J’AI CONNU MANGIN

 

PAR LE GENERAL INGOLD

 

 

 

 

SON GRAND FANION TRICOLORE EMPLIT DEVANT MOI LE PAYSAGE LORRAIN

 

 

« Il estimait à juste titre qu'une offensive vigoureusement menée est moins  coûteuse que des opéra­tions timidement conduites. Mais il aimait le soldat et, s'il voulait le voir victorieux, il faisait tout pour que ce fût avec le moins de sacri­fices possibles. »

 

Général WEYGAND

 

 

11 novembre 1918…

Rattachés à l'armée du général Mangin pour l'attaque en Lorraine, nous avions quitté une semaine plus tôt la Champagne et nous faisions étape en direction d'Arracourt. L'armistice allait-il être signé ?

Il était dix heures quand nous parvînt le sourd et long grondement d'une canonnade lointaine.

Allions-nous à une nouvelle bataille ?

Nous avons traversé un village sans bruit, respectant son silence. Nous avan­cions toujours.

Un autre village remplaça à notre ho­rizon le village abandonné.

Il avait, comme l'autre, son clocher, ses maisons, ses arbres, ses fermes iso­lées, mais il ne dormait pas, celui-là, au creux d'un vallon. Il avait voulu, depuis combien de siècles, dominer la terre bas­se et vivre dans l'air libre, le vent que souffle la fureur des orages. C'était un village orgueilleux.

Il nous vit venir de loin...

Soudain, le vent d'Est nous apporta le chant d'une cloche. Il venait tout droit du clocher orgueilleux. Son timbre avait une vie qui, d'instant en instant, palpitait avec plus de violence comme le coeur des soldats engagés dans les batailles.

Midi ! Etait-ce midi ?

Non, ce n'était pas midi. Un drapeau monta au sommet du clocher. Etait-ce le salut du village à notre arrivée ?

Non ! Ce n'est pas ainsi que les vil­lages accueillent les soldats, la veille des batailles...

La cloche battait à l'unisson de nos coeurs.

- Ecoute ! Ecoute ! disaient mes hommes.

Partout, maintenant, les cloches son­naient dans la campagne et les dra­peaux, sortis de l'ombre des armoires, se levaient vers le ciel. Au loin, la canon­nade s'était tue.

C'était la victoire !

Quelques jours plus tard, à la tombée de la nuit, nous traversions les lignes allemandes du secteur d'Arracourt, vidées par la déroute de leurs défenseurs. Puis nous avions atteint Moyenvic en ruines. Devant l'église se tenait notre colonel, le colonel Verdier, avec le drapeau du 7e colonial, sa garde... et quelques civils... Par compagnie, nous rendîmes les hon­neurs. Les civils pleuraient.

Cette nuit-là, je la passai avec mon commandant de compagnie, le lieutenant Bluze, surnommé « Vieux soldat ». Nous occupions une petite chambre abandonnée la veille par l'ennemi, une lampe électrique l'éclairait encore. Au mur pen­dait un grand calendrier... J'y écrivis, à la date du jour : « 19 heures, arrivée des Français. »

Le lendemain, notre régiment reprit sa Marche sur Dieuze. Dans la campagne, sur une grande corde, étaient posés un édredon rouge, un drap blanc, un tissu bleu. Il pouvait être 11 heures quand notre tête d'avant-garde, s'approchant de Dieuze, stoppa. Brusquement, nous nous rangeâmes sur deux rangs au bord de la route. C'est alors qu'une rumeur courut, venant de l'arrière de la colonne...

Mangin !

La portière de sa voiture était grande ouverte. Elle avançait à la lente allure d'un cheval de parade.

Pendant une fraction de seconde, son grand fanion tricolore emplit devant moi le paysage lorrain... Puis je le vis à un pas. Mangin souriait. Il nous regardait l'un après l'autre. Quand la voiture disparut, nous n'étions plus les mêmes.

C'était la victoire... la Victoire vivante qui venait de passer devant nous !

Aux heures sombres de 1940, j'ai pen­sé à cet instant-là.

 

 

 

A la revue du 14 juillet 1899, sur l'hippodrome de Longchamp, le commandant Marchand décore des tirailleurs que commande le capitaine Mangin

 

 

UN CERCLE DE FAMILLE

 

 

