Versailles 2

 

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début de la visite

 

le Bassin de Latone, par Gaspard (v. 1625-1681) et Balthasar (1628-1674) Marsy. Au fond, le Tapis vert et le Grand canal

 

le Bassin de l'Obélisque

 

Chevaux d'Apollon soignés par les Tritons, par Gaspard (v. 1625-1681) et Balthasar (1628-1674) Marsy (Bosquet des Bains d'Apollon)

 

la France triomphante, par Jean-Baptiste Tubi, Antoine Coysevox et Jacques Prou (1655-1706)

 

Bosquet des Rocailles ou Salle de bal. Vases de Le Hongre. Torchères de Pierre Mazeline (1632-1708) et Jouvenet

 

la Colonnade [1685-1688] de Jules Hardouin-Mansart (1646-1708)

 

la Colonnade [1685-1688] de Jules Hardouin-Mansart (1646-1708)

 

l'Enlèvement de Proserpine par Pluton, groupe de François Girardon (1628-1715), au centre de la Colonnade

 

Bassin de Flore ou du Printemps, par Jean-Baptiste Tubi (1635-1700)

 

Bassin de Cérès ou de l'Eté, par Thomas Regnaudin (1627-1706)

 

Bassin de Bacchus ou de l'Automne, par Gaspard Marsy (v. 1625-1681)

 

Demi-lune d'Apollon : Jupiter, terme par Charles Jacques Clérion (1639-1714)

 

Demi-lune d'Apollon : Syrinx, terme par Mazière

 

l'extrémité du Tapis vert, le Char d'Apollon et le Grand canal

 

Bassin d'Apollon : le Char d'Apollon, par Jean-Baptiste Tubi (1635-1700)

 

le Grand canal

 

le Grand Trianon [1687], par Jules Hardouin-Mansart (1646-1708)

 

le Grand Trianon, façade est sur le Jardin du roi

 

le Grand Trianon, extrémité de la façade ouest

 

le péristyle du Grand Trianon

 

l'Amphithéâtre : Bassin des Quatre Nymphes (Jardin du Grand Trianon)

 

le Buffet, par Jules Hardouin-Mansart (1646-1708)

 

le Petit Trianon [1762-1768], par Jacques IV Ange Gabriel (1687-1782), façade ouest, vue du Jardin français

 

le Petit Trianon, façade nord

 

le Petit Trianon, façade nord

 

le Pavillon du Jardin français [1749-1753], par Jacques IV Ange Gabriel (1687-1782) (Jardin du Petit Trianon)

 

le Belvédère [1778-1781], par Richard Mique (1728-1794) (Jardin du Petit Trianon)

 

le Temple de l'Amour [1778], par Richard Mique (1728-1794) et Deschamps (Jardin du Petit Trianon)

 

le Hameau [1783-1784] : la Maison de la Reine

 

Aile gauche de la Maison de la Reine

 

la Laiterie du Hameau

 

la Laiterie du Hameau

 

le Grand canal, vu de la terrasse du Grand Trianon

 

 

HISTORIQUE

 

 

Au début du 17e siècle, Versailles n'était qu'un tout petit village entouré de collines boisées. Louis XIII, taciturne et grand chasseur cherchant une région solitaire pour se livrer à son plaisir favori, acheta à la famille des Gondi la Seigneurie de Versailles. Il y fit construire par l'architecte Le Roy, en 1631, un petit château avec un jardin à peine ébauché.

 

Louis XIV, dans sa jeunesse, vint quelquefois chasser à Versailles et s'attacha à cette demeure que ses modestes dimensions permettaient de transformer. Il entrevit la possibilité de réaliser une œuvre personnelle, digne de sa jeune gloire, qui surpasserait les fastueuses demeures que des parlementaires et des financiers, comme Fouquet au château de Vaux, venaient à peine de terminer. Après l'arrestation de Fouquet., Colbert engagea au service du roi, pour Versailles, tous les artistes qui avaient travaillé à Vaux. C'est ainsi que le petit « château de cartes » de Louis XIII fut métamorphosé en palais par l'architecte Le Vau et que, dans les bois qui l'entouraient, fut dessiné par Le Nôtre le parc grandiose que nous admirons aujourd'hui. A partir de 1678, Mansart compléta l'œuvre de Le Vau au Palais et collabora avec Le Nôtre pour l'achèvement du parc.

 

Pour Louis XIV Versailles ne fut, au début, qu'une agréable résidence d'été dont les jardins formaient un cadre incomparable à ses fêtes somptueuses : celles de 1664 pour Mlle de la Vallière et de 1668 pour Mme de Montespan sont restées célèbres. Ce n'est qu'en 1682 qu'il se fixa définitivement à Versailles avec sa Cour et y transféra le siège du gouvernement.

