BULLETIN
DE LA
SOCIÉTÉ D’HISTOIRE ET D’ARCHÉOLOGIE
DU XVIIIe ARRONDISSEMENT
LE
« VIEUX MONTMARTRE »
(Autorisé par arrêté préfectoral du 26 août 1886)
REVUE TRIMESTRIELLE DES TRAVAUX DE LA
SOCIÉTÉ
***
49e et 50e
FASCICULES – JUILLET / DÉCEMBRE 1905
***
PARIS
COMITÉ DE PUBLICATION
AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ
MAIRIE DU XVIIIe ARRONDISSEMENT
1905
[...]
- 290 -
Journaux et
Canards
XVIIIe SIÈCLE
En tête de ce travail,
notons à titre de curiosité que, dans le n° VII des Actes des Apôtres, le
journal contre-révolutionnaire de 1790, un article « A Messieurs les éditeurs
bons apôtres » est signé : Le Centenaire
de Montmartre.
Dans le même journal (chapitre. cxxx, page 80) se trouve la réclame suivante : « Fragment d'un ouvrage qui est sous presse ayant pour titre : Suite des Révolutions de France et de Brabant :
Aux moulins de
Montmartre est un petit ânon
Sans force
encore mais aussi traître,
Aussi têtu
qu'un âne pourrait l'être
En un mot la terreur
des enfants du canton :
Sa manie est de
toujours braire ;
Mais quand le
bruit qu'il fait étourdit les voisins,
Cent coups de
bâton sur les reins
Le font cesser,
c'est de cette manière
Qu'on impose
silence à l'ânon des Moulins » (1).
***
XIXe SIÈCLE
Revue Mensuelle des prosateurs et des poètes contemporains de la France
et de l'Etranger, par une société de savans, de naturalistes et de professeurs.
Prix de
l'abonnement pour Paris : 1 an, 10 francs ; pour les départements : 1 an, 11
francs ; pour l'étranger : 1 an, 15 francs.
« Tout ce qui concerne la Synthèse, doit être adressé franc de port à M. Georges Blessing,
rédacteur en chef. On s'abonne au bureau du journal, rue de la Cure (2), 3, à Montmartre, banlieue
de Paris et chez Ledoyen, libraire. Palais Royal, Galerie d'Orléans, à Paris. »
Le premier numéro de la Synthèse parut en octobre 1840 et le
dernier au mois de
(1) Les Actes des Apôtres, chapitre cxxv, page 80.
(2) Aujourd'hui rue
du Mont-Cenis.
- 300 -
feuille littéraire éclore là-haut, à l'ombre des
joyeux moulins dont les ailes, de leurs folles envolées, ont fait si souvent
depuis vibrer la lyre des poètes. Les principaux collaborateurs de cette revue
étaient MM. Victor Meunier, F. L. Groult de Tourlaville, B. de Malpierre,
Lavezzari, Amédée Scribe, etc., etc. Le troisième numéro contient une chronique
très curieuse : Vue synthétique de Paris
du haut de Montmartre. Une clause bizarre portait que tout abonné qui
aurait justifié de son mérite littéraire serait reçu membre de l'Académie synthétique des Sciences et des
Lettres et jouirait des privilèges attachés au Diplôme qui lui était délivré ; ne sentez-vous pas déjà dans cette
académie et dans ce diplôme comme un vague précurseur de l'Académie du
boulevard Rochechouart, chez Salis ? Cette revue était imprimée chez Worms,
boulevard Pigalle, 20. Extra-muros. R. R.
Par Almire Gandonnière. - Imprimé, rue Marcadet, 22. - Eut deux numéros : au mois d'août et septembre 1846.
Fondé en 1847 ; consacre,
depuis mars 1848, sa première page à la politique. Couleur du
Société du progrès libre et universel, propagation de la pensée (montagnard). - 28 septembre 1848. Tirage sur papier blanc ou de couleur. Rédacteur : Edouard Houel. Bureaux : rue du Rocher, 6. Imprimerie de Pilloy, à Montmartre.
A publié le toast porté par
Ledru-Rollin à la République socialiste, le 24 septembre 1848 au banquet des
Champs-Elysées (1).
Journal de la politique, de la littérature, des arts, des sciences et des tribunaux. Gérant : Jacques. Bureaux : rue de Surène, 29. - Imprimerie Bonaventure. A cessé sa publication en avril pour la reprendre en juillet 1849. Bureaux : 67, rue Richelieu. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre.
(1)
301
par 1a France, tout pour la France ». Couleur
napoléonienne. Numéro spécimen paru en décembre 1848. Directeur-gérant : Hip.
Cochery ; Collaborateurs : Ch. Dupressou, Barthelemi, A. de Kergeven, Emile Bataille.
Bureaux : rue Vanneau, 38. - Imprimerie de Pilloy, à Montmartre.
N’est pas un journal, comme
l'indiquent plusieurs listes. Ed. Houel, en publiant cet écrit, n'a pas mieux
réussi qu'avec le Baillon. 26
septembre 1848. Bureaux : rue du Rocher, 6. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre.
Reproduction textuelle de la
Peine de Mort, par Ed. Houel. -
Imprimerie Pilloy, à Montmartre. Bureaux : 6, rue du Rocher. Tirage sur papier
blanc et sur papier rouge. Sur quelques exemplaires le mot Bourreau est en caractères d'enseignes, pour tromper le public sur
le titre.
Feuille spéciale des fêtes, prédications, harmonies vocales et instrumentales du culte catholique ; suivies de biographies pour les fêtes patronales des campagnes, de poésies religieuses, d'un bulletin des arts et d'une nécrologie avec fragments des discours prononcés sur les tombes. N° 1 du 11 mars 1848. Directeur et rédacteur en chef: O. Saint-A***. Bureaux : rue de Sèvres, 12. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre. (Assez rare.)
Démocratique, socialiste. Numéro unique, paru le 16 avril 1848. Gérant : Gardy. Collaborateur : Georges Lecreux. Bureaux : rue Bourdaloue, 5. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre. (Rare.)
Résumé des événements accomplis chaque semaine.
Démocrate socialiste (sans signature), par Albert de la Fizelière, Francis
Lacombe, L.-G. de Marsay (Giraudeau).
Illustration théâtrale,
littéraire et industrielle. Octobre 1848. Directeur rédacteur : Henry Izambard.
Bureaux : 11, rue Neuve-Bréda. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre. (Voir le Moniteur illustré de
- 302 -
A
Tirage : 200,000 exemplaires, du 13 juin 1849. Bureaux : 15, place de la Bourse. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre.
Par une révolution bienfaisante dans l'Imprimerie, la Typographie, la Librairie et les branches accessoires, par les inventions mécaniques, typographiques, d'Adrien Delcambre. N° 1 du 30 septembre 1849. Bureau : 60, rue Blanche. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre.
English and french,
septembre 1849. Bureau : rue de Richelieu, 3. - Imprimerie Pilloy, à
Montmartre. Gérant : Buchoz-Hilton. Continuation du Lucifer.
Journal socialiste, politique, littéraire et artistique : « Liberté, justice et liberté pour tous. » Gérant : Lamelin. Feuilleton de MM. Cuendias et V. de Féréal. N° 1 du 13 juin 1849. Bureaux : rue du Marché-Saint-Honoré, 32. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre.
Pamphlet politique et mensuel, décembre 1849. Bureau : rue et place Bréda, 10. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre.
Octobre 1850. Bureaux : place Bréda, 10. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre.
Journal slave de Paris ; organe des intérêts fédéraux des peuples de l'Europe orientale, paraissant tous les dimanches. Janvier 1850. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre. Bureaux : Passage du Commerce, 7.
- 303 -
anglais. Bureaux : 14, rue
de Provence. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre.
Stylet hebdomadaire (littérature, arts). Numéro unique, le 10 mai 1850, tiré sur papier rose. Rédacteur en chef : Paul-Ernest de Ratier, Bureaux : Rue Pigalle, 31. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre.
Fondé par actions de 5 francs pour la publication de cinquante volumes sur l'instruction et sur l'éducation ; constitué régulièrement pour quatre années. Septembre 1851. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre. Bureaux : Rue de la Sourdière, 27.
Bulletin général des ventes immobilières, sous le patronage et avec le concours des industriels, des propriétaires, des notaires et avoués. Janvier 1852. - Imprimerie Maulde. Bureaux : Boulevard Pigalle, 36, à Montmartre. Le numéro spécimen est signé : Gardet, employé en retraite.
Juin 1852. (Mensuelle) - Imprimerie Pilloy, à Montmartre. Bureaux : Rue de Buffault, 5.
Chronique du grand monde. A eu un seul numéro, 19 juin 1852. - Imprimerie Pilloy, à Montmartre. Bureaux : 12, rue de Provence ; Rédacteur en chef : P. Mayer.
Juin 1852. (Mensuel). - Imprimerie Pilloy, à Montmartre. Bureaux : Rue de Buffault, 5.
(Ancien Mercure universel), journal d'hippiatrique, d'équitation, de
statistique, littéraire, historique et anecdotique, paraissant le 15 de chaque
mois (16 janvier 1852). Imprimerie Pilloy, à Montmartre. Bureaux : rue
Lamartine, 21. Rédacteur en chef : Pawlowski ; dessinateur-gérant :
Guillon.
N° o, dimanche 30 janvier 1859,
format du Figaro, hebdomadaire et
- 304 -
éphémère. - Imprimé chez
Pilloy. Directeur et rédacteur : Sauveur Galeaz, collaborateur du Tintamare (1).
Premier et unique numéro dimanche
30 octobre 1870. Dirigé par Gabriel Richard, 19, rue des Martyrs. Envoyé en
province par les ballons du siège pour donner aux départements les nouvelles de
ce qui se passe à Paris. Exemplaire au Musée de l'Armée. Ce numéro du Ballon-poste est exposé dans
Il donne de très intéressants détails sur les événements qui s'accomplissaient à Paris, il y a trente-trois ans, et dont quelques-uns sont peu connus.
Ce sont des « échos de Paris
» pendant le siège, qu'ont négligé les historiens.
Le Ballon-poste mentionne notamment une « protestation de l'Institut
de France contre les dommages que le siège de Paris peut faire éprouver aux
collections artistiques françaises ».
Il annonce la création d'une
« Société d'assurances mutuelles, mobilières et immobilières contre les pertes
commises par le siège de Paris ; les primes varient de 50 centimes à 1 fr. 50
par mille francs suivant les zones où sont placées les valeurs assurées ».
Il serait intéressant de savoir ce que sont devenues ces assurances.
? Le Balai
1re année, un
Rond, n° 1. Directeur Zéphyrin, organe des balayeurs et biffins. Pour la
rédaction, dans les carrières de Montmartre, sans date. Il est probable que ce
journal n'a eu l'existence que par ce titre original (2).
Porte comme signature : E.
Young. Vente chez Plataut et Roy, 15, rue du Croissant. - Imprimerie
Alcan-Lévy, 62, boulevard de Clichy (n° 1 et 2), et rue Lafayette, 61, du n° 3
à
Echo des Buttes Montmartre. Rédaction et administration, 6, rue du Croissant. - Imprimerie Dubuisson. Feuille simple imprimée des deux
(1) J.-F. Vaudin, Gazetiers et Gazettes, Histoire critique et anecdotique de la Presse parisienne. Année 1858-1859.
(2) Bibl. Carnavalet,
169 D.
- 305 -
côtés, moyen format. Prix 10 centimes. Ce journal
eut deux numéros.
Le n° 1, du 26 mars 1871 (6
germinal an 79). Le premier article : La
Colère du Mont-Aventin, de A. Secondigné, commence ainsi : « C'est du
Mont-Aventin (les Buttes Montmartre) que partit le signal de la Révolution,
c'est du haut de cet Olympe que, roulant avec fracas, la colère populaire s'en
est allée dans tous les quartiers de Paris... » Ce premier numéro est
presqu'entièrement composé d'articles publiés déjà dans le Châtiment (qui eut 39 numéros).
Le n° 2 (et dernier), 30
mars (9 germinal), a subi les modifications suivantes : Le Mont-Aventin, organe quotidien de la fédération républicaine.
Rédacteur en chef : Secondigné ; Secrétaire de là rédaction : Lefévre.
Rédaction : 19, Faubourg Saint-Denis. Administration : 6, rue du Croissant. -
Imprimerie de l'Association typographique, Faubourg Saint-Denis, 19. Prix 2
sous. Feuille simple, grand format. Ce journal, qui fut remplacé par le Bonnet Rouge, faisait l'apologie du Comité
Central. Dans ce dernier numéro il publiait l'avis suivant :
« Le Mont-Aventin publiera
dans la journée une seconde édition, contenant la proclamation authentique de
la Commune, et des renseignements d'une telle importance que nous sommes
obligés d'en ajourner l'insertion jusqu'après vérification. » Il faut croire
que la vérification n'en a jamais été faite !
Organe du XVIIIe
arrondissement. La Chapelle ; La Goutte d'Or ; Clignancourt ; Grandes
Carrières ; Clichy. Paraît le samedi. Rédaction et administration :
7, rue Tardieu ; Directeur : André Péri ; Administrateur : de
Okecki ; Rédacteur en chef : Fernand Delisle. (Voir Montmartre-La-Chapelle).
Organe des intérêts de Montmartre. - Directeur :
Rodolphe Salis. Rédacteur en chef : Emile Goudeau. Administrateur :
Victor Rey. Rédaction et Administration : 84, boulevard Rochechouart. Le n° 15
centimes. Format in f°
Le n° 1 est du 14 janvier
1882 et contient un supplément : un dessin de R. Salis : un chat noir
photographe avec cette légende : Ne
bougeons plus, tout le monde y passera. Dans ce numéro commence : Voyage de découvertes de A' Kempis (1), qui parut ensuite en un
volume.
Les 44 premiers numéros sont
sur papier blanc, ensuite sur papier teinté.
A partir du n° 8, le
sous-titre : Organe des intérêts de
Montmartre, disparaît.
Le n° 10, du 18 mars 1882,
contient un supplément qui donne le
(1) A' Kempis, pseudonyme de Emile Goudeau.
- 306 -
premier dessin de Willette paru dans ce journal : Pierrot fumiste. Le dessin de la 3e
page est de André Gill : Vive la
République! Ça pousse!
A partir du n° 18, Edmond Deschaumes remplace Victor Rey comme secrétaire de la rédaction.
Dans le n° 20, du 27 mai
1882, se trouvent reproduites les deux suites de dessins de Willette déjà
parues dans le n° 17 et le dessin du n° 19, mais sans légende ; c'est une
réclame pour le roman Dinah Samuel, de
Félicien Champsaur. Il paraît ensuite un n° 20bis portant la même
date.
Le n° 51 porte :
Administrateur général : Guy de Maupassant, remplacé au n° 63 par Dubut de
Laforest, qui disparaît quelques numéros après, pour faire place à une série de
noms célèbres, qui ne doivent qu'à la fantaisie de Salis de se trouver à cette
place. Citons : au n° 129 : « Jules Vallès, mort sur les barricades » ; au
n° 132 : « Daniel Wilson, gendre » ; au n° 133 : « Paul Arène, troubadour de la
langue d'oïl » ; au n° 135 : « Victor Hugo, homme célèbre » ; au
n° 142 : « Colonel Lisbonne, mousquetaire », etc., etc.
Par suite d'une erreur
typographique, le n° 66, du 14 avril 1883, porte le n° 68.
Le n° 208, du 2 janvier
1886, est tiré en deux tons, bistre et vert, et sur 8 pages.
Gill a donné quatre dessins
dans ce journal.
A partir du n° 179, 13 juin
1885, la rédaction et l'administration se trouvent transférées 12, rue de
Laval, au nouveau local occupé par le Cabaret.
Le Chat Noir est le premier journal montmartrois, premier par sa date et premier par
son mérite. C'est le type du genre et avec lui nous nous trouvons en présence
du chef de l'école qui porte ce nom. Saluons donc celui que l'on appela le
Cabaretier gentilhomme, Rodolphe Salis. La physionomie de Salis est double ; il
y a en lui l'artiste et le Barnum. Lorsqu'il fonda, au n° 84 du Boulevard
Rochechouart, son célèbre cabaret, Rodolphe Salis faisait déjà partie de deux
sociétés littéraires, les Hirsutes et
les Hydropathes, qui, à l'autre bout
de Paris, au quartier latin, s'étaient déjà singularisées par une fantaisie et
une extravagance absolument nouvelles à cette époque.
Enfin, et sans que nous
entrions dans des détails qui regardent l'histoire des cabarets de Montmartre,
disons qu'il fonda son cabaret du Chat
Noir au n° 84 du Boulevard Rochechouart.
A cet élément s'en était
joint un autre, non moins intéressant. En effet la Butte, de temps immémoriaux,
fut le refuge des artistes, et Salis avait déjà pris contact avec eux,
puisqu'avant son cabaret, il avait monté dans le même local une usine à
tableaux d'église, où il faisait travailler des camarades besogneux comme lui.
Autour de la fantaisie
abracadabrante du maître de céans était donc venue se grouper toute une flore à
peine éclose de jeunes talents : Emile
- 307 -
Goudeau, Grenet-Dancourt, Xanrof, Jean Rameau,
Maurice Rollinat, Camille de Sainte-Croix, Georges d'Esparbès, Alphonse Allais,
Maurice Bouchor, Edmond Haraucourt, Mac-Nab, Jules Jouy, Henri Rivière, Jean
Lorrain, Albert Tinchant, Ogier d'Ivry, Hippolyte Buffenoir, etc., etc.
Au milieu d'un pareil entourage, il était naturel qu'avec son tempérament, Salis, le futur Barnum des jeunes talents, songeât à tirer parti de toute cette sève ardente, qui bouillonnait autour de lui, et qui n'attendait que l'occasion de se produire. L'idée d'un journal était donc tout indiquée.
Ce journal fut le Chat Noir, d'où devait sortir l'école
dite du Chat Noir que, par extension,
on a souvent appelé l'Esprit Montmartrois
et dont l'originalité réelle levait influencer l'esprit parisien tout
entier.
D'ailleurs, le mot Chatnoiresque sera bientôt admis dans le
dictionnaire de l'Académie.
C'est dans ce journal que
parurent les premières et ravissantes compositions du maître Willette. Steilen,
Uzès Choubrac, Tiret Bognet, Hope, Henri Pille, H. Rivière, Ferdinandus,
Fernand Fau (Poitevin), Godefroy, Auguste Viollier, Henry Somm, Heidbrinck, Léo
Brac, Bombled, André Gill, Delaw, etc., lui apportèrent aussi l'appui de leur
talent.
Ce fut dans la petite salle
du fond du cabaret, que les habitués, avec une emphase satirique, avaient
baptisée l'Institut, que cette
feuille vit le jour. Elle y vécut quatre ans et fut transférée ensuite, avec le
cabaret, rue Victor Massé (toujours rue de Laval pour les vrais chatnoirisants).
Quant au titre du journal, il vient de l'enseigne du cabaret qui, elle-même, était un souvenir d'un tableau commandé jadis à Salis sur les œuvres d'Edgard Poë.
Salis accueillait tout et
tous, pourvu qu'original et nouveau ; et ce qu'on ne peut contester en lui,
c'est le flair avec lequel il devina et sélectionna ceux qui, parmi cette bande
de jeunes, avaient « quelque chose dans le ventre », et quelques-uns
durent à cela de se faire connaître plus tôt. Citons seulement, entre bien
d'autres, Maurice Donnay, l'auteur de la jolie comédie, Amants.
Aristide Bruant, avant de
venir créer son cabaret du Mirliton dans
l'ancien local du Chat noir, boulevard
Rochechouart, avait déjà publié et annonçait ainsi ses premières œuvres dans ce
journal :
« LES REFRAINS DU CHAT NOIR
« Par ARISTIDE BRUANT
« Nos 1 La Ballade du Chat Noir. Nos 5 Le refrain de Maigriou.
3 V'là l'choléra qu'arrive. 7 Serrez vos rangs.
« Chaque numéro, 50 centimes
franco, contre mandat ou
timbres-poste. Paris, Aristide Bruant, auteur-éditeur, 91, rue de Belleville ».
- 308 -
Montmartre. Il se présenta aux élections législatives
de 1884, avec cette profession de foi devenue légendaire :
« Elections municipales du 4
« Electeurs, Qu'est-ce que
Montmartre ? - Rien ! Que doit-il être ? - Tout ! Le jour est enfin venu où
Montmartre peut et doit revendiquer ses droits d'autonomie contre le restant de
Paris ».