Le cercle de famille de Mangin, c'est un cercle lorrain, un cercle lorrain héroïque. Charles Mangin était le fils de Ferdinand Mangin, inspecteur général des Eaux et Forêts à Sarrebourg quand la guerre de 1870 éclata. Celui-ci connut les épreuves, de la France à cette époque les batailles perdues, notre douloureuse retraite, l'occupation allemande. L'ennemi était chez lui, autour de lui, il ordonnait. Les forestiers de Ferdinand se trouvaient placés sous le contrôle allemand et l'acceptation d'une solde de leur part constituait une adhésion au régime détesté. Cela, estimait Mangin, il fallait l'empêcher. Mais comment allait vivre son personnel ? La France ne pouvait plus rien pour eux. La gêne gagnait de jour en jour. Ferdinand Mangin, après avoir dépensé ses propres ressources pour l'entretien des gardes forestiers, franchit les lignes allemandes et se rendit à Grenoble où il rencontra Gambetta. Celui-ci le comprit... Mangin regagna Sarrebourg et distribua, dans la nuit même de son retour, la somme reçue qui correspondait à une année de solde. Les Allemands, mis au courant, le firent comparaître. Ferdinand Mangin répondit froidement : « C'est moi qui ai tout fait et j'en prends la responsabilité entiè­re. » On l'arrêta, avec Mme Mangin, et ils furent dirigés sur Nancy entre deux gendarmes aux ordres d'un officier bavarois. Là, ils furent interrogés par le gouverneur allemand de la Lorraine qui les garda prisonniers jusqu'à la fin de la guerre. Ferdinand Mangin devait pour­suivre sa carrière en Algérie comme conservateur des Eaux et Forêts.

Le service de la patrie est de tradition dans le cercle de famille des Mangin, service combien héroïque, combien douloureux souvent... Ferdinand Mangin aura quatre fils :

- Le premier, Henri, sera tué au Tonkin en 1885, alors jeune lieutenant, chevalier de la Légion d'honneur.

- Le second, Charles, deviendra le général Mangin dont nous avons l'honneur d'exalter le souvenir.

- Le troisième, Georges, officier de la Légion d'honneur et capitaine à trente-deux ans, sera tué en Mauritanie, en 1909, où il combattait sous les ordres de Gouraud.

- Le plus jeune, enfin, portera l'amour de la France comme « Père Blanc », au Soudan. Pendant la guerre de 1914-1918, il servira comme aspirant dans un bataillon de Sénégalais, sera deux fois cité, décoré de la médaille militaire et nommé sous-lieutenant.

Ajoutons que la seule soeur du général Mangin  - Mme Menard - perdra son seul fils au Bois-le-Prêtre (1). Cette tradition d'héroïsme et de sacrifice s'est poursuivie par-delà le général Mangin. Un de ses fils devait être tué au Maroc comme jeune lieutenant et dans les heu­res tragiques de 1940-1945, tous les Mangin, face à l'ennemi, n'accepteront pas la « bataille perdue ».

 

(1) Les sacrifices avaient été lourds aussi pour la génération précédente. Sur trois fils, deux entrèrent dans l'armée : Louis-Eugène, général de brigade, mourra au retour du Mexique. Charles, chef de bataillon, était mort quatre ans plus tôt en revenant de Chine. Le troisième fils, Ferdinand, devait être le père du général Mangin.

 

L'héritage de victoire du général Mangin sera porté avec un éclat tout particulier par le général Diego Brosset, qui avait épousé l'une de ses filles. Diego Brosset, commandant la célèbre Division Française Libre en 1945, devait tomber aux portes de l'Alsace, un jour de vic­toire.

 

 

 

Au Maroc, en 1912 : l'étendard enlevé au prétendant El Hiba par les spahis de la colonne Mangin

 

 

L'HERITAGE
CAMPAGNES D'OUTRE-MER 1889-1913

 

 

Charles Mangin reçut en héritage la vocation d'Outre-mer.

Puisque son frère aîné Henri venait de succomber au Tonkin, Charles prendrait sa place sous le signe de « l'Ancre ». Il assurerait la relève. Certes, la mort le suivrait comme une ombre, mais Charles était l'impétueux et méprisait le risque.

Sur les cartes de l'Afrique Noire s'éten­dait alors le vide de régions inconnues, les cours des fleuves y étaient indéter­minés, il n'existait pas de frontières. L'outre-mer, c'était l'immensité à saisir !

A sa sortie de Saint-Cyr, Charles Mangin demanda à servir en Afrique, et, en octobre 1884, il débarquait au Séné­gal. Le voici entré dans « la carrière coloniale ». Celle-ci forme un tout qui va s'étendre de 1889 à 1913, soit vingt-quatre ans, dont les deux tiers seront passés en Afrique et en Asie. Nous en présenterons ici quelques éclats choisis parmi beaucoup d'autres.

