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LE VRAI CREDO DU PAYSAN
Paroles de MARC-HÉLY - Air : Parigot et Paysan
I Au temps où il faisait beau temps, J'ai rencontré Jean l' paysan. — Bonjour, pèr' Jean, comment qu' ça va ? — Quen ! l' Parisien... Bonjour mon gars : — Croyez-vous, pèr' Jean, qu'il fait beau, L' gredin d' soleil comme il est chaud ! — Oui, mon fieu, c'est un' bell' saison, Qu'il m'y répond, mais ça n' vaut rien d' bon ! Pour peu qu' ça dure encore comme ça, L' prix d' la légum' s'en r'ssentira, Les poirieaux resteront chétis, Les org's et les avouenn's aussi.
Refrain C'est dir' qu'il n' pouss'ra rien du tout. Et dam' quand y en a pas beaucoup, Quand j' récoltions peu, c'est bien clair, J' suis forcé de compter pus cher. Et d'une année su' la suivante, C'est pour ça qu' la légume augmente.
II Un jour qu'il pleuvait à torrent, J'ai rencontré Jean l' paysan : — Bonjour pèr' Jean, comment qu' ça va ? Que pensez-vous d' ce p'tit temps-là ? Si la légume a besoin d'eau, Y aura d' l'oseille et du poireau. Mais le pèr' Jean a répondu : — Mon pauv' gars, si ça continu' Avec ce satané temps d' chien, On n' récoltera quasiment rien. Nout' blé va pourri' dans les champs, Les poum' de terr' tout pareill'ment.
Refrain
III Je suis parti triste et contrit, La vill' tout un an m'a repris. A mes vacanc's l'été suivant, J'ai retrouvé mon vieux pèr' Jean. Il f'sait ni trop froid ni trop chaud, Y avait du soleil, y d' l'eau. Tout s'annonçait superbement. — Pèr' Jean, lui dis-je : Etes-vous content ? Il m'a dit oui... il m'a dit non ! Il m'a dit : J' crois qu'y aura du bon, L' tout est de n' point s' laisser duper Quand l' moment vient de s' rattraper !
Refrain C'est pas quand il n' vient rien du tout Qu'on peut prétend' gagner des sous, Mais c'est quand tout vient à foison Qu' faut profiter d' l'augmentation. Quand la récolte est abondante, Il faut bien qu' la légume augmente.
IV J'ai r' vu l' père Jean à l'aut' saison ; Il était en complet veston ! Et j'ai compris sans le moindre effort Qu' la légume augment'rait encor ! L'année suivant' il f'sait trop chaud. Mais l' pèr' Jean avait son auto. Et je m' suis dit qu' la pomm' de terr' Allait monter rud'ment c't hiver. Mais ça y était, j'avais compris L' mystère de l'inflation des prix, Dans lequel la chaleur ou l' froid N'ont pas l'importanc' que l'on croit !
Refrain Ça pouss'ra-t'y peu ou beaucoup, L' Pèr' Jean m'a dit : « Dans l' fond j' m'en fous, Qu'on en ay' trop, qu'on en ay' pas, Comm' on est sûr dans les deux cas, Qu' les poir's s'ront toujours abondantes. Il faut bien qu' la légume augmente.
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La dernière mise à jour de ce site date du samedi, 26. février 2011 11:26 +0100