« En effet, dans sa
fréquentation avec ce qu'on est convenu d'appeler la capitale, Montmartre n'a
rien à gagner que des charges et des humiliations.
« Montmartre est assez riche
de finances, d'art et d'esprit pour vivre de sa vie propre.
« Electeurs !
« Il n'y a pas d'erreur !
« Faisons claquer au vent de
l'indépendance le noble drapeau de Montmartre.
« La Butte, » cette mamelle où s'allaitent la Fantaisie, la Science et tous les Arts vraiment français, avait déjà son organe : « le Chat Noir. » A partir d'aujourd'hui, elle doit avoir son représentant, un représentant digne de ce nom.
« RODOLPHE SALIS, qui, depuis trois
ans, dirige, avec l'autorité que l'on sait, le Journal qui est la joie de
Montmartre, nous a paru apte à cette mission.
« Montmartre mérite d'être
mieux qu'un arrondissement.
« Il doit être une cité
libre et fière.
« Aussi notre programme sera-t-il
court et simple :
« 1° La séparation de
Montmartre et de l'Etat ;
« 2° La
nomination par les Montmartrois d'un Conseil Municipal et d'un Maire de
« 3° L'abolition de l'octroi
pour l'arrondissement, et le remplacement de cette taxe vexatoire par un impôt
sur la Loterie, réorganisée sous la régie de Montmartre, qui permettrait à
notre quartier de subvenir à ses besoins et d'aider les dix-neuf
arrondissements mercantiles ou misérables de Paris ;
« 4° La protection de
l'alimentation publique. La protection des ouvriers nationaux. »
On peut dire que le journal
du Chat Noir innova et, du coup, pousse au sublime la
fantaisie et la fumisterie littéraires.
Voici pour en donner une
idée un des articles où ce genre fut poussé à son comble (1) :
« L'ASSAUT DE MONTMARTRE
« Aujourd'hui, 1er
avril, à quatre heures pour le quart du matin, une tentative d'assaut a été
faite contre Montmartre.
(1) 1re année N° 12. 1er avril 1882.
- 309 -
« Au mépris des promesses les plus solennelles, Léon Gambetta, à la tête des troupes de la Chaussée-d'Antin, a pénétré dans le pays Montmartrais par les rues Lepic, Coustou et Houdon.
« Le rappel a sonné sur la
montagne ; le Moulin de la Galette a été mis en état de défense ; les
soldats du Sacré-Cœur sont consignés dans leur église.
« Les ambassadeurs A'Kempis
et Jacques Lehardy ont été rappelés, malgré les protestations de M. de
Freycinet, qui a immédiatement mobilisé l'armée Parisienne. Cette armée va
occuper les boulevards extérieurs. Elle est commandée en chef par l'illustre
général Langlois (de Seine-et-Oise).
« Le député Margue commande
l'artillerie.
« L'armée Montmartraise
opèrera sa jonction avec les divisions parisiennes par les places Pigalle et
Blanche, en même temps, les batteries du Moulin écraseront la cavalerie
ennemie, commandée par Spuller.
« Du 1er avril 1882, 10
heures matin.
« Officiers, sous-officiers
et soldats,
«
« Non !
« La vigueur, l'élasticité
des muscles des autochtones de la montagne des Martyrs sont les garants des
futurs succès de nos armes.
« Tous debout !
« Le général en chef du camp retranché de
« CHANOUARD.
« ORDRE DE MOBILISATION
« PLACE DE MONTMARTRE
« Etat-Major
« 1er avril, 11
heures, pour la demie.
« Que naturellement les hommes généralement susceptibles d'appartenir à une classe à peu près quelconque sont convoqués dans tous les terrains vagues qui ne seront pas ultérieurement désignés.
« Qu'ils se rendront à leur
destination sans emprunter le secours des chemins de fer.
« Que, rendus à cet endroit, ils seront incorporés dans les phalanges ou cohortes qui leur sont susceptibles.
« Sont seuls exemptés les
hommes des 17e, 21e et 69e légions de la
classe 1848, les proscrits de Décembre et les Polonais de la section, en ce qui
concerne leurs infirmités.
« P. O. de la Place
« Le
chef d'état-major général,
« SCHLING DU METATARSE.
« DERNIÈRES NOUVELLES
« 6 heures 1/4.
« Une vague escarmouche a eu lieu aux avant-postes, près de la Grand'Pinte ; à peine trois hommes tués, plus un ecclésiastique ennemi.
- 310 -
« A'Kempis et Lehardy sont arrivés. Ils vont prendre le commandement de la vieille garde Montmartraise.
« Un certain mouvement de
panique se manifeste dans les camps ennemis.
« Dure journée que celle du
1er avril. »
Le n° 15 du 22 avril 1882
contient, il nous semble, la note suprême de ce genre. Manquant probablement de
copie, et voulant du « battage » à tout prix, ce numéro paraît encadré de noir
et le 1er article : En deuil, annonce
la mort de Salis ; il débute ainsi : « Ce journal si gai d'ordinaire et auquel
le public a fait accueil comme à un éclat de rire, est obligé de se vêtir de
deuil Rodolphe Salis, notre fondateur, notre directeur artistique, notre
collaborateur de tous les instants est mort.
Et dans le numéro suivant,
la plaisanterie macabre continue par cet article : A ceux qui bavent sur un cadavre, où Salis lui-même, sous la
signature de Vintcholle, reproche aux
journalistes les termes d'articles nécrologiques imaginaires qu'il suppose des
éreintements en règle.
La collection complète du Chat Noir est composée de la manière
suivante : 1re Série : Du n° 1 du 14 janvier 1882 au n° 623, 30
décembre 1895, 623 numéros in-f° ; 2e Série : de 1895 à 1897, 122
numéros in-4°.
Nous citerons aussi, pour
joindre à la bibliographie chanoiresque, le Catalogue
de la vente du Chat Noir.
Le Chat Noir eut aussi son almanach, devenu assez rare aujourd'hui.
Voici comment il était annoncé dans le n° 441 (9e année, 28 juin
1890) :
Pour paraître
prochainement :
Couverture en
couleur de J. CHÉRET
Préface de THÉODORE DE BANVILLE, illustrée par G. ROCHEGROSSE
L'Année comique (suite de dessins, par A. Robida).
LES MOIS. - Douze dessins hors texte
de Henri Pille, Louis Morin, V.-A. Poirson, Fernand Fau, George Auriol, J.-L.
Brown, Duez, Saint-Maurice, L.-O. Merson, F. Régamey, Henri Rivière et Jeanniot.
Pronostics pour l'année 1891, par Narcisse Lebeau.
La Chanson de l'année, par Jean Rameau, Maurice Vaucaire, Ogier d'Ivry,
J.-M. de Hérédia, Paul Verlaine, Paul Marrot, Armand Silvestre, F. Loviot,
Adrien Dézamy, Paul Arène, François Coppée, Philippe Gille, Raoul Ponchon.
POÉSIES de Jean Richepin, de Jean
Floux, Maurice Donnay, Gaston Sénéchal, Stéphane Mallarmé, Mistral, Pimpinelli,
Marie Krysinska, André Deloise, Emile Bergerat, Catulle Mendès, Henry
d'Erville, Raoul Gineste, etc., etc.
MUSIQUE de Léopold Dauphin, Georges
Fragerolle et Charles de Sivry.
Dessins et Illustrations de L. Forain, Willette, Gérôme, Gorguet, Caran
d'Ache, Doës, L. Sabattier, Henri Pille, Robida, L. Morin, Saint-Maurice,
Rochegrosse, Georges Bellenger, etc., etc.
- 311 -
Le Théâtre du « Chat Noir », par le Baron B...
Nouvelles, Contes et fantaisies de Francisque Sarcey, Jules Lemaître, Rodolphe
Salis, Alphonse Allais, George Auriol, Narcisse Lebeau, Coquelin Cadet, Léon
Gandillot, Raphaël Shoonard, Alfred Capus, Camille de Sainte-Croix, Charles
Leroy, Maurice Isabey, etc., etc.
Chansons de Jules Jouy, Victor Meusy, Maurice Mac-Nab, etc., etc.
La Rédaction du « Chat Noir
» (portraits), par Carolus Box.
Un album, composé de 8
fascicules, fut aussi publié, sous ce titre :
SALIS (Rodolphe), Seigneur de Chanoirville-en-Vexin, Contes
du Chat Noir. L'Hiver. Dessins de A.
Willette, Henry Rivière, Henri Pille, Henry Somm, Loys, Fernand Fau, Steinlen,
Uzès, Heidbrinck. Préface de Philippe Gille. Prologue de A. Willette. Paris, Librairie illustrée, s. d. ;
1 vol. - CONTES
DU CHAT NOIR. Le Printemps. Dessins de Loys, Henri
Rivière, Henri Pille, Henry Somm, Robida, Fernand Fau, Steinlen, Labattier,
Saint-Maurice, George Auriol, Roedel, Vincent. Paris, E. Dentu, 1891 ; 1
vol.
Direction : 74, rue Lepic ;
Administration : 12, rue Coustou. 1re année (non numéroté). Format
in-4, illustré. Entièrement autographié, 2 feuilles. Le titre : Le Tambourin est autographié en lettres
d'argent. Au dessous un dessin, représentant, au centre d'un tambourin
enrubanné, le portrait de Gelabert dans le rôle des Pommes d'Or ; surmonté de ce titre en lettre d'or : Les Pommes d'Or. En tête de la 2e
page, se trouve le programme du journal qui débute ainsi : « Notre but est
de venir nous ajouter aux divers journaux traitant des théâtres en les
complétant, si toutefois l'expression peut s'employer sans froisser en aucune
façon nos confrères et devanciers. » Puis vient un article : Le Théâtre des Menus-Plaisirs, Les Pommes
d'Or, signé Koff. Ensuite : Petit
Courrier théâtral. En 4e page, quelques réclames et le programme
du théâtre. Cette feuille n'a aucun rapport avec la brasserie portant le même
nom, Le Tambourin, qui se trouvait
Boulevard Clichy.
Premier journal fait par
Willette. L'extrême rareté de ce journal, dont nous n'avons vu que des
coupures, ne nous permet pas de donner d'autres détails. C'est dans cette
feuille que l'artiste Willette donna la première version des délicieuses pages
du Poème de la Rose.
N° 1, Dimanche 1er
novembre 1885, 10 centimes. Rédacteur en chef : Maxime Lisbonne ;
rédaction : 2, boulevard de Clichy, cellule R. ; administration : 2, boulevard
de Clichy, cellule A. 4 pages in-f°.
Le titre qui occupe le 1/3
de la 1re page est orné de deux dessins : Un
- 312 -
forçat, au milieu, et un garde-chiourme, à droite.
Les deux autres tiers de la feuille sont occupés par un dessin de Sem :
Pendant une certaine
période, Montmartre semble le terrain, l'humus fertilisateur, contenant le
microbe propice à l'éclosion d'un certain esprit qu'immédiatement on baptisa
Esprit Montmartrois. L'ancien colonel de la Commune, Maxime Lisbonne, est le
second type de ce genre que nous trouvons au cours de cette énumération. La
création de ces différentes brasseries (La
Taverne du Bagne, les Frites Révolutionnaires, le Casino des Concierges,
etc...), étaient à l'époque de véritables trouvailles et firent courir tout
Paris. Quatre ans plus tard, il devait ajouter sa note comique aux élections de
1889, en posant sa candidature comme candidat concussionnaire. Voici d'ailleurs
la reproduction de son affiche électorale qui, avec celle du maître Willette,
dont nous parlerons à son heure, est dans sa verve satirique un des modèles du
genre.
« Septembre 1889.
« MAXIME LISBONNE
« Candidat concussionnaire
honnête,
« Aux Electeurs du quartier
Clignancourt.
« Citoyens,
« Révision, Convention nationale, telles sont les principales bases de mon programme.
« Si vous m'honorez de vos
suffrages, je prends l'engagement d'honneur de ne jamais trafiquer de mon
mandat de député sans exiger des solliciteurs une somme de cinq cents à cent
mille francs, selon la demande des intéressés.
« A la fin de chaque
session, je convoquerai en réunion publique mes électeurs. Après avoir soumis à
leur examen mes livres de comptabilité, un dividende prélevé sur les opérations
de concussion honnête leur sera donné.
« Ce dividende pourra, étant
donné le nombre incalculable de compétiteurs, être d'une somme de 325 à 375
francs, qui reviendra à chaque électeur pour la première année.
« Mon élection ne déplairait
pas au chef de l'Etat. Jugez-en par cette correspondance. »
Suit une lettre du citoyen
Lisbonne au Président de la République :
« Citoyen
Président,
« J’ai l'honneur de solliciter de votre bienveillance un envoi de 3.000 francs pour faire face à mon échéance de fin de mois et m'éviter
- 313 -
des ennuis commerciaux. Peut-être un jour serez-vous
étonné de ma visite à la présidence, vous rapportant cette somme. Je serai plus
étonné que vous. »
Et en regard de cette
amusante lettre, le candidat rapporte en fac-similé la réponse authentique qu'y
fit M. Carnot :
« Monsieur,
« M. le président de la
République a bien reçu votre lettre. Il me charge de vous faire connaître qu'il
ne peut pas vous faire l'avance des fonds que vous sollicitez.
« Veuillez agréer, Monsieur,
l'assurance de mes sentiments distingués.
« Le Général de Brigade,
secrétaire général de la présidence,
« Général BRUGÈRE. »
Bureaux : Boulevard
Rochechouard, 84, au cabaret du Mirliton.
Rédacteur en chef : Camille de Sainte-Croix. Directeur : Aristide Bruant.
Secrétaire de la Rédaction : Ernest Richard. Coopération typographique (Ass.
ouv.), 28, rue Saint-Lazare. 4 pages in-8°. Vers le n° 90, quelques nos
ont 4 pages supplémentaires, mais consacrées à des annonces théâtrales. La
collection de cette feuille illustrée en couleurs par Steilen, Uzes, Jean
Cailloux, Bole, Treclau, Henri Pille, V. Ber, Durvis, etc., comprend : 1re
série 142 nos ; 2e série 30 nos ; 3e
série 16 nos, du 1er octobre 1885 au 1896. Il existe des nos illustrés
en noir; ils sont plus rares que ceux en couleurs. Les dates de la publication
de ce journal varient à chaque instant. Du n° 1 (1er octobre 1885)
au n° 13, qui est daté du 3 avril 1886, cette feuille paraît régulièrement le 1er
et le 15 de chaque mois. Les nos 1 et 2 sont sans dates. Le n° 3
porte : 1er novembre 1885. Les nos 13 à 17 portent :
Paraissant tous les samedis. Le n° 18 du 15 mai 1886 indique : Paraissant le 1er
et le 15 de chaque mois. Mais cette régularité ne dure pas, car bientôt on nous
annonce : « Paraissant très irrégulièrement une vingtaine de fois par an ». Et
cela diminue encore, car à partir du n° 45 de mars 1888, la rubrique est : «
Paraissant très irrégulièrement une douzaine de fois par an ». Vers la fin de
décembre 1892, cette feuille s'annonce à nouveau comme « Journal illustré
bi-mensuel ». A partir du n° 94 (27 janvier 93) « hebdomadaire, paraît le
vendredi », etc. Le Mirliton donne
des articles de Camille de Sainte-Croix, Aristide Bruant, Jean Tisonnier, Louis
Marsolleau, Henri Letourneur, Alphonse Allais, Georges Courteline, Charles
Leroy, Paul Marion, Raphaël Chaigneau, Oscar Méténier, etc. La réunion presque
complète des chansons et monologues de Bruant y a été publiée.
La collection
complète du Mirliton, assez rare aujourd'hui, offre plus d'un intérêt. Elle est
précieuse d'abord à ceux qui font des recherches sur la langue argotique,
Bruant est un maître en ce genre. Avec la Chanson
du Gueux de Richepin et quelques ouvrages de Méténier, le Mirliton formera un monument précieux pour l'étude de la langue
verte.
- 314 -
La suite des dessins qui ornent la première page, sera aussi fort intéressante à feuilleter, car elle comprend une quantité de ces croquis où Steinlen et les autres ont stigmatisé d'un crayon qui parfois a le tranchant et l'âpreté d'un scalpel, les chloroses et la morne inconscience qui forment le fond de la psychologie de types spéciaux aux bas-fonds parisiens.
Revue littéraire
bi-mensuelle paraissant le 1 et le 15 de chaque mois. Directeur : Anatole Baju.
Bureaux : 54, boulevard de la Chapelle (1).
Paraissant tous les samedis. Secrétaire de la rédaction : Emile Saint-Hilaire ; Rédacteur en chef : Savinien Lapointe ; Directeur : Charles Duval ; Administrateur : Henri Mayence. - Imprimerie F. Bouchy, 30, rue Clignancourt. Format grand in-4°. En tète sur un dessin assez joli, par Ed. Lefèvre, représentant le Moulin de la Galette en 1865. Ce journal fut bien lancé et la Presse lui fit bon accueil. Il n'eut pourtant que trois numéros, malgré les noms de Savinien Lapointe, Paul Alexis, Charles Duval, etc., et de l'aquafortiste Ed. Lefèvre. N° 1, 9 mai 1886.
Dans le Rappel du 8 mai 1886, nous lisons les vers suivants :
Un nouveau
journal
Se présentant
lui-même.
Avec le printemps paraissent
les feuilles ;
Pour le vrai public, aimable
et lettré,
Il paraîtra aussi Montmartre illustré.
Je viens, ô Rappel, pour que tu m'accueilles,
Ta publicité m'est d'un
grand concours ;
Annonce-moi donc à ta
clientèle.
Dis-lui qu'en naissant, je
n'ai pour tutelle
Que ma fantaisie, et que, si
je cours
Au succès, je veux par mon
origine
- Montmartre a toujours
dominé Paris -
Grouper sous mon nom les
plus hauts esprits
Brillant d'un éclat que nul
n'imagine.
Je veux marier la plume au
crayon
Pour frapper les yeux et
sourire aux âmes ;
Parmi mes auteurs seront
plusieurs dames
Et ce sera là mon plus doux
rayon.
A moins d'accidents et
d'avis contraires,
Annonce, ô journal, pour
être informé,
Qu'on me trouvera, dimanche
neuf mai,
Montmartre et Paris, chez
tous les libraires.
(1) Je n'ai vu aucun numéro de ce journal. C'est d'après une annonce que l'on donne le renseignement ci-dessus.
- 315 -
Dans la Justice du 8 mai, cet entrefilet plein de promesses : « Samedi 8
courant sera mis en vente le premier numéro du Montmartre illustré, ayant comme rédacteur en chef M. Savinien Lapointe, le vieil ami du
chansonnier Béranger. Ce journal reproduira chaque semaine des gravures du
vieux Montmartre et du Montmartre moderne et publiera l'histoire de cet
arrondissement depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours. »
Abonnement : un an 10 francs. Le numéro 10 centimes. - Bureaux : 47, rue
Gabrielle, Montmartre près Paris.
Le premier article de présentation
de Charles Duval, Notre but, plein
d'espoir et de promesses est ainsi conçu :
« Tout droit, toujours tout
droit, tel est notre programme.
« MONTMARTRE ILLUSTRÉ est paru, ce petit canard que
nous présentons à tous nos bons amis Montmartrois n'a pas vu le jour sans
peine.
« Ce qu'il a coûté à ses
pères nourriciers, de tracas, d'ennuis, de courses, est chose inouïe, son
éclosion a été dure, mais grâce à la poigne vigoureuse du bon Savinien Lapointe, l'enfant s'est bien
présenté et il vous salue.
« Nos fatigues ont été vite
oubliées en présence de toutes les mains amies qui se sont tendues vers nous,
en présence de toutes les sympathies qui nous ont été témoignées par les
artistes de Montmartre.
« Le clan artistique est
dans la joie, il jubile, il exulte, il va avoir son journal à lui, son journal
de clocher, son journal d'atelier, un journal qui ne sentira pas la choppe ni
la crotte du Chat Salisien.
« Car Montmartre n'avait plus de journal depuis que le limonadier littéraire qui donnait des conseils aux peintres en
leur servant un hydromel douteux a transporté ses pénates et ses soupières dans
un autre arrondissement. Montmartre était tombé dans une mélancolie noire, le
sommeil léthargique de la fille de Lazare s'était emparé de lui, et, malgré
tous ses efforts, Bruant, nouveau
Jésus-Christ avec sa veste de velours et son chapeau d'auverpin, n'avait pu
parvenir à le réveiller.
