient chez elle « dix petits ballots fisselès (sic) enveloppés de papiers » dans neuf desquels se trouvaient des exemplaires de La Vérité rendue sensible à

tout le monde contre les défenseurs de la Constitution (la Constitution Unigenitus) et dans le dixième, d'autres exemplaires des Réflexions critiques sur la lettre pastorale de Monsieur l'Evêque de Marseille touchant la Grâce et d'un Mémoire adressé à Messieurs du Parlement, touchant l'En­registrement de la Déclaration du Roy sur l'accommodement de l'affaire de la Constitution.

Deux sentences rendues par défaut à la date du 10 janvier 1721 contre la veuve Le Vacher, la condamnèrent à mille livres d'amende pour chacune des deux contraventions et ordonnèrent la mise au pilon des livres saisis. Le 27 mars suivant elle y faisait opposition et le 25 avril elle comparaissait, assistée de son avocat, Me Duret, devant la Chambre de police du Châtelet, ainsi que Me Mauger, procureur des sieurs Florentin Delaulne, Gabriel Martin et consorts, syndics et adjoints de la commu-

 

 

 

- 357 -

nauté des Libraires et imprimeurs de Paris, lesquels demandaient l'exécution des deux premières sentences. Les parties ouïes en leurs plaidoyers et remontrances et noble homme Me Daguesseau, avocat du Roy, en ses conclusions, la veuve Le Vacher fut déboutée de son opposition et les deux sentences du 10 janvier 1721 maintenues en leur forme et teneur. Sur les deux mille livres d'amende, une somme de deux cents livres fut adjugée aux nommés Darain, Simonot, Donot, Verneuil et autres commis qui avaient fait les saisies. La délinquante était en outre condamnée aux dépens et à l'affichage aux carrefours et endroits ordinaires. Le tout « Fait et donné par messire Gabriel Tachereau, chevalier seigneur de Baudry, Lignières et autres lieux, conseiller du Roy en ses Conseils, maître des Requêtes ordinaire de son Hôtel, secrétaire des Commandements de Madame et intendant de ses maisons et Finances, et Lieutenant général de Police de la ville, prévôté et vicomté de Paris, le vendredi 25 avril 1721. Signé : TACHEREAU DE BAUDRY. CAQUET, greffier. »

Les Mémoires de la cour d'Espagne de la saisie de 1719 ne doivent pas être le roman de Madame d'Aulnoy, publié à Paris chez Barbin en 1690, mais un ouvrage peut-être plus véridique, dont nous voyons une nouvelle édition en 1733. Quant aux écrits suscités par la bulle Unigenitus, ils se comptent par plusieurs milliers et une recherche sur les auteurs et le lieu de publication de ceux qui font l'objet de la saisie de 1720 nous entraî­nerait trop loin de La Chapelle, avec laquelle ils n'ont d'ailleurs aucun rapport.

 

J.-C. WIGGISHOFF.

 

 

 

- xliii-

 

ACTES DE LA SOCIÉTÉ

 

 

Séance du Vendredi 17 Février 1905

PRÉSIDENCE DE M. WIGGISHOFF, PRÉSIDENT

 

Le Comité de publication, réuni à cet effet, a reçu de M. Lazard le manuscrit de M. de Guilhermy et s'est occupé des voies et moyens propres à en permettre la publication rapide, après autorisation obtenue de la famille de l'auteur, et de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, pour les fragments déjà publiés par cette dernière.

Le sommaire du prochain fascicule à paraître est dressé, et livraison est faite des exemplaires des statuts, modifiés suivant décisions prises à la dernière Assem­blée générale.

 

***

 

Séance du Vendredi 9 Mars 1905

PRÉSIDENCE DE M. WIGGISHOFF, PRÉSIDENT

 

M. Wiggishoff nous apprend que le peintre Charles-Marie Bouton, inventeur du Diorama, avec Daguerre, fit un tableau de l'intérieur de l'église de Montmartre, possédé par Jacques Laffitte en 1831. De même, en 1827, le peintre Camella exposait plusieurs vues de Montmartre. En ce moment c'est sur la scène que se manifeste notre localité, puisque l'on joue sur l'ancien théâtre des frères Seveste une pièce intitulée : les Carrières de Montmartre.

