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SIGNES EXTÉRIEURS
Paroles de René DORIN – Musique de ZIM
Le fisc a déjà le nez dans nos caisses Mais ça n'est pas tout, nos législateurs Veul'nt qu'il évalue maint'nant nos richesses D'après l'aperçu des sign's extérieurs. Les sign's extérieurs ! Ah ! Ils exagèrent ! Après tant de chos's que l'on nous taxa, C'est à se taper le derrièr' par terre ! Les sign's extérieurs !... Ah ! ne fait's pas ça !
Car, législateurs, vous n'êt's pas si bêtes Que certains de vous peuv'nt en avoir l'air Et vous pensez bien que chacun s'apprête A déjà paraître un p'tit peu moins fier. Vous allez casser, vous allez abattre Le plus grand ressort de l'humanité Qui nous fait agir, qui nous fait combattre Vous allez tuer notre vanité !
Chaqu' jour nous voyait lutter davantage, Pour quelle raison ? ou pour quel besoin ? Le besoin profond, le besoin sauvage Le besoin puissant d'épater l' voisin : « T'as un chapeau neuf, moi, j'ai des bottines. - Ah ! t'as des bottin's, moi j'ai un manteau. - T'as un' torpédo, j'ai un' limousine, - T'as un' Citroën, j'ai une Hispano !
Chacun pour montrer les sign's d'un' richesse, Que souvent, d'ailleurs i' n' possédait pas, Comme un forcené travaillait sans cesse Et par son effort soutenait l'Etat. Mais sous la menac' des taxes dernières Epater l' voisin dev'nant périlleux Vous nous verrez tous jouer au contraire A qui paraîtra le plus malheureux.
« T'as plus d' torpédo ? j' n'ai plus d' limousine. - T'as plus ta Citron, j' n'ai plus d'Hispano. - Tu n'as plus d' manteau, moi j' n'ai plus d' bottines. - Tu n'as plus d' bottin's, moi j' n'ai plus d' chapeau !... Là-bas dans ce coin, les pieds sans chaussettes Quel est ce pauvre homm' si mal habillé C'est Monsieur d' Rothschild qui gaiement achète Un p'tit cornet d' frits pour son déjeuner.
Par ici, voyez, c'est la Mistinguette Ell' n'a plus sept sous pour prendr' son métro Volterra la roul' dans un' p'tit' brouette Pour qu'elle aill' bosser à son casino. Plus loin, la sueur perlant aux aisselles, Madam' la duchess' d'Uzès, c'est un nom ! Eh ! bien, c'est ell'-mêm' qui fait sa vaisselle Et pass' son fourneau à la min' de plomb.
De Verra Sergin', là ce sont les formes Qu'un châl' de coton peut à pein' voiler... Ah ! nous allons voir des choses énormes ! (Ce n'est pas des form's que je veux parler) Et le mouvement se généralise Monsieur de Fouquièr's porte des sabots Et Raymond Duncan n'a plus sa chemise L'uniqu' vêtement qui cachait son dos.
Rev'nant (pour la rim' disons) du Hanôvre Les Dolly's sisters chez Monsieur Dufrên' Se font appeler « Les p'tit's soeurs du pauvre ! » Je vois en mendiant Monsieur Citroën Seul' Madam' Cora, la très grande actrice Garde en souriant son poste d'honneur Car de Mogador, être directrice N'est point de richesse un signe extérieur !
Les sign's extérieurs ! Ah ! La farce est bonne Vers quel avenir nous conduisez-vous ? Mais tout va sombrer voyons, si personne Ne peut plus montrer qu'il possède un sou ! Et journellement, de fil en aiguille, Vers l'humilité, nous acheminant, Dans chaque provinc', dans chaque famille Nous retournerons au commencement.
Nous retrouverons de nos premiers pères Les premiers instincts simples et brutaux Et la vie heureus' de l'âge de pierre Sans ambition, sans lois, sans impôts... Davantage encor', comm' des bêt's féroces Petit à petit, on redeviendra Et quand nous serons comm' des bêt's féroces O législateurs, on vous mangera !
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La dernière mise à jour de ce site date du samedi, 26. février 2011 10:42 +0100