« Montmartre n'a plus son
chat noir, ce coureur de gouttières, qui voulait la séparation de Montmartre
et de l'Etat est un transfuge, il n'a plus le droit d'arborer en tête de son
journal le moulin de la galette, le moulin ne lui appartient plus, maintenant
qu'il est allé miauler sur les hauteurs du quartier Bréda, il doit remplacer
son moulin par un tabouret (dont le coût est de 5 francs) et son chat par une
cocotte !
« Ne restons pas plus
longtemps plongés dans la limonade.
« Revenons à nos Moulins.
« A Montmartre appartient ce
jeune canard, nous serons une coterie si on veut appeler de ce nom notre
réunion toute artistique, mais cette coterie usera tous ses efforts à soutenir
des artistes de la montagne et non à les saouler, nous ferons un salon tout
spécial pour eux en un mot nous serons à l'atelier, à l'Exposition et non à
« Cela nous rapportera
peut-être moins, mais nous en serons plus fiers.
« Ainsi que nous le disions
en tête de cet article, notre programme est tracé.
« Tout droit, toujours
tout droit.
- 316 -
« Montmartre a besoin de jeunes gens pour défendre sa cause, Montmartre a des points de vues splendides et des endroits pittoresques qu'on veut démolir.
« Et Montmartre a sa boîte à
mouches, je veux dire sa mairie qu'on veut conserver.
« Nous sommes tous,
Montmartrois, peintres littérateurs, journalistes, moins riches les uns que les
autres, tirant plus ou moins le diable par la queue, mais si Montmartre n'est
pas riche d'argent il est riche en intelligence, la preuve c'est qu'il
n'existe pas un seul banquier à Montmartre et que pas une de ces sociétés plus
ou moins industrielles n'a eu l'audace d'y venir planter une succursale.
« C'est même grâce à cela
que la population de Montmartre est restée honnête.
« A Montmartre pas d'agioteurs, pas de temple à souscription à l'emprunt d'Haïti, au verre trempé, cassé, etc., pas de rançonneurs de pauvres diables, pas de protecteurs de l'art chorégraphique, pas de gros loulou de ces dames de ballet.
« Nous arracherons toutes
les semaines une plume à notre petit canard pour soutenir nos chers artistes de
Montmartreville, près Paris et malgré cette mutilation notre canard ne sera
jamais plumé, ses ailes repousseront plus drues et plus vigoureuses.
« A bon entendeur, salut.
« Ch. DUVAL. »
Suit une lettre de Paul Alexis dont nous extrayons le passage suivant :
« A la rédaction du Montmartre Illustré.
« Vous vous intitulez : « Montmartre,... » donc je suis avec vous.
« MONTMARTRE suffisait : Illustré me
semble inutile. J'eusse préféré, si l'ont m'eut consulté que votre organe
s'appelât : « Montmartre Illustre. »
« MONTMARTRE est haut - dans toute l'acceptation du terme. - MONTMARTRE est grand, généreux et sublime. Tant que Paris restera quelque chose dans l'univers, MONTMARTRE restera la quintessence de Paris - la fleur d'art et de jeunesse dont s'enorgueillit l'énorme capitale.
« Je me fais donc une gloire une joie surtout d'appartenir à votre MONTMARTRE, même illustré ; car serais-je vieux comme la grande roue du Moulin de la Galette et exilé depuis quarante ans au fond des Batignolles, je me proclamerais encore un citoyen de Montmartre.
« Paul ALEXIS. »
Les autres article de ce numéro sont :
Le Clou poésie modèle, de Savinien Lapointe.
Confidences d'une duchesse, par L. Dupré.
Vieux Montmartre, par Emile Saint-Hilaire.
N° 2, 16
- 317 -
dans un entrefilet signé
N° 3 et dernier du 23
Artistique, littéraire,
illustré. Paraissant le 1er et le 15 de chaque mois. Rédacteur en
chef : Adrien Boissy. Secrétaire de la rédaction : Emile Saint-Hilaire.
Administrateur : Henry Mayence, dit Rodolphe Elina. Bureaux : 47, rue
Gabrielle. Le n° 5 centimes. 4 pages in-4°. Ce journal a eu 9 nos
environ.
Le n° 1 est du 30 mai 1886.
N° 2, du 17 juin 1886,
contient des articles de Charles Duval, Adrien Boissy, Michel Desfossés. Un
feuilleton : Histoire de Montmartre, par
Henry Mayence.
En première page un dessin
intéressant, mais fort mal venu, représente la Tourelle située au coin des rues
Mercadet et du Mont-Cenis.
Le n° 3, qui est numéroté 4,
ne paraît que deux mois et demi après ; il est daté du 1er septembre
1886. La rédaction est ainsi composée : directeur rédacteur en chef : Henry
Mayence ; secrétaire de
En première page un dessin
informe, signé R. Costes, a la prétention de représenter
N° 4, du 15 septembre 1886. En première page un très mauvais dessin, signé R. Montclavet, veut représenter l'ancienne abbaye de Montmartre. Sous le nom de Rodolphe Elina, Henry Mayence commence la publication d'une histoire de l'abbaye de Montmartre. Les articles sont signés Emile Saint-Hilaire, Henry Mayence, Henri Laurent, Charles Bluet.
N° 5, du 1er octobre
1686. En première page un bon dessin de Ed. Lefèvre,
N° 6, du 15 octobre 1886. Le
titre du journal est modifié ainsi Mont-Martre
artistique, littéraire, illustré.
En première page, le même
dessin de Ed. Lefèvre déjà paru deux fois dans les nos 1 et 2 du
journal précédent : « Montmartre illustré » : Le Moulin de la Galette,
même signatures que dans le numéro précédent.
N° 8, du 15 novembre 1886,
n'est pas illustré. Il annonce pour très prochainement l'inauguration de la
Salle d'Exposition du Mont-Martre. Ce
numéro offre encore moins d'intérêt que les précédents.
N° 9 et dernier
du 1er décembre 1886. Même titre que le n° 8, mais on y ajoute au
sous-titre : Organe de l'Académie
d'Archéologie. Même rédaction. Deux dessins en 3e page. Le Jeu de Boule des Auvergnats, par M. V.
Loiseau, dessinateur de la Revue
illustré, et
- 318 -
La rédaction est encore modifiée, Henry Mayence y figure comme directeur-rédacteur en chef et aussi comme administrateur sous le nom de Rodolphe Elina. Emile Saint-Hilaire est toujours secrétaire de la rédaction, mais un directeur artistique, dont le besoin se faisait sentir, lui est adjoint, c'est Georges Guillot.
Journal indépendant. -
Imprimerie spéciale, 47, rue Gabrielle. Directeur, H.-R. Elina ; Rédacteur
en chef : Charles Duval, du Petit
Caporal ; Rédacteurs : Emile Saint-Hilaire, J.-B. Clément, Roland
Montclavel, Bouty, Garamaraguphe. - Format in-8°, 8 pages. 15 numéros parus.
Une vignette symbolique occupe le haut de la 1re page, elle est
signée Ed. Lefèvre ; au centre, la République assise, coiffée du bonnet
phrygien, tenant une équerre de la main droite et une plume de
L'existence de ce journal
nous est révélée par l'annonce suivante parue dans le n° 17 du Mirliton, du 1er mai
1886 :
« Aujourd'hui paraît chez
les libraires et dans les kiosques le 3e numéro du Tambourin, pamphlet hebdomadaire à 10
centimes, rédigé par M. Clovis Hugues avec des dessins humoristiques de
Pasquin.
« Sommaire de ce
numéro :
« Hypocondrie gendarmesque. - Coquelin bon Dieu. Panorama A. M. D. G. - Jésus-Christ anarchiste. - Mlle de Sombreuil et son Ver...goin. - Femme à ténors. - Répétitions privées. - Poésies ».
Artistique, littéraire et
théâtrale. Organe des intérêts généraux du XVIIIe arrondissement.
Bureaux, rédaction, administration et annonces : 53, rue Montmartre,
Paris. Le n° 10 centimes. Paraissant tous les mois. Marius Giberne,
administrateur ; Adolphe Armand, secrétaire de
Ce numéro est le seul que
nous ayons pu trouver.
Organe du XVIIIe
arrondissement. 14e année. Le n° 708 du 13 octobre 1900 porte le
titre suivant :
Paraît le samedi. Le n° dix
cent. Montmartre-La-Chapelle. Organe
du XVIIIe arrondissement.
Directeur: André Peri.
Adresser toutes les
commandes jusqu'au mercredi soir au secrétaire
- 319 -
de la rédaction, R. Darcy. Rédaction et
administration : 17, boulevard Rochechouart, Paris. Abonnements : un an,
Paris, 6 fr. ; six mois, 3 fr. 50 ; départements 7 fr. Le gérant : Georges
Prud'homme. - Montdidier, Imprimerie Léon Carpentier. Ce journal a paru d'abord
sous le nom de Paris-Montmartre. Le
n° 191, 4e année, samedi 25 décembre 1886, porte le titre suivant : Paris-Montmartre, organe du XVIIIe
arr. La Chapelle, La Goutte d'Or, Clignancourt, Grandes Carrières, Clichy.
Paraît le samedi. Rédacteur et administration, 7, rue Tardieu. Directeur :
André Peri. Rédacteur en chef : Fernand Delisle. Administration : de
Okecki. Abonnements : 6 mois, 3 fr 50 ; un an, 5 fr. Les articles, la
plupart très locaux, sont signés Fernand Delisle, Félix Jahyer, etc. Quelques
numéros seulement parurent sous le nom de Paris-Montmartre,
sous
Journal hebdomadaire du
XVIIIe arrondissement. Organe des quartiers de : Clignancourt,
Grandes-Carrières, Goutte-d'Or et
Bulletin de la Société
d'histoire et d'archéologie des IXe et XVIIIe
arrondissement, 42, rue d'Orsel. Paraît en fascicules trimestriels in-8°, sous
couverture. Illustré. - Au n° 3, le titre devient : « Bulletin de la Société
d'histoire et d'archéologie du XVIIIe arrondissement Le Vieux Montmartre. A partir du n° 47,
le titre porte : « Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie des IXe
et XVIIIe arrondissements. » - Les nos suivants sont
épuisés : 1, 3, 5, 6, 8, 9, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 19, 20.
Nombreux articles d'histoire
et d'archéologie ; reproduction de documents graphiques, manuscrits, etc. Se
continue.
La table analytique des 20
premières années paraîtra dans le premier fascicule de 1906.
Satirique, littéraire,
illustrée. Directeur : Armand Le Mée ; secrétaire de la rédaction : Georges
Hugon. Format in-4° 2 feuilles. 1re année, n° 1, jeudi 15 septembre
1887. Le titre qui occupe la moitié supérieure de la 1re page
représente le Moulin de la Galette, par
A. Cazals. La moitié inférieure donne un mauvais dessin signé Zizi, sans
intérêt. Les 2 pages intérieures contiennent des articles sans valeur signés A.
Le Mée, A. des Ca den Zals, etc. En 4e page, 4 dessins nuls, servent
à illustrer de la publicité.
N° 2, 25 septembre 1887.
Même en-tête de Cazals ; au-dessous, un por-
- 320 -
trait : Ceux
de la Butte, Paul Alexis. 2e et 3e pages non
illustrées, articles des auteurs ci-dessus. 4e page, mêmes dessins
de publicité que le n° 1. Ce journal a été ainsi catalogué par l'expert
Sapin :
« La Butte satirique, littéraire, illustrée 1887-88, 7 numéros in-4°,
figures rognés, 20 fr. Collection complète, affiche illustrée ajoutée ».
1887 (?) La Chaudière
Barbasse, rédacteur en chef. Vente en gros, rue du
Croissant, 13. Abonnements : 6 mois, 3 fr. 50 ; un an, 6 fr., couverture en
papier vert : une chaudière dans laquelle des types de différentes classes
de
1888 (?) La Manivelle
Journal artistique, illustré, hebdomadaire. Ce journal porte en épigraphe :
En Art comme
en Amour
Pas de choses
nouvelles.
Chacun vient
tour à tour
Tourner la
manivelle.
Format in-4° autographié, 2 feuilles. 2 numéros seulement.
1888 Le Réveil du XVIIIe
Organe hebdomadaire
indépendant du XVIIIe arrondissement. Rédaction et administration :
27, rue Tholozé. Le n° 5 centimes, 4 pages in-f°. Gérant : Henry Mayence
(Elina).
N° 1. 18 Mars 1888. Les
collaborateurs sont : Georges Renard, Rodolphe Elina, Emile Saint-Hilaire,
Albert Dubreuil, etc.
Ce journal reprend en 1889.
2e année. N° 1, du 8 septembre 1889. Directeur : Rodolphe
Elina. - N° 2, du 16 septembre 1889. - N° 3, du 29 septembre 1889. Articles
signés : Adrien Boissy, Rodolphe Elina. En 3e page, un dessin,
le Moulin de la Galette, par Paul Vernon, assez insignifiant. - N° 4 du 6
octobre 1889. La rédaction et administration est transférée 16, rue Cortot. Ce
n° porte en manchette : « Electeurs des Grandes-Carrières, votez pour le
citoyen J.-A. Lafont. »
Paraissant tous les 15
jours. Organe des intérêts généraux du XVIIIe arrondissement.
Littérature, sciences, médecine, droit, économie politique, finance. Rédacteur
en chef : Albert Dubreuil. Abonnement : un an, 3 fr. Bureaux et rédaction
: 112, rue Championnet.
1re année. N° 1, dimanche
29 avril 1888. En tête de ce n° : « Avis important. - Nos colonnes sont à la
disposition de toutes les personnes qui pourraient avoir à se plaindre, soit
d'un manque d'égards, soit d'un déni de justice. » Puis vient la composition de
la rédaction : Dr Félix Brémont, L. Bruegghe, Louis Caillet,
professeur d'économie politique ;
- 321 -
Dr Degoix, Charles Duval, René de
Fontenoy, Jassand, ancien magistrat ; Luc Lambin, etc. Ce n° est du format
in-8° et contient 4 feuilles.
N° 3, du 3 juin
Ce journal ne s'occupe que
de politique locale ; il est opposé à la municipalité.
Paraissant le vendredi.
Directeur : A. Willette ; Rédacteur en chef : Emile Goudeau. Bureaux : 7
rue Bleue. Paris, 1 an 16 fr. ; 9 mois 8 fr. ; 3 mois 4 fr. (1). Format in-f°, 2 feuilles.
Il existe un tirage de luxe de ce journal, 10 exemplaires sur papier de
Hollande, 50 fr. l'année, et 10 sur Japon, 100 fr. l'année, tous numérotés et
signés. Willette illustrait de dessins originaux les marges de ces exemplaires
pour les amateurs qui s'entendaient avec lui. La collection complète comprend
51 numéros. La première année a 26 numéros, du 6 juillet 1888 (n° 1) au 26
décembre. La deuxième année a 23 numéros, du 4 janvier 1889 au 20 septembre
1889. La 3e année n'a que deux numéros, autographiés, un numéro
spécial du 5 mars 1891 et le n° du 20 mars 1891. On peut y joindre la carte
d'invitation illustrée pour le bal du Pierrot,
du 6 avril 1889.
Ce journal ne parut pas très
régulièrement : du n° 1 (1re année) au n° 6 (2e année) du
8 février 1889, les numéros parurent chaque semaine ; mais le n° 7 ne
parut que deux semaines après, le 22 février.
Par suite d'une erreur, le
n° 8 (2e année) porte 1er février 1889 au lieu de 1er
mars 1889. Puis à partir du n° 17 (2e année) du 3 mai 1889, le
n° 18 ne paraît plus que le 9 août 1889. Le n° 21 est du 30 août, le n° 22 ne
paraît que le 13 septembre. Le dernier numéro imprimé est le 23e, du
20 septembre 1889. Les 2 numéros autographiés de la 3e année ne
parurent qu'en 1891.
Ce journal, exclusivement
illustré par Willette, contient quelques-unes des plus exquises pages de son
œuvre. Et cette tentative véritablement artistique, qui méritait d'être
encouragée par tous les amateurs, ne fut pas comprise. Elle fut la source pour
le grand artiste de bien des déboires.
La partie littéraire,
quoique secondaire dans cette feuille, compte pourtant beaucoup de noms
d'écrivains de talents. Citons : Emile Goudeau, Georges Vanor, Léon Deschamps,
Hippolyte Buffenoir, Jules Jouy, Jules Bois, Paul Pradel, Rodolphe Darzens,
Paul Arène, Melandri, Maurice Guillemot, Hugues Delorme, Mac Nab, etc. etc., et
surtout Willette qui, sous le pseudonyme de G. Lechat, nous donne à partir du
n° 12, 21 septembre 1888, en remplacement de Goudeau, des chroniques pleines
d'une fantaisie endiablée. Vers les derniers numéros, l'entrain et la verve du
commencement se voilent d'un peu de mélancolie et l'on voit transparaître la
goutte de fiel à travers la chanson toute parfumée de grâce et de jeunesse.
Dans le
(1) Remarquons qu'en prenant un abonnement de 9 mois et un de 3, on ne payait que 12 fr. par an. Il faut évidemment lire 6 mois et non 9.
- 322 -
n° 3 (2e année), 18 janvier 1889,
Willette annonce qu'il prépare un livre Trente
ans chez les Sauvages... Ce livre n'a, croyons-nous, jamais vu le jour.
Malgré tous les déboires dont il est abreuvé, Willette reste Willette, aussi
convie-t-il ses abonnés au Bal du Pierrot
pour le 6 avril 1889. Costume de Pierrot et Pierrette obligatoire.
Dans le n° 23, 2e
année, 20 septembre 1889, Willette pose sa candidature aux élections
législatives du 22 septembre 1889 dans le IXe arrondissement, 2e
circonscription. Et parmi les candidatures fantaisistes, celle-ci fut une des
plus originales ; son affiche illustrée comptera toujours parmi les pièces
rares et curieuses de ce genre spécial.
Le n° 23 du 20 septembre
1889 est le dernier de la 2e année. Le 5 mars 1891, 18 mois après, le Pierrot fait une nouvelle tentative ;
en effet un numéro spécial paraît. Cette fois le directeur est Rupert Carabin,
le sculpteur. Le journal est entièrement autographié, sauf le titre qui est
imprimé avec les mêmes caractères que précédemment et dont voici la disposition
:
3e année. - Mars 1891. Numéro spécial Le numéro 30 centimes.
LE
PIERROT
Bureaux paraissant le Vendredi Bureaux
79,
Rue Rochechouart Directeur :
RUPERT CARABIN 79, Rue
Rochechouart
Paris Dessinateur: A. WILLETTE Paris
Puis de suite, au-dessous de
ce titre, la prière suivante autographiée : « Les amis du Pierrot sont priés d'envoyer leur adhésion d'abonnement au bureau
du journal, 79, rue Rochechouart. »
Au-dessous, un superbe et
navrant dessin de Willette, avec cette légende : « Dis-moi Pierrot, quand tu
seras FAILLI,
tu m'aimeras encore ? »
En troisième page, un autre
grand dessin de Willette.
Le 20 mars 189 paraît un
autre numéro autographié, sauf le titre ; c'est le dernier de ce journal.
L'en-tête est le même que le précédent ; il porte : 3e année, n° 1.
En première page une superbe
lithographie : un bourgeois, tête d'homme d'affaire, se tient blême de peur
devant son coffre-fort auquel il se cramponne. Devant lui, un ouvrier miséreux,
loqueteux, l'œil terrible, la pioche en arrêt. Légende : « Ah ! les affaires
sont les affaires !... eh bien, moi aussi j'veux faire des affaires et je vais
commencer par faire la tienne ! » En 2e page, une lettre d'hommage à
la mémoire de Théodore de Banville. En 3e page, une grande lithographie
: Apothéose de Banville dans les cieux. Au premier plan, deux petits pierrots
dont l'un tient une plume en guise de rame, sont dans une barque désemparée et
ballotée sur les flots déchaînés. Légende : « Oh ! Banville, n'abandonnez pas
vos Pierrots, votre Pierrot plus pâle que de coutume. » La 4e page
est blanche...
Ces deux derniers numéros
sont extrêmement rares.