Dons de MM. Barbier, Wiggishoff, de Quellern, Mareuse, de Crauzat, Le Senne, Cazalières, Ch. Cortaillod et Perrot.

Membres nouveaux : MM. Lucien de Quellern et Barrier.

Démissions : MM. Chapotot, Boltz, Caffin, Georges Dupont, Fabre et Dumont.

 

***

 

Séance du Vendredi 7 Avril 1905

PRÉSIDENCE DE M. WIGGISHOFF, PRÉSIDENT

 

M. Barbier, trésorier, donne un aperçu de la situation financière.

M. Greder fait voter l'échange de communications avec la Société pour la protection des paysages.

M. Ch. Bonheur organisant, pour d'anciens élèves de l'Association philotechnique, une promenade-conférence qui doit avoir lieu le 30 avril, demande le concours de ses collègues pour augmenter l'attrait de cette excursion. MM. Wiggishoff, Perrot, Dr Ollivier et Cortaillod promettent leur concours en cette circonstance.

M. Désiré Lacroix nous parle du général Tavot, mort à Montmartre dans une maison de santé, sans doute celle du docteur Blanche, comme Legouvé père et Israël Perpignan.

Dans la correspondance figure une lettre-circulaire de M. le Ministre de l'Ins-

 

 

 

- xliv -

truction publique invitant le « Vieux-Montmartre » à déléguer quelques-uns de ses membres au 43e Congrès des Sociétés Savantes.

Dons de MM. A. Meusy, Perrot, Gaignette, Valentin.

Membres nouveaux : MM. Henri Tauzin, Louis Debacq, Jacques Parès.

Démission de : MM. Amin, Becqua, Becquet et Dr Perrachon.

Décès de M. Passedoigt.

 

***

 

Séance du Vendredi 5 Mai 1905

PRÉSIDENCE DE M. WIGGISHOFF, PRÉSIDENT

 

M. Ch. Bonheur remercie le « Vieux-Montmartre » de la part prise par plusieurs de ses membres à la promenade historique faite sur la butte par des parents ou élèves de la section Condorcet de l'Association Philotechnique.

M. Le Senne signale une pièce de théâtre éditée en 1811 et intitulée Montmartre, dont il donne la biographie complète.

Dons de MM. Le Senne, Perrot, Wiggishoff, Cortaillod et Gaignette.

Admission de M. André Reygasse-Villeneuve.

 

***

 

Séance du Vendredi 2 Juin 1905

PRÉSIDENCE DE M. WIGGISHOFF, PRÉSIDENT

 

M. Wiggishoff relève dans le dictionnaire de Jal le nom d'une demoiselle de Romanet, épouse de Racine, dont la filiation avec les seigneurs de Clignancourt, si elle était établie, nous intéresserait vivement.

Le fascicule n° 47, qui vient d'être livré par l'imprimeur, est distribué aux membres présents.

M. Ch. Bonheur fait remarquer l'intérêt qu'il y aurait, pour notre Société, de faire suivre d'une conférence avec projections des vues montmartroises le prochain banquet organisé par notre Société. M. Cortaillod poursuit le même but de publicité sous une autre forme. L'hiver prochain verra sans doute la réalisation d'un projet de ce genre.

Dons de MM. Cortaillod, Gaignette et Bonheur.

 

***

 

Séance du Vendredi 16 Juin 1905

PRÉSIDENCE DE M. WIGGISHOFF, PRÉSIDENT

 

M. Amman, conservateur du Musée de l'armée, nous avise que le fascicule 46 du « Vieux Montmartre » adressé au Directeur décédé, sera versé à la Bibliothè­que de ce Musée.

Le comité de publication pour lequel cette séance est tenue n'ayant pas encore en mains les premières épreuves de l'œuvre de Guillermy, s'occupe de dresser le sommaire de la prochaine revue trimestrielle.

Don de M. Fleurentin.

 

 

 

- xlv -

 

Séance du Vendredi 7 Juillet 1905

PRÉSIDENCE DE M. WIGGISHOFF, PRÉSIDENT

 

M. Louis Braun, ingénieur, nous fait savoir qu'il édite un plan parcellaire au 1/500 de la Ville de Paris. Ses grandes dimensions permettront une étude sé­rieuse de la topographie de la Capitale à notre époque.