 

 

SOUDAN 1891

 

Le colonel Archinard (2) nous a laissé ce document :

« Le sous-lieutenant Mangin était presque un enfant quand il est arrivé au Soudan. Aujourd'hui, deux années de campagnes et de dangers qu'il a connus et qu'il recherche comme avec passion, en ont fait un homme mûr, un officier plein de valeur et de sang-froid, brave comme un troupier... A Diena, en pays Segou, il est chargé de donner l'assaut par une des nombreuses brèches prati­quées. Il entre, mais une heure après, il me fait dire qu'il ne lui reste plus assez de monde pour gagner du terrain... et que lui-même a reçu trois blessures. Je lui envoyai l'ordre de se maintenir seu­lement où il était. Il ne cessa de combat­tre que plusieurs heures après quand le village fut pris, et revint tout couvert de sang, une balle dans l'oreille, une blessure au côté, une troisième balle avait pénétré dans la cuisse. »

 

(2) Archinard, l'un des hommes qui honorent notre histoire coloniale, termina sa carrière comme général de division, membre du Conseil Supérieur de la guerre en 1913, commandant un groupement de divisions en 1914, conseiller auprès de l'armée polonaise en voie de réorganisation en France en 1918. Mort en 1932. C'était un Normand, il était né au Havre en 1850.

 

C'est à la suite de cette affaire que le lieutenant Mangin écrira à son père cette très belle lettre qui exalta les jeunes hommes de ma génération : « Ton sang a arrosé une fois de plus les terres loin­taines, mon cher papa. Il a bien coulé à cet assaut de Diena et par trois blessures. J'étais plein d'orgueil en le voyant sur cette brèche tel qu'il avait été sur celle de Zaatcha (3) et bien heureux de la joie que tu aurais d'apprendre qu'il n'avait pas dégénéré dans mes veines. »

 

(3) Oasis voisine de Biskra, en Algérie, qui soutint un siège mémorable contre les Français, et fut enlevée d'assaut par le général Herbillon et le colonel Canrobert. L'oncle de Mangin, Louis-Eugène, y avait été blessé, en 1849.

 

 

 

Au Maroc, en 1913 : le colonel Mangin et ses officiers. A gauche, son fanion, frappé de l'ancre de marine et surchargé d'un croissant d'or

 

 

FACHODA 1897-1899

 

De l'Atlantique à la mer Rouge ! Mangin a sa place dans cette mission aux ordres du commandant Marchand. Celui-ci lui confie la formation de l'escorte qu'il va constituer avec 150 Bambaras volontaires. C'est ainsi que Mangin part un an avant les autres. Il est chargé de l'avant-garde, de la création des postes, des chantiers. Marchand ne lui demande pas alors d'être seulement un soldat, mais encore un diplomate, un construc­teur, un médecin. Parvenu à Fachoda, Mangin fera construire le réduit fortifié devant lequel se briseront les attaques des Derviches. A la tête de ses tirailleurs, il fera monter nos couleurs à Fachoda.

Mais ces couleurs ne seront pas maintenues et ce sera le retour en France à travers l'Abyssinie, en direction de Djibouti. Au débarquement à Toulon, l'accueil fut enthousiaste. Chacun des membres de la mission reçut solennellement, sur le ruban bleu et blanc de la médaille coloniale, la fameuse agrafe d'or « De l'Atlantique à la mer Rouge ».

A Longchamp, le 14 juillet 1899, le défilé de la mission souleva le délire de la foule (4). Dès le lendemain, elle fut dissoute. Elle mourut un soir d'apo­théose.

 

(4) La IIIe République traversait une crise politique difficile et l'on craignait des mouvements populaires. Aussi, le gouvernement avait décidé que Marchand ne défilerait pas. Celui-ci faisait figure de héros national et ne cachait pas certaines de ses préférences... Il participa à la revue dans les rangs de l'état-major du ministre, remit des décorations, mais ce fut Mangin, seul à la tête de ses tirailleurs, qui défila sous les acclamations.

 

 

TONKIN ET A.O.F. 1901-1908

 

En 1901, le commandant Mangin, après avoir réussi au brevet d'état-major, prend, au Tonkin, le commandement d'un « cercle ». Son activité d'organisa­teur s'y déploie avec intensité. A son départ, la situation politique se sera, partout, heureusement confirmée. Avide de connaître et de juger, Mangin rentre en France par les Philippines, java, les Indes anglaises. Ce séjour de plusieurs années en Asie lui aura permis d'étendre très largement son horizon, par l'étude des caractères humains, des civilisa­tions.

Mais, dès 1906, Mangin revient à l'Afrique occidentale. Il y occupe les fonctions de chef d'état-major du géné­ral Audeoud. C'est alors qu'avec un extraordinaire enthousiasme, il s'attache à l'étude de la « Force Noire ». En 1909, il publie deux articles à ce sujet dans la Revue des Deux-Mondes. La cause des troupes noires devient pour lui un apostolat. De retour en France, il agit par des conférences, des réunions publiques... Pour Mangin, la création de la « Force Noire » est une bataille à gagner... une bataille qui aura son épilogue, à Douaumont et le 18 juillet 1918.

 

 

 

Au Maroc, en 1913. Le colonel Mangin reçoit la soumission d'un caïd Zemour

 

 

Maroc 1912

 

La bataille de Sidi Bou Othmane, qu'il livra le 6 septembre 1912, Mangin la relate ainsi :

« Le combat s'engage dans une plaine entièrement dénudée que sillonnent quelques ravins creusés par les pluies d'orage, à sec en cette saison.