Willette, journaliste, est
peu connu, aussi nous ne pouvons résister au plaisir de citer au hasard
l'article suivant :
Au sieur
Gillot
,
panicono-graphe.
Il ne reviendra pas le temps où la mandoline enrubannée sur le dos, tu te baladais, Pierrot, dans les grands parcs bleus de Watteau, en faisant ta cour aux mignardes marquises, avec ton sourire carminé et ton visage de porcelaine.
Ton bonheur semblait aussi
éternel que la splendeur des lys de France et cependant ils ne sont plus les
grands parcs bleus de Watteau et tes amoureuses gisent toutes souillées dans
les taudis des bric-à-brac.
Les noires usines fument sur
tes promenades aimées, le grondement des machines étouffe ta chanson, la marque
de fabrique a remplacé l'Ecusson et ne protège plus que les esclaves du
commerce et de l'industrie.
Il ne reviendra plus le
temps où aux premiers accords de ta mandoline enchantée on abaissait le
pont-levis, le temps où le châtelain te priait de prendre à poignée, dans le
secrétaire œuvre d'art, le prix de ta chanson ; il ne reviendra pas le temps où
le marchand lui-même t'achetait un rayon de soleil.
Le beau et noble Apollon
étale sa splendide nudité ; le lâche et avare Plutus a peur, lui, et il est
bardé de fer ; tu peux frapper aux coffres-forts : c'est en vain, tes mains
seront ensanglantées... ta marchandise ne vaut pas l'or qu'ils renferment.
Au clair de la
lune
Mon ami
Pierrot...
Tu ne mangeras du pain que si tu fabriques du vin, et tu ne boiras du vin que si tu fais du pain... Voilà, mon garçon, c'est simple comme 2 et 2 font 4.
Le peuple : Pierrot, c'est moi qui suis le coupable, c'est moi qui t'ai arraché
ta défroque de satin, c'est moi qui ai dévasté les grands parcs bleus, c'est
moi qui ai massacré tes gentilles marquises, c'est moi qui ai fauché le lys de
France, mais c'est moi qui peine au profit de la bourgeoisie triomphante.
Viens donc chez nous, mon
blanc frangin ; s'ils ont le monopole de l'or, nous avons encore celui du
plomb. Toi aussi tu porte la blouse, toi aussi tu as la face pâle ; viens chez
nous, ta chanson ne nous sera pas inutile à nous, et nous te la paierons
cher... au prix du sang !
WILLETTE (1).
Paraissant le samedi. Directeur : Jehan Sarrazin. Bureaux : 75, rue des Martyrs. Abonnements : un an, 7 fr. ; 6 mois, 4 fr. (Format : in-4°, 2 feuilles).
1re année, n° 1,
samedi 27 octobre 1888.
1re page, un
dessin en couleurs de George Auriol :
Entrée triomphale de Jehan Sarrazin à Montmartre.
(1) 26 oct. 1888.
- 324 -
Puis en 2e page, le journal débute par un
article dans un style chanoiresque, portant le même titre que le dessin
ci-dessus et dont voici le texte :
« Montmartre est dans l'allégresse et le Moulin de la Galette chante réjouissance, car le Moulin de la Galette et Montmartre comptent un chevalier de plus.
« Après avoir répandu, du nord
au sud de la grande cité parisienne, ses incomparables olives, le sieur Jehan
Sarrazin, gonfalonier de la rue de la Tour d'Auvergne (1) et taïkoun du XVIIIe
arrondissement, vient d'être nommé grand de Montmartre et chevalier de
l'Elysée, ce qui lui donne le droit de rester couvert devant Rodolphe Salis.
« Jehan Sarrazin, désormais
gouverneur du Divan Japonais, a fait son entrée dans la cité libre, revêtu du
costume des samouraïs, les sabres aux flancs, la seille d'olives au poing,
entouré de tous les grands dignitaires de la contrée.
« Une jeune Japonaise
appartenant à l'ambassade lui a offert un bouquet de fleurs d'or, et il a été
reçu et armé chevalier par la fille cadette du Moulin de la Galette.
« Après quoi, ayant remercié
l'assistance dans un langage fleuri, et fait donner des aumônes aux pauvres ;
après avoir courbé le genou devant le Doyen de la Butte sacrée, distribué le
ruban des réjouissances aux filles du district et donné l'accolade au R. P.
Lefort, son précepteur, Jehan Sarrazin s'est rendu triomphalement en son
domaine, au son de la marche nationale du
Vermouth-Grenadine, et aux cris mille fois répétés de : Vive Sarrazin !
vive Montmartre !
« Signé : Robert de MAXEVILLE ».
Suivent des vers de Charles Cros et des articles de Jehan Sarrazin et Blednoir.
La 4e page est
entièrement consacrée au programme du concert le Divan japonais.
Ce journal eut 16 numéros
sous ce nom de 1888 à 1889.
En 1891, nous le
retrouverons sous le titre : Le Divan
japonais 1891-92, qui eut 69 numéros in-4° (2).
Devenu directeur du concert
le Divan Japonais, il ne pouvait
faire autrement que de faire paraître un journal. D'où la Lanterne japonaise. Il n'était en effet à cette époque de cabaret
artistique digne de ce nom qui n'eût sa feuille spéciale.
1888 La Butte (3)
0,10 centimes. - Fondée par
Armand Lettée, a la prétention d'être la seconde année de La Butte, satirique, littéraire, illustrée, paru en 1887. Ce
journal est entièrement autographié. Son format varie de l'in-8° au
(1) Sarrazin tenait
une épicerie au n° 54 de cette rue, où il écoulait spécialement des olives et
de l'huile de Provence, du savon de Marseille, etc.
(2) Catalogue Sapin, 1904, n° 86. La collection, 40 fr.
(3) Voir
ci-dessus, en 1887, La Butte.
- 325 -
grand in-4° : 2 feuilles. Il est illustré d'une
façon très sommaire, et le texte, sauf de rares exceptions, n'est pas non plus
pour faire faire un grand pas au niveau intellectuel Montmartrois. D'ailleurs,
le tout est fait sans grande préoccupation artistique. On y trouve cependant
quelques vues qui ont un petit intérêt pour l'iconographie de
2e année, n° 1,
14 novembre 1888 (format in-8°).
2e année, n° 2,
du 22 au 30 novembre 1888 (format in-4°). La
Butte hebdomadaire. Directeur : Armand Le Mée. 1re page, un
dessin de Palissy :
2e année, n° 3,
du 4 au 9 décembre (format grand in-4°). La
Butte hebdomadaire. Bureaux : 11, rue du Mont-Cenis. 1re page,
un portrait de Armand le Mée, directeur de La
Butte, par Palissy. A la 3e page, un autre dessin de Palissy :
le coin de la rue de Steinkerque et du boulevard Rochechouart, avec la maison
close dite au Perroquet gris.
2e année, n° 4,
Noël 1888 (format in-4° plus grand que le précédent). La Butte hebdomadaire. (Il existe un tirage sur papier bleu). 1re
page, un dessin de Palissy : portrait du dessinateur P.-L. Mirate ; 3e
page, un dessin de Mirate : La maison où habita Ignace de Loyola (1) ; un médaillon dudit et une
vue du coin de la rue des Saules et de
3e année, n° 5,
du 27 janvier au 3 février 1889 (format petit in-f°). La Butte hebdomadaire. Directeur : Armand le Mée. Bureaux : 11, rue
du Mont-Cenis. 1re page, un dessin de Palissy : Vue de la rue du
Mont-Cenis en face
Reflecs d'un gniaf.
Hebdomadaire. Deux ronds. Paraissant depuis 1888. Anarchiste, publié par
Pouget, 4bis, rue d'Orsel, puis rue Lavieuville.
1888 (?) La Démocratie
Directeur : Eugène Ferrus, 168, rue Marcadet. Parut annuellement pendant quelques années, vers 1888.
Rédacteurs : les abonnés. Paraît le dernier jour de chaque mois.
(1) Ignace de Loyola n'a jamais habité Montmartre,
où il est seulement venu à la chapelle du Martyre, fonder
- 326 -
59, rue Lepic. Maquette spécimen, 1er août
1889. N'a jamais paru. (Musée du Vieux-Montmartre).
Directeur : F. Souchet.
Direction et administration : 4, rue de Suez, Paris. Format grand in-4° 2
feuilles. - Nous n'avons entre les mains que 3 nos de ce journal,
qui sont presque absolument remplis par des annonces, réclames, etc. Ils
donnent le programme de la Gaîté-Rochechouart et un feuilleton (une
demi-colonne par numéro !). 3e année : n° 94, 2 février
1889 ; n° 96, 16 février ; n° 98, 2 mars.
Bureaux : 59, rue Lepic ;
Directeur : A. d'Amoy. Petit in-8°, 2 feuilles. N'a eu qu'un numéro qui
est entièrement autographié (et très mal !). 1re page un très
mauvais dessin représentant deux peintres dans une rue quelconque de
Bi-mensuel. Administration et rédaction : 16, rue
Cortot ; Directeur : Armand Le Mée. Le numéro 20 centimes. format in-8°, 2
feuilles. Ce journal, sous cette forme, n'eut qu'un numéro dont voici
N° 1, 15 octobre 1889. 1re
page, portrait de M. Emile Bin, maire révoqué de Montmartre, signé : Palissy
(Bernard). 2e page, une biographie louangeuse de M. Bin, par Armand
Le Mée. Des vers de J.-F. Bouissou, et une petite notice sur
Nous retrouverons cette
feuille en janvier 1890.
Journal hebdomadaire,
révisionniste, socialiste. 2 feuilles, in-f°. Première année, n° 1, dimanche 3
novembre 1889. Secrétaire de rédaction : A. Peticolas ; administration et
rédaction : 20, rue Custine, Paris. Principaux collaborateurs : MM. Naquet,
Saint-Martin, Laisant, Francis Laur, députés ; Lucien Rabuel, Emile Massard,
docteur Aubeuf, Justice, George, A. Peticolas. N° 2 : 10 novembre 1889 ;
n° 3, 17 novembre 1889 ; n° 6, 1er décembre 1889. (Dans ce
numéro, les caractères du titre sont
- 327 -
plus maigres et plus grands. L'administration et
rédaction est transférée 46, boulevard Barbès. N° 7, 4 décembre 1889 (2e
édition) ; n° 10, 22 décembre 1889. En première page, un grand dessin de
Sel. Manifeste du général Boulanger aux électeurs de Clignancourt. Le suffrage
universel foulé aux pieds.
1889 Le Patriote du XVIIIe
Républicain, socialiste,
révisionniste. Rédacteur en chef : Marcel des Montils ; rédaction,
administration, 13, rue de la
Organe du groupe philosophique. A Montmartre, par MM. Atort et Atravers. N° 1 du 11 décembre 1889. 1 feuille simple autographiée d'un seul côté et donnant une gravure. Pas de texte. La collection se compose de 5 numéros, feuilles simples sans aucun texte. Il existe des numéros en noir et d'autres en couleurs. Tous ne sont autographiés qu'au recto. Ce journal, si journal il y a, a été fait par Louis Bernard.
Républicain radical, paraissant tous les samedis. 22 rue des Martyrs. Journal électoral de Lafont, Anatole de La Forge et Rollet.
Directeur : Louis de Camont.
Journal hebdomadaire. Rédaction : 25, rue Caulaincourt. 1er numéro,
mars 1889. - Imprimerie Harrasse, 25, rue Caulaincourt.
Organe de
Satirique, littéraire, théâtral. Paraissant le dimanche. Première année, n° 1, 10 centimes. Du 26 janvier au 2 février 1890. Directeur : Armand Le Mée ; Administration et rédaction : 16, rue Cortot, Paris-Montmartre. Abonnement : 1 an, 10 fr. ; 6 mois, 5 fr. Publicité : réclame, la ligne, 0 fr. 50 ; annonce, la ligne, 0 fr. 25.
En tête du n° 1, le journal
est présenté ainsi :
- 328 -
« Montmartrois,
« Nous vous présentons votre journal.
« L'expression vous étonne peut-être. - Nous nous expliquons.
« Votre journal ;
c'est-à-dire : une feuille entièrement consacrée à Montmartre, dévouée à ses
intérêts, qui sera, ou mieux, s'efforcera d'être l'organe de ses aspirations
littéraires, artistiques et aussi économiques ; en un mot qui vivra de sa vie,
luttera en faveur de ses revendications... Serrons-nous les coudes, puisque
l'union fait la force.
« Signé : Montmartre-Artiste ».
Les articles de ce numéro
sont signés : Armand Le Mée, Jean la Fouine, Jehan Sarrazin ; des vers
charmants de J.-F. Bouissou, Paul Alexis ; des vers argotiques de Louis Murjas.
Le n° du 2 au 9 février
1890. En plus des noms cités plus haut, ce numéro contient une pièce de vers
du bon poète Montmartrois René Ponsard : Le
Moulin de la Galette, dont nous citerons la première strophe :
Tout en haut du Mont des
Martyrs,
Sous les lilas
que le vent fane,
Aux bruits des
orgues et des tirs,
On découvre un
temple profane.
De l'aube
jusqu'à son déclin,
Le joyeux
soleil s'y reflette,
Cela se nomme
le moulin,
Le moulin de
la Galette.
Puis une longue pièce de vers argotiques de Louis Murjas.
Quand aux autres articles, ils sont à peu près nuls : quelques éloges de la municipalité, des coups d'encensoir aux camarades inconnus. Après ces deux numéros le journal ne paraît plus jusqu'au 22 juin où il ressuscite (voir l'article suivant).
On joint généralement à ces deux numéros et aux quatre suivants le numéro paru sous le même titre, le 15 octobre 1889. (Voir ci-dessus).
Satirique et littéraire,
paraissant le dimanche. Ancienne Butte,
3e année, n° 1, 22 juin 1890. Directeur : Armand Le Mée. Administration
et rédaction : 3, boulevard Rochechouart. Abonnement et publicité comme le
précédent. Même format que les 2 numéros précédents. Dans le coin gauche, on
remarque, à côté du n° d'ordre : « Ancienne Butte. L'administration et rédaction sont transférées : 3,
boulevard Rochechouart. » Ce sont toutes les différences qui existent avec le
précédent. Notons encore que les noms de Paul Alexis, Jehan Sarrazin, René
Ponsart ont complètement disparus. Tous les articles sont signés : Armand Le
Mée, Jean La Fouine, J.-F. Bouissou, Pierrette, Louis Flocon (1), Murjas, etc.
Très peu intéressant. N'a eu
que 4 numéros. N° 1, 22 juin 1890. N° 2, 3 juillet 1890. Le titre porte : «
Satirique, littéraire et financier, paraissant le jeudi. » N° 3, 10 juillet
1890.
(1) Louis Flocon était le receveur du bureau de poste du boulevard Rochechouart.
- 329 -
Organe indépendant des Ier,
IIe, IXe et XVIIIe arrondissements.
Hebdomadaire. Directeur : Rodolphe Elina. Secrétaire de la
rédaction : Armand Le Mée. Bureaux : 16, rue Cortot (XVIIIe arrt).
Abonnements : un an, 5 francs. Format in-f° 2 feuilles.
N° 2, du 26 février 1890 -
N° 3, du 3 avril 1890, porte en titre « Tirage justifié 50,000 exemplaires. » (sic)
Cette feuille socialiste parût au moment des élections.
Organe socialiste des
groupes du parti ouvrier du XVIIIe arr. Paraissant le samedi. Comité
de rédaction : Lavy, conseiller municipal, Blondeau, conseiller
prud'homme ; V. Aldabe, V. Dubois, A. Gerbois, Godin, Heppenheimer, Lantenois.
Rédaction et administration : 4, rue Flocon, permanence tous les jours de 8 h. 1/2 à 10 h. du soir.
Abonnements au mois : 0 fr. 50 cent.
En tête du journal : «
Les membres du parti ouvrier du XVIIIe arr. ont décidé dans la
réunion plénière du 14 mars de présenter comme candidat aux élections
municipales : A. Avez, pour les Grandes-Carrières, Heppenheimer, pour
Clignancourt, A. Lavy, pour la Goutte d'Or, Blondeau, pour la Chapelle. »
Organe anti-boulangiste. Format in-f°, 2 feuilles, n° 1, samedi mars 1890. N° 4, samedi 19 avril 1890.
Première année, n° 1, cinq
centimes, mardi 23 avril 1890. Journal républicain, socialiste-revisioniste.
Administrateur: Pelletier. Directeur-rédacteur en chef : Lucien Rebel. Secrétaire
de la rédaction : Pierre Fort. Rédaction et administration : 34, rue
Ramey. Ce journal in-f° 2 feuilles, est fait en vue des élections municipales
du 27 avril 1890. (Nuance Paul Déroulède). N° 1, 23 avril 1890. Sommaire :
En avant par Lucien Rebel. - Paul François de Susini. - Lunel Vierge et Martyr. - Arc Grand Turc (compte rendu d'une
réunion politique sous la présidence de Paul Déroulède au Grand Turc). - Procédé Constans. - Cyniques. - Le Dr Fraux.
- Cartel, pièce de vers de Arzano. - Les spéculateurs de l'Hôtel de ville. - Le voyage de M. Carnot. Le commerce de la
France. - Encore un assassinat.
N° 2 du 29 avril 1890.
Ce journal, quoique portant
le même titre que le précédent et dont le 1er numéro est d'août
1890, n'est pas le même, ainsi qu'on pourra le voir en consultant le sommaire
de son premier numéro.
Sommaire du premier numéro
du journal Montmartre :
Légendes du vieux Paris. - A Montmartre. - Gaieté. - Stances. - A madame de Guise, abbesse. - Histoire de Montmartre.
- 330 -
En vente chez tous
les libraires. Un numéro : cinq centimes.
Bureaux : 16 rue des
Poissonniers.
Organe socialiste
révolutionnaire. Feuille de J. Daumas, candidat de concentration, socialiste
révolutionnaire au scrutin de ballottage du 30 novembre 1890. Format petit
in-f°, 2 feuilles. N° 3 du 26 novembre 1890.
1890 Le Progrès du XVIIIe
Journal hebdomadaire,
politique et littéraire, paraissant le samedi. A partir du n° 6, paraît le dimanche.
Administration et rédaction, 7, rue Rochechouart.
Journal des Artistes
Montmartrois, politique, littéraire et financier, hebdomadaire. Bureaux : 29,
rue Caulaincourt. Directeur : Louis Murjas. Abonnement : un an, 5 fr. ; 6 mois,
2 fr. 50. Format petit in-f°, 2 feuilles.
Le n° 4 du 8 juin 1891 porte
4e année, 3e série (1). Nous ne trouvons rien dans ce journal qui justifie
son sous-titre (Journal des Artistes
Montmartrois) ; il y est seulement question de socialisme, d'une
manière très fantaisiste, et nulle part il n'est question d'art. Le 1er
article de ce numéro : Fête du Sacré
Viscère, se termine par les vers suivants de Blanc Jusmar :
Not'
Socialisme
C'est du j'
m'enfoutisme,
Car c' que
j'en ai vu
M'a fait mal
au…
Trou de ri de
ra lon la.
Les autres articles
sont de Paul de Thira, René Langeron, Louis Murjas, Tonio. La 4e
page est entièrement occupée par une ronde enfantine : Buvons du lait, paroles de G. Auriol, musique de Marcel Legay,
dessin de Steinlen.
Organe hebdomadaire,
artistique et littéraire. Bureaux : 16, rue des Poissonniers. Format in-4°, 2
feuilles. N° 1, août 1891.
Organe hebdomadaire,
socialiste révolutionnaire, paraissant le dimanche.
(1) Voir ci-dessus,
en 1887 et 1888.
- 331 -
Ecraser les traîtres, telle
est notre devise.
Par le
ridicule de leur bêtise.
Arrière horde impie ! au
front le rouge monte.
Bazaine du suffrage,
êtes-vous donc sans honte.
Adresser lettres, mandats et communications au citoyen Marius Tournadre, secrétaire de la rédaction, 55, rue Ramey, Paris. Abonnement : 3 mois, 1 fr. 50 ; 6 mois, 3 fr. ; 1 an, 5 fr. 2 feuilles, petit in-f°. Cette feuille eut une trentaine de numéros.
1 numéro in-8° 2 feuilles autographiées. Nous avons vu ce journal, qui a été fait par Le Mée, dans la superbe collection de M. Ch. Malherbe.
