René Fonck

 

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René FONCK

officier aviateur français

(88.Saulcy-sur-Meurthe, 27 mars 1894 - 75008.Paris, 18 juin 1953)

 

 

Sortant de l'école des Arts et Métiers, il est appelé avec son contingent dans le génie, en 1914, mais demande aussitôt à être pilote. Après avoir abattu deux avions allemands, il est versé de l'observation dans la chasse, à l'escadrille des « Cigognes », qu'il commande comme capitaine en 1918. Aviateur prestigieux, il réussit à abattre 127 appareils ennemis, dont 75 furent officiellement homologués : le 9 mai 1918, notamment, il descend, avec 22 cartouches, six appareils, dont trois en quarante-cinq secondes, et renouvelle cet exploit le 16 octobre. Grâce à son courage, à son étude incessante de tous les problèmes aéronautiques, et à ses qualités de tireur exceptionnel, Fonck est le premier tacticien du combat aérien et le premier des as français de la Première Guerre mondiale. En 1925, il tente, de New York, la traversée de l'Atlantique, mais son avion Sikorski prend feu au décollage et c'est par miracle qu'il est sauvé de la mort. Il a été député des Vosges de 1919 à 1924.

 

 

 

article de Jacques Saint-Pierre

 

    En 1914-1918, certains aviateurs, victorieux dans de nombreux combats, furent appelés les As.

    Dans une France où les nouvelles tragiques étaient quotidiennes, où le front semblait figé pour longtemps, les As faisaient rêver leurs compatriotes. Ce sentiment était d'abord provoqué par l'arme au sein de laquelle ils servaient. L'aviation débutait à peine et son usage militaire était entièrement nouveau. Elle fut d'abord employée pour la reconnaissance et l'observation, puis la chasse apparut. A la fin de la guerre, de nombreux avions étaient utilisés pour les bombardements et l'appui des offensives terrestres. La France devait sortir victorieuse de cette lutte aérienne. A partir de 1916, l'aviation française prit l'avantage. Elle contribua largement à la gloire et au prestige militaire de la France. Mais les aviateurs faisaient rêver les Français peut-être surtout par l'état d'esprit qui les animait. Dans une guerre de tranchées, ils incarnaient la liberté. Dans une guerre marquée par des massacres d'hommes anonymes sous les obus et les balles, victimes d'une civilisation industrielle devenue folle, ils faisaient revivre certaines traditions chevaleresques des siècles passés : respect et courtoisie envers les combattants du camp opposé, hommages rendus aux adversaires abattus, goût du combat singulier, importance des qualités individuelles. Français ou Allemands, dans leurs fragiles appareils, ils incarnèrent les plus belles traditions guerrières européennes.

    Parmi les principaux As français, il faut citer : Navarre, Nungesser, Guynemer, Dorme, Madon, Boyau, Coiffard, Bourjade, Pinsard, Heurtaux, Chaput, Brocard, Guérin, Marinovitch, Ehrlich ...

    Mais le plus brillant, le plus efficace fut incontestablement René Fonck. Il fut celui qui remporta le plus grand nombre de victoires. Pourtant notre pays ignore ce héros. On ne l'évoque que très rarement. Cet homme, qui était l'égal de von Richthofen, "l'As" allemand, est ignoré par sa patrie à laquelle il a tant donné.

    René Fonck est né en 1894 à Saulcy-sur-Meurthe, dans les Vosges. Il voit le jour dans une famille patriote. Les biens de son père, qui avait choisi de rester Français, ont été confisqués par les Allemands après l'annexion de l'Alsace-Lorraine en 1871. Il perd son père alors qu'il n'est encore qu'un petit enfant et sera élevé en compagnie de ses deux soeurs par sa mère. Dès son plus jeune âge, il est passionné par l'aviation naissante. Il se révèle un élève sérieux. Il est reçu à l'école des Arts et Métiers dont il sort ingénieur en 1914. Il est un jeune homme réservé, sportif et amateur de cyclisme, cultivé, aimant les arts et les spectacles.

