René Dorin 02

 

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LES COUPS D’ PIED DANS L’… QUI SE PERDENT

 

Paroles de René DORIN – Musique de TRÉMOLO

 

Amicalement à Montels

 

I

Il se peut que l'on m'enjoigne

De baisser un peu la voix

Mais la colère m'empoigne

Quand je vois ce que je vois.

Et peut-on dire mes frères

Que les hommes sont égaux

Quand on sait qu'il est sur terre

Tant de fameux saligauds ?

Ad lib.

Tant de brutes malfaisantes,

De mufles et de goujats,

De crapules dilettantes,

Et d'amateurs scélérats.

Tant de grossiers personnages,

D'imbéciles satisfaits,

Qui vont sur notre passage

Multipliant leurs méfaits.

Je préfère, je l'assure,

Un honnête et franc bandit

Qui porte sur la figure

La couleur de son esprit.

A ces, « trompe-la-justice »

Qui peuvent impunément

Sans attirer là police,

Embêter les braves gens.

Contre cette race immonde,

Pour armer notre courroux,

Amis, chantons à la ronde

Ce refrain de mauvais goût.

 

Refrain

Il y a des coups, d' pied dans 1'...

Qui se perdent (bis)

Grandes seraient leurs vertus

Quel dommag' qu'ils soient perdus.

 

 

II

C'est le pique-assiette aimable

Qui chez vous avec amour

A l'heure où l'on met la table

Vient vous souhaiter le bonjour.

Puis, pour commencer la fête,

Ironiquement vous dit

Qu'il adore les crevettes

Quand on lui sert des radis.

Ad lib.

C'est l'invité sans vergogne

Qui derrière votre dos,

S' lav' les mains à l'eau d' Cologne

Et s' les essuie aux rideaux,

Qui fait reluir' ses chaussures

Avec un coin du tapis

Et qui pour peu qu'on l'endure

Ferait pis et deux fois pis.

C'est l' vieil ami d' la famille

Qui pelote ouvertement

Les nichons de votre fille

En disant : « C'est une enfant ! »

C'est encor le faux bonhomme

Toujours doux et souriant

Et qui froid'ment vous assomme

Sous couleur de compliments

A votre femme il marmotte :

« votre mari ? Ah ! la la !

C' qu'il joue bien à la belote !

Mais dame ! i' n' sait fair' que ça. »

Ou bien encore il roucoule :

« Ce vieux Pierre ! Il fallait l' voir,

Ah ! c' qu'il en a eu des poules

Madame, avant d' vous avoir. »

Au refrain

 

 

III

C’est celui qui dans la rue

A l’amante que j’aimais

Osa dire : « Espèc’ de grue ! »

Comme s’il la connaissait

C’est celui qui vocifère

Qu’il n’a pas besoin vraiment

D’apprendre que votre mère

Fit un singe en vous faisant.

Ad lib.

C'est l'apprenti mauvais drôle.

Couvert d'huile ou de plâtras

Et qui contre vous se frôle

En disant : « Tiens ! T’en auras ! »

C’est ce fumeur, mad’moiselle

Qui vous demand’ trop poli :

« La fumée vous dérang’-t-elle ! »

Quand son cigare est fini.

C’est la foule qui s’impose

Dès qu'arrive un accident

Et qui dit : « C'est pas grand' chose ! »

Avec un air mécontent.

Tous les jours le même drame

S'écoule inlassablement :

On attend, la mort dans l'âme,

Un autobus inclément.

Et l'on perd toute espérance.

Puis enfin on l'aperçoit

Et l'on brandit à l'avance

Le numéro... cent trent' trois !

Mais une main outrancière

Présente au dernier moment

Un billet d' l'année dernière !

« 67 ! »... et pass' devant !

Au refrain

 

 

IV

C'est l' percepteur insatiable

Qui non content d'encaisser

Les sous du pauv' contribuable

L'engueul' par-dessus l' marché.

Au théâtre, la caissière,

Qui peut vous faire rater

Un acte ou la pièce entière

Si telle est sa volonté.

Ad lib.

Il y a le snob qui constate

Haut et fort avec mépris

Que votre noeud de cravate

Indique un manque d'esprit.

Il y a le petit jeune homme

Qui déclar' lui, sombre idiot :

« Il était quelconque, en somme,

Ce Monsieur Victor Hugo ! »

La d'moisell' du téléphone

Qui vous hurle : « Raccrochez,

C'est pas libre » : ou « Y a personne »

Sans savoir c’ que vous d’mandez.

Il y a l’ boy-scout en délire

Qui toise un ancien poilu

Avec un air de lui dire :

Hein ? Crois-tu qu’on les a eus ?

Il y a les va-t-en guerre

Qui vous parlent sans arrêt

De la prochaine dernière

Comm’ si déjà ça y était.

Les mêm’s qui, le cœur à l’aise

Autrefois nous ont chanté

Sur l’air de la Marseillaise !

« Frèr’s ! armons-nous et partez… »

J’en passe comme l’on pense

Mais je n’en finirais pas,

Car en mille autr’s circonstances

Il y a… Il y a… Il y a…

Au Refrain

 

 

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La dernière mise à jour de ce site date du samedi, 26. février 2011 10:38 +0100