Journal hebdomadaire
paraissant le dimanche. Directeur : Jules Dubois. Bureaux, 43, rue Maubeuge.
Format petit in-f°, 2 feuilles. Illustré. - En tête un dessin de Grün : au
premier plan, des feuilles illustrées pêle-mêle et, dans le lointain, les
moulins de Montmartre. Les dessins se trouvent en 1re page et sont
signés : de Feure, Grün, etc.
N° 1, du 9 août 1891. - Dans
ce numéro commence une série d'articles : L'Evolution littéraire sur les
Terrasses Clignancourt et Saint-Georges, signés : Jules Humais. A signaler
aussi une chanson du dessinateur Grün : « Les douz' cinquant. ». Nous plaçons
cette feuille parmi les journaux Montmartrois, non seulement pour son
frontispice, mais surtout à cause de ses collaborateurs qui tous, plus ou
moins, peuvent revendiquer cette nationalité. Ce sont : J. Grün, de Feure,
Xanrof, Edouard Noris, André Tramsay, Marcel Legay, etc., etc.
(Voir
Organe industriel parisien, paraissant tous les
mois. Bureaux : 124, rue Clignancourt. Rédacteur : Charles Frémont. Format
in-8, illustré. C'est dans cette feuille que M. Ch. Frémont publia ses premiers
articles sur l'Évolution technique de
l'Industrie mécanique.
Organe républicain indépendant. Directeur : Pernette. Administration et rédaction : 137, rue Marcadet. 0 fr. 05 centimes. En 1892, 24, rue des Grandes-Carrières.
1892 L'Impartial du XVIIIe
Organe bi-hebdomadaire des
quartiers La Chapelle, La Goutte-d'Or,
- 332 -
Clignancourt, Grandes-Carrières. Rédacteur en chef:
R. Charbonnel. Secrétaire de la rédaction : Murjas. Format i1-f° 2 feuilles. A
droite et à gauche du titre deux clichés : l'Echelle de Jacob et le Moulin de
la Galette qui sont des réductions de dessins déjà parus en 1886 dans Montmartre artistique, littéraire, illustré.
N° 1 du 24 janvier 1892.
Organe d'économie sociale
industrielle et commerciale. Siège : 31, rue Doudeauville. Bulletin universel
adressé gratuitement aux adhérents de l'Alliance (sic). Le numéro d'avril 1898 (7me année n° 4), est
consacré à M. J.-L. Orange, candidat des marchands de vins.
Organe du XVIIIe
arrondissement. Adresser toutes les communications au secrétaire de la
rédaction : A.-L. Vurgère, 4, rue Damrémont, Paris. Paraissant le 1er et
le 15 de chaque mois. Format in-f° 2 feuilles. Le titre en blanc, sur fond
noir, est encadré par des moulins et des ânes. Essentiellement montmartrois, ne
s'occupe que fort peu de politique (couleur municipale). Presque tous les
articles sont sur Montmartre ancien et moderne.
N° 1, 15 mars 1892. N° 2, 1er
avril 1892. N° 3, 16 avril 1892. N° 4, 30 avril 1892. N° 5, 14 mai 1892.
La plupart des articles sont
signés de pseudonymes, pourtant quelques-uns portent : Philibert Audebrand, Lamquet,
A.-L. Vurgère, H.-R. Elina, etc.
Rédacteur en chef : Gustave Morin. 2 feuilles, in-f°. Un numéro non numéroté du mardi 25 octobre 1892.
Organe du XVIIIe
arrondissement et des arrondissements limitrophes. Paraissant le 1er
dimanche de chaque mois. Rédacteur en chef : Jean Soussengeas. Abonnements
: Paris 1 fr. ; Province : 1 fr. 50. Format petit in f°, 2 feuilles. 2e
année, n° 28 du dimanche 3 juin 1894. Cette feuille de nuance socialiste n'a
rien de local. Les articles sont signés : J. Soussengeas, Albert Sintès,
Salignac. Soussengeas avait été gérant de l'Imprimerie du journal le Combat. Directeur : de Massas.
Organe du XVIIIe
arrondissement, paraissant le 1er dimanche de chaque mois. Directeur
: Jean Soussengeas. Abonnements : un an, 5 fr., format in-8°, 4 feuilles. Ce
journal ne devait pas paraître très régulière-
- 333 -
ment car nous trouvons un numéro ayant pour titre Le Phare de Montmartre. 3e
année, n° 33, dimanche août 1895. Les articles qui n'ont rien de Montmartrois
sont signés : J. Soussengeas, Ernest Albert, Edgard Denaney, J. Bariol. Du 3
juin 1894 au mois d'août 1895, c'est-à-dire 14 mois, 5 numéros de parus. En
1896 le journal paraît encore, mais le format est encore changé : il devient
grand in-4°, 2 feuilles. Le titre et le directeur restant le même, J.
Soussengeas, 93, rue Ordener. 4e année, 85e série, n° 38,
du 5 janvier 1896 ; n° 39 ; n° 40, du 1er mars 1896.
Rédaction et administration, 62, boulevard de Clichy. Gérant : Charles Lottin. - Imprimerie Péra, rue Fromentin, 9. Format in-f°, 2 feuilles illustrées. Les premiers numéros de ce journal ne sont pas numérotés. Il fut créé par le directeur du Cabaret La Butte, 62, boulevard Clichy (1). A gauche du titre une jolie vignette non signée : un coin de Montmartre avec le Moulin de la Galette qui domine et rayonne sur Paris indiqué dans le fond.
Le 1er numéro est
du jeudi 30 juin 1892. En 1re page, un ravissant dessin de
Willette :
On
assassine la Butte !
Poètes, sauvez
la Butte !
En 3e page, un
dessin de Faverot.
N° 2 du 7 juillet 1892 : 1re
page, un dessin de de Feure, à
Montmartre ; 3e page, 1 dessin signé H. V.
N° 3, 14 juillet 1892. On a
ajouté au titre : «paraît le jeudi ». 1re page, un dessin de Faverot
: Salut et Fraternité ; les
artistes de Montmartre accueillent le président Carnot dans le Cabaret de la Butte ; 4e
page, dessins de Abel.
N° 4, 21 juillet 1892 : 1
dessin de Abel ; 3e page, 1 dessin signé Xix.
N° 5, 28 juillet 1892 :
1re page, 1 dessin de Faverot ; 3e page, jolis
dessins de Th. Dupeyron : les bonnes
farces de Cupidon.
N° 6, du 4 août 1892 : 1re
page, 1 dessin : Fromage à la
crème ; 2e page, 1
dessin, Nos Militaires, signé A.
N° 7, 11 août 1892 : 1re
page, 1 dessin de Th. Dupeyron : Henri IV
à « la Butte » en 1590 ; 3e page, 1 dessin de Faverot.
N° 9, 28 août. (Sous le
titre : Paraît le dimanche). 1re page, 1 dessin de Dupeyron : Et Après ?
N° 10 (le premier numéroté),
du 4 septembre 1892 : 1re page, 1 dessin de Abel : Collage.
N° 11, 11 septembre 1892 : 1re
page, 1 dessin de Roedel : « Cogne-là,
mais jamais dans la tronche, ça abîme la marchandise ».
N° 12, 18 septembre 1892 : 1re
page, 1 dessin de Faverot.
N° 13, 25 septembre 1892 : 1re
page, 1 dessin de G. Navert.
N° 14, 9 octobre 1892 : 1re
page, 1 dessin de M. Radiguet.
N° 15, 23 octobre 1892 : 1re
page, 1 dessin de Jossot.
(1) Aujourd'hui « les 4 z’Arts ».
- 334 -
N° 16, 6 novembre 1292 : Pas
de dessin en 1re page.
Parmi les collaborateurs de
ce journal citons : Clovis Hugues, Ch. Lamour, Henry Caen, Jean de Bay, René
Thénier, Louis de Gourmont, J. Costé, Hector Sombre, etc. Dans le 7e
numéro un article signé Jacques, nous raconte l'origine de ce journal.
En voici un passage :
« LE CABARET DE LA BUTTE
« Il faut pourtant bien que
dans ce journal La Butte on dise quelques
mots de son frère aîné « Le Cabaret » (1) engendré par les mêmes cerveaux, fils des mêmes
conceptions et des mêmes aspirations indépendantes et artistiques.
« On ne pourra pas accuser
le journal d'une trop grande complaisance à l'égard de son frère « le Cabaret »
et l'on nous rendra cette justice, que nous y avons été d'une discrétion
presque exagérée.
« Le Cabaret de la Butte se
trouve situé au pied même de
« L'idée qui a présidé à la
création du Cabaret comme à la création du Journal n'est pas une idée banale
comme on pourrait croire.
« Il s'agissait de donner à
la jeunesse artistique et littéraire de Montmartre, un centre de réunion où
elle se sentît chez elle, bien à l'aise, libre de donner toute expansion à sa
joie, à ses enthousiasmes, sans avoir à redouter les observations ridicules
d'un de ces marchands d'eau chaude qui tiennent tout à la fois du cuistre et de
l'Auvergnat et dont le toupet est sans limite, comme leur crétinisme.
« Pour cela il était
nécessaire que le cabaretier, responsable au point de vue commercial, fût
lui-même un homme bien élevé, appartenant par son éducation et ses aspirations
artistiques au même milieu que ses clients.
« A ce point de vue, notre
ami Baume était bien l'homme qui convenait.
« Il s'agissait aussi de
donner à cette même jeunesse artistique et littéraire un organe qui fût le
sien, d'esprit et d'allures indépendantes comme elle, ouvert - ce qui ne se
rencontre pas tous les jours - à toutes les intelligences et à toutes les
bonnes volontés.
« Là est tout simplement le
secret du succès qui a accueilli et le journal, et le cabaret de la Butte. »
Bien qu'en effet ce journal fût très supérieur, à tous point de vue, à la plupart des canards éclos dans les mêmes circonstances sur la Butte, il n'eut que 16 numéros, assez rares aujourd'hui. Le catalogue Sapin, n° 76, de janvier 1899, cote la collection des 16 numéros, 22 francs.
(1) Nous n'avons trouvé aucun numéro de ce journal.
(2) Des journaux portant le même titre avaient déjà vu le jour à Montmartre (voir en 1887-88-91).
- 335 -
Journal politique et
littéraire paraissant le jeudi et le dimanche matin, sans aucune domination de
chapelle ni de coterie. Libre-penseur. Rédacteur en chef : Maxime Lisbonne.
Administration : 21, rue Custine. Le n° 5 centimes. 4 pages in-f°. 1er
n° 3 juillet 1892. Ce journal contient des articles de Maxime Lisbonne, Georges
Brandenbourg, Jacques
1893 L'Aurore du XVIIIe
Organe de Montmartre et de
Journal artistique et littéraire paraissant le samedi. Rédacteur en chef : Paul Daubry ; directeur fondateur, Henri des Saules ; directeur-gérant, E. Herlemont. Format petit in-f°, 2 feuilles.
N° 1, du 2 septembre 1893,
débute ainsi :
« A nos lecteurs. Nous
présentons aujourd'hui sous ce titre Montmartre
Artiste, un nouvel organe artistique et littéraire.
« Devant l'extension croissante de Montmartre, le moment est venu, croyons-nous, de doter cette importante partie de la capitale d'un journal digne d'elle et de son intelligente population…
« Nous terminons en faisant appel
à tous les jeunes, poètes, littérateurs, compositeurs qui briguent l'honneur de
se ranger sous la bannière de la vaillante phalange artistique Montmartroise.
« Vive
Montmartre !
« Vive Montmartre Artiste !
« La
Rédaction ».
Dans le même numéro une pièce de vers signée Henri des Saules :
Rue des Saules
ça s' trouve tout en haut
Sur la Butt'
près d'un vieux cimetière
On n'y voit pas d' gens
comme i faut
Ni des dam's
qui font des manières.
Par une forte
pent' ça descend,
On n' sait pas
trop où ça vous mène
Ça traverse
Et puis ça se
dirige vers la plaine.
- 336 -
On s' croirait à cent lieu's
d' Paris
C'est désert,
c'est calm', c'est sauvage ;
Y a des
jardins, y a des vieux puits,
Les coqs
chant'nt comme dans un village,
En coupant la
ru' d' l'Abreuvoir,
Encore un' ru'
où y a pas foule,
Il n'est pas
rar' d'apercevoir
Des band's de
canards et de poules.
Tout ça
barbot' dans le ruisseau
Qui coul' très
fort le long d' la pente,
Et que dès que
tombe un peu d'eau
Devient un'
cascade étonnante,
C'est l' seul
bruit qu'on entend là-bas
Avec c'lui du
vent dans les branches,
Quant aux
passants, on n'en voit pas,
Pas plus la
s'main' que les dimanches.
Devant soi,
dans l' vaste horizon
Quand l'
brouillard ne cach' pas la plaine,
On aperçoit
des tas d' maisons
Si p'tit's
qu'on les distingue à peine,
On voit
surtout dans le lointain,
Sur les
localités voisines,
Du côté d'
Saint-Denis et d' Saint-Ouen,
Fumer
tristement les usines.
Rue des Saules
toujours le vent
Souffle en
tempête, ah ! quell' bonn' chose!
Ça rafraichit
vot' front brûlant,
Et ça vous
calme et ça vous r'pose
Ainsi, quand
on a des soucis,
Et qu'on r'mu'
des idées pas drôles
Il faut
tourner le dos à Paris
Et monter s' promener
ru' des Saules.
Henri DES SAULES.
Le n° 2 est du 9 septembre 1893.
Sommaire : « Le lever du soleil à Montmartre », par Henri des Saules. - « Contes de Noël », par Paul Daubry. - « La Trompe d'Eustache », par G. Brandinbourg. - « Une Vierge », par Jean de Gabryange. - « Instantané », par P. D. - « Un Rire », par Pierre de Milhau. - « A Pantin », par Henri des Saules. - « Au Concert Parisien », par Un Spectateur. - « La joie de Vivre », par J. de G.
Paul Daubry avait abandonné le théâtre, attiré par les lauriers des chansonniers de Montmartre. Il est revenu à ses premières amours, car au mois d'octobre 1902, il jouait à l'Ambigu.
Ce journal non illustré
était l'organe de l'Auberge du Clou, avenue
Trudaine, dont les sous-sols donnaient asile, à cette époque, à une goguette
que la réclame qui occupe la moitié de la 4e page du journal
qualifie pompeusement de Concert
artistique et littéraire sous la direction de Paul Daubry.
Ce journal n'eut que deux numéros.
- 337 -
Rédacteur en chef : Georges Brand. Secrétaire de la Rédaction : Bachmann. Format in-4°, 2 feuilles. Un frontispice illustré de Grün ; dans le fond la Butte ; au premier plan, un poilu enlève une jeune femme en costume d'Eve.
N° 1, avril 1893. « Notre programme : Pas de politique !... Pas de questions religieuses !... Pas de finances !... Pas de pornographie !... Notre programme, la Rigolade et rien que la Rigolade ! » Georges Brandinbourg signe deux articles dans ce numéro, c'est dire que le journal répond à son programme.
La 4e page est
entièrement occupée par l'annonce de la réouverture, le 29 avril et jours
suivants, du concert des Poilus de
Montmartre dans le magnifique parc du Cabaret du Renard (anciennement,
Echelle de Jacob), 2, rue Berthe. Directeurs : H. Bachmann et Georges Brand.
« Programme : Mlle Blanche Gaspard dans son répertoire ; M. Charpentier de l'Opéra-Comique ; Auteurs dans leurs œuvres, MM. Bachmann, Marcel Legay, Joyeux, Sombre, Stracke, Trimouillat, etc., etc.
« Dans les Blés, saynette poilue en Ombres Montmartroises extra
primitives, par l'enfant de la Butte : Grün... etc.
« Entrée : 0 fr. 75 centimes
donnant droit à une consommation. »
Organe des quartiers des Grandes Carrières,
Clignancourt, Goutte d'Or et de
N° 42, des 23 au 30 septembre. En tête de ce numéro :
L'Aurore du XVIIIe
disparaît
Pour faire
place à un nouvel organe.
L'Aurore
Montmartroise apparaît
Pour effacer le
souvenir du pétomane.
Bi-mensuelle, 0 fr. 15 centimes.
« La nuit noire qu'on attendait
est venue, nous marchons à
petit pas vers le matin. »
(HERZEN).
Secrétaires : Charles Chatel, Henri Gange ; Rédacteurs : Lucien Pemjean, Etienne Decrept, Jean Carrère, André Veidaux.
Voir : L'Outillage.
Publication bi-mensuelle. Abonnements : 5 fr. par
an. Format petit
- 338 -
in-8° sous couverture. Le
nombre de pages varie de 16 à 32, illustré. Bureaux : 8, rue Furstemberg,
Paris.
LIVRES ET
BIBELOTS
Paraissant tous les quinze jours. Directeur :
Charles Pairault, libraire-expert, 7, rue Germain Pilon, près
Cette publication
Montmartro-bibliographique vit le jour dans la petite boutique d'un bouquiniste
Albert du May (22 boulevard Rochechouart) (1).
Les collaborateurs furent presque tous des Montmartrois. Nous citerons parmi les principaux :
Amédée Burion ; Dalmeras, du
journal la Presse ; Lamquet, de
la Société du « Vieux Montmartre » ; Léon Quantin, de
Cette feuille mensuelle eut
4 formats différents et la collection se compose de 25 numéros, du 1er
janvier 1894 à juin 1896. Mais si elle ne manquait pas d'intérêt, elle
manquait d'abonnés et n'échappa pas au triste sort de toutes les tentatives
littéraires du même genre que la Butte a vu éclore. Elle eut 25 numéros.
Ce journal était imprimé à
Saint-Amand (Cher), tirage 1,000.
Sous
En tête de ce numéro on
lit :
« Dans leur réunion du 5
février dernier, les fondateurs du Petit
Bibliophile ont constitué le comité de leur revue pour l'exercice de
l'année 1894. Directeur gérant : Albert du May ; Secrétaire de la rédaction :
Henry Delerue ; Comité de Rédaction : MM. Aubry, Docteur Fourès, Lamquet,
Meunier, H. Papin, Quantin, L. Roger, Léo Trézenik, Wiggishoff ».
N° 3,
Sommaire : « Grandeur et
décadence », H. Delerue ; « Curiosités du Vieux Montmartre », D.-J.-F.
Cheronnet ; « La Graphologie », Léo Dulac ; « Piraterie
littéraire » ; Statistique française, Dr Fourès ; « Le « Petit
Numismate ».
N° 4, avril 1894. Format
in-8, paginé 33 à 44. Même couverture.
(1) Cette boutique a
été accaparée par un marchand de vêtements pour hommes.
- 339 -
Sommaire : Artistes et ateliers Montmartrois, par Lamquet, Ernest Renan, Amédée Burion et suite des précédents.
N° 5,
Sommaire : Quelques images... « Curiosités du Vieux Montmartre »; « La Mire du Nord », par Ch. Sellier ; « Les Imprimeries clandestines religieuses », par Ch. Wigg ; « Les droits d'auteurs de Molière », par Albert Loire.
N° 6, juin 1894. Format
in-8, paginé 57 à 68. Même couverture, mais on y a ajouté le sommaire du
numéro. Le comité de rédaction compte un nom de plus : Ed. Colas.
Sommaire du n° 6 : Charles
Sellier : « La Rubrique de Montmartre ». - Henri Grenet : « Sur une
vieille estampe » - Dr Fourès : Statistique (suite). - J.-C. Wigg :
« Erreurs bibliographiques ». - Henri Papin « Coup d'œil général sur
l'histoire de la chanson » (suite). - Albert du May : « Le guide du jeune
Bibliophile ». - Albert Loire : « Les Revues de théâtre ». - Petites
curiosités littéraires. - Nécrologie. - Journaux, livres et revues. - Petits
secrets de l'amateur. - Echos bibliographiques.
N° 7, juillet 1894 ; format in-8 ; même couverture que le n° 6, pagine 69 à 80. Sommaire : « René Ponsard », par Ch. Sellier. - « Les quarante », par H. Delerue. - « Erreurs bibliographiques », par J.-G. Wigg. - « Le vrai nom de Petrus Borel », par B. Ritter.
Un mois sans paraître. 2e
transformation.
N° 8, septembre 1894 ;
format in-4° ; 2 feuilles seulement numérotées 1 à 4.