« A peine en marche, nous apercevons, sur un front de plus de 4 kilomètres, une masse grouillante de 15 000 burnous blancs, fantassins et cavaliers mêlés, avec des bannières éclatantes qui jalon­nent la ligne. La marche se poursuit dans le plus grand ordre... Je confirme d'ouvrir le feu seulement à mon commandement. L'interprète me prévient que des caïds viennent d'échanger entre eux leurs impressions : « C'est la baraka d'El Hiba, les fusils des Français ne peuvent partir » (5). Certain de la puissance du feu, je voulais le commencer le plus tard possible, afin de tenir longtemps sous la mitraille les groupes tourbillonnants de l'ennemi. J'admire que la harka ait assez de discipline pour ne commencer le feu qu'à 1 400 mètres. C'est à moins de 1 000 mètres de l'ennemi, dont le feu commençait à se faire sentir, que j'ai fait le signal convenu : 1 200 fusils, 8 mitrailleuses, 12 canons, éclatèrent en même temps, donnant à leur tir le maxi­mum d'efficacité. Sous ce déluge de pro­jectiles, la ligne ennemie part contre nous avec un courage magnifique, les cavaliers au galop suivis des fantassins qui courent de toute la vitesse de leurs jambes... Mais cet élan s'arrête... Les cavaliers tourbillonnent, puis se mettent en ordre derrière les fantassins et s'écou­lent sur le flanc de la colonne. Une partie de l'artillerie garnit les faces latérales et la face arrière, qui est aussi atta­quée... Notre carré fait le feu des quatre faces. Les troupes, excitées, ont mis baïonnette au canon. Sur la droite, une compagnie de Sénégalais part à la char­ge et des officiers d'état-major vont, au galop, l'arrêter. L'heure de l'assaut n'a pas encore sonné.

« Le carré reprend lentement sa marche. Nous voici en vue du camp de la harka, dont les tentes innombrables sont encore dressées. L'effort ennemi se porte sur la face arrière qui paraît, évi­demment, reculer. Il est 9 heures. Quel­ques tentes commencent à s'abattre. C'est l'aveu de la défaite. Le moment est venu de porter le coup décisif. La cavalerie se forme sur trois lignes : partisans et goumiers marocains, spahis, chasseurs d'Afrique, 400 chevaux sous les ordres du capitaine Picard. Elle part au trot vers le camp marocain et s'abat en­suite comme une trombe au milieu des tentes. Deux canons, deux éten­dards sont pris. Le camp est enlevé. Une batterie a suivi, au trot. Le carré s'avance. A 10 heures, l'ennemi renonce à la lutte. A 11 heures, la colonne est rassemblée dans le camp de la harka... Elle a parcouru 75 kilomètres en trente, heures. »

 

(5) La colonne Mangin, outre ses éléments réguliers, comprenait des supplétifs, des membres des tribus ralliées. Elle se trou­vait en face du prétendant El Hiba qui passait pour avoir « la baraka » c'est-à-dire « la chance ».

 

Et ce sera la charge sur Marrakech aux ordres du commandant Simon, avec 600 chevaux, une section de 75, un peloton monté de Sénégalais, dont certains portaient des projectiles de supplément « dans leurs bras ou sur leur tête, ou en travers de leurs selles. » A la nuit noire, Simon était sur l'oued Tensilt. L'arrivée de la colonne fut signalée par deux coups de canon tirés « par-dessus la ville ». « Tous les habitants les vi­rent, diront plus tard les indigènes, ils étaient gros comme des chevaux et rou­ges comme le feu. » Le 9 septembre, Mangin fit dans Marrakech une entrée triomphante. El Hadj Tami El-Glaoui devait lui dire :

- Nous remercions d'abord le Gou­vernement français, puis Sa Majesté le Sultan, puis encore une fois le Gouver­nement français, et nous remercions le colonel Mangin qui nous a délivrés d'El-Hiba l'imposteur.

 

 

Une anecdote a, je pense, sa place en conclusion de cette page d'histoire. Elle se situe le 8 ou le 9 septembre 1912. C'est à mon ami le général Regnault que je la dois. En ce temps-là, Regnault qui préparait Saint-Cyr, venait de parcourir les champs de bataille de 1870 et, au retour de Saint-Privat, accompagné de sa mère, il était descendu à l'hôtel de l'Europe, à Metz. C'était un hôtel en général fréquenté par des officiers alle­mands. De ce fait, les Messins ne s'y rendaient pas. Cependant, le jeune Regnault avait pensé qu'ici il serait intéressant d'observer ces militaires... A son arrivée au restaurant, il en remarqua quatre qui buvaient du vin d'Alsace. Puis; fait qui sembla extraordinaire à Regnault, trois Messins qui portaient la médaille de 1870, la médaille française, bien entendu, vinrent occuper une table près d'eux. Les Messins commandèrent alors à haute voix du « champagne ». Regnault sai­sissait quelques mots de la conversa­tion... victoire... Maroc... Il hésitait à les questionner. Aussi alla-t-il trouver le portier :

- Nous n'avons pas vu les journaux. S'est-il donc produit un événement im­portant ?