M. Barbier, trésorier, présente la situation financière de la Société. « Paris-Hachette » envoie le formulaire à remplir pour faire figurer le «Vieux Montmartre » dans le prochain annuaire.

La Société le « Vexin Français » nous invite à l'excursion archéologique organisée par elle le 13 Juillet, comme le Ministère de l'Instruction Publique nous con­vie au 3me Congrès de l'Art public devant se réunir à Liège du 15 au 21 septembre prochain.

M. Gaston Duval rappelle qu'il y a dans les archives deux clichés se rapportant à l'article de M. Le Senne, paru dans le 47me fascicule. Ces bois, reproduits pro­chainement, seront accompagnés d'une légende explicative de notre collègue.

Le conférencier à l'Université populaire, 121, rue Marcadet, le mardi 11 Juillet sera l'un des nôtres, M. le Dr Ollivier, très versé dans la science paléontologique.

Plusieurs souscriptions sont reçues en vue de la prochaine publication Guilhermy.

Dons de MM. le Dr Chandebois, Cazalière, Perrot, Bargallo, Ch. Cortaillod et Gaignette.

Membres nouveaux : MM. le colonel Gustave de Guilhermy, Fleurentin Joseph, Héraud, Renaud Léon, Bertier-Tache, Eudes Henri, l'abbé Fesch.

 

***

 

Séances des vendredis 4 août, 1er septembre, 6 octobre et 3 novembre 1905 (Voir le Rapport du Secrétaire Général).

 

 

 

- xlvi -

 

Rapport du Secrétaire Général

(Exercice 1905)

 

 

MESSIEURS ET CHERS COLLEGUES,

A l'accentuation marquée des visites faites à votre Musée au cours de l'exercice, vous pouvez mesurer la place prise, dans la vie parisienne, par l'œuvre à laquelle vous vous êtes consacrés.

Les Montmartrois ne sont pas les seuls à gravir votre escalier eiffélien. De tous les points de l'horizon, il vient des pèlerins au temple du souvenir, chaque jour plus nombreux et plus intéressés. Divers organes de la presse : Paris-Hachette, le Paris-Mondain, le Gaulois, l'Eclair, s'entretiennent de nous. MM. Ch. Cortaillod, Perrot, O'Kelly de Galway font, aux curieux, les honneurs de notre salle, et l'un de nos adhérents nouveaux, M. Grangez, s'est donné la tâche d'achever rapidement le classement de nos archives.

Des rapports plus étroits s'établissent entre les archéologues. Vous recevez mensuellement les bulletins de la Société historique des VIIIe et XVIIe arrondissements, de la Cité, d'Auteuil-Passy, du Vexin, de l'Histoire de Paris et de l'Ile-de-France, du Vieux Papier, le Journal des Curieux, etc.

Par M. Greder nous sommes en communication avec la « Société pour la Pro­tection des Paysages » ; or, quel point de Paris mérite, autant que la Butte, le respect de certains sites, de points de vue merveilleux tendant à disparaître ?

Le 3 février dernier, M. Augé de Lassus faisait, sur Montmartre, au Cercle de la Librairie, une conférence savante et des plus spirituelles, et ce qui démontre le prix attaché par les érudits aux trésors de la butte, c'est qu'à la même séance M. Ch. Normand reportait, à la Société des Monuments parisiens dont il est le président, le mérite d'avoir provoqué la restauration de notre vieille église. Cet honneur est revendiqué hautement et exclusivement par notre Société. M. Wiggishoff, votre président, s'employa activement à cette tâche, et le «Vieux Montmartre » fut assez éloquent pour qu'en dépit de ses idées philosophiques, M. Fournière, conseiller municipal du quartier à cette époque, fit, dans l'intérêt de l'art, voter les fonds nécessaires à la conservation de ce joyaux du XIIe siècle.

Cette année, M. Pressac soutenait une thèse sur Montmartre, sa vie historique […] d’organiser des conférences sur les sujets qui nous sont chers.

