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J’ VEUX PAS QU’ON M’ PRENNE POUR UN AMÉRICAIN
Paroles de Géo JOUSSAIN (Août 1926) – Musique de HERPIN A Mme et M. Ravarit
Y a pas d'erreur, v'là qu' ça barde à Montmertre. Qu'est-c' qu'on leur pass' à Messieurs les Yankees ! Les habitants de la place du Tertre Vous les engueul'nt comm' du poisson pourri. Ont-ils raison ? Ont-ils tort ? Moi, je n'ose Me prononcer… Mais y' a un fait certain ; D'or's et déjà, je demande une chose : J’ veux pas qu'on m' prenn' pour un Américain (bis).
Alors, ma foi, de façon fort habile, Pour que n' puiss' pas s' tromper l' populo, Je parle argot comme un mec de Bell'ville Et j' prends l'allur' des apach's de Carco. Puis, j' viens d'avoir une idée épatante : Je n' me ras' plus. A partir de demain, Je laiss' pousser mon bouc et mes bacchantes. J' veux pas qu'on m' prenn' pour un Américain (bis).
J' portais jadis de gross's lunett's d'écaille Pour renforcer mes yeux un peu faiblards ; Mais, n' voulant pas que de moi l'on se raille, J' les ai enl'vées ; j' n'ai plus un' têt' « Dollar ». Hélas ! maint'nant que j' n'ai plus mes verres, Comm' je n'y vois pour ainsi dire rien, Je m' casse la gueule dans tous les réverbères, Mais on m' prend pas pour un Américain (bis).
Tous les Yankees, ça c'est un fait notoire, Quand ils sourient, exhibent – c’est fort laid – Un coffre-fort ouvert dans leur mâchoire Où l'or scintille au milieu d'un « Palais ». Moi, j'inaugure un' méthode ingénieuse : Plus d' dents en or ! Je mets, c'est très malin, Du franc-papier pour boucher mes dents creuses. J' veux pas qu'on m' prenn' pour un Américain (bis).
Nos courtisanes, aux gens d'outre-Atlantique Font des sourires, pour leur « fric », ça c'est clair. Et, comm' ils donn'nt des sommes mirifiques, Ell's les reçoiv'nt toujours à « draps » ouverts. Moi, je repousse les avances câlines Des vieill's rombières aux charmes incertains. Ça n' me dit rien d' m'amuser sur des ruines. J' veux pas qu'on m' prenn' pour un Américain (bis).
Pendant la guerre, aux heures de détresse, Les braves Sammies, pour nous pleins d'attentions, Eurent, dit-on, l'exquise gentillesse D' favoriser notre r'population. Puis, après quoi, il's prir'nt bien vite la fuite, Laissant les mères, les lardons dans l' pétrin. Quand j'ai un goss' moi, j' le r'connais, tout d' suite. J' veux pas qu'on m’ prenn' pour un Américain (bis).
Nos chers Alliés, dans les boît's à champagne, Prenn'nt des muffées avec nos bons vieux vins. Puis, en sortant, ils battent la campagne. Faut bien, tout d' mêm' qu'ils s' batt'nt avec quelqu'un. Moi, j' vous avoue que maintenant j'hésite A boire un verre au p'tit bistrot du coin. Des fois que j' vienne à ramasser la cuite. J' veux pas qu'on m' prenn' pour un Américain (bis).
Quand un ami se trouv' dans la débine, J' fais c' que j' peux pour l' tirer d'embarras ; Mais, sans chercher à monter un' combine, Ni à savoir combien il me rendra. J' me permets pas, après tout c'est p't' êtr' bête, D' fair' du commerce avec un vrai copain, Et je n'os' pas lui réclamer sa « Dette». J'ai peur qu'il m' prenne pour un Américain. J' veux pas qu'on m' prenn' pour un Américain.
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La dernière mise à jour de ce site date du samedi, 26. février 2011 10:44 +0100