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Paul Ludwig Hans Anton VON BENECKENDORFF und VON HINDENBURG
maréchal et homme politique allemand
(Pose, 02 octobre 1847 - Neudeck, Prusse-Orientale, 02 août 1934)

Elevé à l'école des cadets, il participe aux campagnes de 1866 et de 1870-1871, dans un régiment d'infanterie de la garde prussienne. Admis à l'académie de guerre, il sert au grand état-major sous Moltke et Schlieffen, puis au ministère, sous le général Verdy du Vernois. Général de division en 1900, il commande le 4e corps à Magdeburg en 1903 et prend sa retraite à Hanovre, en 1911. Mais quand, en août 1914, von Prittwitz, commandant la VIII, armée en Prusse-Orientale, se révèle incapable d'arrêter l'invasion russe, Hindenburg, qui reçoit alors Ludendorff comme chef d'état-major, est rappelé à l'activité. Il défait les Russes à Tannenberg en août, puis aux lacs de Mazurie en septembre. Après une offensive infructueuse sur Varsovie, ordonnée en octobre par Falkenhayn, il est nommé, en novembre, commandant en chef du front oriental et bat une nouvelle fois les Russes aux lacs de Mazurie durant l'hiver. Son objectif stratégique, qu'il poursuivra pendant toute la campagne de Pologne de 1915, sans résultat décisif, était de déborder l'aile droite russe par le nord pour se rabattre ensuite vers le sud sur les arrières. Au début de 1916, Hindenburg, affaibli, doit se contenter de résister aux attaques russes, jusqu'au 29 août, où il remplace Falkenhayn à la direction suprême. Il liquide le sort de la Roumanie, puis, en 1917, décidé à en finir avec le front oriental, accepte délibérément de subir les assauts partiels répétés des Alliés à l'ouest, pour secourir les Autrichiens en Galicie, les aider sur la Piave et parvenir enfin, en novembre, à conclure un armistice avec la Roumanie et la Russie. Durant l'hiver 1917-1918, il ramène la masse de ses divisions à l'ouest, puis, du 21 mars au 15 juillet 1918, lance successivement quatre offensives redoutables contre le front allié, sans parvenir à le disloquer. Attaqué à son tour en France par Foch, dans les Balkans par Franchet d'Esperey, il doit prier son gouvernement de demander l'armistice. La collaboration tant discutée de Hindenburg et de Ludendorff est, selon leurs propres dires, « un mariage heureux ». Pour toutes les grandes affaires, Ludendorff propose une solution, Hindenburg décide, Ludendorff exécute. En fait, la responsabilité morale appartenait à Hindenburg. Mis à la retraite en 1919, il demeure à l'écart de la vie publique jusqu'à l'élection présidentielle de 1925. Pour succéder à Ebert, les partis de droite forment un bloc d'Empire qui demande à Hindenburg d'être son candidat ; celui-ci refuse d'abord, mais accepte pour le second tour, sur les instances de l'amiral von Tirpitz et pour barrer la route au candidat du bloc des gauches, le catholique Marx. Elu le 26 avril, il prend ses fonctions de chef de l'Etat le 12 mai 1925. Il laisse la direction des affaires aux chanceliers, se bornant à affirmer en toute occasion que l'Allemagne n'a pas provoqué la Première Guerre mondiale. Dans les années de crise, entre 1930 et 1933, il favorise la constitution de gouvernements conservateurs. A la fin de 1932, devant les menaces de troubles et les progrès du national-socialisme, il se laisse facilement convaincre par von Papen et par les milieux de la grande industrie d'appeler Hitler à la chancellerie. Dès lors, son rôle est fini, et quand il meurt il n'est pas remplacé, les fonctions de chef de l'Etat étant désormais confondues avec celles de chef du gouvernement. Il laisse des Mémoires (Ma vie, 1921), qui relatent sa carrière militaire jusqu'à la fin de la Grande Guerre.

Hindenburg et Ludendorff