Le portier, en s'inclinant, lui répondit :

- Herr Général Mangin a pris Marrakech.

- C'est une grande victoire pour la France !

- C'est pour cela que les trois Mes­sins ont commandé du « champagne ».

Le jeune Regnault, ce soir-là, sabla lui aussi le champagne en l'honneur de la bataille de Sidi-Bou-Othmane.

 

 

 

Mangin, nommé en 1914, avant les hostilités, général de brigade, arbore pour la première fois le képi lauré. Il est revêtu du dolman en drap de soie

 

 

UN GENERAL D'ASSAUT

 

 

Promu général de brigade le 7 juillet 1913, Mangin rentre en France en 1914 et, dès le 31 juillet, prend le comman­dement de la 8e brigade. A la tête de celle-ci, il se distingue en enlevant d'assaut, avec deux bataillons, le village d'Onhaye, proche de Dinant, en Belgique, sur la Meuse, dont les Saxons s'étaient emparés, il dégageait ainsi notre 1er corps d'armée. Nommé au comman­dement de la 5e division, il se trouve engagé dans la bataille de la Marne. On le voit au premier rang des combat­tants dans des circonstances graves. A Escardes, les colonels de deux de ses régiments, 39e et 74e, sont blessés près de lui tandis qu'il fait le coup de feu. Son ordonnance, le brave tirailleur bambara Baba-Coulibaly, recharge ses deux fusils brûlants. Certain jour, on vit celui-ci qui agitait un « gri-gri » derrière son chef, déclarant avec conviction : « Baba, il empêche les balles de toucher le géné­ral. »

Quelques témoignages de cette époque recueillis par le colonel Bugnet nous situent le général Mangin dans le cadre de sa division :

« Un vrai chef dont l'arrivée nous a réconfortés », déclare un officier. Un sim­ple soldat note dans son carnet de rou­te : « Nous possédons actuellement un des meilleurs généraux de l'armée fran­çaise. Jeune, intrépide, un profil d'aigle, une cervelle lucide, enlevant ses soldats, chargeant à leur tête au besoin, toujours en première ligne dans les moments difficiles. Tâchez de vous procurer un de ses portraits... »

Ce portrait, Bugnet nous le trace ainsi : Tête de loup, oreilles hautes, pointues, bouche largement fendue, avec des crocs, mâchoires d'acier, partout du poil dru, rêche et riche, mais des yeux splendides, profonds, lumineux, doux et cares­sants, force et finesse, dureté et séduc­tion...

Ses troupes, parfois, au croisement des routes, voient se dresser sa silhouette... D'un regard, il les galvanise. Au can­tonnement, il semble leur dire, avec un petit sourire amical : Bonjour, mes amis. Maintenant, je compte sur vous... mais vous devez aussi compter sur moi. Dans la bataille, « Mangin déchaîné et transfiguré est le démon des combats », à écrit Dutheil.

 

 

 

Le général Mangin, commandant le 11e C. A. sur le front de Verdun

 

 

Douaumont.

 

L'attaque allemande sur Verdun se dé­clenche le 21 février 1916. L'annonce de l'occupation par les Brandebourgeois du fort de Douaumont frappe vivement Mangin. La perte de ce point capital l'empêche de dormir, lui qui pourtant repose avec calme sous les bombardements. « La reprise du fort de Douaumont, dit-il, serait un fait d'armes qui exciterait l'admiration de l'univers. Elle s'impose. » Puis naît le désir d'être celui qui le reprendra.

A son arrivée à Verdun avec sa divi­sion - toujours la 5e, il la commande depuis un an et demi - il se rend chez le général Pétain, à Souilly, pour lui demander un « bon secteur » (6). De cette entrevue, il sort rayonnant : « Ça y est ! Ça y est ! Je vous l'avais dit. Il voulait nous envoyer à Bras. Je n'ai pas voulu. Bras est un secteur idiot. On y reçoit des coups sans pouvoir en rendre. J'ai persuadé Pétain de nous envoyer à Souville. Nous allons reprendre Douaumont. » Mangin, en mai 1916, croit saisir Douaumont, mais la base de départ était trop étroite, les moyens encore insuffisants. Des critiques s'élevèrent à la suite de cet échec. Il faudra, pour reprendre le fort, une action de grande envergure. Il persuade le général Joffre qui lui attribue les moyens nécessaires. Trois divisions attaqueront en première ligne, avec un bataillon sénégalais et deux compagnies somalis. Trois autres divisions seront en deuxième ligne. Les divisions voisines mettront chacune un régiment en ligne (7).