Journal mensuel de l'amateur
et du collectionneur. Adressé gratuitement à toutes les bibliothèques
municipales et Militaires. Directeur-gérant : Albert du May ; Secrétaire de la
rédaction : H. Delerue. Rédaction et administration : 22, boulevard
Rochechouart, Paris. Avis important : Pour toutes les communications,
s'adresser ou écrire au bureau du journal. Les manuscrits non insérés ne sont
pas rendus. Abonnement : un franc par an. Les annonces sont reçues au bureau du
journal et à l'agence de publicité Combémorel, 46, boulevard de Strasbourg,
Paris. Avis à Messieurs les Editeurs : Le
Petit Bibliophile paraissant le 5 de chaque mois, les Prière d'insérer doivent être parvenus au plus tard le premier et
adressés au bureau du journal.
N° 16, avril 1895, semblable
au n° 12, pagine 73 à 96. Ce numéro est illustré et donne la reproduction de
trois ex-libris.
N° 17, mais 1895, semblable
au n° 12, pagine 97 à 120. Ce numéro est illustré : 2 vues anciennes de
l'abbaye de Montmartre en démolition.
N° 18-19, juin-juillet 1895,
semblable au n° 12 paginé 121 à
- 340 -
N° 20-21, août-septembre 1895, semblable au n° 12, paginé 146-168. Le titre du journal porte : Fondateur Albert du May ; Directeurs Maurice Artus et A. du May.
N° 22, octobre 1895,
semblable au n° 20-21, pagine 169 à 192. Le titre du journal porte : Fondateur
Albert du May ; Directeur Maurice Artus. Au moment où ce dernier prend la
suite, il y a 33 abonnés payants.
(Ancienne Chronique de l'Œil de Bœuf).
Journal officiel de la
Butte ; créé spécialement pour servir aux historiographes du XXIe
siècle, paraissant tous les samedis. Rédaction et administration : 6, R.
Cretet.
N° 1, du 20 octobre 1894
(format in-4°, 2 feuilles). Le premier article Les Célébrités Montmartroises, est une réclame pour l'Institut
Drouet, accompagné du portrait de F. Bernard, le Secrétaire général de
l'Institut Drouet.
Les autres articles n'ont
absolument aucun intérêt. N'a eu que ce numéro. Un journal du même titre
paraît en 1896.
NI DIEU, NI
MAÎTRE, NI PRÊTRE
Organe bi-mensuel de
Je n'ai vu que le n° 2 de ce
journal qui est du 8 au 23 juillet 1894.
Les rédacteurs sont : Marcel
Sembat, Albert Létrillard, Georges Moitel, Delphi Fabrice.
Organe spécial mensuel des
Refroidis. L. Dorville, fossoyeur en chef ; rédaction et administration au
cabaret du Néant, 34, boulevard de Clichy.
Avis : Les manuscrits ne
sont pas rendus et restent à la disposition des spectateurs par trop
impressionnés.
N° 5, du 10 novembre 1894. 1re
page encadrée de noir, un dessin en occupe les 3/4, Pierrot et
la Mort, signé : J. Bustarret.
Les articles sont intitulés
: La Mort drôle, par Caligula, Danse macabre, Vélo Mort, etc.
Hebdomadaire, politique, satirique, littéraire, économique et financier, 4, rue Fromentin.
- 341 -
Ceci n'est pas précisément un journal, mais la tentative est assez originale pour que nous la rapportions ici.
Ce journal, puisque ses fondateurs l'annoncèrent sous ce titre, eut
d'ailleurs quelques numéros. Voici
en quels termes il était annoncé :
« Quelques artistes de
Montmartre viennent de fonder un journal qui s'appelle Le Mur. Ce journal aura cette originalité précieuse qu'il ne sera
pas mis en vente et qu'il faudra se déranger pour l'aller voir - le voir et non
le lire.
« Sur un pan de mur blanchi à
la chaux, ils dessineront toutes les semaines des gazettes sans texte, des
histoires sans légende, des chroniques sans lettres ; ils y passeront en revue
les monstres de Montmartre la demi douzaine de mercantis effrontés qui
déshonore
Le Cabaret qui servait de
page d'album à ce journal était celui des Assassins
rue des Saules, appelé aussi le Lapin
agile.
Organe républicain
radical-socialiste des XVIIe et XVIIIe arrondissements.
Directeur : Eugène Leclerc ; Rédaction et administration : 1, rue
Dancours.
1re année n° 1.
Dimanche 20 octobre 1895. Format in-f°, 2 feuilles. Les articles de politique
locale et quelques nouvelles sont signés : Will-Darvillé, Jehan des
Batignolles, E. Leclerc, etc.
1895(?) L’Action Républicaine du XVIIIe
arrondissement
Journal hebdomadaire, radical-socialiste. Directeur : Louis Lefèvre ; Rédacteur en chef : Perin-Charbaux ; Rédaction et administration : 41, rue des Batignolles ; Abonnement : 1 an, 5 fr. ; 6 mois, 3 francs. Format in-f°, 2 feuilles.
3e année n° 33 du
16 au 26 août 97. Article de tète « Le nouveau pacte de Famine », signé A.
Millerand. Autres articles signés Paul Vibert, A. Clément, Armand Fulgens.
3e année, n° 51
du 18 au 24 décembre 1897. Article de tête, signé Gustave Rivet.
(1) Courrier Français, 9 juin 1895.
- 342 -
N° 2, février 1895 (format in-f°). Rédaction et administration
: 22, rue de Norvins ; Gérant : E. Gravelle. Sommaire : «
Un grand dessin en 1re page
par Gravelle : L'homme primitif et les
modernes. 2 dessins en 4e page de Gravelle : Tenue d'hiver des naturels du Cantal.
N° 3 (sans date). En tête : paraît le 15 de chaque
mois. Format plus grand que le précédent. Sommaire : « Les
En première page un grand
dessin de Gravelle. Adresser toutes communications à E. Gravelle, 4, rue Paul
Féval, Paris. (Anciennement Passage Lamarck, XVIIIe.)
Première année. N° 1, du dimanche 12 au 19
La collection se compose de 14 numéros (?).
Fondé par Sébastien Faure, paraît tous les samedis. 5, rue Eugène Sue. Administration : Matha ; Rédaction : Constant Martin. N° 1, 16-22 novembre 1895. Continué par Matha, 17, rue d'Orsel.
Revue mensuelle puis
bi-mensuelle, fondée en mai 1894, à Passy, par Louis Lumet.
Rédaction-admistration : J.-G. Prod'homme, 7, rue des Saules, depuis novembre
1896 jusqu'à octobre 1898. Le n° 0 fr. 25.
Fondateur : A. Willette. Directeur : A. Rœdel. Secrétaire de la Rédaction : Paul de Barre. Bureaux et administration : 5, rue Tardieu.
Ce n° 1 du 11 mars 1896, contient le programme de la Cavalcade de la Vache enragée. Prix 1 fr., 16 pages grand in-4°, plus une couverture en couleurs est de Rœdel.
En première page une litho
de Willette : La Cigale captive symbolisant
- 343 -
la vie de l'artiste pauvre sous l'aspect d'une jeune
femme nue attachée par le poignée à la corne d'une vache maigre qui déchire à pleines
dents un tableau. De la main restée libre, la jeune femme tend un tambour de
basque. Au dernier plan, la Butte avec ses moulins et le Sacré-Cœur en
construction. En bas, des cyprès et des croix indiquent un cimetière, avec la
légende : « Pour les artistes malheureux de Montmartre ».
La note suivante, en 3e
page indique que les fondateurs de ce journal espéraient mieux que le résultat
obtenu ; et aussi que son fondateur n'a pas encore renoncé à faire revivre dans
le journal le bel art de la lithographie.
AUX AMATEURS DE LITHOGRAPHIE
« L'existence de ce journal dépend de vous, lecteurs et lectrice. Pour justifier son titre, il paraîtra au moment des termes, autrement dit quatre fois par an.
« Chaque numéro contiendra
de belles épreuves lithographiques qui seront d'autant plus belles qu'on aura
trois mois pour les exécuter et les tirer proprement.
« Ce sera un journal cher ! Nous recevons les adhésions et les encouragements afin de bien étudier cette affaire.
« LA RÉDACTION. »
Ce n° contient en outre une
gravure hors texte de Henri Pille, la
Vache enragée d'antan, qui tient 2 pages du journal. Les autres dessins
sont de Rœdel.
Le texte par Willette, Emile Goudeau. Des appréciation sur la Vache enragée par A. Daudet, Anatole France, Emile Zola, Rochefort, Allais, Henry d'Herville, Léon Abric, Paul Marrot, Hyspa, Léon Durocher, F. Pichon.
Le 2e numéro
paraît en 1897. Le titre est modifié de la manière suivante :
Mars-Juin 1897 Numéro
1 fr.
Numéro spécial
Comité de
La
Ce numéro contient 28 pages de texte et dessins, 4 pages de réclames et la couverture illustrée en couleurs.
En 1re page le
portrait de Marguerite Stumpp, la Muse de Montmartre, par Willette, puis
des dessins de Ed. Debon, Guillemet, Rœdel, Maurice Neumont, Grün, E. Dameron,
F. Cormon, F. Pelez, E. Troncy, Guirand de Scévola, Couturier, L. Vallet, etc.,
etc. Le texte, par Emile Goudeau, Georges Montorgueil, Hugues Delorme, Eugène
Fournière, Camille Mauclair, Jacques Ferny, Henri Caen, Prosper Marius,
Saint-Pol Roux, Gaston Wilmot, Jehan Rictus, Léon Durocher, Willy, Théodore
Botrel, G. Renault, Ch. Bernard, etc., etc.
(Ancienne Chronique de l'Œil de Bœuf).
Journal officiel de
- 344 -
journal, 6 rue Cretet, Paris. Créé spécialement pour
servir aux Historiographes du XXIe siècle (format petit in-4° 2
feuilles).
Un seul numéro non numéroté
et non daté (septembre 1896). En première page un portrait en médaillon de
Willette, entouré de fleurs en couleurs par Rœdel (des exemplaires en noir) :
Une petite biographie de Willette, par
Auguste de Montmartre ; Poésie
descriptive, pièce de vers par Misti ; Les
Emmurés de Montmartre, chanson de Andhré Joyeux (1) ; Yon Lug à Adrien Pezon, par Yon Lug.
Le gérant : Meyer Heine. - Imprimerie Symonds, 6, rue Cretet. Peut se joindre au n° paru le 20 octobre 1894.
Rédaction et administration : 12, rue Rodier, Paris. Collaborateurs tous les artistes de Montmartre. Format in-4° 2 feuilles sur papier jaune.
N° 1, 30 septembre 1896.
Titre orné par de Feure. En première page un dessin de Georges Redon. En tête
de la 2e page un autre dessin non signé. « Les Modèles », vers,
par Charles Quinel ; « La vie artistique à Montmartre », par l'Homme de la
Montagne ; « Echo », par Misti.
Le gérant : Henri Braun. -
Imp. Sysmond, 12, rue Rodier,
Comme on le voit, ce journal quoique du même genre, est absolument différent de celui, portant le même titre, paru quelques jours avant.
Paraissant tous les vendredis. Directeur : Henri Martin. Format petit in-f° 2 feuilles. Rédaction de minuit à 2 h, du matin, 108, boulevard Rochechouart (cabaret du Conservatoire). Abonnements : Montmartre : 6 fr. par an ; Paris : 6 fr. 25 ; départements : 7 fr. ; Union postale : 9 fr.
En manchette du 1er
n°: « La Guerre à Montmartre » ; « Le Chat Noir » contre « Le Conservatoire de
Montmartre. »
Sous le titre : La butte en but aux luttes, un article
de 4 colonnes signé du pseudonyme Charles Magne, et consacré à la polémique qui
existait entre Mme Salis et Henri Martin au sujet des ombres du Chat
Noir. Mme Salis prétendant que nul ne pouvait représenter ces petits
chef-d'œuvres sans son assentiment.
Le journal est présenté de
la manière suivante aux lecteurs :
« A NOS LECTEURS
« La nécessité de l'éclosion d'une nouvelle feuille à l'époque précise où l'automne en jonche le sol, ne se faisait, convenons-en tous, nullement sentir !...
« Cette raison majeure
suffirait, à elle seule, pour justifier l'apparition de Montmartre, journal qui ne rime à rien, puisqu'il est - jusqu'ici -
rédigé en prose.
« A quoi bon, d'ailleurs, tracer d'avance un programme suivant la banale méthode ? Nous eussions pu, évidemment, comme tant d'autres,
(1) Plus tard, propriétaire du cabaret de l’Ane Rouge, où il succéda à Gabriel Salis.
- 345 -
dire qu'il est tout entier dans notre titre ! Formule
vague et poncive qui ne saurait convenir à l'envergure de nos aspirations.
« Non !
« Pas de programme ! !
« Tel est le nôtre ! ! !
« C'est très net, et ça
n'engage à rien...
« Précurseur des 31 journaux
divers et d'hiver, aux formats multiples et bariolés qui vont, d'ici peu,
bourgeonner sur la butte, Montmartre est un nouveau rameau de la vieille
végétation montmartroise aussi littéraire que touffue, dont les frondaisons,
plus que jamais vivaces, vont couvrir bientôt tous nos cabarets de leur ombre
propice.
« Montmartre a, comme tout journal qui se respecte, choisi un gros
« pétard » pour se lancer.
« Chacun sera donc d'accord
pour constater que Montmartre paraît
à son heure - bien qu'avec une quinzaine de jours de retard.
« LA RÉDACTION ».
Rédigée par René Dubreuil et
Charles Quinel, illustrée par Ed. Gros, Grün, Maurice Marais, etc., etc.
Rédaction : 18, Passage de l'Élysée des Beaux-Arts. Administration : 53,
rue Monge. Prix : 10 cent. (Format in-12, 16 pages sous couverture jaune ornée
d'une vignette de Grün). N'a de Montmartrois que les collaborateurs, Sécaut,
Fursy, Grün, etc. Les 5 premiers nos politiques humoristiques ;
à partir du n° 6, rédaction et administration sont transférées 53, rue Monge.
Quinel et Dubreuil disparaissent de la couverture et le genre devient grivois.
La collection se compose de 9 numéros.
Le n° 1 du 24 octobre 1896.
Le n° 9 du 19 décembre 1896.
Journal hebdomadaire, littéraire, illustré. Rédaction le mardi, 62, boulevard de Clichy. Rédacteur en chef : Émile Goudeau. Directeur-Administrateur : F. Trombert. Abonnements : Paris : six mois, 5 fr. ; un an, 8 francs. Départements : six mois, 5 fr. ; un an, 9 fr. Étranger : six mois, 6 fr. ; un an, 11 fr. ; 0 fr. 15 le numéro, 4 pages, puis 2, format in-4°.
Les nos 1 à 3 ont
un charmant frontispice de Willette. Au n° 2 le frontispice est modifié et
réduit, il n'occupe plus que les 2/3 de la largeur, et un grisé couvre le fond. A gauche de ce dessin, des moulins
dans le lointain, Montmartre. (Un jeune homme nu, élevant une lyre qu'il tient
entre ses deux mains tendues, accueille les quat'z'arts que va submerger et
noyer le flot envahissant et banal du Modernisme. Dans le lointain à droite :
A partir du n° 4, ce frontispice est supprimé, le texte du titre reste le même, mais le mot « hebdomadaire » est supprimé.
N° 1 du 6 novembre 1897.
N° 35 du 9 Novembre 1903.
- 346 -
Journal hebdomadaire politique et littéraire. Rédaction : 22, rue Lemercier. Administration : 54, rue Lepic.
1re année, n° 1.
Bi-hebdomadaire paraît le mercredi et le samedi. Samedi 18 juin 1898. - Organe
des intérêts politiques et sociaux du XVIIIe arrondissement.
Grandes-Carrières, Clignancourt, Goutte-d'Or, La Chapelle. - Alf. le Vasseur,
directeur-rédacteur. Philippe Barreau, secrétaire de la rédaction.
N° 2 du 18 mai 1899 et à
partir de 1899 : directeur, Retz de Villars ; rédacteur en chef, Ch. Vermaitre ;
secrétaire de la rédaction, Albert Armand.
Journal hebdomadaire, artistique et littéraire. Rédaction et administration, 20, rue Chaptal. Directeur, Henri Ludo ; rédacteur en chef, Oscar Metenier. Le n° 15 centimes. Format in-f°, 2 feuilles. Le gérant, Gaston Burthé. Imprimerie veuve Albony, 75, avenue d'Italie.
N'a eu que 6 numéros
illustrés en noir et en couleurs. Le titre du journal est dessiné par Léandre,
en couleurs.
N° 1. - 8 janvier 1898.
N° 6. - 12 février 1898.
En première page des 4
premiers numéros, sous la rubrique les Amis
de Montmartre, ou les ennemis de
Montmartre, Léandre a dessiné de main de maître les portraits-charges en
couleur de : Georges Courteline, le sénateur Bérenger, Eug. Fournière,
Couyba-Boukay ; puis n° 5 un dessin en couleur : A la gloire de Guy de
Maupassant.
N° 6, portrait-charge en couleur d'Emile Zola, plein de la verve la plus caustique qu'ait jamais distillé le crayon du maître Léandre.
Les autres vignettes et
culs-de-lampe, dans le texte du journal, sont aussi de Léandre.
Collaborateurs : Guignol
(?), Fifi (?), Nachette, Georges Docquois, Jean Drault, Emile Codey, Léon De
Bercy, Pigourdan, Thomas Chesnais, René Dubreuil, Eugène Fournière, Maurice
Boukay, Hugues Delorme, Charles Quinel, Georges Brandimbourg, Emm... général de
Montmartre, Fabre des Essarts, Paul Pottier, Stanislas de Guaita.
La collection des 6 numéros,
catalogue Sapin, n° 86, de 1904, 6 fr.
Journal hebdomadaire, artistique et littéraire. Directeur, Alphonse Favier. Rédaction et administration, 11, rue Victor-Massé. Format grand in-4° 2 feuilles.
N° 1, 21 janvier 1898 :
Sommaire. - Montmartre, A. Favier. -
- 347 -
L'Abbaye de Thélème, A. D. - Vers, par Paul
Robert. - Le premier pas, E. Grillard.
N° 2, 28 janvier 1898 : Le Cabaret du Ciel, A. Favier, etc.
Ce journal n'a dû être fait
que dans un but de publicité pour les cabarets de Montmartre.
Poétique, littéraire et artistique. Paraissant irrégulièrement.
Le n° 1 qui n'est pas daté
est du 3 juillet 1898. Format, in-12° carré. En bas de la 1re page :
Le Tournoi, société de divulgation
poétique, littéraire et artistique. L.-J. Jarlet, fondateur, 26 rue Antoinette,
Paris (siège provisoire).
Dans le n° 2 se trouve
l'indication suivante : Administration : J. Jarlet, directeur, 26, rue
Antoinette, Paris.
Les 5 nos qui
composent cette collection ne contiennent que des poésies de Jarlet, qui, plus
tard (en 1902), devait donner suite à son idée, en fondant rue d'Orsel le
Cabaret des Inconnus, qui d'ailleurs n'eut pas plus de succès que le journal.
En tête du n° 4 on lit : «
Avis. - Aux Inconnus des deux sexes, auteurs, poètes, compositeurs de musique
et dessinateurs désirant se produire : S'adresser personnellement au Directeur
du Tournoi, 26, rue Antoinette, de 1
h. à 2 h. de l'après-midi ; il leur sera fait un bon accueil. »
Hebdomadaire,
révolutionnaire, sociologique, artistique, scientifique. 1er juillet.
Prix : 0 fr. 10 centimes. Format, petit in-f°, 2 feuilles. Paris,
administration : 12, rue d'Orchampt. Pour la rédaction s'adresser au camarade
E. Girault, pour l'administration au camarade Francis Prost.
N° 1, du 24 juin au 1er
juillet 1899. Sommaire : « L'idée », l'Homme Libre ; « A nos amis »,
Ch. Malato ; « Deux mots nécessaires », E. Girault ; « Avis : Critique »,
H. Dagan ; « L'Action pour le présent », A. Canova ; « Agonie du
militarisme », M. Devaldès ; « Propos révolutionnaires », H. Moreau ; « Les
châtreurs », Gustave Manière ; « Chronique scientifique », Albert Bloch ; « Le
massacreur Drumont », Sartoris ; « A méditer : Mouvement ouvrier »,
Francis Prost ; « Les clubs ; Communications ; Les initiatives ; Rien ; Petite
correspondance ».