M. le Dr Ollivier, l'un des nôtres, fait connaître la constitution géologique de notre sol aux cours de l'Université Populaire, rue Marcadet.

La section Condorcet de l'association philotechnique, guidée par MM. Ch. Bonheur et Wiggishoff, a fait, dans nos quartiers, une promenade historique, pitto­resque et... accidentée.

Réciproquement, plusieurs d'entre nous se sont rendus à l'invitation de M. Mareuse pour visiter le Mont-Valérien avec la Société des VIIIe et XVIIe arrondisse-

 

 

 

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ments qu'il préside. Entre temps, celle du Vexin vous appelait à une excursion à Lyons-la-Forêt et Mortemer et le Ministre de l'Instruction Publique vous conviait au 43e Congrès des Sociétés Savantes à Alger, comme au 3e de l'Art public à Liège.

 

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Nul n'ignore l'attraction de Montmartre sur les artistes de tout temps. Pein­tres, graveurs, dessinateurs s'y inspirent et font concurrence aux colonies de Barbizon et de Marlotte. M. Wiggishoff vous a cité le peintre Michel, l'un des plus abondants de nos illustrateurs, Canella qui exposait en 1827, Charles Marie Bouton, dont une vue d'intérieur de l'église Saint-Pierre faisait partie de la galerie Lafitte.

Dans les œuvres modernes, et pour ne donner que quelques noms, nous citerons les pastels de Louis Morin, les peintures de Lépine et de Lambert-Fouras, les eaux fortes de Taverne, de Lefèvre, sans compter nombre d'autres, jalousement ca­chées dans certaines collections particulières.

Les vues de Montmartre ont été le grand attrait de l'exposition photographique de cette année. MM. Perrot, Cortaillod et O'Kelly de Galway ont analysé ce concours et, avec M. de Quellern, enrichi notre Musée de clichés personnels.

Pour terminer cette série, citons de suite les dons suivants :

De M. de Crauzat, l'Hiver en 1879, place Bréda, gravure de Félix Buot ;

De M. Fleurentin, gravures de Goudezski, les places Clichy et de Moncey ;

De M. Bargallo, vue prise de la Butte en 1835 ;

De M. de Quellern, la porte Montmartre en 1380 ;

De M. Barbier, plans de chemin de fer souterrain et de boulevards en terrasse à Montmartre, dressés en 1891 et 1897 par Ch. Ladame, ingénieur ;

De M. Wiggishoff, études pour le morcellement de la propriété Labat en 1840, eau-forte du Dr Gachez, gravure sur la tragédie du 18 mars 1871, rue des Rosiers ;

De M. Cazalières, les Echafaudages économiques et la Construction pratique, pour des articles sur le défi au goût public qui s'appelle l'église Saint-Jean-l'Evangéliste ;

De M. Perrot, projets exposés lors du concours pour le Sacré-Cœur et portrait présumé de la dernière abbesse de Montmartre ; de M. Gaignette, album des Etablissements Dufayel.

 

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Les périodiques, les journaux, affiches, circulaires, programmes recueillis sur Montmartre abondent, à chaque séance. MM. Greder, A. Meusy, O'Kelly de Galway, Grangez, Heusch, Wiggishoff, Le Senne, Gaignette et surtout Cortaillod pourvoient à cet afflux. Dans cet amoncellement il s'agit parfois d'un épisode quelconque de la vie courante, mais n'est-ce pas de ces fétus que s'alimente le foyer de l'histoire contemporaine ? Ne sommes-nous pas curieux de retrouver dans les annales du temps des épisodes insignifiants à l'époque, mais qui éclairent d'un jour particulier les mœurs de nos aïeux ?

Ne faisons pas fi de ces brimborions. Ils complètent les Mémoires particuliers si prisés aujourd'hui et donneront, du XXe siècle, une physionomie plus exacte que celle résultant de souvenirs et de traditions réunis après coup.