 

(6) Mangin et Pétain avaient pris ce même jour, fin août 1914, le commandement d'une division. Dix-huit mois après, Mangin était toujours général de division, Pétain était commandant d'une armée.

(7) Mangin avait été nommé commandant du 1 P corps d'armée le 4 juin 1916, mais, en réalité, son état-major fonctionne dans le cadre d'un « groupement de divisions » et, pour l'attaque du 24 octobre, il en aura sept sous ses ordres directs.

 

L'attaque partira le 24 octobre. La veille, un pigeon voyageur allemand, saisi, a apporté le cri d'appel d'un lieu­tenant qui déclare que son bataillon n'est plus en état de combattre. A la même heure, des Sénégalais traversent Verdun en brandissant leur coupe-coupe aux cris de « Dou-au-mont ! Dou-au-mont ! » Le général Joffre qui s'était rendu le jour de l'attaque au P.C. de Mangin écrira dans ses Mémoires : « Je le trouvai plein de confiance et d'entrain. Il avait chargé le régiment d'infanterie coloniale du Ma­roc de reprendre le fort et il était sûr que cette belle troupe était capable d'en­lever le morceau. »

Cette opération présentait les carac­tères d'une véritable bataille : 170 000 hommes, 700 canons, 150 avions avaient été engagés. En quatre heures, nos trou­pes avaient reconquis un terrain que les Allemands avaient mis quatre mois à nous arracher.

 

 

 

Après l'attaque du 24 octobre 1916 qui a permis la reprise de Douaumont, Poincaré remet la plaque de grand-officier de la Légion d'honneur à Mangin

 

 

Chemin des Dames 1917.

 

Le général Weygand, dans son discours prononcé à Metz le 7 avril 1929 lors de l'inauguration de la statue du général Mangin, évoquant cette année 1917, dit : « Cette année fut pour lui une année douloureuse. Année doulou­reuse et tragique aussi pour la France. L'offensive du Chemin-des-Dames fut en effet un échec. Cependant, les forces réunies pour cette tentative de rupture du front étaient considérables : 850 000 hommes, 2 700 canons de campagne, 2 300 canons lourds, 23 millions d'obus de 75, 9 millions d'obus lourds, des mil­liers de mitrailleuses, des centaines de milliers de grenades, près de 200 tanks qui s'engageaient pour la première fois, une nombreuse aviation, enfin. Sur l'heure même, malgré des pertes très graves, le moral n'a pas faibli, mais celui de la nation est en déroute. On cherche des responsables. On triche sur les pertes. Aux évaluations de celle de l'armée Mangin on compte les mêmes blessés plusieurs fois à chacun des pas­sages dans un poste sanitaire. On fit même figurer dans ce chiffre 4 000 Alle­mands recueillis par des ambulances. Le 2 mai, Mangin est relevé de son commandement (8).

 

(8) Il avait été nommé commandant de la VIe Armée le 19 décembre 1916. Quoiqu'on en ait dit, cette armée, le 16 avril, et les jours suivants, enleva la première position sur tout le front, progressa de plus de 6 km, prit 12 villages, 80 canons, fit 6000 prison­niers et perdit en tout 30000 hommes, tués, blessés ou disparus en quinze jours, soit environ 8 % de son effectif. (Rapport de la Commission d'enquête.)

 

A Paris, les agitateurs réclament quotidiennement sa tête. Mangin n'a pas l'habitude de lutter « contre les men­songes, la calomnie, les bassesses ». Il fait face, non pas « en vindicatif ou en haineux », mais « témoigne son mépris en maniant l'ironie la plus cinglante ».

Le ministre de la Guerre l'invite à fixer sa résidence hors de Paris et du département de la Seine. Il s'installe à Juvisy, dans la propriété d'une de ses belles-soeurs. Le 31 juillet, le ministre le met en disponibilité et lui interdit non seulement Paris et la Seine, mais aussi les départements limitrophes. Il proteste. Clemenceau prend parti pour lui, écrit au ministre, qui est Paul Painlevé :

« Je proteste avec indignation contre la mesure inqualifiable que vous venez de prendre vis-à-vis du général Mangin auquel on ne peut reprocher que d'être un soldat. »

Une commission d'enquête composée des généraux Brugère, Foch et Gouraud conclut par une observation particulièrement élogieuse pour Mangin. En vain, le ministre demande un supplément d'enquête. Il sera renversé. Clemenceau devient président du Conseil. Mangin va retourner au front (9).

 

(9) Cependant, on ne lui donne encore qu'un corps d'armée, le 9e, dont il prend le commandement le 17 décembre 1917. Sa dis­grâce aura duré sept mois et demi.

 

 

 

Le 14 juillet 1919, au défilé de la Victoire, le général Mangin, à la tête de son état-major et de ses troupes, sur les Champs-Elysées

 

 

Vers la victoire 1918.