Revue littéraire et artistique, mensuelle, 38, rue Ramey : Secrétaire général : André Briet. Format in-8° 16 pages, dans une couverture verte, prix, 0 fr. 15. Ce journal n'a de montmartrois que son lieu d'origine.
N° 2, septembre 1899. Sommaire : « Au lecteur », la direction ; les « Mougeottes », Camille Guiboiseau ; « la Main », Gabriel Danchot ; « le Théâtre des familles », (suite) Jacques Varange ; Paul Adam « Cybèle », poésies ; « A. Satan », A. Elloy ; « Salammbô », Jean de Lumède ;
- 348 -
« Heure d'Automne », François Pierre ; « Rêve
d'un jeune », Alphonse Raveaud ; les Livres, Illustrations, Frontispice ; « la
Main », Charles Navetto ; Hors texte « Portrait du nain Auguste », par Widhopff
; « Délicatesse », Champo.
Organe bi-mensuel des Groupes
hommes de France au Sacré-Cœur, administration et rédaction : 21, rue
Mont-Cenis. M. J. Courbarce, administrateur. Le n° : cinq centimes. Abonnement,
2 fr. par an. 3e année, n° 72, 1er décembre
Journal du Corset et des Industries qui s'y rattachent : Revue mensuelle. Rédaction et administration : 14, rue Clignancourt ; abonnement, 1 an, 5 fr. ; 6 mois, 3 fr. Format in-4°, 4 feuilles.
1re année, n° 6,
décembre 1900. N'est qu'un organe de publicité pour
Paraissant tous les samedis.
« Laissez-vous pendre, mais publiez votre pensée. » P. L. Courros. Administration,
26, rue Antoinette, 4 pages in-4°, le n° 10 le 8 octobre 1900.
N° du 29 novembre
1902.
1901 L'Avenir du XVIIIe
Organe mensuel des Comités
républicains-socialistes et nationalistes. Rédaction et administration : 60,
boulevard de Clichy. De mai à août 4 pages in-4°, le n° 5 cent. ; puis 4
pages in-f°, du 1er septembre 1901. 9, rue de Maistre.
Revue mensuelle. Rédaction
et administration, rue Versigny, 10, Paris, Montmartre. Téléphone 541-15. Format
in-4°, 2 feuilles. Le numéro que nous possédons porte 9e année, n°
13, août 1901.
Organe républicain
indépendant, hebdomadaire. Cochers professionnels, industrie de
- 349 -
Publication mensuelle illustrée. Bureaux : 31, rue du Dragon.
Organe du Cercle catholique
du Sacré-Cœur, 21 rue du Mont-Cenis. Paraît le 1er de chaque mois.
Journal autographié (illustré). Format in-8° carré, 4 feuilles. Journal de
propagande pour le Cercle du Sacré-Cœur.
Deuxième année, n° 1, du 1er
mars 1904.
Deuxième année, n° 2, 1er
avril 1904 .
Directeur, Dominique Bonnaud ; rédacteur en chef,
Numa Blès. Rédaction et administration : Logiz de
C'est le journal du Cabaret
de
N° 1 du 15 septembre
1904.
N° 2 du 15 octobre 1904.
Journal des ouvrières parisiennes. Directeur, Gustave Charpentier ; rédaction, 48, boulevard Rochechouart.
Paraissant tous les jeudis. Le numéro : 0 fr. 10.
Mahé et Libertad, 30, rue Muller. Premier numéro, 13 avril 1905.
Littéraire, artistique, théâtrale. Paraissant tous les quinze jours. Lepic, directeur ; Et. Castellano, secrétaire de la rédaction ; Rédaction et administration : 17, rue du Delta. Format, in-f°, 2 feuilles.
N° 1, du 25 novembre 1905. Voici la présentation de ce journal faite en vers par Fernand Lalande.
AU LECTEUR
En ce temps, où les feuilles
mortes,
Cédant au souffle
destructeur,
Tombent, pourrissant à nos
portes,
Ne vas-tu pas trouver,
lecteur,
Notre
audace quelque peu forte
D'en mettre une nouvelle au
jour,
En ce temps où les feuilles
mortes,
Tombent à nos pieds, tour à
tour ?
- 350 -
La
nôtre, en effet, est nouvelle
Et vient à point, nous
l'espérons.
Pour chanter, la matière est
belle,
Montmartre, tant que nous
pourrons !
Si l'on pousse ce cri
d'alarme,
Montmartre meurt, Montmartre
est mort !
Nous ne verserons nulle
larme,
Car nous savons qu'il vit
encor.
Pourtant
nous mettrons à l'étude
Le cas urgent, plus d'un
projet
Pour apaiser l'inquiétude
Qu'on peut avoir à son sujet,
Certes,
dans ses flancs, il recèle
La gaîté, reine des vertus,
N'en aurait-il qu'une
étincelle,
On peut toujours souffler
dessus.
Quant
à la butte, elle est fidèle
Au culte de ses anciens
dieux,
Le moulin y tourne son aile,
Quoique perclus, l'air radieux.
Les
lourds édifices modernes
S'y sont à peine hasardés,
On
trouve au lieu de ces casernes
Des toits et des murs
lézardés,
Des enclos où font bon
ménage,
L'art et le bohème souvent,
Où plus d'un rimailleur, je
gage,
Courtise la muse, en rêvant.
Demeures de chaux et de
sable,
Si parfois vous
disparaissez,
Ainsi qu'un souffle
impérissable,
L'âme nous reste et c'est
assez !
Pour la
Rédaction
Fernand LALANDE.
Viennent ensuite les premières réponses à une interview sur Montmartre.
« GLOIRE A MONTMARTRE
« L'abbé Doublet, doyen de
la royale abbaye de Saint-Denys en France, écrivait, au commencement du XVIIIe
siècle : « Montmartre est l'œil
et le cœur de la France. »
« Oui, Montmartre a été, est, et sera toujours l'œil
et le cœur de
***
« YVETTE GUILBERT, qui se fait applaudir, en ce moment, en Angleterre, nous envoie ses appréciations :
- 351 -
« A Montmartre... en 1890 au Divan Japonais, à 11 heures, le soir, et à 10 heures au Moulin-Rouge, 40 francs par soirée chez Sarrazin et 20 francs chez Zidler... mon premier pied de nez à la dèche... une robe verte, des gants noirs, des cheveux rouges, des dents blanches et 22 ans ! Tant de chagrin et de misère derrière moi... et tout à coup tant d'espoir sur la route imprécise encore de ma vie.
« L'humanité n'est pas bonne
et me l'a prouvée, mes 22 ans n'ont déjà plus confiance dans la valeur des
poignées de mains, ni dans la sincérité des sourires. Je sais, je sais..., mes
yeux sont encore rouges, Montmartre les sèchera, les illuminera et les fera
joyeux.
« Je crois bien que de tout
Paris, je n'ai vraiment et loyalement aimé que Montmartre... C'est le premier
coin qui m'a aimée dans tant d'autres quartiers de Paris, j'ai eu de la peine…
ma jeunesse en fut mutilée. Montmartre ! C'est là que j'ai commencé ma carrière
et c'est là que je rêve de
« Sarazin, le directeur du
Divan Japonais, dit un soir que la foule jetait gentiment des bouquets de
quatre sous dans le fiacre qui m'attendait pour me conduire chez moi : « Ça
doit lui faire tourner la boule un succès pareil. C'est Montmartre qui la sacre
! Et dire qu'elle nous lâchera... C'est pourtant son pathelin, Montmartre ! »
« Et c'était vrai !... j'ai
quitté Montmartre, mais depuis je le transporte et avec quelle joie et quelle
tendresse émue, dans toute la France, en Amérique, au Canada, cette Amérique
française, en Allemagne, en Autriche, en Hollande, en Belgique, en Russie, en
Hongrie, en Roumanie, en Norvège, en Suède, en Afrique, en Angleterre, en
Irlande, en Ecosse... et ce n'est pas fini ! J'ai porté son esprit, sa verve,
son âme et si Montmartre m'a sacrée, j'ai porté, sur les routes des honneurs et
de la gloire, le panache blanc de sa fumée. Et de tout son cœur, Yvette
remercie Montmartre ! »
« Yvette GUILBERT. »
***
« C'est de Champsecret (Orne) que Léandre nous fait parvenir quelques mots :
« CHARLES LÉANDRE
« Vous m'embarrassez beaucoup, nous autres peintres nous écrivons généralement avec l'écriture universelle, pas le volapuk, mais, le dessin simplement, et nous avons l'avantage de mieux nous faire comprendre.
- 352 -
Malheureusement, mes loisirs ne me permettent pas de
vous donner une page illustrée.
« Tout ce qu'on peut dire sur Montmartre a été dit ; Salis, dans un langage qui lui était bien particulier, a dit ce qu'était Montmartre de son temps, ce qu'il est et ce qu'il sera. Ce que je puis me permettre de dire encore, sans timidité, c'est ce que tout le monde sait et peut dire : « Montmartre est aussi vivant qu'autrefois, aussi artistique, aussi amusant, Montmartre est le pays de l'indépendance, du goût et de l'esprit...»
« Pour moi, je ne puis comprendre que l'on habite un autre quartier. Vive Montmartre !
« Ch. LÉANDRE. »
***
« A. WILLETTE se montre plus pessimiste, jugez-en :
« Mon avis sur Montmartre ? Il me serait bien difficile de vous le donner en quelques lignes ; il me faudrait l'accompagner de nombreuses anecdotes, détruire beaucoup de fausses légendes et arroser le tout d'une amertume très inattendue. Au lieu de l'ennui que j'éprouverais à vous parler d'un passé oublié, laissez-moi dire aux jeunes qui pensent qu'il suffit d'être de Montmartre pour arriver... comme M. Dufayel. Mon projet pour l'avenir : je fais des économies pour aller en sabots à Toulouse, y étudier le grand Art, m'y faire naturaliser toulousain et revenir ensuite à Paris où j'aurais alors le droit d'espérer la gloire et la fortune.
« A. WILLETTE. »
***
« M. DE FÉRAUDY, l'estimé sociétaire de
« Si j'aime Montmartre ? Je l'adore. Pendant qu'en bas on se remue dans Paris pour le lourd travail, les affaires dures, l'âpreté du gain et de l'argent. Là-haut, on paresse, on chante et on aime. Oui, j'aime Montmartre... et de tout cœur.
« M. DE FÉRAUDY. »
« Pour copie conforme :
« ET. CASTELLANO. »
***
Cet essai de bibliographie n'ayant
pas la prétention d'être complet, l'auteur sera reconnaissant à tous les
lecteurs du Vieux-Montmartre qui
voudront bien lui en signaler les lacunes.
Maurice ARTUS.
LISTE
ALPHABÉTIQUE DES JOURNAUX CITÉS
A
1846 Archives
de la Banlieue (les).
1889 Autour
du Moulin.
1889 Apôtre du Peuple (l’).
1892 Avenir du Quartier Pigalle (l').
1893 Aurore du XVIIIe (l').
1893 Aurore
Montmartroise (l’).
1894 Athée
(l’).
1895
Action républicaine (l’).
1901 Avenir
du XVIIIe (l’).
1904
Académie Julian (l').
1905
Anarchie (l').
B
1848 Baillon
(le).
1870 Ballon-Poste
(le).
1870 (?) Balai (le).
1886 Butte
Montmartre (la).
1887
Butte (la).
1888 Butte
(la).
1891 Butte (
la).
1892 Butte
(la).
1894 Bulletin
de l'Œuvre du Vœu
1894
Bric-à-Brac (le).
1900 Beauté-Corset.
C
1852 Courrier
de l'Industrie et de la Propriété.
1871 Cri-Cri
(le).
1882 Chat
Noir (le).
1884 Chronique
de Montmartre et des Batignolles.
1887 Chaudière
(la).
1890 Centre
(le).
1892
Citoyen de Montmartre (le).
1904 Carillon
de Montmartre (le).
D
1859 Diable
à Paris (le).
1886 Décadent
(le).
1886 Dix-huitième
(le).
1888 ? Démocratie
(la).
1891 Divan
Japonais (le).
1899 Drapeau
du Sacré-Cœur (le).
E
1890 Electeur
de Clignancourt (l').
1895 Etat
1895 Enclos
(l’).
1898 Echo
de Montmartre (l').
1899 Espoir
(l').
F
1850 Fantasio
(le).
1893 Forge
(la).
1894 Flambeau
(le).
G
1885
Gazette du Bagne (la).
1889Gaîté Rochechouart (la).
1892
Gazette de la Butte (la).
1898
Grand Guignol (le).
1901 Gazette
de la Butte (la).
H
1889 Horreurs
de Paris (les).
1899 Homme
libre (l')
I
1849
Indicateur de l'Exposition (l').
1892 Impartial
du XVIIIe (l').
J
1848 Journal
des Faubourgs.
1848 Journal des Eglises de Paris et de la Banlieue.
1851 Journal de
1852 Journal de la Cour.
1852 Journal des Anecdotes.
1889 Journal de Montmartre.
1895 Journal de Batignolles-Montmartre.
1898 Journal de Montmartre.
L
1848 Lettre
du Diable à la République française.
- 354 -
1888
Lanterne japonaise (la).
1891 Lutte
(la).
1895 Libertaire
(le).
1904 Lune
Rousse (la).
M
Montmartre dans
1848
Mercure universel (le).
1849
Monde Nouveau (le).
1850 Monde
élégant (le).
1852 Moniteur
illustré de
1871
Mont-Aventin (le).
1885 Mirliton
(le).
1886 Montmartre
illustré.
1886 Montmartre.
1888
Montmartre la Chapelle.
1888 (?) Manivelle (la).
1889
Montmartre Artiste.
1890 Montmartre Artiste.
1890 Montmartre Artiste (Ancienne Butte).
1890 Montmartre.
1891 Montmartre.
1893
Montmartre Artiste.
1894 Mort
(la).
1895 Mur
(le).
1897 Montmartre
littéraire et artistique.
1905 Mimi
Pinson.
N
1848 Nouveau
Figaro (le).
1848
Notre Histoire.
1849 Nain rouge (le).
O
1891 Outillage
(l').
P
1848 Propagateur
(le).
1848 Pays (le).
1848 Peine de Mort (la).
1848
Plus de Bourreau.
1849
Petit Lucifer (le).
1850 Pologne
(la).
1882
Paris Montmartre.
1888 Pierrot
(le).
1888 Père Peinard (le).
1889 Patriote
du XVIIIe (le).
1889 Philosophe Montmartrois (le).
1890 Progrès
du XVIIIe (le).
1891 Petit
Maquereau de Montmartre (le).
1891 Paris Gaîté.
1892
Phare de Montmartre (le).
1893
Poilus de Montmartre (les).
1894 Petit
Bibliophile (le).
1894
Petite Gazette de Montmartre (la).
1896 Petite Gazette de Montmartre.
1896 Petite Gazette de Montmartre.
1896 Point de Vue (le).
Q
1897 Quat'z'
Arts (les).
R
1848
Revue universelle.
1852
Revue historique et anecdotique.
1888 Réveil
du XVIIIe.
1888 Revue Montmartroise.
1890 Réveil de Montmartre.
1890 Revue libertaire.
S
1840 Synthèse
(la).
1850 Stranger
advertiser (the).
1886 Sans
Culotte (le).
1889 Sentinelle
de Montmartre (la).
1895 Sociale
(la)
1896 Semaine
gaie (la)
T
1848 Tribune
des Employés
1883
Tambourin (le).
1886
Tambourin (le).
1890 Travailleur
(le).
1889 Tribune
des employés des Postes et des Télégraphes.
1897
Tournoi (le).
1900 Tabarin.
U V
1887
Vieux Montmartre (le).
1891 Voie
publique (la).
1891 Vigne (la).
1896 Vache
enragée (la).
1905 Vie
Montmartroise (la).
- 355 -
DEUX SAISIES
DE LIVRES
A LA
CHAPELLE-SAINT-DENIS
1719 – 1720
Lorsqu'on jette un coup
d'œil sur les lois et règlements qui régissaient, aux XVIe et XVIIe
siècles, l'industrie et le commerce de l'imprimerie et de la librairie, on ne sait
de quoi on doit le plus s'étonner, de leur extrême sévérité, qui allait jusqu'à
la peine de mort, en passant par le fouet et les galères, ou de la mansuétude
avec laquelle, bien souvent, ils étaient appliqués.
La négligence des tribunaux
avait ce double résultat d'obliger le souverain à renouveler ses ordonnances à
des époques assez rapprochées et de rendre les justiciables victimes d'une
fausse sécurité.
Certes, le martyrologe des
imprimeurs et libraires n'est encore que trop long, mais peu d'entre eux, en
somme, subirent la peine capitale. On sait que le plus connu, le malheureux
Estienne Dolet, fut condamné plutôt comme auteur que comme imprimeur.
Il est à remarquer encore
que c'est surtout dans les luttes religieuses de l'époque qu'est la source du plus
grand mal. Car nous voyons dans l'Etat
réel de la presse et des pamphlets de François Ier à Louis XIV,
du savant bibliophile Leber, que les personnes des rois, des deux reines
Médicis, du cardinal de Richelieu, ont été honnies et vilipendées dans de nombreux
écrits dont les imprimeurs, souvent connus, n'ont pas eu à souffrir.
Quant à Mazarin, c'est lui,
comme on dit aujourd'hui, qui « tient le record » en la matière, car on n'a
jamais pu établir le nombre exact des quelques milliers de libelles publiés
contre lui et auxquels on a donné le nom de mazarinades.
Le rusé italien n'en tira d'autre vengeance que la fameuse phrase qui lui
est attribuée : « Qu'ils cantent, ces Francezes, pourvu qu'ils paient. » Cela
n'était pas bien méchant, quoique peut-être pas fort juste, car à cette époque,
comme de nos jours, ce n'étaient pas précisément les mêmes qui « cantaient » et
qui payaient !
Au XVIIIe siècle,
les mœurs s'étant beaucoup adoucies, la réglementation de l'imprimerie et du
commerce des livres devient à peu près ce que nous la voyons de nos jours dans
la plupart des états européens ; puis, on avait la ressource de dater les
publications de Hollande ou
- 356 -
d'Allemagne et cela même, bien souvent, d'accord
avec les pouvoirs publics !
Cependant il existait une police des livres, établie
par le « Règlement pour la librairie et l'imprimerie de Paris arrêté au Conseil
d'Etat du roy le 28 février 1723 » et étendue à tout le royaume par un « Arrest
» du même Conseil à la date du 24 mars
Dans son Code de la Librairie (Paris, 1744),
Saugrain mentionne un assez grand nombre d'infractions à cet article et une entre
autres qui nous intéresse, puisque le délit a été commis à La
Chapelle-Saint-Denis, en 1719 et 1720.
A cette époque vivait à La
Chapelle une hôtelière du nom de Madeleine de La Touche, veuve de Pierre Le
Vacher, demeurant « dans la maison où pendait l'enseigne du Cygne » chez
laquelle les commis et brigadiers de
Malgré cette saisie et les
poursuites dont elle était l'objet, l'hôtelière n'en continua pas moins à
recevoir des envois de livres, car, près d'un an après, le 29 novembre 1720, les
commis des Aydes découvraient chez elle « dix petits ballots fisselès (sic) enveloppés de papiers » dans neuf
desquels se trouvaient des exemplaires de La
Vérité rendue sensible à
tout le monde
contre les défenseurs de la Constitution (
Deux sentences rendues par
défaut à la date du 10 janvier 1721 contre
- 357 -
nauté des Libraires et imprimeurs de Paris, lesquels
demandaient l'exécution des deux premières sentences. Les parties ouïes en
leurs plaidoyers et remontrances et noble homme Me Daguesseau, avocat
du Roy, en ses conclusions,
Les Mémoires de la cour d'Espagne de la saisie de 1719 ne doivent pas
être le roman de Madame d'Aulnoy, publié à Paris chez Barbin en 1690, mais un
ouvrage peut-être plus véridique, dont nous voyons une nouvelle édition en
1733. Quant aux écrits suscités par
J.-C.
WIGGISHOFF.
- xliii-
ACTES DE LA
SOCIÉTÉ
Séance du
Vendredi 17 Février 1905
PRÉSIDENCE DE M. WIGGISHOFF,
PRÉSIDENT
Le Comité de publication, réuni à cet effet, a reçu de M. Lazard le manuscrit de M. de Guilhermy et s'est occupé des voies et moyens propres à en permettre la publication rapide, après autorisation obtenue de la famille de l'auteur, et de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, pour les fragments déjà publiés par cette dernière.