 

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Notre bibliothèque, compte dans ses rayons, depuis décembre dernier :

Montmartre et Clignancourt, de Léon Michel de Trétaigne, don de M. Fleurentin ;

Promenades à pied autour de Paris, de M. A. Mareuse, don de M. Le Senne ;

Discours de M. de Trétaigne, maire de Montmartre, à la distribution de prix du 13 août 1859, don de M. le Dr Chandebois ;

L'ami de l'Ordre, opuscule de Jérôme Jean Tharaud, don de M. de Crauzat ;

Annuaire statistique de la Ville de Paris, pour 1902, don de M. Gaignette ;

Roman d'Elie Berthet (l'auteur en a placé les épisodes préhistoriques à Montmartre), don de M. A. Meusy ;

Le Baptême civil à la première Maison du Peuple ; notice sur Mme Hess, fondatrice d'un prix à la Caisse des Ecoles du XVIIIe et l'une de ses œuvres : l' «Ange du Bien, » le tout offert par M. Wiggishoff, qui y joint son étude personnelle : « Essai de catalogue descriptif des ex-libris et fers de reliure français anonymes et non héraldiques. »

Je citerai enfin des objets divers glanés au cours de nos séances : échantillons de marne de la butte apportés par M. Ch. Cortaillod ; ossements trouvés dans les fouilles du Sacré-Cœur en 1872, remis par M. Fleurentin ; une grande et belle affiche du Moulin-Rouge, offerte par M. Valentin, que nous n'avons pas encore le plaisir de compter parmi nous ; la bannière et les trophées remportés de 1901 à 1904 par la société les « Nobles Gueux. » Nos joyeux concitoyens nous les trans­mirent par les soins de M. Delarbre.

 

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Si le « Vieux Montmartre » se bornait à faire œuvre de collectionneur, sa mission serait bien incomplète. Les objets classés dans un musée ont une valeur rela­tive, discutable même si les conservateurs n'appuient pas de documents l'authen­ticité des pièces exposées. L'histoire moderne s'édifie pierre à pierre de faits quoti­diens qui surgissent fortuitement.

Pour le passé il faut sonder les alluvions accumulés par la marée des siècles, passer au crible de la critique les fragments découverts et, à l'aide de monuments anciens encore debout, fixer l'âge des individus et des choses ; en un mot, re­constituer la vie antérieure à la lumière de la science.

Sous forme de conversations ou d'écrits, vous avez apporté, cette année comme les précédentes, Messieurs et chers collègues, votre appoint à la monographie montmartroise.

M. Wiggishoff nous entretient d'Adèle, abbesse de Montmartre en 1154-55, des Gauthier de Clignancourt, père et fils (1232-1262), et d'une demoiselle de Romanet, épouse de Racine, dont la parenté avec les derniers seigneurs de Clignancourt nous intéresserait.

M. Pierre Delcourt signale une carrière exploitée autrefois à l'emplacement des boulevards extérieurs, entre les gares du Nord et de l'Est.

M. Désiré Lacroix, évoque le souvenir du général Travot, mort à Montmartre en la maison du Dr Blanche qui vit aussi la fin de Legouvé père.

D'après M. George, Murger habita rue de l'Orient dans le local actuel de l'imprimerie Berger.

M. O'Kelly de Galway dépeint un héros montmartrois : le capitaine Bonsergent.

 

 

 

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M. Ch. Cortaillod extrait de ses notes quotidiennes plusieurs éphémérides locales.

M. Lazard parle de Bric-à-brac, ouvrage de Gris, et décrit les troubles provoqués par la procession de la Fête-Dieu à Notre-Dame de Lorette en 1752.

Bien avant ses chansonniers, le nom de notre butte était célèbre. Sans parler du couvent, le « Petit-Montmartre », à la Ville-l'Evêque, près la Madeleine, nous connaissons par renseignements réciproques, un bois Montmartre près Boissy-en-Brie, une mine Montmartre dans la région de Saint-Etienne, une colline Montmartre dans l'Yonne, voire même un village de ce nom au Canada.

M. Le Senne analyse le quadragésimal spirituel, premier ouvrage imprimé ici en 1521 et provenant du fond de l'abbaye. Il rédige aussi une notice sur Ferdinand de Guilhermy.

M. de Crauzat communique des notes détaillées sur la porcelaine de Clignancourt. M. Prod'homme exhume une lettre curieuse d'un indigène de ce terroir, en 1814 et relate la promenade du Bœuf gras à Montmartre en 1830.