 

L'attaque allemande de mars 1918 le conduit en Picardie pour arrêter l'avance ennemie. Le 9 juin, celui-ci vient d'attaquer sur Compiègne. Mangin reçoit alors une mission urgente et de courte durée (10). Il s'agit de contre-attaquer dans le flanc. Il est 16 heures. A 19 heures, il a déjà donné ses instructions aux cinq généraux de division mis à sa disposition. L'attaque débouche à l'heure prévue, le 11 juin. C'est la première riposte aux entreprises de l'ennemi qui sans cesse nous lance ses assauts depuis deux mois et demi. Le succès de Mangin est total. Le 16, le général Foch envoyait au général Pétain les instructions ini­tiales sur l'opération qui devait être la contre-offensive du 18 juillet. Il est précieux de citer ici le général Weygand : « Dès sa prise de commandement de la Xe Armée, le général Mangin est, comme le généralissime, frappé de la situation aventurée des Allemands dans le Tardenois et de l'importance vitale que présente, pour leurs communications, la région de Soissons. Leurs deux pensées volent, pour ainsi dire, l'une vers l'au­tre. »

 

(10) Il est nommé, le 10, commandant de la Xe Armée.

 

A l'aube du 18 juillet, c'est le succès foudroyant de la Xe Armée qui, appuyée par la VIe (général Degoutte), rejette en deux semaines l'ennemi à la Vesle et fait passer l'initiative dans les mains du commandant en chef des Alliés. Le 20 août, poursuivant ses succès, Mangin rejette l'ennemi sur l'Oise et l'Ailette. En novembre 1918, son armée était prête à lancer. un nouvel assaut en direction de Metz quand survint la capitulation allemande.

 

 

 

A Mayence, en 1919, sur le perron du palais grand-ducal : Mangin, Mme Joffre, Joffre, Mme Mangin, et les officiers de l'état-major de la Xe Armée

 

 

MAYENCE 1918-1919.

 

C'est alors la traversée du Rhin.

A ses soldats, Mangin dit :

« Sur la rive gauche du Rhin, vous vous souviendrez que les armées de la République, à l'aurore des grandes guer­res de la Révolution, se comportèrent de telle sorte que les populations rhé­nanes ont voté par acclamation leur incorporation à la France. Et les pères de ceux que vous allez rencontrer ont combattu côte à côte avec les nôtres sur tous les champs de bataille de l'Europe pendant vingt-trois ans. Soyez dignes de vos pères, songez à vos enfants pour préparer l'avenir. Point de tache aux lauriers de la Xe Armée, tel doit être le mot de tous. »

Aux populations rhénanes, il parle en conciliateur :

« Nous venons ici appelés par la na­ture et par l'Histoire. »

Dans Mayence, il veut réveiller les grands jours où, déjà, « les soldats de la République vinrent sur le Rhin et surent s'y faire aimer ». Il crée le Rhin illustré, donne de l'éclat aux fêtes, aux courses, aux fantasias de nos spahis et attache du prix à afficher sa présence aux représentations wagnériennes de Wiesbaden.

Sa réussite effraya...

« L'homme devenait trop grand. » Il fut relevé de son commandement. Sur-le-champ, il voulut quitter Mayence. Son aide de camp lui fit remarquer que ce jour-là devait avoir lieu, comme toutes les semaines, un bal au palais grand-ducal.

- Eh bien, dit-il, c'est cela ! Nous allons donner notre bal demain soir.

Il reçut avec sa gaieté habituelle. Le lendemain, dimanche 12 octobre 1919, Mangin quittait Mayence. Toutes les troupes lui rendirent les honneurs. Sur son passage se pressait une foule émue. Il n'y eut pas un cri discordant. Pour cette foule rhénane, Mangin était « Der Grosse General », le « Grand » Général. Quelques jours plus tard, un haut magis­trat hessois confiait : « Quelle perte ! »

 

 

 

A Paris, le 19 mars 1932, inauguration de la statue du général Mangin, place Denys-Cochin. C'est ce monument que les Allemands firent sauter en 1940

 

 

LES DERNIERES ANNEES

 

 

Le général Mangin rentre donc à Paris. Il est nommé membre du Conseil Supérieur de la Guerre. Mais c'est une activité qui ne peut lui suffire, car il est dans la plénitude de ses forces. L'acti­vité militaire lui étant refusée, il va se donner plus entièrement à l'action intellectuelle. Mangin n'est pas seulement « un grand homme de guerre», mais « un grand penseur », affirmait Weygand dans son discours de Metz. Ainsi, il va encore servir la cause de la France. Il écrit successivement : Comment finit la guerre, Regards sur la France d'Afri­que, Des hommes et des faits, Autour du continent latin, ce dernier ouvrage à la suite d'un voyage en Amérique du Sud. Ces oeuvres présentent parfois des as­pects prophétiques. C'est ainsi que nous lisons dans la Force Noire, paru en 1908 :

« Tant que nous garderions un port et la maîtrise de la mer, il ne faudrait pas désespérer du succès. Dans l'état actuel de l'Europe, la force noire fait de nous le plus redoutable des adversaires. »

L'appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle est déjà contenu dans ces mots-là.