Le sommaire du prochain
fascicule à paraître est dressé, et livraison est faite des exemplaires des
statuts, modifiés suivant décisions prises à
***
Séance du
Vendredi 9 Mars 1905
PRÉSIDENCE DE M. WIGGISHOFF,
PRÉSIDENT
M. Wiggishoff nous apprend
que le peintre Charles-Marie Bouton, inventeur du Diorama, avec Daguerre, fit
un tableau de l'intérieur de l'église de Montmartre, possédé par Jacques
Laffitte en 1831. De même, en 1827, le peintre Camella exposait plusieurs vues
de Montmartre. En ce moment c'est sur la scène que se manifeste notre localité,
puisque l'on joue sur l'ancien théâtre des frères Seveste une pièce intitulée :
les Carrières de Montmartre.
Dons de MM. Barbier,
Wiggishoff, de Quellern, Mareuse, de Crauzat, Le Senne, Cazalières, Ch.
Cortaillod et Perrot.
Membres nouveaux : MM.
Lucien de Quellern et Barrier.
Démissions : MM. Chapotot,
Boltz, Caffin, Georges Dupont, Fabre et Dumont.
***
Séance du Vendredi
7 Avril 1905
PRÉSIDENCE DE M. WIGGISHOFF,
PRÉSIDENT
M. Barbier, trésorier, donne un aperçu de la situation financière.
M. Greder fait voter l'échange de communications avec la Société pour la protection des paysages.
M. Ch. Bonheur organisant,
pour d'anciens élèves de l'Association philotechnique, une promenade-conférence
qui doit avoir lieu le 30 avril, demande le concours de ses collègues pour
augmenter l'attrait de cette excursion. MM. Wiggishoff, Perrot, Dr
Ollivier et Cortaillod promettent leur concours en cette circonstance.
M. Désiré Lacroix nous parle
du général Tavot, mort à Montmartre dans une maison de santé, sans doute celle
du docteur Blanche, comme Legouvé père et Israël Perpignan.
Dans la correspondance
figure une lettre-circulaire de M. le Ministre de l'Ins-
- xliv -
truction publique invitant le « Vieux-Montmartre » à
déléguer quelques-uns de ses membres au 43e Congrès des Sociétés
Savantes.
Dons de MM. A. Meusy,
Perrot, Gaignette, Valentin.
Membres nouveaux : MM. Henri
Tauzin, Louis Debacq, Jacques Parès.
Démission de : MM. Amin,
Becqua, Becquet et Dr Perrachon.
Décès de M. Passedoigt.
***
Séance du
Vendredi 5 Mai 1905
PRÉSIDENCE DE M. WIGGISHOFF,
PRÉSIDENT
M. Ch. Bonheur remercie
le « Vieux-Montmartre » de la part prise par plusieurs de ses membres à la
promenade historique faite sur la butte par des parents ou élèves de
M. Le Senne signale une
pièce de théâtre éditée en 1811 et intitulée Montmartre, dont il donne la biographie complète.
Dons de MM. Le Senne,
Perrot, Wiggishoff, Cortaillod et Gaignette.
Admission de M. André
Reygasse-Villeneuve.
***
Séance du
Vendredi 2 Juin 1905
PRÉSIDENCE DE M. WIGGISHOFF,
PRÉSIDENT
M. Wiggishoff relève
dans le dictionnaire de Jal le nom d'une demoiselle de Romanet, épouse de
Racine, dont la filiation avec les seigneurs de Clignancourt, si elle était
établie, nous intéresserait vivement.
Le fascicule n° 47, qui
vient d'être livré par l'imprimeur, est distribué aux membres présents.
M. Ch. Bonheur fait
remarquer l'intérêt qu'il y aurait, pour notre Société, de faire suivre d'une
conférence avec projections des vues montmartroises le prochain banquet
organisé par notre Société. M. Cortaillod poursuit le même but de publicité
sous une autre forme. L'hiver prochain verra sans doute la réalisation d'un
projet de ce genre.
Dons de MM. Cortaillod,
Gaignette et Bonheur.
***
Séance du
Vendredi 16 Juin 1905
PRÉSIDENCE DE M. WIGGISHOFF,
PRÉSIDENT
M. Amman,
conservateur du Musée de l'armée, nous avise que le fascicule 46 du « Vieux
Montmartre » adressé au Directeur décédé, sera versé à la Bibliothèque de ce
Musée.
Le comité de publication
pour lequel cette séance est tenue n'ayant pas encore en mains les premières
épreuves de l'œuvre de Guillermy, s'occupe de dresser le sommaire de la
prochaine revue trimestrielle.
Don de M. Fleurentin.
- xlv -
Séance du
Vendredi 7 Juillet 1905
PRÉSIDENCE DE M. WIGGISHOFF,
PRÉSIDENT
M. Louis Braun, ingénieur, nous fait savoir qu'il édite un plan parcellaire au 1/500 de la Ville de Paris. Ses grandes dimensions permettront une étude sérieuse de la topographie de la Capitale à notre époque.
M. Barbier, trésorier,
présente la situation financière de la Société. « Paris-Hachette » envoie le
formulaire à remplir pour faire figurer le «Vieux Montmartre » dans le prochain
annuaire.
La Société le « Vexin
Français » nous invite à l'excursion archéologique organisée par elle le 13
Juillet, comme le Ministère de l'Instruction Publique nous convie au 3me
Congrès de l'Art public devant se réunir à Liège du 15 au 21 septembre
prochain.
M. Gaston Duval rappelle
qu'il y a dans les archives deux clichés se rapportant à l'article de M. Le
Senne, paru dans le 47me fascicule. Ces bois, reproduits prochainement,
seront accompagnés d'une légende explicative de notre collègue.
Le conférencier à
l'Université populaire, 121, rue Marcadet, le mardi 11 Juillet sera l'un des
nôtres, M. le Dr Ollivier, très versé dans la science
paléontologique.
Plusieurs souscriptions sont
reçues en vue de la prochaine publication Guilhermy.
Dons de MM. le Dr
Chandebois, Cazalière, Perrot, Bargallo, Ch. Cortaillod et Gaignette.
Membres nouveaux : MM. le
colonel Gustave de Guilhermy, Fleurentin Joseph, Héraud, Renaud Léon,
Bertier-Tache, Eudes Henri, l'abbé Fesch.
***
Séances des vendredis 4 août, 1er septembre, 6 octobre et 3
novembre 1905 (Voir
le Rapport du Secrétaire Général).
- xlvi -
Rapport du
Secrétaire Général
(Exercice
1905)
MESSIEURS ET CHERS
COLLEGUES,
A l'accentuation marquée des visites faites à votre Musée au cours de l'exercice, vous pouvez mesurer la place prise, dans la vie parisienne, par l'œuvre à laquelle vous vous êtes consacrés.
Les Montmartrois ne sont pas
les seuls à gravir votre escalier eiffélien.
De tous les points de l'horizon, il vient des pèlerins au temple du souvenir,
chaque jour plus nombreux et plus intéressés. Divers organes de la presse : Paris-Hachette, le Paris-Mondain, le Gaulois,
l'Eclair, s'entretiennent de nous.
MM. Ch. Cortaillod, Perrot, O'Kelly de Galway font, aux curieux, les honneurs
de notre salle, et l'un de nos adhérents nouveaux, M. Grangez, s'est donné la
tâche d'achever rapidement le classement de nos archives.
Des rapports plus étroits
s'établissent entre les archéologues. Vous recevez mensuellement les bulletins
de la Société historique des VIIIe
et XVIIe arrondissements, de la Cité, d'Auteuil-Passy, du
Vexin, de l'Histoire de Paris et de l'Ile-de-France,
du Vieux Papier, le Journal des Curieux, etc.
Par M. Greder nous sommes en communication avec la « Société pour la Protection des Paysages » ; or, quel point de Paris mérite, autant que la Butte, le respect de certains sites, de points de vue merveilleux tendant à disparaître ?
Le 3 février dernier, M.
Augé de Lassus faisait, sur Montmartre, au Cercle de la Librairie, une
conférence savante et des plus spirituelles, et ce qui démontre le prix attaché
par les érudits aux trésors de la butte, c'est qu'à la même séance M. Ch.
Normand reportait, à la Société des Monuments parisiens dont il est le
président, le mérite d'avoir provoqué la restauration de notre vieille église.
Cet honneur est revendiqué hautement et exclusivement par notre Société. M.
Wiggishoff, votre président, s'employa activement à cette tâche, et le «Vieux
Montmartre » fut assez éloquent pour qu'en dépit de ses idées philosophiques,
M. Fournière, conseiller municipal du quartier à cette époque, fit, dans
l'intérêt de l'art, voter les fonds nécessaires à la conservation de ce joyaux
du XIIe siècle.
Cette année, M. Pressac soutenait une thèse sur Montmartre, sa vie historique […] d’organiser des conférences sur les sujets qui nous sont chers.
M. le Dr
Ollivier, l'un des nôtres, fait connaître la constitution géologique de notre
sol aux cours de l'Université Populaire, rue Marcadet.
Réciproquement, plusieurs
d'entre nous se sont rendus à l'invitation de M. Mareuse pour visiter le
Mont-Valérien avec la Société des VIIIe
et XVIIe arrondisse-
- xlvij -
ments qu'il préside. Entre temps,
celle du Vexin vous appelait à une excursion à Lyons-la-Forêt et Mortemer et le
Ministre de l'Instruction Publique vous conviait au 43e Congrès des
Sociétés Savantes à Alger, comme au 3e de l'Art public à Liège.
***
Nul n'ignore l'attraction de Montmartre sur les
artistes de tout temps. Peintres, graveurs, dessinateurs s'y inspirent et font
concurrence aux colonies de Barbizon et de Marlotte. M. Wiggishoff vous a cité
le peintre Michel, l'un des plus abondants de nos illustrateurs, Canella qui
exposait en 1827, Charles Marie Bouton, dont une vue d'intérieur de l'église
Saint-Pierre faisait partie de
Dans les œuvres modernes, et pour ne donner que quelques noms, nous citerons les pastels de Louis Morin, les peintures de Lépine et de Lambert-Fouras, les eaux fortes de Taverne, de Lefèvre, sans compter nombre d'autres, jalousement cachées dans certaines collections particulières.
Les vues de Montmartre ont
été le grand attrait de l'exposition photographique de cette année. MM. Perrot,
Cortaillod et O'Kelly de Galway ont analysé ce concours et, avec M. de
Quellern, enrichi notre Musée de clichés personnels.
Pour terminer cette série,
citons de suite les dons suivants :
De M. de Crauzat, l'Hiver en 1879, place Bréda, gravure de
Félix Buot ;
De M. Fleurentin, gravures
de Goudezski, les places Clichy et de Moncey ;
De M. Bargallo, vue prise de
la Butte en 1835 ;
De M. de Quellern,
De M. Barbier, plans de
chemin de fer souterrain et de boulevards en terrasse à Montmartre, dressés en
1891 et 1897 par Ch. Ladame, ingénieur ;
De M. Wiggishoff, études
pour le morcellement de
De M. Cazalières, les Echafaudages économiques et la Construction pratique, pour des
articles sur le défi au goût public qui s'appelle l'église
Saint-Jean-l'Evangéliste ;
De M. Perrot, projets
exposés lors du concours pour le Sacré-Cœur et portrait présumé de la dernière
abbesse de Montmartre ; de M. Gaignette, album des Etablissements Dufayel.
***
Les périodiques, les
journaux, affiches, circulaires, programmes recueillis sur Montmartre abondent,
à chaque séance. MM. Greder, A. Meusy, O'Kelly de Galway, Grangez, Heusch,
Wiggishoff, Le Senne, Gaignette et surtout Cortaillod pourvoient à cet afflux.
Dans cet amoncellement il s'agit parfois d'un épisode quelconque de la vie
courante, mais n'est-ce pas de ces fétus que s'alimente le foyer de l'histoire
contemporaine ? Ne sommes-nous pas curieux de retrouver dans les annales
du temps des épisodes insignifiants à l'époque, mais qui éclairent d'un jour
particulier les mœurs de nos aïeux ?
Ne faisons pas fi de ces
brimborions. Ils complètent les Mémoires particuliers si prisés aujourd'hui et
donneront, du XXe siècle, une physionomie plus exacte que celle
résultant de souvenirs et de traditions réunis après coup.
***
- xlviij -
Notre bibliothèque, compte dans ses rayons, depuis décembre dernier :
Montmartre et Clignancourt,
de Léon Michel de Trétaigne, don de M. Fleurentin ;
Promenades à pied autour de
Paris, de M. A. Mareuse, don de M. Le Senne ;
Discours de M. de Trétaigne,
maire de Montmartre, à la distribution de prix du 13 août 1859, don de M. le Dr
Chandebois ;
L'ami de l'Ordre, opuscule de Jérôme Jean Tharaud, don de M. de Crauzat ;
Annuaire statistique de la Ville de Paris, pour 1902, don de M. Gaignette ;
Roman d'Elie Berthet
(l'auteur en a placé les épisodes préhistoriques à Montmartre), don de M. A.
Meusy ;
Le Baptême civil à
Je citerai enfin des objets
divers glanés au cours de nos séances : échantillons de marne de la butte
apportés par M. Ch. Cortaillod ; ossements trouvés dans les fouilles du
Sacré-Cœur en 1872, remis par M. Fleurentin ; une grande et belle affiche du
Moulin-Rouge, offerte par M. Valentin, que nous n'avons pas encore le plaisir
de compter parmi nous ; la bannière et les trophées remportés de 1901 à 1904
par la société les « Nobles Gueux. » Nos joyeux concitoyens nous les transmirent
par les soins de M. Delarbre.
***
Si le « Vieux Montmartre » se bornait à faire œuvre de collectionneur, sa mission serait bien incomplète. Les objets classés dans un musée ont une valeur relative, discutable même si les conservateurs n'appuient pas de documents l'authenticité des pièces exposées. L'histoire moderne s'édifie pierre à pierre de faits quotidiens qui surgissent fortuitement.
Pour le passé il faut sonder
les alluvions accumulés par la marée des siècles, passer au crible de la
critique les fragments découverts et, à l'aide de monuments anciens encore
debout, fixer l'âge des individus et des choses ; en un mot, reconstituer la
vie antérieure à la lumière de la science.
Sous forme de conversations
ou d'écrits, vous avez apporté, cette année comme les précédentes, Messieurs et
chers collègues, votre appoint à la monographie montmartroise.
M. Wiggishoff nous entretient d'Adèle, abbesse de Montmartre en 1154-55, des Gauthier de Clignancourt, père et fils (1232-1262), et d'une demoiselle de Romanet, épouse de Racine, dont la parenté avec les derniers seigneurs de Clignancourt nous intéresserait.
M. Pierre Delcourt signale
une carrière exploitée autrefois à l'emplacement des boulevards extérieurs,
entre les gares du Nord et de l'Est.
M. Désiré Lacroix, évoque le
souvenir du général Travot, mort à Montmartre en la maison du Dr
Blanche qui vit aussi la fin de Legouvé père.
D'après M. George, Murger
habita rue de l'Orient dans le local actuel de l'imprimerie Berger.
M. O'Kelly de Galway dépeint
un héros montmartrois : le capitaine Bonsergent.
- xlix -
M. Ch. Cortaillod extrait de ses notes quotidiennes plusieurs éphémérides locales.
M. Lazard parle de Bric-à-brac, ouvrage de Gris, et décrit
les troubles provoqués par la procession de la Fête-Dieu à Notre-Dame de
Lorette en 1752.
Bien avant ses chansonniers,
le nom de notre butte était célèbre. Sans parler du couvent, le
« Petit-Montmartre », à la Ville-l'Evêque, près la Madeleine, nous
connaissons par renseignements réciproques, un bois Montmartre près
Boissy-en-Brie, une mine Montmartre dans la région de Saint-Etienne, une
colline Montmartre dans l'Yonne, voire même un village de ce nom au Canada.
M. Le Senne analyse le quadragésimal spirituel, premier ouvrage
imprimé ici en 1521 et provenant du fond de l'abbaye. Il rédige aussi une
notice sur Ferdinand de Guilhermy.
M. de Crauzat communique des notes détaillées sur la porcelaine de Clignancourt. M. Prod'homme exhume une lettre curieuse d'un indigène de ce terroir, en 1814 et relate la promenade du Bœuf gras à Montmartre en 1830.
M. Gaignette donne les
causes du maintien d'une fontaine, plutôt gênante, au milieu de
M. Artus fait la récolte des
feuilles... manuscrites écloses sur notre sol. On en formera un bouquet pour le
prochain fascicule.
M. Capon nous fait pénétrer
à sa suite dans les petites maisons dont le XVIIIe siècle orna
Enfin M. Perrot établit la
liste des ouvrages de Barginet, nous lit une lettre galante du comte de Bridge
en 1781, signale la pseudo-exposition du trop fantaisiste Ellina, parle des Burgraves à Montmartre et clôt notre session
par une proposition ingénieuse.
Toutes nos séances ne
comportent pas des communications de longue haleine et quand, clans une
causerie, surgit inopinément un sujet à controverse, il est difficile de
fournir, sur l'heure, les arguments pour ou contre la thèse soutenue. Notre
collègue émet donc le vœu de voir inscrite à l'ordre du jour de nos réunions
mensuelles, pour être discutée ultérieurement, une question spécifiée. Donnant
à nos conversations un but déterminé, cela provoquera, en même temps, la solution
de problèmes qui fussent sans doute restés insolubles.
***
Le destin nous sépara cette année de M. Lionel Bonnemère, de M. Passedoigt, ancien membre, et de M. Douillet, adjoint au maire, l'un de nos ouvriers de la première heure.
Nos morts emportent chaque
jour dans la tombe, avec la terre qui les recouvre, une parcelle de nous-mêmes
et, les voyant disparaître, nous crions le nevermore
du poète.
D'autres collègues nous ont
quitté pour des causes diverses, mais nous laissent au moins l'espérance de les
servir un jour parmi nous, ce sont : MM. Amm, Becquer, Becquet, Boltz,
Brunzwig, Caffin, Chapotot, Damour, Dumont, Georges Dupont, Fabre, Dr
Gaube, Lusley, Dr Perrachon, Rozier et Villain.
Par contre, MM. Edmond Roz, Feltesst,
Depouilly-Daudin, Wiggishoff fils, Désiré Lacroix, Bargallo, de Quellern,
Barrier, colonel de Guilhermy, Tausin, Debacq, Jacques Parès,
Reygasse-Villeneuve, Fleurentin, Héraud, Léon Renaud,
- l -
Berthier-Tache, abbé Fesch, Grangez, Poirson et
Cornet sont venus grossir nos rangs. Nous les recevons avec franche cordialité
et les convions à nos travaux.
En même temps, nous nous sommes réjouis des récompenses honorifiques conférées à nos collègues.
Cette année, M. Desclers a
reçu les palmes ; M. Louis Radiguer fut récemment lauréat de l'Académie
française et l'Académie des Sciences a décerné l'un de ses grands prix à M.
Frémont, ingénieur civil, l'un de nos membres les plus distingués. Nous
joignons nos compliments à ceux, plus intimes, qui accueillirent les
bénéficiaires de ces distinctions quand elles leur furent données.
***
MESSIEURS ET CHERS
COLLÈGUES,
En dépit de nombreuses difficultés, - souvent d'ordre pécuniaire, - vous poursuivez votre tâche depuis de longues années.
Soyez satisfaits des
résultats obtenus. A la façon des termites, pénétrez dans l'arbre de science.
Quelle que soit la dureté de l'écorce, vous franchirez l'aubier, vous
atteindrez le cœur.
Permettez-moi surtout de vous féliciter du but poursuivi. Ce n'est pas, en effet, la vaine curiosité de trouver une solution inconnue, la satisfaction d'élucider un point obscur qui vous fait agir. En étudiant, en aimant ce lopin de terre qui plane à une extrémité de la Capitale, c'est à la France entière que nous rendons hommage.
A l'heure triste des
défaillances intellectuelles, il est sain de se rattacher, de se cramponner,
pour ainsi dire à la terre nourricière, d'en remémorer les ancêtres, d'en
exalter
Le Secrétaire
général,
Eug.
GAIGNETTE.