Raymond Bartel

 

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LES MARTYRS DU MÉTRO 

 

Paroles de Raymond BARTEL - Musique de HERPIN

 

 

I

Les gens qui prennent le métro,

Les p'tits, les grands, les gras, les gros,

Les prolétaires,

Sont des voyageurs... au long cours,

Que l'on enfouit... avec le jour,

Six pieds sous terre !

 

II

Au ras du sol, un trou béant

Les absorbe ! Ces mécréants

Point ne résistent !

Mais au contraire, ils vont, ils vont...

Sans savoir s'ils ressortiront :

Ah ! que c'est triste !

 

III

Ils s'accrochent à un guichet,

Où Caron leur donne un billet

A double usage.

Puis ils s'éloignent à grands pas,

Car derrière eux, d'autres sont là,

Qui pleurent et ragent !

 

IV

Ils descendent des escaliers,

En s'écrasant le bout des pieds, -

Inexorables !

Au passage, des barr's de fer

Leur pénètrent dedans la chair

Les misérables !

 

V

Alors, dans un suprême effort,

Ils écartent les bras, les corps,

Mais sur leurs faces

Se referme le portillon :

Ils restent là... comm' des couillons !

Et le train passe !

 

VI

Enfin, c'est l'instant solennel :

Une autre rame, sous le tunnel,

Rampe et crépite,

Stoppe un instant : nul n'en descend ;

Aveugles, sourds, les assaillants

S'y précipitent !

 

VII

Ils recherchent sans rémission,

La quatrième dimension.

Sombres, farouches.

Ils prodiguent des uppercuts ;

Puis le chef de train fait : « tut ! tut ! »

Avec sa bouche.

 

VIII

Pieds contre pieds, seins contre seins,

Ils songent à l'auto-vaccin,

Qui tue la foule...

Intoxiqués, dans leurs wagons,

Ces martyrs sont des moribonds,

Qui roulent, roulent...

 

IX

Ils respirent - affreux péril ! –

L'arôme, le parfum subtil,

Des chaussett's russes ;

S'ils frôlent d'aguichants appas,

C'est bien souvent - n'en doutez pas -

Pour le roi d' Prusse !

 

X

Ils rêvent de pays merveilleux

Mais s'ils entr'ouvr'nt un peu les yeux,

- Quelle hantise !

Ils voient défiler sans arrêt,

Des « Dubonnet », des « Dubonnet ».

Boisson qui grise !

 

XI

............................

Enfin, dans un terrible bruit,

Le train fatal a ralenti ;

Il entre en gare...

Et ces pauvres « emprisonnés »

Sans ironie - sont arrivés,

A Saint-Lazare !

 

 

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La dernière mise à jour de ce site date du samedi, 26. février 2011 10:35 +0100