Comment finit la guerre n'est pas moins typique. Mangin y évoque déjà la création de « parlements africains » dans une indépendance élargie de nos territoires coloniaux. De plus, la nais­sance de l'Allemagne hitlérienne s'y trouve annoncée de façon saisissante. Analysant tel malaise persistant de l'Allemagne d'après-guerre, Mangin écrit, en effet : « Le troupeau sans berger, incapable de se conduire lui-même, erre à l'aventure, à la merci de quelque bête bien encornée qui le mènera dans un précipice... Un quelconque Kapp (11) peut surgir de nouveau, flanqué de Ludendorff et de quelques acolytes qui, s'étant saisis du pouvoir.., seraient fort capa­bles de dénoncer le traité de paix avec la France. Il faudrait frapper vite et fort, se saisir des centres miniers industriels... pousser jusqu'à l'Elbe... sinon la lutte prendrait des aspects imprévus. »

 

(11) Agitateur bolchevik qui tenta de sou­lever marins et soldats allemands après l'armistice et de s'emparer de Berlin.

 

 

 

Mme Mangin et le président René Coty, le 11 juillet 1957, pour l'inauguration de la nouvelle statue du général, près de l'église Saint-François-Xavier

 

 

C'est peu après l'édition de cet ouvrage que Mangin, dont l'amitié pour ses soldats était toujours touchante, vit mourir le fidèle Baba. L'Intransigeant du 1er juillet 1922 écrit alors :

« Avant-hier, dans l'avenue d'Orléans, on vit passer un modeste corbillard de soldat. Suivait, derrière, un général en grande tenue, entouré de sa femme et de ses enfants. C'était le général Mangin qui accompagnait au cimetière de Bagneux la dépouille mortelle de son fidèle africain Baba-Coulibaly qui ne l'avait pas quitté de toute la guerre. »

Mangin préparait un chapitre sur Napoléon pour l'Histoire de la Nation française entreprise par Gabriel Hanotaux, quand, le dimanche 10 mai 1925, les journaux annoncèrent qu'il était mourant. La veille, on l'avait vu au concours hippique, et, le mardi, à 11 heures, Mangin mourait.

Le gouvernement décida de lui attri­buer la médaille militaire à titre pos­thume et le maréchal Pétain se présenta chez la générale Mangin pour la remise. Celle-ci, entourée de ses enfants, le reçut au seuil de son appartement. Elle refusa cette décoration au nom de son mari dont elle était sûre d'interpréter les senti­ments, car elle connaissait son mépris pour les indemnités posthumes :

- Il est trop tard. C'est il y a cinq ans qu'il aurait fallu la lui donner.

Les funérailles du général Mangin eurent lieu dans la matinée du 15 mai 1925. Le général Ibos, ancien marsouin de l'époque héroïque, les relatait ainsi : « La foule, immense et recueillie, s'était rassemblée sur l'itinéraire du cortège. Elle devinait que le sabre de Diena et le clairon de Fachoda, aux mains d'un noir gigantesque, le guidon rouge de Marrakech, les fanions de Courcelles et de Villers-Cotterêts, qui suivaient le cercueil, symbolisaient toute une exis­tence de labeur, de bravoure, d'énergie et de probité prématurément fauchée. »

L'adieu de l'Armée et du pays eut lieu aux Invalides. Tout le corps diplomatique, les maréchaux Joffre et Fayolle, étaient présents. Le maréchal Pétain prit

la parole au nom de l'Armée pour exalter les inoubliables services rendus par le général Mangin.

Bien des années passèrent. Vint 1940. L’Allemand entra dans Paris. Un de ses premiers actes fut d'abattre le monument Mangin. L'envahisseur n'avait pas oublié : la Belgique et la Marne en 1914, Neuville-Saint-Waast en 1915, Douaumont en 1916, le Chemin-des-Dames en 1917, le 18 juillet 1918, le séparatisme rhénan. Mangin était bien le général français le plus redouté par les Allemands. En 1917, déjà, un de leurs officiers avait déclaré, à Laon : « Mangin ! Ah, celui-là, s'il était mort, la guerre serait bientôt finie ! »

Les monuments abattus ressuscitent.

Par son courage et son audace dans les batailles.

Par sa dignité face aux intrigues et aux épreuves.

Mangin demeure un exemple.

 

 

Général Fr. INGOLD

de l'Infanterie de Marine.

 

 

 

Sur le Rhin, en 1920 : le général Mangin à bord de l'un des bâtiments de la flotille. A ses côtés le futur amiral Darlan, alors capitaine de corvette

 

 

Articles 14-18