    En 1914, dès la mobilisation, il est affecté au 1er Groupe d'aviation à Dijon.

    Après avoir fait ses classes, il entre en février 1915 à l'Ecole d'aviation de Saint-Cyr, puis il rejoint Lyon. En mai 1915, il est breveté pilote. Il fait preuve d'un grand courage lors de missions d'observation et de reconnaissance.

    En août 1916, il remporte sa première vic toire aérienne en forçant son adversaire à atterrir intact dans les lignes françaises. Il reçoit la Médaille militaire.

    En 1917, adjudant-chef, il est affecté à la fameuse escadrille des Cigognes. Il obtient la plupart de ses succès durant les années 1917-1918. En octobre 1917, il devient sous-lieutenant et chevalier de la Légion d'honneur. En mars 1918, il est lieutenant et officier de la Légion d'honneur. Pendant toute cette période, il fait preuve de très grandes qualités de combattant : sang-froid, méthode, courage raisonné ; il est excellent pilote et tireur. En 1918, à la fin de la guerre, il est capitaine, commandeur de la Légion d'honneur, croix de Guerre avec 28 palmes. Son bilan est spectaculaire. Il a obtenu 75 victoires homologuées (avions ennemis tombés dans les lignes françaises) mais il est certain qu'il a, en réalité, abattu plus de 120 adversaires.

    En mai 1918, en une seule journée, il a remporté 6 victoires. A l'automne, en une seule journée, il en remporte encore 6. A plusieurs reprises, il a descendu 2 et même 3 appareils le même jour.

    Il élimine plusieurs As allemands. En septembre 1917, il venge Guynemer en abattant son vainqueur. Fonck est un combattant exceptionnel. Il ne sera jamais blessé et son avion ne sera jamais atteint par une balle.

    En avril 1919, il est élu député des Vosges sur une liste du Bloc national. Il siégera dans la "Chambre bleu horizon". Mais il n'est pas un politique.

    Il devient, dans les années vingt, conseiller technique aux Etats-Unis où il est chargé de développer l'aviation militaire. En 1926, il tente la première liaison aérienne New York-Paris. Son avion s'écrase au décollage et Fonck échappe de peu à la mort. Deux membres de son équipage sont tués.

    De retour en France, il devient, en 1935, membre du cabinet du ministre de l'Air. Il est chargé de réorganiser l'aviation de chasse. Il réalise que la France n'est pas prête pour une nouvelle guerre et qu'elle a perdu sa suprématie aérienne de 1918.

    Il participe à la guerre comme colonel de réserve de l'armée de l'Air. Face au désastre, il soutient le maréchal Pétain qu'il admire. Le gouvernement lui demandera d'user de ses relations avec Goering, lui-même ancien As, afin de faciliter les contacts franco-allemands. Fonck aura ainsi des rapports avec son ancien adversaire devenu un ami, au moment de la rencontre de Montoire à l'automne 1940, puis au printemps 1942, lorsque le Maréchal tente d'éviter de rappeler Laval. Fonck n'a jamais collaboré et s'est toujours comporté comme un patriote intransigeant. Cela n'empêchera pas son arrestation en septembre 1944 et son emprisonnement à la prison de la Santé. Il bénéficiera, enfin, en décembre 1944, d'une ordonnance de non-lieu et sera libéré. Il restera cependant très marqué par cette injustice.

    Amer, profondément blessé, ressentant du mépris envers les responsables de I'Epuration, il vivra retiré et mourra d'une crise cardiaque à Paris en juin 1953. Il fut la victime d'une nouvelle forme de guerre, la guerre idéologique ; une guerre sale que les As, ces chevaliers égarés dans un siècle impitoyable, ne pouvaient comprendre.

 

 

 

                   

 

"Capitaine Fonck" par l'Armée de l'Air, dir. A. Henriot (1961)

 

 

 

un extrait de "Mes combats" de René Fonck : http://pascal.guillerm2.free.fr/textes/fonck.htm

 

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La dernière mise à jour de ce site date du mercredi, 30. septembre 2009