 

Louis XV ne l'habita qu'à partir de 1722, mais Louis XVI s'y installa dès son avènement. La famille royale quitta définitivement Versailles après les tragiques journées des 5 et 6 Octobre 1789. La Monarchie abandonnait pour toujours le Palais du grand Roi qui, sous Louis-Philippe, devint un Musée historique, le « Musée de toutes les gloires de la France ».

 

***

 

Le Nôtre tout en s'inspirant des plus célèbres jardins italiens créa, à Versailles, le Jardin français aux vastes perspectives, aux massifs d'arbres harmonieusement répartis, aux parterres de fleurs géométriquement dessinés. Ce décor est complété par les eaux jaillissantes ou calmes des bassins et peuplé de statues de marbre ou de bronze.

 

Au cours des siècles, de nombreux changements de détail furent apportés aux bosquets et aux fontaines, mais le plan initial fut respecté. Une grande terrasse isole le château et en fait ressortir toute la majesté ; elle est ornée des deux bassins du Parterre d'Eau. De chaque côté, des parterres de fleurs et de buis dominent ; au midi, l'Orangerie construite par Mansart (1684 à 1686) ; au nord, l'Allée d'eau et le Bassin de Neptune (terminé en 1740 sous Louis XV). On accède au second plan par la majestueuse rampe de Latone et par le Tapis Vert, ancienne Allée Royale ; on atteint ensuite le Bassin d'Apollon ; au delà, le Grand Canal prolonge la perspective presque à l'infini, et de part et d'autre de grandes allées transversales découpent des masses d'arbres bien équilibrées. Dans cette verdure, un réseau d'allées plus étroites rayonne autour des Bosquets et des charmants Bassins des Saisons. A ce décor, dans lequel la nature est si disciplinée, Mansart ajouta l'élégante Colonnade aux marbres colorés (1688) et Hubert Robert la romantique Grotte d'Apollon (1776). Le parc n'a pas conservé ses arbres du 17e siècle qui, victimes du gel, durent être remplacés après le terrible hiver de 1709 ; la plupart de ceux que nous admirons de nos jours ont été replantés après l'hiver de 1879.

 

***

 

Pour agrandir son domaine, Louis XIV avait acheté tout le territoire du petit hameau de Trianon qui bordait le parc. Dès 1676 il y fit bâtir une petite maison d'agrément « à faire des collations et à passer quelques heures du jour pendant le chaud de l'été » que sa décoration de céramique blanche et bleue avait fait appeler « Trianon de porcelaine » ; des parterres l'entouraient et le roi venait y admirer les fleurs dont il aimait les couleurs et les parfums. Ce pavillon fut détruit et Mansart le remplaça par le Grand Trianon, gracieux palais de marbre rose entouré d'un agréable jardin dessiné par Le Nôtre. Au premier plan, des parterres permettent d'avoir un certain recul pour admirer l'ensemble du palais, une terrasse surplombe le bras nord du Grand Canal ; au second plan, des massifs d'arbres encadrent des bosquets et des fontaines ornées d'élégantes sculptures.

 

Louis XV habita souvent Trianon à partir de 1744 ; il fit agrandir le parc et trouva des distractions à son éternel ennui d'abord dans la petite « Ménagerie » (petite ferme) que fit installer Mme de Pompadour, puis dans un jardin fruitier et des serres, construits de 1743 à 1759, enfin, sous l'influence du célèbre savant Bernard de Jussieu, dans la création d'un jardin botanique aux arbres exotiques dont certains subsistent à l'heure actuelle.

 

Pour recevoir ses invités, le Roi fit construire par l'architecte Gabriel, en 1751, un pavillon « de compagnie et de jeu » qui porte maintenant le nom de Pavillon français. Mais une véritable habitation manquait encore à ce domaine, et Gabriel, chargé d'établir les plans d'un château de modestes proportions, réalisa ce chef-d'œuvre de l'architecture française du 18e siècle qu'est le Petit Trianon (1762-1768). Cette résidence, achevée après la mort de Mme de Pompadour à qui elle était destinée, fut occupée par Mme du Barry jusqu'à la mort de Louis XV, en 1774.

 

A son avènement au trône, Louis XVI donna le Petit Trianon à la reine Marie-Antoinette qui en fit son séjour de prédilection. C'est pour elle que l'architecte Mique, sur les plans du Comte de Caraman, créa le jardin, dans le style anglo-chinois alors à la mode. Il l'orna de délicates constructions, le Temple de l'Amour et le Belvédère (1778-1781), enfin il le compléta par le « Hameau » (1783-1786) où la Reine et ses amies jouaient aux bergères.

 

 

photographies de Jean ROUBIER

1947

 

[vous entendez l'Ouverture et des extraits du Ballet des Nations du Bourgeois gentilhomme de Molière et Jean-Baptiste Lully, interprété en 1972 par le Collegium Musicum de Paris dirigé par Roland Douatte (1922-Tours, 1992)]

 

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