M. Gaignette donne les causes du maintien d'une fontaine, plutôt gênante, au milieu de la place Saint-Georges.

M. Artus fait la récolte des feuilles... manuscrites écloses sur notre sol. On en formera un bouquet pour le prochain fascicule.

M. Capon nous fait pénétrer à sa suite dans les petites maisons dont le XVIIIe siècle orna la rue Pigalle. Cela nous montre la gaieté insouciante d'une époque close par le sang et les larmes.

Enfin M. Perrot établit la liste des ouvrages de Barginet, nous lit une lettre galante du comte de Bridge en 1781, signale la pseudo-exposition du trop fantaisiste Ellina, parle des Burgraves à Montmartre et clôt notre session par une proposition ingénieuse.

Toutes nos séances ne comportent pas des communications de longue haleine et quand, clans une causerie, surgit inopinément un sujet à controverse, il est difficile de fournir, sur l'heure, les arguments pour ou contre la thèse soutenue. Notre collègue émet donc le vœu de voir inscrite à l'ordre du jour de nos réunions mensuelles, pour être discutée ultérieurement, une question spécifiée. Don­nant à nos conversations un but déterminé, cela provoquera, en même temps, la solution de problèmes qui fussent sans doute restés insolubles.

 

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Le destin nous sépara cette année de M. Lionel Bonnemère, de M. Passedoigt, ancien membre, et de M. Douillet, adjoint au maire, l'un de nos ouvriers de la première heure.

Nos morts emportent chaque jour dans la tombe, avec la terre qui les recouvre, une parcelle de nous-mêmes et, les voyant disparaître, nous crions le nevermore du poète.

D'autres collègues nous ont quitté pour des causes diverses, mais nous laissent au moins l'espérance de les servir un jour parmi nous, ce sont : MM. Amm, Becquer, Becquet, Boltz, Brunzwig, Caffin, Chapotot, Damour, Dumont, Georges Dupont, Fabre, Dr Gaube, Lusley, Dr Perrachon, Rozier et Villain.

Par contre, MM. Edmond Roz, Feltesst, Depouilly-Daudin, Wiggishoff fils, Désiré Lacroix, Bargallo, de Quellern, Barrier, colonel de Guilhermy, Tausin, Debacq, Jacques Parès, Reygasse-Villeneuve, Fleurentin, Héraud, Léon Renaud,

 

 

 

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Berthier-Tache, abbé Fesch, Grangez, Poirson et Cornet sont venus grossir nos rangs. Nous les recevons avec franche cordialité et les convions à nos travaux.

En même temps, nous nous sommes réjouis des récompenses honorifiques con­férées à nos collègues.

Cette année, M. Desclers a reçu les palmes ; M. Louis Radiguer fut récemment lauréat de l'Académie française et l'Académie des Sciences a décerné l'un de ses grands prix à M. Frémont, ingénieur civil, l'un de nos membres les plus distingués. Nous joignons nos compliments à ceux, plus intimes, qui accueillirent les bénéficiaires de ces distinctions quand elles leur furent données.

 

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MESSIEURS ET CHERS COLLÈGUES,

En dépit de nombreuses difficultés, - souvent d'ordre pécuniaire, - vous pour­suivez votre tâche depuis de longues années.

Soyez satisfaits des résultats obtenus. A la façon des termites, pénétrez dans l'arbre de science. Quelle que soit la dureté de l'écorce, vous franchirez l'aubier, vous atteindrez le cœur.

Permettez-moi surtout de vous féliciter du but poursuivi. Ce n'est pas, en effet, la vaine curiosité de trouver une solution inconnue, la satisfaction d'élucider un point obscur qui vous fait agir. En étudiant, en aimant ce lopin de terre qui plane à une extrémité de la Capitale, c'est à la France entière que nous rendons hommage.

A l'heure triste des défaillances intellectuelles, il est sain de se rattacher, de se cramponner, pour ainsi dire à la terre nourricière, d'en remémorer les ancêtres, d'en exalter la gloire. La grande patrie se compose d'une foule de petites ; que l'on juge de la richesse du tout par l'une de ses parties !

 

Le Secrétaire général,

Eug. GAIGNETTE.